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文学

Tartarin sur les Alpes

フランス語 BooksWhale エディション · Alphonse Daudet

Tartarin quitte Tarascon pour les Alpes, où son imagination héroïque rencontre la réalité du voyage.

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Tartarin sur les Alpes

Daudet se moque avec tendresse de la vantardise, des faux exploits, du tourisme et des illusions héroïques.

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The source text is public domain; Alphonse Daudet died in 1897 and the work dates from 1885.

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Tartarin sur les Alpes

Alphonse Daudet

I. Apparition au Rigi-Kulm.—Qui?—Ce qu'on dit autour d'une table de six cents couverts.—Riz et pruneaux.—Un bal improvisé.—L'inconnu signe son nom sur le registre de l'hôtel.—P. C. A.

II. Tarascon, cinq minutes d'arrêt.—Le Club des Alpines.—Explication du P. C. A.—Lapins de garenne et lapins de choux.—Ceci est mon testament,—Le sirop de cadavre.—Première ascension.—Tartarin tire ses lunettes.

III. Une alerte sur le Rigi.—Du sang-froid! du sang-froid!—Le cor des Alpes.—Ce que Tartarin trouve à sa glace en se réveillant. —Perplexité.—On demande un guide par le téléphone.

IV. Sur le bateau.—Il pleut.—Le héros tarasconnais salue des mânes.—La vérité sur Guillaume Tell.—Désillusion.—Tartarin de Tarascon n'a jamais existé.—«Té! Bompard!».

V. Confidences sous un tunnel.

VI. Le col du Brünig.—Tartarin tombe aux mains des nihilistes.—Disparition d'un ténor italien et d'une corde fabriquée en Avignon.—Nouveaux exploits du chasseur de casquettes.—Pan! pan!

VII. Les nuits de Tarascon.—Où est-il?—Anxiété.—Les cigales du Cours redemandent Tartarin.—Martyre d'un grand saint tarasconnais.—Le Club des Alpines.—Ce qui se passait à la pharmacie de la placette.—A moi, Bézuquet!.

VIII. Dialogue mémorable entre la Jungfrau et Tartarin.—Un salon nihiliste.—Le duel au couteau de chasse.—Affreux cauchemar. —«C'est moi que vous cherchez, messieurs?»—Étrange accueil fait par l'hôtelier Meyer à la délégation tarasconnaise.

IX. Au Chamois fidèle

X. L'ascension de la Jungfrau.—Vé, les boeufs!—Les crampons Kennedy ne marchent pas, la lampe à chalumeau non plus.—Apparition d'hommes masqués au chalet du Club Alpin.—Le président dans la crevasse.—Il y laisse ses lunettes.—Sur les cimes!—Tartarin devenu dieu.

XI. En route pour Tarascon!—Le lac de Genève.—-Tartarin propose une visite au cachot de Bonnivard.—Court dialogue au milieu des roses.—Toute la bande sous les verrous.—L'infortuné Bonnivard.—O se trouve une certaine corde fabriquée en Avignon.

XII. L'hôtel Baltet à Chamonix.—Ça sent l'ail!—De l'emploi de la corde dans les courses alpestres.—Shake hands!—Un élève de Schopenhauer.—A la halte des Grands-Mulets.—«Tartar_éin_, il faut que je vous parle».

XIII. La catastrophe.

XIV. Épilogue.

プレビュー章Iプレビュー

APPARITION AU RIGI-KULM.—OUI?—CE QU'ON DIT AUTOUR D'UNE TABLE DE SIX CENTS COUVERTS.—RIZ ET PRUNEAUX. UN BAL IMPROVISÉ.—L'INCONNU SIGNE SON NOM SUR LE REGISTRE DE L'HOTEL.—P. C. A.

