Französisch Ausgabe
Philosophie
Lettres persanes
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Montesquieu
Un roman épistolaire satirique sur les mœurs, la politique, la religion et le regard étranger.
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Lettres persanes
Lettres persanes fait observer la France du XVIIIe siècle par des voyageurs persans fictifs. Montesquieu y mêle satire sociale, réflexion politique et critique des habitudes européennes.
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Montesquieu est mort en 1755, et Lettres persanes a été publié en 1721 ; ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition française.
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Lettres persanes
Montesquieu
QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LES LETTRES PERSANES.
(1754)
Rien n'a plu davantage, dans les Lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin: les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. A mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent dans leur tête un air moins merveilleux et moins bizarre; et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. D'un autre côté, le désordre croît dans le sérail d'Asie à proportion de la longueur de l'absence d'Usbek, c'est-à-dire à mesure que la fureur augmente et que l'amour diminue.
D'ailleurs, ces sortes de romans réussissent ordinairement, parce que l'on rend compte soi-même de sa situation actuelle; ce qui fait plus sentir les passions que tous les récits qu'on en pourroit faire. Et c'est une des causes du succès de quelques ouvrages charmants qui ont paru depuis les Lettres persanes.
Enfin, dans les romans ordinaires, les digressions ne peuvent être permises que lorsqu'elles forment elles-mêmes un nouveau roman. On n'y sauroit mêler de raisonnements, parce qu'aucuns des personnages n'y ayant été assemblés pour raisonner, cela choqueroit le dessein et la nature de l'ouvrage. Mais, dans la forme des lettres, où les acteurs ne sont pas choisis, et où les sujets qu'on traite ne sont dépendants d'aucun dessein ou d'aucun plan déjà formé, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale à un roman, et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue.
Les Lettres persanes eurent d'abord un débit si prodigieux, que les libraires mirent tout en usage pour en avoir des suites. Ils alloient tirer par la manche tous ceux qu'ils rencontroient: «Monsieur, disoient-ils, faites-moi des Lettres persanes.»
Mais ce que je viens de dire suffit pour faire voir qu'elles ne sont susceptibles d'aucune suite, encore moins d'aucun mélange avec des lettres écrites d'une autre main, quelque ingénieuses qu'elles puissent être.
Il y a quelques traits que bien des gens ont trouvés bien hardis; mais ils sont priés de faire attention à la nature de cet ouvrage. Les Persans qui doivent y jouer un si grand rôle se trouvoient tout à coup transplantés en Europe, c'est-à-dire dans un autre univers. Il y avoit un temps où il falloit nécessairement les représenter pleins d'ignorance et de préjugés: on n'étoit attentif qu'à faire voir la génération et le progrès de leurs idées. Leurs premières pensées devoient être singulières: il sembloit qu'on n'avoit rien à faire qu'à leur donner l'espèce de singularité qui peut compatir avec de l'esprit; on n'avoit à peindre que le sentiment qu'ils avoient eu à chaque chose qui leur avoit paru extraordinaire. Bien loin qu'on pensât à intéresser quelque principe de notre religion, on ne se soupçonnoit pas même d'imprudence. Ces traits se trouvent toujours liés avec le sentiment de surprise et d'étonnement, et point avec l'idée d'examen, et encore moins avec celle de critique. En parlant de notre religion, ces Persans ne doivent pas paroître plus instruits que lorsqu'ils parloient de nos coutumes et de nos usages; et, s'ils trouvent quelquefois nos dogmes singuliers, cette singularité est toujours marquée au coin de la parfaite ignorance des liaisons qu'il y a entre ces dogmes et nos autres vérités.
