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Französisch Ausgabe

Literatur

L’École des femmes

BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Molière

Arnolphe veut fabriquer une épouse obéissante en isolant Agnès du monde; il découvre que l’amour et la liberté échappent aux projets de contrôle.

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L’École des femmes

Dans L’École des femmes, Molière fait d’Arnolphe un homme obsédé par la peur d’être trompé. Il a élevé Agnès dans l’ignorance afin de garantir sa fidélité, mais la jeune femme rencontre Horace et apprend à penser par elle-même. La pièce transforme une intrigue de mariage en comédie de l’éducation, du désir, de la jalousie et des illusions masculines.

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Molière died in 1673 and the original French work was published in 1662; these dates support its public-domain status.

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L’École des femmes

Molière

VorschaukapitelACTE PREMIER.Vorschau

Scène I.

Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?

Oui, je veux terminer la chose dans demain.

Nous sommes ici seuls, et l’on peut, ce me semble,

Sans craindre d’être ouïs, y discourir ensemble. Voulez-vous qu’en ami je vous ouvre mon cœur ? Votre dessein pour vous me fait trembler de peur ; Et de quelque façon que vous tourniez l’affaire, Prendre femme est à vous un coup bien téméraire.

Il est vrai, notre ami. Peut-être que chez vous Vous trouvez des sujets de craindre pour chez nous ; Et votre front, je crois, veut que du mariage Les cornes soient partout l’infaillible apanage.

Ce sont coups du hasard, dont on n’est point garant, Et bien sot, ce me semble, est le soin qu’on en prend. Mais quand je crains pour vous, c’est cette raillerie Dont cent pauvres maris ont souffert la furie : Car enfin vous savez qu’il n’est grands, ni petits, Que de votre critique on ait vus garantis ; Que vos plus grands plaisirs sont, partout où vous êtes, De faire cent éclats des intrigues secrètes…

Fort bien : est-il au monde une autre ville aussi Où l’on ait des maris si patients qu’ici ? Est-ce qu’on n’en voit pas, de toutes les espèces, Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces ? L’un amasse du bien, dont sa femme fait part À ceux qui prennent soin de le faire cornard ; L’autre, un peu plus heureux, mais non pas moins infâme, Voit faire tous les jours des présents à sa femme, Et d’aucun soin jaloux n’a l’esprit combattu, Parce qu’elle lui dit que c’est pour sa vertu. L’un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guères, L’autre en toute douceur laisse aller les affaires, Et, voyant arriver chez lui le damoiseau, Prend fort honnêtement ses gants et son manteau. L’une, de son galant, en adroite femelle, Fait fausse confidence à son époux fidèle, Qui dort en sûreté sur un pareil appas, Et le plaint, ce galant, des soins qu’il ne perd pas [ 1 ] ; L’autre, pour se purger de sa magnificence,

Dit qu’elle gagne au jeu l’argent qu’elle dépense ; Et le mari benêt, sans songer à quel jeu, Sur les gains qu’elle fait rend des grâces à Dieu. Enfin, ce sont partout des sujets de satire ; Et comme spectateur ne puis-je pas en rire ? Puis-je pas de nos sots… ?

Puis-je pas de nos sots… ? Oui ; mais qui rit d’autrui Doit craindre qu’en revanche on rie aussi de lui [ 2 ] . J’entends parler le monde, et des gens se délassent À venir débiter les choses qui se passent ; Mais, quoi que l’on divulgue aux endroits où je suis, Jamais on ne m’a vu triompher de ces bruits. J’y suis assez modeste ; et, bien qu’aux occurrences Je puisse condamner certaines tolérances, Que mon dessein ne soit de souffrir nullement Ce que d’aucuns maris souffrent paisiblement, Pourtant je n’ai jamais affecté de le dire ; Car enfin il faut craindre un revers de satire, Et l’on ne doit jamais jurer sur de tels cas De ce qu’on pourra faire, ou bien ne faire pas. Ainsi, quand à mon front, par un sort qui tout mène, Il serait arrivé quelque disgrâce humaine, Après mon procédé, je suis presque certain Qu’on se contentera de s’en rire sous main ; Et peut-être qu’encor j’aurai cet avantage, Que quelques bonnes gens diront que c’est dommage. Mais de vous, cher compère, il en est autrement ; Je vous le dis encor, vous risquez diablement. Comme sur les maris accusés de souffrance De tout temps votre langue a daubé d’importance, Qu’on vous a vu contre eux un diable déchaîné, Vous devez marcher droit, pour n’être point berné ;

