Französisch Ausgabe
Literatur
Bel-Ami
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Guy de Maupassant
Un roman mordant sur l’ambition, la presse, le désir et l’ascension sociale.
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Bucheinführung
Bel-Ami
Bel-Ami suit Georges Duroy dans le monde du journalisme parisien, des salons et des ambitions politiques. Maupassant y peint avec ironie la réussite, la séduction et la corruption sociale.
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Guy de Maupassant est mort en 1893, et Bel-Ami a été publié en 1885 ; ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition française.
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Bel-Ami
Guy de Maupassant
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PREMIÈRE PARTIE
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Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
Comme il portait beau, par nature et par pose d’ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d’un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme des coups d’épervier.
Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d’un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d’une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.
Lorsqu’il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu’il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. Il réfléchit que les repas du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vingt centimes de boni, ce qui représentait encore deux collations au pain et au saucisson, plus deux bocks sur le boulevard. C’était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits; et il se mit à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette.
Il marchait ainsi qu’au temps où il portait l’uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entr’ouvertes comme s’il venait de descendre de cheval; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l’oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l’air de toujours défier quelqu’un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.
Quoique habillé d’un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d’un blond châtain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d’une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.
C’était une de ces soirées d’été où l’air manque dans Paris. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêtres basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des vieilles sauces.
Les concierges, en manches de chemise, à cheval sur des chaises en paille, fumaient la pipe sous des portes cochères, et les passants allaient d’un pas accablé, le front nu, le chapeau à la main.
Quand Georges Duroy parvint au boulevard, il s’arrêta encore, indécis sur ce qu’il allait faire. Il avait envie maintenant de gagner les Champs-Élysées et l’avenue du bois de Boulogne pour trouver un peu d’air frais sous les arbres; mais un désir aussi le travaillait, celui d’une rencontre amoureuse.
Comment se présenterait-elle? Il n’en savait rien, mais il l’attendait depuis trois mois, tous les jours, tous les soirs. Quelquefois cependant, grâce à sa belle mine et à sa tournure galante, il volait, par-ci, par-là, un peu d’amour, mais il espérait toujours plus et mieux.
Inhaltsverzeichnis
In dieser Ausgabe
- 01Full text
- 02PREMIÈRE PARTIE
- 03I
- 04Duroy se mit à rire: — Tu ne me reconnais pas?
- 05Forestier tendit les deux mains: — Ah! mon vieux! comment vas-tu?
- 06Forestier demanda: — Où vas-tu?
- 07Duroy demanda: — Qui est-ce?
- 08Duroy dit: — Si nous faisions un tour dans la galerie?
- 09La brune lui dit: — As-tu retrouvé ta langue?
- 10Chapitre II
- 11II
- 12Après un court silence, elle lui demanda: — Vous êtes depuis longtemps à Paris?
- 13Le domestique cria: — Madame est servie!
- 14Chapitre III
- 15III
- 16Elle reprit et comme il ne parlait pas: — Eh bien, dites, qu’est-ce que c’est?
- 17Il demanda. — Tiens… elle est mariée? Et qu’est-ce que fait son mari?
- 18Duroy demanda: — M. Walter, s’il vous plaît?
- 19Chapitre IV
- 20IV
- 21Duroy demanda: — Qu’est-ce au juste que sa femme?
- 22Elle vint à lui: — Bonjour, mon chat. Tu vas bien?
- 23Duroy sourit, flatté: — Ah! ah! et qu’est-ce que ça prouve?
- 24Chapitre V
- 25V
- 26Puis il ajouta, souriant: — Voyons, n’est-ce pas vrai?
- 27Il demanda: — Madame va bien?
- 28Elle répondit simplement: — Mais c’est payé, mon chéri!
- 29Il reprit: — Alors, c’est à toi que je le dois?
- 30Il demanda: — Veux-tu aller chez le père Lathuille?
- 31Duroy, surpris, demanda: — Qui est-ce qui t’a menée là?
- 32Il répondait d’un ton crâne: — Je te défendrais, parbleu!
- 33Il se souleva, exaspéré. — Cela ne me fâche pas. Cela m’embête. Voilà!
