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Le Chevalier de Maison-Rouge

法语 BooksWhale 版本 · Alexandre Dumas

À Paris pendant la Révolution, un royaliste tente de sauver Marie-Antoinette tandis qu’un jeune républicain se trouve pris dans une mission secrète.

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图书简介

Le Chevalier de Maison-Rouge

Alexandre Dumas transforme les derniers jours de la monarchie en récit de clandestinité, de courage et de dilemmes politiques. Le Chevalier de Maison-Rouge oppose fidélité à la reine et engagement révolutionnaire, tout en donnant à ses personnages une dimension humaine au-delà des camps historiques.

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The original work was first published in 1845; Alexandre Dumas died in 1870. The source text is in the public domain under the applicable author-life-plus-term rules. This edition is the original-language text.

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Le Chevalier de Maison-Rouge

Alexandre Dumas

预览章节CHAPITRE PREMIER. LES ENRÔLÉS VOLONTAIRES.预览

’était pendant la soirée du 10 mars 1793.

Dix heures venaient de tinter à Notre-Dame, et chaque heure, se détachant l’une après l’autre comme un oiseau nocturne élancé d’un nid de bronze, s’était envolée triste, monotone et vibrante.

La nuit était descendue sur Paris, non pas bruyante, orageuse et entrecoupée d’éclairs, mais froide et brumeuse.

Paris lui-même n’était point ce Paris que nous connaissons, éblouissant le soir de mille feux qui se reflètent dans sa fange dorée, le Paris aux promeneurs affairés, aux chuchotements joyeux, aux faubourgs bachiques, pépinière de querelles audacieuses, de crimes hardis, fournaise aux mille rugissements, mais une cité honteuse, timide, affairée, dont les rares habitants couraient pour traverser d’une rue à l’autre, et se précipitaient dans leurs allées ou sous leurs portes cochères, comme des bêtes fauves traquées par les chasseurs s’engloutissent dans leurs terriers.

C’était enfin, comme nous l’avons dit, le Paris du 10 mars 1793.

Quelques mots sur la situation extrême qui avait amené ce changement dans l’aspect de la capitale, puis nous entamerons les événements dont le récit fera l’objet de cette histoire.

La France, par la mort de Louis XVI , avait rompu avec toute l’Europe. Aux trois ennemis qu’elle avait d’abord combattus, c’est-à-dire à la Prusse, à l’Empire, au Piémont, s’étaient jointes l’Angleterre, la Hollande et l’Espagne. La Suède et le Danemark seuls conservaient leur vieille neutralité, occupés qu’ils étaient du reste à regarder Catherine II déchirant la Pologne.

La situation était effrayante. La France, moins dédaignée comme puissance physique, mais aussi moins estimée comme puissance morale depuis les massacres de septembre et l’exécution du 21 janvier, était littéralement bloquée comme une simple ville par l’Europe entière. L’Angleterre était sur nos côtes, l’Espagne sur les Pyrénées, le Piémont et l’Autriche sur les Alpes, la Hollande et la Prusse dans le nord des Pays-Bas, et sur un seul point, du Haut-Rhin à l’Escaut, deux cent cinquante mille combattants marchaient contre la République.

Partout nos généraux étaient repoussés. Miaczinski avait été obligé d’abandonner Aix-la-Chapelle et de se retirer sur Liège. Steingel et Neuilly étaient rejetés dans le Limbourg ; Miranda, qui assiégeait Maëstrich, s’était replié sur Tongres. Valence et Dampierre, réduits à battre en retraite, s’étaient laissé enlever une partie de leur matériel. Plus de dix mille déserteurs avaient déjà abandonné l’armée et s’étaient répandus dans l’intérieur. Enfin, la Convention, n’ayant plus d’espoir qu’en Dumouriez, lui avait envoyé courrier sur courrier pour lui ordonner de quitter les bords du Bieboos, où il préparait un débarquement en Hollande, afin de venir prendre le commandement de l’armée de la Meuse.

Sensible au cœur comme un corps animé, la France ressentait à Paris, c’est-à-dire à son cœur même, chacun des coups que l’invasion, la révolte ou la trahison lui portaient aux points les plus éloignés. Chaque victoire était une émeute de joie, chaque défaite un soulèvement de terreur. On comprend donc facilement quel tumulte avaient produit les nouvelles des échecs successifs que nous venions d’éprouver.

