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Sarrasine
法语 BooksWhale 版本 · Honoré de Balzac
Sarrasine est un classique du domaine public autour de art, illusion, identité et désir.
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图书简介
Sarrasine
Sarrasine de Honoré de Balzac est une œuvre française originale consacrée à art, illusion, identité et désir. Cette édition BooksWhale privilégie un texte classique, lisible et recherché, avec une base de domaine public vérifiée selon un critère mondial conservateur.
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L’auteur est mort en 1850 et l’œuvre originale a été publiée en 1830; sélectionnée selon un contrôle conservateur du domaine public mondial: décès au plus tard en 1925 et première publication au plus tard en 1930.
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Sarrasine
Honoré de Balzac
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SARRASINE.
预览章节À MONSIEUR CHARLES DE BERNARD DU GRAIL.预览
J’étais plongé dans une de ces rêveries profondes qui saisissent tout le monde, même un homme frivole, au sein des fêtes les plus tumultueuses. Minuit venait de sonner à l’horloge de l’Élysée-Bourbon. Assis dans l’embrasure d’une fenêtre, et caché sous les plis onduleux d’un rideau de moire, je pouvais contempler à mon aise le jardin de l’hôtel où je passais la soirée. Les arbres, imparfaitement couverts de neige, se détachaient faiblement du fond grisâtre que formait un ciel nuageux, à peine blanchi par la lune. Vus au sein de cette atmosphère fantastique, ils ressemblaient vaguement à des spectres mal enveloppés de leurs linceuls, image gigantesque de la fameuse Danse des morts. Puis, en me retournant de l’autre côté, je pouvais admirer la danse des vivants! un salon splendide, aux parois d’argent et d’or, aux lustres étincelants, brillant de bougies. Là, fourmillaient, s’agitaient et papillonnaient les plus jolies femmes de Paris, les plus riches, les mieux titrées, éclatantes, pompeuses, éblouissantes de diamants! des fleurs sur la tête, sur le sein, dans les cheveux, semées sur les robes, ou en guirlandes à leurs pieds. C’était de légers frémissements de joie, des pas voluptueux qui faisaient rouler les dentelles, les blondes, la mousseline autour de leurs flancs délicats. Quelques regards trop vifs perçaient çà et là, éclipsaient les lumières, le feu des diamants, et animaient encore des cœurs trop ardents. On surprenait aussi des airs de tête significatifs pour les amants, et des attitudes négatives
pour les maris. Les éclats de voix des joueurs, à chaque coup imprévu, le retentissement de l’or se mêlaient à la musique, au murmure des conversations; pour achever d’étourdir cette foule enivrée par tout ce que le monde peut offrir de séductions, une vapeur de parfums et l’ivresse générale agissaient sur les imaginations affolées. Ainsi à ma droite la sombre et silencieuse image de la mort; à ma gauche, les décentes bacchanales de la vie: ici, la nature froide, morne, en deuil; là, les hommes en joie. Moi, sur la frontière de ces deux tableaux si disparates, qui, mille fois répétés de diverses manières, rendent Paris la ville la plus amusante du monde et la plus philosophique, je faisais une macédoine morale, moitié plaisante, moitié funèbre. Du pied gauche je marquais la mesure, et je croyais avoir l’autre dans un cercueil. Ma jambe était en effet glacée par un de ces vents coulis qui vous gèlent une moitié du corps tandis que l’autre éprouve la chaleur moite des salons, accident assez fréquent au bal.
— Il n’y a pas fort long-temps que monsieur de Lanty possède cet hôtel?
— Si fait. Voici bientôt dix ans que le maréchal de Carigliano le lui a vendu…
— Ah!
— Ces gens-là doivent avoir une fortune immense?
— Mais il le faut bien.
— Quelle fête! Elle est d’un luxe insolent.
— Les croyez-vous aussi riches que le sont monsieur de Nucingen ou monsieur de Gondreville?
— Mais vous ne savez donc pas?
J’avançai la tête et reconnus les deux interlocuteurs pour appartenir à cette gent curieuse qui, à Paris, s’occupe exclusivement des Pourquoi? des Comment? D’où vient-il? Qui sont-ils? Qu’y a-t-il? Qu’a-t-elle fait? Ils se mirent à parler bas, et s’éloignèrent pour aller causer plus à l’aise sur quelque canapé solitaire. Jamais mine plus féconde ne s’était ouverte aux chercheurs de mystères. Personne ne savait de quel pays venait la famille de Lanty, ni de quel commerce, de quelle spoliation, de quelle piraterie ou de quel héritage provenait une fortune estimée à plusieurs millions. Tous les membres de cette famille parlaient l’italien, le français, l’espagnol, l’anglais et l’allemand, avec assez de perfection pour faire supposer qu’ils avaient dû long-temps séjourner parmi ces différents peuples. Étaient-ce des bohémiens? étaient-ce des flibustiers?
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本版本内容
- 01Full text
- 02SARRASINE.
- 03À MONSIEUR CHARLES DE BERNARD DU GRAIL.