
法语 版本
文学
La Guerre des boutons
法语 BooksWhale 版本 · Louis Pergaud
Deux bandes de garçons mènent une guerre de village pleine d’ingéniosité, de bravade et de drôlerie féroce.
- 预览
- 文本节选
- 格式
- 在线阅读, EPUB, PDF
- 访问
- Library 获取
图书简介
La Guerre des boutons
Dans la campagne comtoise, les enfants de Longeverne et de Velrans se livrent bataille et arrachent les boutons de leurs prisonniers comme trophées. Pergaud transforme ces rivalités en comédie d’aventure, tout en faisant entendre la langue et les rythmes d’une enfance rurale du début du XXe siècle.
BooksWhale 版本
此版本如何整理
此版本基于公版文本,并由 BooksWhale 整理为适合数字阅读的版本。
公版依据
为什么此版本可以分享
Publié en 1912. Louis Pergaud est mort en 1915; le texte original est dans le domaine public selon les durées des principaux marchés visés. Écarter toute préface, annotation ou illustration moderne protégée.
阅读预览
文本节选
预览选自整理后的阅读文本。
预览章节Full text阅读预览
La Guerre des boutons
PREFACE
Tel qui s'esjouit à lire Rabelais, ce grand et vrai génie français,
accueillera, je crois, avec plaisir, ce livre qui, malgré son titre, ne
s'adresse ni aux petits enfants, ni aux jeunes pucelles.
Foin des pudeurs (toutes verbales) d'un temps châtré qui, sous leur
hypocrite manteau, ne fleurent trop souvent que la névrose et le
poison! Et foin aussi des purs latins: je suis un Celte.
C'est pourquoi j'ai voulu faire un livre sain, qui fût à la fois
gaulois, épique et rabelaisien; un livre où coulât la sève, la vie,
l'enthousiasme; et ce rire, ce grand rire joyeux qui devait secouer les
tripes de nos pères: beuveurs très illustres ou goutteux très précieux.
Aussi n'ai-je point craint l'expression crue, à condition qu'elle fût
savoureuse, ni le geste leste pourvu qu'il fût épique.
J'ai voulu restituer un instant de ma vie d'enfant, de notre vie
enthousiaste et brutale de vigoureux sauvageons dans ce qu'elle eut de
franc et d'héroïque, c'est-à-dire libérée des hypocrisies de la famille
et de l'école.
On conçoit qu'il eût été impossible, pour un tel sujet, de s'en tenir
au seul vocabulaire de Racine.
Le souci de la sincérité serait mon prétexte, si je voulais me faire
pardonner les mots hardis et les expressions violemment colorées de mes
héros. Mais personne n'est obligé de me lire. Et après cette préface
et l'épigraphe de Rabelais adornant la couverture, je ne reconnais
à nul caïman, laïque ou religieux, en mal de morales plus ou moins
dégoûtantes, le droit de se plaindre.
Au demeurant, et c'est ma meilleure excuse, j'ai conçu ce livre dans la
joie, je l'ai écrit avec volupté, il a amusé quelques amis et fait rire
mon éditeur: j'ai le droit d'espérer qu'il plaira aux «hommes de
bonne volonté» selon l'évangile de Jésus et pour ce qui est du reste,
comme dit Lebrac, un de mes héros, je m'en fous.
L. P.
Ceci par anticipation.
预览章节LIVRE I预览
LA GUERRE
预览章节CHAPITRE PREMIER预览
LA DÉCLARATION DE GUERRE
Quant à la guerre.... il est plaisant
à considérer par combien vaines occasions
elle est agitée et par combien
légières occasions éteinte: toute l'Asie
se perdit et se consomma en guerre
pour le maquerelage de Paris.
MONTAIGNE (Livre second, ch. XII).
--Attends-moi, Grangibus! héla Boulot, ses livres et ses cahiers sous
le bras.
--Grouille-toi, alors, j'ai pas le temps de cotainer, moi!
Cotainer signifie muser et bavarder inutilement--se dit surtout
en parlant des commères.
--Y a du neuf?
--Ça se pourrait!
--Quoi?
--Viens toujours!