- 34Il insista: — Je t’en supplie, j’ai une raison, une raison très sérieuse…
- 35Elle s’arrêta en le regardant en face: — Tu mens… laquelle?
- 36Elle le regardait toujours en face: —Alors… c’est bien vrai… ça?
- 37Elle lui souffla dans l’oreille: — Je t’en prêterai, veux-tu?
- 38En le quittant, elle demanda: — Veux-tu nous revoir après-demain?
- 39Il jura: —Ah bien! je vais la recevoir après-demain!
- 40Elle en passera un joli quart d’heure!
- 41Elle reprit: — Eh bien? es-tu devenu sourd depuis jeudi?
- 42Elle ne trouvait plus autre chose et répétait: — Cochon… cochon…
- 43Chapitre VI
- 44VI
- 45Elle demanda, sans comprendre: — Comment? Pourquoi?
- 46Il fut surpris du ton plus encore que des paroles, et il demanda: — Pourquoi?
- 47Il s’écria, d’un ton pathétique: — Avec ça qu’on peut commander aux sentiments!
- 48Elle hésita, et demanda: — Puis-je parler librement?
- 49Georges Duroy
- 50Il balbutiait: «Mais certainement, madame, certainement…»
- 51Le vieux poète murmura: — Vous trouvez?
- 52Duroy demanda: — Elle l’aide beaucoup?
- 53Georges reprit: — Elle se remariera bien vite, sans doute?
- 54Chapitre VII
- 55VII
- 56Boisrenard reprit: — Qui vous a donné cet écho?
- 57Il s’écria: — Comment, on prétend que je suis payé pour…
- 58Elle se tut. Duroy demanda: — C’est tout?
- 59Prêt?
- 60Et il déclara tout haut: «Comme il a raison, sacristi!»
- 61Il répéta encore une fois, à haute voix: «Quelle brute!»
- 62Il dit: «Allons, il faut être crâne.»
- 63Et sans cesse il se demandait: «Que vais-je faire? que vais-je devenir?»
- 64Puis il se dit: «Je vais écrire à mes parents, en cas d’accident.»
- 65Alors la même voix ordonna: — Feu!…
- 66Mais elle refusait toujours: — Non, non, je ne veux pas…
- 67Chapitre VIII
- 68VIII
- 69Duroy demanda: — Comment va votre maître?
- 70Il balbutia: — Alors ça ne va pas mieux depuis que tu es ici?
- 71Forestier demanda: — Rien de nouveau au journal?
- 72Chapitre I
- 73DEUXIÈME PARTIE
- 74I
- 75Il hésita, fort perplexe: — Mais… c’est que, ils sont…
- 76Il demanda: — Quoi donc?
- 77Elle demanda: — Votre pays c’est Canteleu?
- 78Et elle lui tendit un papier où il lut: « Madame Duroy de Cantel. »
- 79Quand Mme Forestier lui demanda: — Vous avez prévenu Mme de Marelle?
- 80Il répondit avec tranquillité: — Mais oui…
- 81Elle parut surprise: — Pourquoi ça?
- 82Elle fut ravie: — Moi! Pas possible? D’où vient ça?
- 83Il s’était assis à côté d’elle, tout près. Elle cria: — Oh! un cerf!
- 84Il répondit gaiement: — Oui, c’est moi, la mé Brulin!
- 85Le père demanda simplement: — J’ te r’verrons-ti bientôt?
- 86Chapitre II
- 87II
- 88Georges demanda: — Madame est rentrée?
- 89Il demanda en entrant: — Tu as donc invité quelqu’un?
- 90Et il finissait toujours par conclure: — Quelle brute c’était!
- 91Il demanda: — Ma petite Made, veux-tu venir jusqu’au Bois?
- 92Chapitre III
- 93III
- 94Elle répondit avec aisance: — Mais, oui, et vous, Bel-Ami?
- 95Il répondit incrédule: — Allons donc!
- 96Il ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire: — Comment, sans importance?
- 97Georges murmura: — Ah!… alors… elle… me gobe?…
- 98Georges songeait: «Si c’était vrai, pourtant, que j’eusse pu épouser Suzanne?…»
- 99Il murmura: — Je t’adore. — Puis il demanda: — Ton mari va bien?
