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Vies imaginaires
法语 BooksWhale 版本 · Marcel Schwob
portraits littéraires, vies inventées, érudition, légende et prose brève.
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图书简介
Vies imaginaires
Vies imaginaires, de Marcel Schwob, est un classique du domaine public autour de portraits littéraires, vies inventées, érudition, légende et prose brève. Cette édition française met en valeur son contexte, ses personnages, ses idées et son intérêt durable pour les lecteurs d’aujourd’hui.
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Marcel Schwob est mort en 1905, et Vies imaginaires a été publié pour la première fois en 1896. Ces dates soutiennent le fondement de domaine public de cette édition française originale.
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Vies imaginaires
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La science historique nous laisse dans l’incertitude sur les individus. Elle ne nous révèle que les points par où ils furent attachés aux actions générales. Elle nous dit que Napoléon était souffrant le jour de Waterloo, qu’il faut attribuer l’excessive activité intellectuelle de Newton à la continence absolue de son tempérament, qu’Alexandre était ivre lorsqu’il tua Klitos et que la fistule de Louis XIV put être la cause de certaines de ses résolutions. Pascal raisonne sur le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, ou sur un grain de sable dans l’urèthre de Cromwell. Tous ces faits individuels n’ont de valeur que parce qu’ils ont modifié les évènements ou qu’ils auraient pu en dévier la série. Ce sont des causes réelles ou possibles. Il faut les laisser aux savants.
L’art est à l’opposé des idées générales, ne décrit que l’individuel, ne désire que l’unique. Il ne classe pas ; il déclasse. Pour autant que cela nous occupe, nos idées générales peuvent être semblables à celles qui ont cours dans la planète Mars et trois lignes qui se coupent forment un triangle sur tous les points de l’univers. Mais regardez une feuille d’arbre, avec ses nervures capricieuses, ses teintes variées par l’ombre et le soleil, le gonflement qu’y a soulevé la chute d’une goutte de pluie, la piqûre qu’y a laissée un insecte, la trace argentée du petit escargot, la première dorure mortelle qu’y marque l’automne ; cherchez une feuille exactement semblable dans toutes les grandes forêts de la terre : je vous mets au défi. Il n’y a pas de science du tégument d’une foliole, des filaments d’une cellule, de la courbure d’une veine, de la manie d’une habitude, des crochets d’un caractère. Que tel homme ait eu le nez tordu, un œil plus haut que l’autre, l’articulation du bras noueuse ; qu’il ait eu coutume de manger à telle heure un blanc de poulet, qu’il ait préféré le Malvoisie au Château-Margaux, voilà qui est sans parallèle dans le monde. Aussi bien que Socrate Thalès aurait pu dire : ΓΝΩΘΙ ΣΕΑΥΤΟΝ ; mais il ne se serait pas frotté la jambe dans la prison de la même manière, avant de boire la ciguë. Les idées des grands hommes sont le patrimoine commun de l’humanité : chacun d’eux ne posséda réellement que ses bizarreries. Le livre qui décrirait un homme en toutes ses anomalies serait une œuvre d’art comme une estampe japonaise où on voit éternellement l’image d’une petite chenille aperçue une fois à une heure particulière du jour.
Les histoires restent muettes sur ces choses. Dans la rude collection de matériaux que fournissent les témoignages, il n’y a pas beaucoup de brisures singulières et inimitables. Les biographes anciens surtout sont avares. N’estimant guère que la vie publique ou la grammaire, ils nous transmirent sur les grands hommes leurs discours et les titres de leurs livres. C’est Aristophane lui-même qui nous a donné la joie de savoir qu’il était chauve, et si le nez camard de Socrate n’eût servi à des comparaisons littéraires, si son habitude de marcher les pieds déchaussés n’eût fait partie de son système philosophique de mépris pour le corps, nous n’aurions conservé de lui que ses interrogatoires de morale. Les commérages de Suétone ne sont que des polémiques haineuses. Le bon génie de Plutarque fit parfois de lui un artiste ; mais il ne sut pas comprendre l’essence de son art, puisqu’il imagina des « parallèles » ― comme si deux hommes proprement décrits en tous leurs détails pouvaient se ressembler ! On est réduit à consulter Athénée, Aulu-Gelle, des scoliastes, et Diogène Laërce qui crut avoir composé une espèce d’histoire de la philosophie.
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VIES IMAGINAIRES
目录
本版本内容
- 01Full text
- 02PRÉFACE
- 03VIES IMAGINAIRES
- 04EMPÉDOCLE
- 05DIEU SUPPOSÉ
- 06ÉROSTRATE
- 07INCENDIAIRE
- 08CRATÈS
- 09CYNIQUE
- 10SEPTIMA
- 11INCANTATRICE
- 12LUCRÈCE
- 13POÈTE
- 14CLODIA
- 15MATRONE IMPUDIQUE
- 16PÉTRONE
- 17ROMANCIER
- 18SUFRAH
- 19GÉOMANCIEN
- 20FRATE DOLCINO
- 21HÉRÉTIQUE
- 22CECCO ANGIOLIERI
- 23POÈTE HAINEUX
- 24PAOLO UCCELLO
- 25PEINTRE
- 26NICOLAS LOYSELEUR
- 27JUGE
- 28KATHERINE LA DENTELLIÈRE
- 29FILLE AMOUREUSE
- 30ALAIN LE GENTIL
- 31SOLDAT
- 32GABRIEL SPENSER
- 33ACTEUR.
- 34POCAHONTAS
- 35PRINCESSE
- 36CYRIL TOURNEUR
- 37POÈTE TRAGIQUE.
- 38WILLIAM PHIPS
- 39PÊCHEUR DE TRÉSORS
- 40LE CAPITAINE KID
- 41PIRATE
- 42WALTER KENNEDY
- 43PIRATE ILLETTRÉ.
- 44LE MAJOR STEDE BONNET
- 45PIRATE PAR HUMEUR
- 46MM. BURKE ET HARE
- 47ASSASSINS
- 48PRÉFACE
- 49VIES IMAGINAIRES
- 50EMPÉDOCLE
- 51DIEU SUPPOSÉ
- 52ÉROSTRATE
- 53INCENDIAIRE
- 54CRATÈS
- 55CYNIQUE
- 56SEPTIMA
- 57INCANTATRICE
- 58LUCRÈCE
- 59POÈTE
- 60CLODIA
- 61MATRONE IMPUDIQUE
- 62PÉTRONE
- 63ROMANCIER
- 64SUFRAH
- 65GÉOMANCIEN
- 66FRATE DOLCINO
- 67HÉRÉTIQUE
- 68CECCO ANGIOLIERI
- 69POÈTE HAINEUX
- 70PAOLO UCCELLO
- 71PEINTRE
- 72NICOLAS LOYSELEUR
- 73JUGE
- 74KATHERINE LA DENTELLIÈRE
- 75FILLE AMOUREUSE
- 76ALAIN LE GENTIL
- 77SOLDAT
- 78GABRIEL SPENSER
- 79ACTEUR.
- 80POCAHONTAS
- 81PRINCESSE
- 82CYRIL TOURNEUR
- 83POÈTE TRAGIQUE.
- 84WILLIAM PHIPS
- 85PÊCHEUR DE TRÉSORS
- 86LE CAPITAINE KID
- 87PIRATE
- 88WALTER KENNEDY
- 89PIRATE ILLETTRÉ.
- 90LE MAJOR STEDE BONNET
- 91PIRATE PAR HUMEUR
- 92MM. BURKE ET HARE
- 93ASSASSINS