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Mademoiselle Fifi

フランス語 BooksWhale エディション · Guy de Maupassant

Un recueil incisif de récits sur la guerre, l’orgueil, la violence et l’ironie sociale.

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Mademoiselle Fifi

Mademoiselle Fifi rassemble des récits de Maupassant marqués par la précision narrative, la critique sociale et les tensions de la guerre. Cette édition française présente le texte original du domaine public.

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Guy de Maupassant est mort en 1893, et Mademoiselle Fifi a été publié en 1882. Ces dates soutiennent le statut de domaine public du texte français original utilisé pour cette édition.

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Mademoiselle Fifi

Guy de Maupassant

プレビュー章MADEMOISELLE FIFIプレビュー

Le major, commandant prussien, comte de Farlsberg, achevait de lire son courrier, le dos au fond d’un grand fauteuil de tapisserie et ses pieds bottés sur le marbre élégant de la cheminée, où ses éperons, depuis trois mois qu’il occupait le château d’Uville, avaient tracé deux trous profonds, fouillés un peu plus tous les jours.

Une tasse de café fumait sur un guéridon de marqueterie maculé par les liqueurs, brûlé par les cigares, entaillé par le canif de l’officier conquérant qui, parfois, s’arrêtant d’aiguiser un crayon, traçait sur le meuble gracieux des chiffres ou des dessins, à la fantaisie de son rêve nonchalant.

Quand il eut achevé ses lettres et parcouru les journaux allemands que son vaguemestre venait de lui apporter, il se leva, et, après avoir jeté au feu trois ou quatre énormes morceaux de bois vert, car ces messieurs abattaient peu à peu le parc pour se chauffer, il s’approcha de la fenêtre.

La pluie tombait à flots, une pluie normande qu’on aurait dit jetée par une main furieuse, une pluie en biais, épaisse comme un rideau, formant une sorte de mur à raies obliques, une pluie cinglante, éclaboussante, noyant tout, une vraie pluie des environs de Rouen, ce pot de chambre de la France.

L’officier regarda longtemps les pelouses inondées, et, là-bas, l’Andelle gonflée qui débordait; et il tambourinait contre la vitre une valse du Rhin, quand un bruit le fit se retourner: c’était son second, le baron de Kelweingstein, ayant le grade équivalent à celui de capitaine.

Le major était un géant, large d’épaules, orné d’une longue barbe en éventail formant nappe sur sa poitrine; et toute sa grande personne solennelle éveillait l’idée d’un paon militaire, un paon qui aurait porté sa queue déployée à son menton. Il avait des yeux bleus, froids et doux, une joue fendue d’un coup de sabre dans la guerre d’Autriche; et on le disait brave homme autant que brave officier.

Le capitaine, un petit rougeaud à gros ventre, sanglé de force, portait presque ras son poil ardent, dont les fils de feu auraient fait croire, quand ils se trouvaient sous certains reflets, sa figure frottée de phosphore. Deux dents perdues dans une nuit de noce, sans qu’il se rappelât au juste comment, lui faisaient cracher des paroles épaisses qu’on n’entendait pas toujours; et il était chauve du sommet du crâne seulement, tonsuré comme un moine, avec une toison de petits cheveux frisés, dorés et luisants, autour de ce cerceau de chair nue.

Le commandant lui serra la main, et il avala d’un trait sa tasse de café (la sixième depuis le matin), en écoutant le rapport de son subordonné sur les incidents survenus dans le service; puis tous deux se rapprochèrent de la fenêtre en déclarant que ce n’était pas gai. Le major, homme tranquille, marié chez lui, s’accommodait de tout; mais le baron capitaine, viveur tenace, coureur de bouges, forcené trousseur de filles, rageait d’être enfermé depuis trois mois dans la chasteté obligatoire de ce poste perdu.

Comme on grattait à la porte, le commandant cria d’ouvrir, et un homme, un de leurs soldats automates, apparut dans l’ouverture, disant par sa seule présence que le déjeuner était prêt.

Dans la salle ils trouvèrent les trois officiers de moindre grade: un lieutenant, Otto de Grossling; deux sous-lieutenants, Fritz Scheunaubourg et le marquis Wilhem d’Eyrik, un tout petit blondin fier et brutal avec les hommes, dur aux vaincus, et violent comme une arme à feu.

Depuis son entrée en France, ses camarades ne l’appelaient plus que lle Fifi. Ce surnom lui venait de sa tournure coquette, de sa taille fine qu’on aurait dit tenue en un corset, de sa figure pâle où sa naissante moustache apparaissait à peine, et aussi de l’habitude qu’il avait prise, pour exprimer son souverain mépris des êtres et des choses, d’employer à tout moment la locution française – fi, fi donc, qu’il prononçait avec un léger sifflement.