Le 10 août 1880, à l'heure fabuleuse de ce coucher de soleil sur les Alpes, si fort vanté par les guides Joanne et Baedeker, un brouillard jaune hermétique, compliqué d'une tourmente de neige en blanches spirales, enveloppait la cime du Rigi ( Regina montium ) et cet hôtel gigantesque, extraordinaire à voir dans l'aride paysage des hauteurs, ce Rigi-Kulm vitré comme un observatoire, massif comme une citadelle, où pose pour un jour et une nuit la foule des touristes adorateurs du soleil.

En attendant le second coup du dîner, les passagers de l'immense et fastueux caravansérail, morfondus en haut dans les chambres ou pâmés sur les divans des salons de lecture dans la tiédeur moite des calorifères allumés, regardaient, à défaut des splendeurs promises, tournoyer les petites mouchetures blanches et s'allumer devant le perron les grands lampadaires dont les doubles verres de phares grinçaient au vent.

Monter si haut, venir des quatre coins du monde pour voir cela… O Baedeker!…

Soudain quelque chose émergea du brouillard, s'avançant vers l'hôtel avec un tintement de ferrailles, une exagération de mouvements causée par d'étranges accessoires.

A vingt pas, à travers la neige, les touristes désoeuvrés, le nez contre les vitres, les misses aux curieuses petites têtes coiffées en garçons, prirent cette apparition pour une vache égarée, puis pour un rétameur chargé de ses ustensiles.

A dix pas, l'apparition changea encore et montra l'arbalète l'épaule, le casque à visière baissée d'un archer du moyen âge, encore plus invraisemblable à rencontrer sur ces hauteurs qu'une vache ou qu'un ambulant.

Au perron, l'arbalétrier ne fut plus qu'un gros homme, trapu, râblé, qui s'arrêtait pour souffler, secouer la neige de ses jambières en drap jaune comme sa casquette, de son passe-montagne tricoté ne laissant guère voir du visage que quelques touffes de barbe grisonnante et d'énormes lunettes vertes, bombées en verres de stéréoscope. Le piolet, l'alpenstock, un sac sur le dos, un paquet de cordes en sautoir, des crampons et crochets de fer à la ceinture d'une blouse anglaise à larges pattes complétaient le harnachement de ce parfait alpiniste.

Sur les cimes désolées du Mont-Blanc ou du Finsteraarhorn, cette tenue d'escalade aurait semblé naturelle; mais au Rigi-Kulm, à deux pas du chemin de fer!

L'Alpiniste, il est vrai, venait du côté opposé à la station, et l'état de ses jambières témoignait d'une longue marche dans la neige et la boue.

Un moment il regarda l'hôtel et ses dépendances, stupéfait de trouver à deux mille mètres au-dessus de la mer une bâtisse de cette importance, des galeries vitrées, des colonnades, sept étages de fenêtres et le large perron s'étalant entre deux rangées de pots à feu qui donnaient à ce sommet de montagne l'aspect de la place de l'Opéra par un crépuscule d'hiver.

Mais si surpris qu'il pût être, les gens de l'hôtel le paraissaient bien davantage, et lorsqu'il pénétra dans l'immense antichambre, une poussée curieuse se fit à l'entrée de toutes les salles: des messieurs armés de queues de billard, d'autres avec des journaux déployés, des dames tenant leur livre ou leur ouvrage, tandis que tout au fond, dans le développement de l'escalier, des têtes se penchaient par-dessus la rampe, entre les chaînes de l'ascenseur.

L'homme dit haut, très fort, d'une voix de basse profonde, un «creux du Midi» sonnant comme une paire de cymbales:

«Coquin de bon sort! En voilà un temps!…

Et tout de suite il s'arrêta, quitta sa casquette et ses lunettes.

プレビュー章IIプレビュー

TARASCON, CINQ MINUTES D'ARRÊT.—LE CLUB DES ALPINES.—EXPLICATION DU P.C.A.—LAPINS DE GARENNE ET LAPINS DE CHOUX.—CECI EST MON TESTAMENT.—LE SIROP DE CADAVRE.—PREMIÈRE ASCENSION.—TARTARIN TIRE SES LUNETTES.