VorschaukapitelACTE IIVorschau

Scène 1

Arnolphe . Il m’est, lorsque j’y pense, avantageux sans doute D’avoir perdu mes pas et pu manquer sa route ; Car enfin de mon cœur le trouble impérieux N’eût pu se renfermer tout entier à ses yeux : Il eût fait éclater l’ennui qui me dévore, Et je ne voudrais pas qu’il sût ce qu’il ignore. Mais je ne suis pas homme à gober le morceau, Et laisser un champ libre aux vœux du damoiseau : J’en veux rompre le cours et, sans tarder, apprendre Jusqu’où l’intelligence entre eux a pu s’étendre. J’y prends pour mon honneur un notable intérêt : Je la regarde en femme, aux termes qu’elle en est ; Elle n’a pu faillir sans me couvrir de honte, Et tout ce qu’elle a fait enfin est sur mon compte. Éloignement fatal ! voyage malheureux ! ( Frappant à la porte. )

Scène 2

Alain . Ah ! Monsieur, cette fois... Arnolphe . Paix. Venez çà tous deux. Passez là ; passez là. Venez là, venez, dis-je. Georgette . Ah ! vous me faites peur, et tout mon sang se fige. Arnolphe . C’est donc ainsi qu’absent vous m’avez obéi ? Et tous deux de concert vous m’avez donc trahi ? Georgette . Eh ! ne me mangez pas, Monsieur, je vous conjure. Alain , à part. Quelque chien enragé l’a mordu, je m’assure. Arnolphe .

Ouf ! Je ne puis parler, tant je suis prévenu : Je suffoque, et voudrais me pouvoir mettre nu. Vous avez donc souffert, ô canaille maudite, Qu’un homme soit venu ?... Tu veux prendre la fuite ! Il faut que sur-le-champ... Si tu bouges... ! Je veux Que vous me disiez... Euh !... Oui, je veux que tous deux... Quiconque remûra, par la mort ! je l’assomme. Comme est-ce que chez moi s’est introduit cet homme ? Eh ! parlez, dépêchez, vite, promptement, tôt, Sans rêver. Veut-on dire ? Alain et Georgette . Ah ! ah ! Georgette . Le cœur me faut. Alain . Je meurs. Arnolphe . Je suis en eau : prenons un peu d’haleine ; Il faut que je m’évente et que je me promène. Aurais-je deviné quand je l’ai vu petit, Qu’il croîtrait pour cela ? Ciel ! que mon cœur pâtit ! Je pense qu’il vaut mieux que de sa propre bouche Je tire avec douceur l’affaire qui me touche. Tâchons de modérer notre ressentiment. Patience, mon cœur, doucement, doucement. Levez-vous, et rentrant, faites qu’Agnès descende. Arrêtez. Sa surprise en deviendrait moins grande : Du chagrin qui me trouble ils iraient l’avertir,

Et moi-même je veux l’aller faire sortir. Que l’on m’attende ici.

Scène 3

Georgette . Mon Dieu ! qu’il est terrible ! Ses regards m’ont fait peur, mais une peur horrible ; Et jamais je ne vis un plus hideux chrétien. Alain . Ce Monsieur l’a fâché : je te le disais bien. Georgette . Mais que diantre est-ce là, qu’avec tant de rudesse Il nous fait au logis garder notre maîtresse ? D’où vient qu’à tout le monde il veut tant la cacher, Et qu’il ne saurait voir personne en approcher ? Alain . C’est que cette action le met en jalousie. Georgette . Mais d’où vient qu’il est pris de cette fantaisie ? Alain . Cela vient... cela vient de ce qu’il est jaloux. Georgette . Oui ; mais pourquoi l’est-il ? et pourquoi ce courroux ? Alain . C’est que la jalousie... entends-tu bien, Georgette, Est une chose... là... qui fait qu’on s’inquiète... Et qui chasse les gens d’autour d’une maison. Je m’en vais te bailler une comparaison, Afin de concevoir la chose davantage. Dis-moi, n’est-il pas vrai, quand tu tiens ton potage, Que si quelque affamé venait pour en manger, Tu serais en colère, et voudrais le charger ? Georgette . Oui, je comprends cela. Alain . C’est justement tout comme : La femme est en effet le potage de l’homme ; Et quand un homme voit d’autres hommes parfois Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,

Inhaltsverzeichnis

In dieser Ausgabe

  1. 01Full text
  2. 02ACTE PREMIER.
  3. 03ACTE II
  4. 04ACTE III
  5. 05ACTE IV
  6. 06ACTE CINQUIÈME.

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