プレビュー章Madame Baptisteプレビュー

,, ( p.

). La Rouille Madame Baptiste

Quand j’entrai dans la salle des voyageurs de la gare de Loubain, mon premier regard fut pour l’horloge. J’avais à attendre deux heures dix minutes l’express de Paris.

Je me sentis las soudain comme après dix lieues à pieds; puis je regardai autour de moi comme si j’allais découvrir sur les murs un moyen de tuer le temps; puis je ressortis et m’arrêtai devant la porte de la gare, l’esprit travaillé par le désir d’inventer quelque chose à faire.

La rue, sorte de boulevard planté d’acacias maigres, entre deux rangs de maisons inégales et différentes, des maisons de petite ville, montait une sorte de colline; et tout au bout on apercevait des arbres comme si un parc l’eût terminée.

De temps en temps un chat traversait la chaussée, enjambant les ruisseaux d’une manière délicate. Un roquet pressé sentait le pied de tous les arbres, cherchant des débris de cuisine. Je n’apercevais aucun homme.

Un morne découragement m’envahit. Que faire? Que faire? Je songeais déjà à l’interminable et inévitable séance dans le petit café du chemin de fer, devant un bock imbuvable et l’illisible journal du lieu, quand j’aperçus un convoi funèbre qui tournait une rue latérale pour s’engager dans celle où je me trouvais.

La vue du corbillard fut un soulagement pour moi. C’était au moins dix minutes de gagnées.

Mais soudain mon attention redoubla. Le mort n’était suivi que par huit messieurs dont un pleurait. Les autres causaient amicalement. Aucun prêtre n’accompagnait. Je pensai: « Voici un enterrement civil, » puis je réfléchis qu’une ville comme Loubain devait contenir au moins une centaine de libres-penseurs qui se seraient fait un devoir de manifester. Alors, quoi? La marche rapide du convoi disait bien pourtant qu’on enterrait ce défunt-là sans cérémonie, et, par conséquent, sans religion.

Ma curiosité désœuvrée se jeta dans les hypothèses les plus compliquées; mais, comme la voiture funèbre passait devant moi, une idée baroque me vint: c’était de suivre avec les huit messieurs. J’avais là une heure au moins d’occupation, et je me mis en marche, d’un air triste, derrière les autres.

Les deux derniers se retournèrent avec étonnement, puis se parlèrent bas. Ils se demandaient certainement si j’étais de la ville. Puis ils consultèrent les deux précédents, qui se mirent à leur tour à me dévisager. Cette attention investigatrice me gênait, et, pour y mettre fin, je m’approchai de mes voisins. Les ayant salués, je dis: « Je vous demande bien pardon, messieurs, si j’interromps votre conversation. Mais apercevant un enterrement civil, je me suis empressé de le suivre sans connaître, d’ailleurs, le mort que vous accompagnez. » Un des messieurs prononça: « C’est une morte. » Je fus surpris et je demandai: « Cependant c’est bien un enterrement civil, n’est-ce pas? »

L’autre monsieur, qui désirait évidemment m’instruire, prit la parole: « Oui et non. Le clergé nous a refusé l’entrée de l’église. » Je poussai, cette fois, un « Ah! » de stupéfaction. Je ne comprenais plus du tout.

Mon obligeant voisin me confia, à voix basse: « Oh! c’est toute une histoire. Cette jeune femme s’est tuée, et voilà pourquoi on n’a pas pu la faire enterrer religieusement. C’est son mari que vous voyez là, le premier, celui qui pleure. »

Alors, je prononçai, en hésitant: « Vous m’étonnez et vous m’intéressez beaucoup, monsieur. Serait-il indiscret de vous demander de me conter cette histoire? Si je vous importune, mettez que je n’ai rien dit. »

目次

このエディションの内容

  1. 01Full text
  2. 02MADEMOISELLE FIFI
  3. 03Madame Baptiste
  4. 04La Rouille
  5. 05Marroca
  6. 06La Bûche
  7. 07La Relique
  8. 08Le Lit
  9. 09Réveil
  10. 10Une Ruse
  11. 11À Cheval
  12. 12Un Réveillon
  13. 13Mots d’Amour
  14. 14Une Aventure parisienne
  15. 15Deux Amis
  16. 16Le Voleur
  17. 17Nuit de Noël
  18. 18Le Remplaçant

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