Quand ce nom de «Tarascon» sonne en fanfare sur la voie du Paris-Lyon-Méditerranée, dans le bleu vibrant et limpide du ciel provençal, des têtes curieuses se montrent à toutes les portières de l'express, et de wagon en wagon les voyageurs se disent: «Ah! voil Tarascon… Voyons un peu Tarascon.

Ce qu'on en voit n'a pourtant rien que de fort ordinaire, une petite ville paisible et proprette, des tours, des toits, un pont sur le Rhône. Mais le soleil tarasconnais et ses prodigieux effets de mirage, si féconds en surprises, en inventions, en cocasseries délirantes; ce joyeux petit peuple, pas plus gros qu'un pois chiche, qui reflète et résume les instincts de tout le Midi français, vivant, remuant, bavard, exagéré, comique, impressionnable, c'est là ce que les gens de l'express guettent au passage et ce qui fait la popularit de l'endroit.

En des pages mémorables que la modestie l'empêche de rappeler plus explicitement, l'historiographe de Tarascon a jadis essayé de dépeindre les jours heureux de la petite ville menant sa vie de cercle, chantant ses romances—chacun la sienne,—et, faute de gibier, organisant de curieuses chasses à la casquette. Puis, la guerre venue, les temps noirs, il a dit Tarascon, et sa défense héroïque, l'esplanade torpillée, le cercle et le café de la comédie imprenables, tous les habitants formés en compagnies franches, soutachés de fémurs croisés et de têtes de mort, toutes les barbes poussées, un tel déploiement de haches, sabres d'abordage, revolvers américains, que les malheureux en arrivaient à se faire peur les uns aux autres et ne plus oser s'aborder dans les rues.

Voici ce qu'il est dit de cette chasse locale dans les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon:

«Après un bon déjeuner en pleine campagne, chacun des chasseurs prend sa casquette, la jette en l'air de toutes ses forces, et la tire au vol avec du 5, du 6 ou du 2, selon les conventions. Celui qui met le plus souvent dans sa casquette est proclamé roi de la chasse et rentre, le soir, en triomphateur à Tarascon, la casquette criblée au bout du fusil, au milieu des aboiements et des fanfares…

Bien des années ont passé depuis la guerre, bien des almanachs ont ét mis au feu; mais Tarascon n'a pas oublié, et, renonçant aux futiles distractions d'autre temps, n'a plus songé qu'à se faire du sang et des muscles au profit des revanches futures. Des sociétés de tir et de gymnastique, costumées, équipées, ayant toutes leur musique et leur bannière; des salles d'armes, boxe, bâton, chausson; des courses pieds, des luttes à main plate entre personnes du meilleur monde ont remplacé les chasses à la casquette, les platoniques causeries cynégétiques chez l'armurier Costecalde.

Enfin le cercle, le vieux cercle lui-même, abjurant bouillotte et bezigue, s'est transformé en Club Alpin, sur le patron du fameux «Alpine Club» de Londres qui a porté jusqu'aux Indes la renommée de ses grimpeurs. Avec cette différence que les Tarasconnais, au lieu de s'expatrier vers des cimes étrangères à conquérir, se sont contentés de ce qu'ils avaient sous la main, ou plutôt sous le pied, aux portes de la ville.

Les Alpes à Tarascon?… Non, mais les Alpines, cette chaîne de montagnettes parfumées de thym et de lavande, pas bien méchantes ni très hautes (150 à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer), qui font un horizon de vagues bleues aux routes provençales, et que l'imagination locale a décorées de noms fabuleux et caractéristiques: le Mont-Terrible, le Bout-du-Monde, le Pic-des-Géants, etc.

目次

このエディションの内容

  1. 01Full text
  2. 02I
  3. 03II
  4. 04III
  5. 05IV
  6. 06V
  7. 07VI
  8. 08VII
  9. 09VIII
  10. 10IX
  11. 11X
  12. 12XI
  13. 13XII
  14. 14XIII
  15. 15XIV

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