- 100Du Roy ne put s’empêcher de rire: — Comme ça tombe!
- 101Il se rapprocha de Clotilde, et murmura: — Quand nous reverrons-nous?
- 102Le jeudi venu, il dit à Madeleine: — Tu ne viens pas à cet assaut chez Rival?
- 103L’autre fut surpris: — Qui vous a dit que…
- 104Il murmura: — Voulez-vous me laisser espérer que nous le deviendrons davantage?
- 105Rival criait: — Faites passer des glaces pour les dames!
- 106Elle demeura saisie, et murmura: — Oh! Georges!
- 107Comme il rentrait, sa femme lui demanda: — Où étais-tu donc passé?
- 108Puis se tournant vers Madeleine: — Tu n’es pas jalouse?
- 109Chapitre IV
- 110IV
- 111George murmura: — Donnez-moi votre main, que je la touche, que je la presse…
- 112Il reprit: — Demain, voulez-vous que je vous retrouve au parc Monceau?
- 113Il s’arrêta, surpris: — Qu’est-ce que vous désirez, madame?
- 114Le prêtre demanda: — Qui est-ce qui vous attend?
- 115Le père Walter s’écria: — Admirable! Et quel titre?
- 116Il saisit l’occasion: — Oui, c’est vrai; voulez-vous venir autre part?
- 117Chapitre V
- 118V
- 119Il grogna: — Tu ne vas pas recommencer?
- 120Elle recula: — Oh! Georges, c’est indigne!…
- 121Il demanda, adouci tout à coup: — Comment ça? Qu’est-ce que tu veux dire?
- 122Il demanda: — Tu es bien sûre?
- 123Elle répondit avec confiance: — Oh! je crois bien!
- 124Il s’étonnait, il balbutiait: — Mais non. Tu es folle…
- 125Il demanda: — Eh bien?
- 126Il reprit: — Avait-il des parents à son lit de mort?
- 127Chapitre VI
- 128VI
- 129Étude de Me Lamaneur
- 130Madeleine, qui enlevait son voile, se retourna d’une secousse: — Moi? Oh!
- 131Georges demanda: — Combien ce bracelet?
- 132Ils trouvèrent une loge et la prirent. Il ajouta: — Si nous dînions au cabaret?
- 133Chapitre VII
- 134VII
- 135Il voulait refuser: — Non, je ne recevrai point cet argent!
- 136Du Roy pensa: — Ça tiendra-t-il, cette résolution-là?
- 137Chapitre VIII
- 138VIII
- 139Elle demanda: — Quoi donc, Bel-Ami?
- 140Elle demanda, en souriant: — Qu’est-ce que vous avez contre lui?
- 141Elle s’étonna modérément: — Vous?
- 142Alors elle dit d’un ton sévère: — Vous êtes fou, Bel-Ami!
- 143Une voix, une voix de femme, qu’on cherchait à déguiser, demanda: — Qui est là?
- 144La voix répéta: — Qui êtes-vous?
- 145La voix reprit: — Que voulez-vous?
- 146Le commissaire s’approcha et appela: — Monsieur?
- 147Le magistrat demanda: — Pourquoi ça?
- 148Elle demanda avec insolence: — Vous faites souvent ce métier-là, monsieur?
- 149Alors l’homme s’écria brusquement: — Ne me touchez pas. Je suis inviolable!
- 150Elle prononça crânement: — Je ne le nie pas, il est mon amant!
- 151Le directeur hésitait encore à comprendre. Il murmura: — Mais… votre femme?
- 152Chapitre IX
- 153IX
- 154Elle demanda: — Qu’est-ce qu’il faut faire alors?
- 155Elle demanda, frémissante: — Et où irons-nous?
- 156Elle déclara: — Je suis décidée… où vous retrouverai-je?
- 157Il demanda: — Eh bien! comment ça s’est-il passé?
- 158Elle murmura, livide: — Moi?… je l’attirais!
- 159Chapitre X
- 160X
- 161Rival demanda: — Savez-vous ce qu’est devenue sa femme?
- 162FIN
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