La veille, 9 mars, il y avait eu à la Convention une séance des plus orageuses : tous les officiers avaient reçu l’ordre de rejoindre leurs régiments à la même heure, et Danton, cet audacieux proposeur des choses impossibles qui s’accomplissaient cependant, Danton, montant à la tribune, s’était écrié : « Les soldats manquent, dites-vous ! offrons à Paris une occasion de sauver la France ; demandons-lui trente mille hommes ; envoyons-les à Dumouriez, et non-seulement la France est sauvée, mais la Belgique est assurée, mais la Hollande est conquise. »

预览章节CHAPITRE II . L’INCONNUE.预览

l y avait dans cette voix un tel accent de crainte et de distinction mêlées ensemble, que Maurice tressaillit. Comme une commotion électrique, cette voix vibrante avait pénétré jusqu’à son cœur.

Il se retourna vers les enrôlés volontaires, qui se consultaient entre eux. Humiliés d’avoir été tenus en échec par un seul homme, ils se consultaient entre eux avec l’intention bien visible de regagner le terrain perdu ; ils étaient huit contre un : trois avaient des fusils, les autres des pistolets et des piques. Maurice n’avait que son sabre ; la lutte ne pouvait être égale.

La femme elle-même comprit cela, car elle laissa retomber sa tête sur sa poitrine en poussant un soupir.

Quant à Maurice, le sourcil froncé, la lèvre dédaigneusement relevée, le sabre hors du fourreau, il restait irrésolu entre ses sentiments d’homme qui lui ordonnaient de défendre cette femme, et ses devoirs de citoyen qui lui conseillaient de la livrer.

Tout à coup, au coin de la rue des Bons-Enfants, on vit briller l’éclair de plusieurs canons de fusil, et l’on entendit la marche mesurée d’une patrouille qui, apercevant un rassemblement, fit halte à dix pas à peu près du groupe, et, par la voix de son caporal, cria : « Qui vive ? »

— Ami ! cria Maurice ; ami ! Avance ici, Lorin.

Celui auquel cette injonction était adressée se remit en marche et, prenant la tête, s’approcha vivement suivi de huit hommes.

— Eh ! c’est toi, Maurice, dit le caporal. Ah ! libertin ! que fais-tu dans les rues à cette heure ?

— Tu le vois, je sors de la section des Frères et Amis.

— Oui, pour te rendre dans celle des sœurs et amies ; nous connaissons cela.

Apprenez, ma belle, Qu’à minuit sonnant, Une main fidèle, Une main d’amant Ira doucement, Se glissant dans l’ombre, Tirer les verrous Qui dès la nuit sombre Sont poussés sur vous.

Hein ! n’est-ce pas cela ?

— Non, mon ami, tu te trompes, j’allais rentrer directement chez moi lorsque j’ai trouvé la citoyenne qui se débattait aux mains des citoyens volontaires ; je suis accouru, et j’ai demandé pourquoi on la voulait arrêter.

— Je te reconnais bien là, dit Lorin.

Des cavaliers français tel est le caractère.

Puis, se retournant vers les enrôlés :

— Et pourquoi arrêtiez-vous cette femme ? demanda le poétique caporal.

— Nous l’avons déjà dit au lieutenant, répondit le chef de la petite troupe, parce qu’elle n’avait point de carte de sûreté.

— Bah ! bah ! dit Lorin, voilà un beau crime.

— Tu ne connais donc pas l’arrêté de la Commune ? demanda le chef des volontaires.

— Si fait ! si fait ! mais il est un autre arrêté qui annule celui-là.

— Lequel ?

— Le voici :

Sur le Pinde et sur le Parnasse, Il est décrété par l’Amour Que la Beauté, la Jeunesse et la Grâce, Pourront, à toute heure du jour Circuler sans billet de passe.

Hé ! que dis-tu de cet arrêté, citoyen ? Il est galant, ce me semble.

— Oui ; mais il ne me paraît pas péremptoire. D’abord, il ne figure pas dans le Moniteur ; puis, nous ne sommes ni sur le Pinde ni sur le Parnasse ; ensuite, il ne fait pas jour ; enfin, la citoyenne n’est peut-être ni jeune, ni belle, ni gracieuse.

— Je parie le contraire, dit Lorin. Voyons, citoyenne, prouve-moi que j’ai raison, baisse ta coiffe et que tout le monde puisse juger si tu es dans les conditions du décret.

— Ah ! monsieur, dit la jeune femme en se pressant contre Maurice, après m’avoir protégée contre vos ennemis, protégez-moi contre vos amis, je vous en supplie.

— Voyez-vous, voyez-vous, dit le chef des enrôlés, elle se cache. M’est avis que c’est quelque espionne des aristocrates, quelque drôlesse, quelque coureuse de nuit.