On fait cette justification par amour pour ces grandes vérités, indépendamment du respect pour le genre humain, que l'on n'a certainement pas voulu frapper par l'endroit le plus tendre. On prie donc le lecteur de ne pas cesser un moment de regarder les traits dont je parle comme des effets de la surprise de gens qui devoient en avoir, ou comme des paradoxes faits par des hommes qui n'étoient pas même en état d'en faire. Il est prié de faire attention que tout l'agrément consistoit dans le contraste éternel entre les choses réelles et la manière singulière, naïve ou bizarre, dont elles étoient aperçues. Certainement la nature et le dessein des Lettres persanes sont si à découvert, qu'elles ne tromperont jamais que ceux qui voudront se tromper eux-mêmes.
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LETTRES PERSANES
VorschaukapitelLETTRE I.Vorschau
USBEK A SON AMI RUSTAN.
A Ispahan.
Nous n'avons séjourné qu'un jour à Com. Lorsque nous eûmes fait nos dévotions sur le tombeau de la vierge qui a mis au monde douze prophètes, nous nous remîmes en chemin, et hier, vingt-cinquième jour de notre départ d'Ispahan, nous arrivâmes à Tauris.
Rica et moi sommes peut-être les premiers parmi les Persans que l'envie de savoir ait fait sortir de leur pays, et qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieusement la sagesse.
Nous sommes nés dans un royaume florissant; mais nous n'avons pas cru que ses bornes fussent celles de nos connoissances, et que la lumière orientale dût seule nous éclairer.
Mande-moi ce que l'on dit de notre voyage; ne me flatte point: je ne compte pas sur un grand nombre d'approbateurs. Adresse ta lettre à Erzeron, où je séjournerai quelque temps. Adieu, mon cher Rustan. Sois assuré qu'en quelque lieu du monde où je sois, tu as un ami fidèle.
De Tauris, le 15 de la lune de Saphar, 1711.
Inhaltsverzeichnis
In dieser Ausgabe
- 01Full text
- 02LETTRES PERSANES
- 03LETTRE I.
- 04LETTRE II.
- 05LETTRE III.
- 06LETTRE IV.
- 07LETTRE V.
- 08RUSTAN A USBEK
- 09D'Ispahan, le 28 de la lune de Rebiab 1, 1711
- 10LETTRE VI.
- 11LETTRE VII.
- 12LETTRE VIII.
- 13LETTRE IX.
- 14LETTRE X.
- 15LETTRE XI.
- 16LETTRE XII.
- 17LETTRE XIII.
- 18LETTRE XIV.
- 19LETTRE XV.
- 20LETTRE XVI.
- 21LETTRE XVII.
- 22LETTRE XVIII.
- 23LETTRE XIX.
- 24LETTRE XX.
- 25LETTRE XXI.
- 26LETTRE XXII.
- 27LETTRE XXIII.
- 28LETTRE XXIV.
- 29LETTRE XXV.
- 30LETTRE XXVI.
- 31LETTRE XXVII.
- 32LETTRE XXVIII.
- 33LETTRE XXIX.
- 34LETTRE XXX.
- 35LETTRE XXXI.
- 36LETTRE XXXII.
- 37LETTRE XXXIII.
- 38LETTRE XXXIV.
- 39LETTRE XXXV.
- 40LETTRE XXXVI.
- 41LETTRE XXXVII.
- 42LETTRE XXXVIII.
- 43LETTRE XXXIX.
- 44LETTRE XL.
- 45LETTRE XLI.
- 46LETTRE XLII.
- 47LETTRE XLIII.
- 48LETTRE XLIV.
- 49LETTRE XLV.
- 50LETTRE XLVI.
- 51LETTRE XLVII.
- 52LETTRE XLVIII.
- 53LETTRE XLIX.
- 54LETTRE L.
- 55LETTRE LI.
- 56LETTRE LII.
- 57LETTRE LIII.
- 58LETTRE LIV.
- 59LETTRE LV.
- 60LETTRE LVI.
- 61LETTRE LVII.
- 62LETTRE LVIII.
- 63LETTRE LIX.
- 64LETTRE LX.
- 65LETTRE LXI.
- 66LETTRE LXII.
- 67LETTRE LXIII.
- 68LETTRE LXIV.
- 69LETTRE LXV.
- 70LETTRE LXVI.
