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La Princesse de Montpensier

法语 BooksWhale 版本 · Madame de La Fayette

An early French historical novella of war, arranged marriage, courtly desire, jealousy, and the destructive collision between private feeling and public honor.

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图书简介

La Princesse de Montpensier

Set during the French Wars of Religion, the story follows a young princess caught between political marriage and competing passions. La Fayette’s restrained style gives the tragedy unusual psychological precision.

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The original French work was published in 1662 and the author died in 1693; the source edition must remain the original-language public-domain text without a modern translation.

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La Princesse de Montpensier

Madame de La Fayette

que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire. La fille unique du marquis de Mézière, héritière très-considérable, et par ses grands biens, et par l’illustre maison d’Anjou, dont elle était descendue, était promise au duc du Maine, cadet du duc de Guise, que l’on a depuis appelé le Balafré

. L’extrême jeunesse de cette grande héritière retardait son mariage, et cependant le duc de Guise, qui la voyait souvent, et qui voyait en elle les commencements d’une grande beauté, en devint amoureux, et en fut aimé. Ils cachèrent leur amour avec beaucoup de soin. Le duc de Guise, qui n’avait pas encore autant d’ambition qu’il en a eu depuis, souhaitait ardemment de l’épouser ; mais la crainte du cardinal de Lorraine,

qui lui tenait lieu de père, l’empêchait de se déclarer. Les choses étaient en cet état, lorsque la maison de Bourbon, qui ne pouvait voir qu’avec envie l’élévation de celle de Guise, s’apercevant de l’avantage qu’elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter, et d’en profiter elle-même, en faisant épouser cette héritière au jeune prince de Montpensier. On travailla à l’exécution de ce dessein avec tant de succès, que

les parents de mademoiselle de Mézière, contre les promesses qu’ils avaient faites au cardinal de Lorraine, se résolurent de la donner en mariage à ce jeune prince. Toute la maison de Guise fut extrêmement surprise de ce procédé ; mais le duc en fut accablé de douleur, et l’intérêt de son amour lui fit recevoir ce manquement de parole comme un affront insupportable. Son ressentiment éclata bientôt, malgré les réprimandes du cardinal de Lorraine et du duc d’Aumale,

ses oncles, qui ne voulaient pas s’opiniâtrer à une chose qu’ils voyaient ne pouvoir empêcher ; et il s’emporta avec tant de violence, en présence même du jeune prince de Montpensier, qu’il en naquit entre eux une haine qui ne finit qu’avec leur vie. Mademoiselle de Mézière, tourmentée par ses parents d’épouser ce prince, voyant d’ailleurs qu’elle ne pouvait épouser le duc de Guise, et connaissant par sa vertu qu’il était

dangereux d’avoir pour beau-frère un homme qu’elle eût souhaité pour mari, se résolut enfin de suivre le sentiment de ses proches et conjura M. de Guise de ne plus apporter d’obstacle à son mariage. Elle épousa donc le prince de Montpensier qui, peu de temps après, l’emmena à Champigni, séjour ordinaire des princes de sa maison, pour l’ôter de Paris où apparemment tout l’effort de la guerre allait tomber. Cette grande ville était menacée d’un siége par l’armée des

huguenots, dont le prince de Condé était le chef, et qui venait de déclarer la guerre au roi pour la seconde fois. Le prince de Montpensier, dans sa plus tendre jeunesse, avait fait une amitié très-particulière avec le comte de Chabanes, qui était un homme d’un âge beaucoup plus avancé que lui, et d’un mérite extraordinaire. Ce comte avait été si sensible à l’estime et à la confiance de ce jeune prince, que, contre les engagements

qu’il avait avec le prince de Condé, qui lui faisait espérer des emplois considérables dans le parti des huguenots, il se déclara pour les catholiques, ne pouvant se résoudre à être opposé en quelque chose à un homme qui lui était si cher. Ce changement de parti n’ayant point d’autre fondement, l’on douta qu’il fût véritable, et la reine-mère, Catherine de Médicis, en eut de si grands soupçons, que, la guerre étant déclarée