目录

本版本内容

  1. 01Full text
  2. 02CHAPITRE PREMIER. LES ENRÔLÉS VOLONTAIRES.
  3. 03CHAPITRE II . L’INCONNUE.
  4. 04CHAPITRE III. LA RUE DES FOSSÉS-SAINT-VICTOR
  5. 05CHAPITRE IV . MŒURS DU TEMPS
  6. 06CHAPITRE V . QUEL HOMME C’ÉTAIT QUE LE CITOYEN MAURICE LINDAY.
  7. 07CHAPITRE VI. LE TEMPLE
  8. 08CHAPITRE VII. SERMENT DE JOUEUR.
  9. 09CHAPITRE VIII. GENEVIÈVE
  10. 10CHAPITRE IX. LE SOUPER.
  11. 11CHAPITRE X. LE SAVETIER SIMON.
  12. 12CHAPITRE XI. LE BILLET.
  13. 13CHAPITRE XII . AMOUR.
  14. 14CHAPITRE XIII . LE 31 MAI.
  15. 15CHAPITRE XIV . DÉVOUEMENT.
  16. 16CHAPITRE XV . LA DÉESSE RAISON.
  17. 17CHAPITRE XVI . L’ENFANT PRODIGUE
  18. 18CHAPITRE XVII . LES MINEURS.
  19. 19CHAPITRE XVIII . NUAGES.
  20. 20part l’enivrement des premiers regards, Maurice s’était trouvé au-dessous de son attente dans la réception que lui avait faite Geneviève, et il comptait sur la solitude pour regagner le chemin qu’il avait perdu, ou du moins qu’il paraissait avoir perdu dans la route de ses affections.
  21. 21CHAPITRE XIX . LA DEMANDE.
  22. 22CHAPITRE XX . LA BOUQUETIÈRE.
  23. 23CHAPITRE XXI . L’ŒILLET ROUGE.
  24. 24CHAPITRE XXII . SIMON LE CENSEUR.
  25. 25CHAPITRE XXIII . LA DÉESSE RAISON.
  26. 26CHAPITRE XXIV . LA MÈRE ET LA FILLE.
  27. 27CHAPITRE XXV . LE BILLET.
  28. 28CHAPITRE XXVI . BLACK.
  29. 29CHAPITRE XXVII . LE MUSCADIN.
  30. 30CHAPITRE XXVIII . LE CHEVALIER DE MAISON-ROUGE.
  31. 31CHAPITRE XXIX . LA PATROUILLE.
  32. 32CHAPITRE XXX . ŒILLET ET SOUTERRAIN.
  33. 33CHAPITRE XXXI . PERQUISITION.
  34. 34CHAPITRE XXXII . LA FOI JURÉE.
  35. 35CHAPITRE XXXIII . LE LENDEMAIN.
  36. 36CHAPITRE XXXIV . LA CONCIERGERIE.
  37. 37CHAPITRE XXXV . LA SALLE DES PAS-PERDUS.
  38. 38CHAPITRE XXXVI LE CITOYEN THÉODORE.
  39. 39CHAPITRE XXXVII . LE CITOYEN GRACCHUS.
  40. 40CHAPITRE XXXVIII . L’ENFANT ROYAL.
  41. 41CHAPITRE XXXIX . LE BOUQUET DE VIOLETTE.
  42. 42CHAPITRE XL . LE CABARET DU PUITS-DE-NOÉ.
  43. 43CHAPITRE XLI . LE GREFFIER DU MINISTÈRE DE LA GUERRE.
  44. 44CHAPITRE XLII . LES DEUX BILLETS.
  45. 45CHAPITRE XLIII . LES PRÉPARATIFS DE DIXMER.
  46. 46CHAPITRE XLIV . LES PRÉPARATIFS DU CHEVALIER DE MAISON-ROUGE .
  47. 47CHAPITRE XLV . LES RECHERCHES.
  48. 48CHAPITRE XLVI . LE JUGEMENT.
  49. 49CHAPITRE XLVII . PRÊTRE ET BOURREAU.
  50. 50CHAPITRE XLVIII . LA CHARRETTE
  51. 51CHAPITRE XLIX . L’ÉCHAFAUD.
  52. 52CHAPITRE L . LA VISITE DOMICILIAIRE.
  53. 53CHAPITRE LI . LORIN.
  54. 54CHAPITRE LII . SUITE DU PRÉCÉDENT.
  55. 55CHAPITRE LIII . LE DUEL.
  56. 56CHAPITRE LIV . LA SALLE DES MORTS.
  57. 57CHAPITRE LV . POURQUOI LORIN ÉTAIT SORTI.
  58. 58CHAPITRE LVI . VIVE SIMON !

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