Et Boulot ayant rejoint les deux Gibus, ses camarades de classe, tous
trois continuèrent à marcher côte à côte dans la direction de la maison
commune.
C'était un matin d'octobre. Un ciel tourmenté de gros nuages gris
limitait l'horizon aux collines prochaines et rendait la campagne
mélancolique. Les pruniers étaient nus, les pommiers étaient jaunes,
les feuilles de noyer tombaient en une sorte de vol plané, large
et lent d'abord, qui s'accentuait d'un seul coup comme un plongeon
d'épervier dès que l'angle de chute devenait moins obtus. L'air
était humide et tiède. Des ondes de vent couraient par intervalles.
Le ronflement monotone des batteuses donnait sa note sourde qui se
prolongeait de temps à autre, quand la gerbe était dévorée, en une
plainte lugubre comme un sanglot désespéré d'agonie ou un vagissement
douloureux.
L'été venait de finir et l'automne naissait.
Il pouvait être huit heures du matin. Le soleil rôdait triste derrière
les nues, et de l'angoisse, une angoisse imprécise et vague, pesait sur
le village et sur la campagne.
Les travaux des champs étaient achevés et, un à un ou par petits
groupes, depuis deux ou trois semaines, on voyait revenir à l'école
les petits bergers à la peau tannée, bronzée de soleil, aux cheveux
raides coupés ras à la tondeuse (la même qui servait pour les
bœufs), aux pantalons de droguet ou de mouliné rapiécés, surchargés
de «pattins» aux genoux et au fond, mais propres, aux blouses de
grisette neuves, raides, qui, en déteignant, leur faisaient, les
premiers jours, les mains noires comme des pattes de crapauds,
disaient-ils.
Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et leurs pas semblaient
alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et du paysage.
Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de
l'école et discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa
calotte en arrière et ses lunettes sur le front, dominant les yeux,
était installé devant la porte qui donnait sur la rue. Il surveillait
l'entrée, gourmandait les traînards, et, au fur et à mesure de leur
arrivée, les petits garçons, soulevant leur casquette, passaient devant
lui, traversaient le couloir et se répandaient dans la cour.
Les deux Gibus du Vernois et Boulot, qui les avait rejoints en cours de
route, n'avaient pas l'air d'être imprégnés de cette mélancolie douce
qui rendait traînassants les pas de leurs camarades.
Ils avaient au moins cinq minutes d'avance sur les autres jours et le
père Simon, en les voyant arriver, tira précipitamment sa montre qu'il
porta ensuite à son oreille pour s'assurer qu'elle marchait bien et
qu'il n'avait point laissé passer l'heure réglementaire.
Les trois compaings entrèrent vite, l'air préoccupé, et immédiatement
gagnèrent, derrière les cabinets, le carré en retrait abrité par la
maison du père Gugu (Auguste) le voisin, où ils retrouvèrent la plupart
des grands qui les y avaient précédés.
Il y avait là Lebrac,le chef, qu'on appelait encore le grand Braque;
son premier lieutenant Camu, ou Camus, le fin grimpeur ainsi nommé
parce qu'il n'avait pas son pareil pour dénicher les bouvreuils et que,
目录
本版本内容
- 01Full text
- 02LIVRE I
- 03CHAPITRE PREMIER
- 04CHAPITRE II
- 05CHAPITRE III
- 06CHAPITRE IV
- 07CHAPITRE V
- 08CHAPITRE VI
- 09CHAPITRE VII
- 10CHAPITRE VIII
- 11LIVRE II
- 12CHAPITRE PREMIER
- 13CHAPITRE II
- 14CHAPITRE III
- 15CHAPITRE IV
- 16CHAPITRE V
- 17CHAPITRE VI
- 18CHAPITRE VII
- 19CHAPITRE VIII
- 20LIVRE III
- 21CHAPITRE PREMIER
- 22CHAPITRE II
- 23CHAPITRE III
- 24CHAPITRE IV
- 25CHAPITRE V
- 26CHAPITRE VI
- 27CHAPITRE VII
- 28CHAPITRE VIII
- 29CHAPITRE IX
- 30CHAPITRE X