- 71LETTRE LXVII.
- 72HISTOIRE
- 73LETTRE LXVIII.
- 74LETTRE LXIX.
- 75LETTRE LXX.
- 76LETTRE LXXI.
- 77LETTRE LXXII.
- 78LETTRE LXXIII.
- 79LETTRE LXXIV.
- 80LETTRE LXXV.
- 81LETTRE LXXVI.
- 82LETTRE LXXVII.
- 83LETTRE LXXVIII.
- 84LETTRE LXXIX.
- 85LETTRE LXXX.
- 86LETTRE LXXXI.
- 87LETTRE LXXXII.
- 88Qu'est-ce que les conquêtes d'Alexandre, en comparaison de celles de
- 89Genghiscan?
- 90LETTRE LXXXIII.
- 91LETTRE LXXXIV.
- 92LETTRE LXXXV.
- 93LETTRE LXXXVI.
- 94LETTRE LXXXVII.
- 95LETTRE LXXXVIII.
- 96FIN DU TOME PREMIER.
- 97LETTRE LXXXIX.
- 98LETTRE XC.
- 99LETTRE XCI.
- 100LETTRE XCII.
- 101LETTRE XCIII.
- 102LETTRE XCIV.
- 103LETTRE XCV
- 104LETTRE XCVI.
- 105LETTRE XCVII.
- 106LETTRE XCVIII.
- 107O toi, sage dervis, dont l'esprit curieux brille de tant de
- 108LETTRE XCIX.
- 109LETTRE C.
- 110LETTRE CI.
- 111LETTRE CII.
- 112LETTRE CIII.
- 113LETTRE CIV.
- 114LETTRE CV.
- 115LETTRE CVI.
- 116LETTRE CVII.
- 117LETTRE CVIII.
- 118LETTRE CIX.
- 119LETTRE CX.
- 120LETTRE CXI.
- 121LETTRE CXII.
- 122Cologne, Pierre Marteau.)
- 123LETTRE CXIII.
- 124LETTRE CXIV.
- 125LETTRE CXV.
- 126LETTRE CXVI.
- 127LETTRE CXVII.
- 128LETTRE CXVIII.
- 129LETTRE CXIX.
- 130LETTRE CXX.
- 131LETTRE CXXI.
- 132LETTRE CXXII.
- 133LETTRE CXXIII.
- 134LETTRE CXXIV.
- 135Gardien des trois tombeaux
- 136LETTRE CXXV.
- 137LETTRE CXXVI.
- 138LETTRE CXXVII.
- 139LETTRE CXXVIII.
- 140LETTRE CXXIX.
- 141LETTRE CXXX.
- 142LETTRE D'UN NOUVELLISTE AU MINISTRE.
- 143LETTRE CXXXI.
- 144LETTRE CXXXII.
- 145LETTRE CXXXIII.
- 146LETTRE CXXXIV.
- 147LETTRE CXXXV.
- 148LETTRE CXXXVI.
- 149LETTRE CXXXVII.
- 150LETTRE CXXXVIII.
- 151LETTRE CXXXIX.
- 152LETTRE CXL.
- 153LETTRE CXLI.
- 154LETTRE CXLII.
- 155LETTRE CXLIII.
- 156LETTRE D'UN MÉDECIN DE PROVINCE A UN MÉDECIN DE PARIS.
- 157LETTRE CXLIV.
- 158LETTRE CXLV.
- 159LETTRE CXLVI.
- 160LETTRE CXLVII.
- 161LETTRE CXLVIII.
- 162LETTRE CXLIX.
- 163LETTRE CL.
- 164LETTRE CLI.
- 165LETTRE CLII.
- 166LETTRE CLIII.
- 167LETTRE CLIV.
- 168LETTRE CLV.
- 169LETTRE CLVI.
- 170LETTRE CLVII.
- 171LETTRE CLVIII.
- 172LETTRE CLIX.
- 173LETTRE CLX.
- 174LETTRE CLXI.
- 175FIN DU TOME SECOND.
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