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Madame de Montpensier fit le soir les honneurs de chez elle avec le même agrément qu’elle faisait toutes choses. Enfin elle ne plut que trop à ses hôtes. Le duc d’Anjou, qui était fort galant et fort bien fait, ne put voir une fortune si digne de lui sans la souhaiter ardemment. Il fut touché du même mal que M. de Guise ; et, feignant toujours des affaires extraordinaires, il demeura deux jours à Champigni, sans être obligé d’y demeurer que par les charmes de madame

de Montpensier, le prince son mari ne faisant point de violence pour l’y retenir. Le duc de Guise ne partit pas sans faire entendre à madame de Montpensier qu’il était pour elle ce qu’il avait été autrefois : et, comme sa passion n’avait été sue de personne, il lui dit plusieurs fois devant tout le monde, sans être entendu que d’elle, que son cœur n’était point changé : et lui et le duc d’Anjou partirent de Champigni avec beaucoup

de regret. Ils marchèrent long-temps tous deux dans un profond silence : mais enfin le duc d’Anjou, s’imaginant tout d’un coup que ce qui faisait sa rêverie pouvait bien causer celle du duc de Guise, lui demanda brusquement s’il pensait aux beautés de la princesse de Montpensier. Cette demande si brusque, jointe à ce qu’avait déjà remarqué le duc de Guise des sentiments du duc d’Anjou, lui fit voir qu’il serait infailliblement son rival, et qu’il lui était très-important

de ne pas découvrir son amour à ce prince. Pour lui en ôter tout soupçon, il lui répondit, en riant, qu’il paraissait lui-même si occupé de la rêverie dont il l’accusait, qu’il n’avait pas jugé à propos de l’interrompre ; que les beautés de la princesse de Montpensier n’étaient pas nouvelles pour lui ; qu’il s’était accoutumé à en supporter l’éclat du temps qu’elle était destinée à être sa belle-sœur ; mais qu’il voyait bien que tout le

monde n’en était pas si peu ébloui. Le duc d’Anjou lui avoua qu’il n’avait encore rien vu qui lui parût comparable à cette jeune princesse, et qu’il sentait bien que sa vue lui pourrait être dangereuse, s’il y était souvent exposé. Il voulut faire convenir le duc de Guise qu’il sentait la même chose ; mais ce duc, qui commençait à se faire une affaire sérieuse de son amour, n’en voulut rien avouer. Ces princes s’en retournèrent

à Loches, faisant souvent leur agréable conversation de l’aventure qui leur avait découvert la princesse de Montpensier. Ce ne fut pas un sujet de si grand divertissement dans Champigni. Le prince de Montpensier était mal content de tout ce qui était arrivé, sans qu’il en pût dire le sujet. Il trouvait mauvais que sa femme se fût trouvée dans ce bateau. Il lui semblait qu’elle avait reçu trop agréablement ces princes ; et, ce qui lui déplaisait le plus, était d’avoir

remarqué que le duc de Guise l’avait regardée attentivement. Il en conçut dès ce moment une jalousie furieuse, qui le fit ressouvenir de l’emportement qu’il avait témoigné lors de son mariage ; et il eut quelque pensée que, dès ce temps-là même, il en était amoureux. Le chagrin que tous ses soupçons lui causèrent donna de mauvaises heures à la princesse de Montpensier. Le comte de Chabanes, selon sa coutume, prit soin d’empêcher qu’ils ne se brouillassent tout-à-fait,

afin de persuader par-là à la princesse combien la passion qu’il avait pour elle était sincère et désintéressée. Il ne put s’empêcher de lui demander quel effet avait produit en elle la vue du duc de Guise. Elle lui apprit qu’elle en avait été troublée, par la honte du souvenir de l’inclination qu’elle lui avait autrefois témoignée ; qu′elle l’avait trouvé beaucoup mieux fait qu’il n’était en ce temps-là ; et que même

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néanmoins y répondre, parce que le roi, qui sortait dans ce moment, les appela tous deux ; mais elles gravèrent dans son cœur un desir de vengeance qu’il travailla toute sa vie à satisfaire. Dès le même soir, le duc d’Anjou lui rendit toutes sortes de mauvais offices auprès du roi. Il lui persuada que jamais Madame ne consentirait d’être mariée avec le roi de Navarre, avec qui on proposait de la marier, tant que l’on souffrirait

que le duc de Guise l’approchât ; et qu’il était honteux de souffrir qu’un de ses sujets, pour satisfaire à sa vanité, apportât de l’obstacle à une chose qui devait donner la paix à la France. Le roi avait déjà assez d’aigreur contre le duc de Guise : ce discours l’augmenta si fort, que, le voyant le lendemain, comme il se présentait pour entrer au bal chez la reine, paré d’un nombre infini de pierreries, mais plus paré

encore de sa bonne mine, il se mit à l’entrée de la porte, et lui demanda brusquement où il allait. Le duc, sans s’étonner, lui dit qu’il venait pour lui rendre ses très-humbles services : à quoi le roi répliqua, qu’il n’avait pas besoin de ceux qu’il lui rendait, et se tourna, sans le regarder. Le duc de Guise ne laissa pas d’entrer dans la salle, outré, dans le cœur, et contre le roi et contre le duc d’Anjou. Mais sa douleur augmenta sa fierté

naturelle, et, par une manière de dépit, il s’approcha beaucoup plus de Madame qu’il n’avait accoutumé ; joint que ce que lui avait dit le duc d’Anjou de la princesse de Montpensier l’empêchait de jeter les yeux sur elle. Le duc d’Anjou les observait soigneusement l’un et l’autre. Les yeux de cette princesse laissaient voir, malgré elle, quelque chagrin, lorsque le duc de Guise parlait à Madame. Le duc d’Anjou, qui avait

compris, par ce qu’elle lui avait dit, en le prenant pour M. de Guise, qu’elle avait de la jalousie, espéra de les brouiller, et, se mettant auprès d’elle : C’est pour votre intérêt, madame, plutôt que pour le mien, lui dit-il, que je m’en vais vous apprendre que le duc de Guise ne mérite pas que vous l’ayez choisi à mon préjudice. Ne m’interrompez point, je vous prie, pour me dire le contraire d’une vérité que je ne sais que

trop. Il vous trompe, madame, et vous sacrifie à ma sœur, comme il vous l’a sacrifiée. C’est un homme qui n’est capable que d’ambition ; mais, puisqu’il a eu le bonheur de vous plaire, c’est assez ; je ne m’opposerai pas à une fortune que je méritais sans doute mieux que lui ; je m’en rendrais indigne, si je m’opiniâtrais davantage à la conquête d’un cœur qu’un autre possède. C’est trop de n’avoir pu attirer que votre indifférence : je ne veux pas

y faire succéder la haine, en vous importunant plus longtemps de la plus fidèle passion qui fut jamais. Le duc d’Anjou, qui était effectivement touché d’amour et de douleur, put à peine achever ces paroles, et, quoiqu’il eût commencé son discours dans un esprit de dépit et de vengeance, il s’attendrit, en considérant la beauté de la princesse, et la perte qu’il faisait, en perdant l’espérance d’en être aimé ; de sorte que, sans attendre

sa réponse, il sortit du bal, feignant de se trouver mal, et s’en alla chez lui rêver à son malheur. La princesse de Montpensier demeura affligée et troublée, comme on se le peut imaginer. Voir sa réputation et le secret de sa vie entre les mains d’un prince qu’elle avait maltraité, et apprendre par lui, sans pouvoir en douter, qu’elle était trompée par son amant, étaient des choses peu capables de lui laisser la liberté

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本版本内容

  1. 01Part 1
  2. 02Part 2
  3. 03Part 3
  4. 04Part 4
  5. 05Part 5

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