
Französisch Ausgabe
Literatur
Contes drolatiques
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Honoré de Balzac
Un classique en français autour de récits burlesques, pastiche ancien, satire, fantaisie et verve rabelaisienne.
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Contes drolatiques
Contes drolatiques de Honoré de Balzac est une œuvre du domaine public centrée sur récits burlesques, pastiche ancien, satire, fantaisie et verve rabelaisienne. Cette édition française met en avant le texte original, avec une présentation claire pour la lecture en ligne, EPUB et PDF.
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Honoré de Balzac est mort en 1850 et Contes drolatiques a été publié en 1832. Ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition originale française.
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Contes drolatiques
Honoré de Balzac
Prologue.
Cecy est ung livre de haulte digestion, plein de déduicts de grant goust, espicez pour ces goutteux trez-illustres et beuveurs trez-prétieux auxquels s’adressoyt nostre digne compatriote, éternel honneur de Touraine, Françoys Rabelais. Non que l’Autheur ayt l’oultre-cuydance de vouloir estre aultre chouse que bon Tourangeau, et entretenir en ioye les amples lippées des gens fameux de ce mignon et plantureux pays, aussy fertile en cocqus, cocquards et raillards que pas ung, et qui ha fourny sa grant part des hommes de renom à la France avecques feu Courier, de picquante mémoire ; Verville, autheur du Moyen de parvenir, et aultres bien cogneus : desquels nous trions le sieur Descartes, pour ce que ce feut un génie mélancholicque, et qui ha plus célébré les songeries creuses que le vin et la friandise, homme duquel tous les pastissiers et rostisseurs de Tours ont une saige horreur, le mescognoissent, n’en veulent point entendre parler, et disent : « Où demeure-t-il ? » si on le leur nomme. Doncques, ceste œuvre est le produict des heures rieuses de bons vieulx moynes, et dont estoyent maints vestiges espars en nostre pays ; comme à la Grenadière-lez-Sainct-Cyr, au bourg de Sacché-lez-Azay-le-Ridel, à Marmoustiers, Veretz, la Roche-Corbon, et dans aulcuns typothecques de bons récits, qui sont chanoines anticques et preudes femmes ayant cogneu le bon temps où l’on iocquetoyt encores sans resguarder s’il vous sortoyt ung cheval ou de ioyeux poulains des costes à chaque risée, comme font auiourd’huy les ieunes femmes qui vouldroyent soy esbattre gravement : chouse qui sied à nostre gaye France comme une huillière sur la teste d’une royne. Aussy, comme le rire est ung privilége octroyé seulement à l’homme, et qu’il y ha cause suffisante de larmes avecques les libertez publicques, sans en adiouxter par les livres, ai-ie cru chouse patrioticque en diable de publier un drachme de ioyeulsetez, par ce temps où l’ennuy tombe comme une pluie fine qui mouille, nous perce à la longue, et va dissolvant nos anciennes coustumes qui faisoyent de la raye publique ung amusement pour le plus grant nombre. Ains, de ces vieulx pantagruelistes qui laissoyent faire à Dieu et au Roy leur mestier, sans mestre la main à la paste plus que ne debvoyent, se contentant de rire, il y en ha peu, il en chet tous les iours, en sorte que i’ay grant paour de veoir ces notables fragmens d’anciens breviaires conspuez, conchiez, gallefretez, honnis, blasmez, ce dont ie ne me mocqueroys point,
À mesure que nous voyageons, le rire s’estainct et despérit
comme l’huile de la lampe.
veu que ie conserve et porte beaucoup de respect aux rogneures
de nos anticquitez gauloises.
Soubvenez-vous aussi, critiques enraigez, hallebotteurs de mots, harpyes qui guastez les intentions et inventions de ung chascun, que nous ne rions que enfans, et, à mesure que nous voyageons, le rire s’estainct et despérit comme l’huile de la lampe. Cecy signyfie que, pour rire, besoing est d’estre innocent et pur de cueur ; faulte de quoy, vous tortillez vos lèvres, iouez des badigoinces et fronssez les sourcils en gens qui cachent des vices et impuretez. Ores doncques, prenez cette œuvre comme ung groupe ou statue, desquels ung artiste ne peut retraire certaines pourtraicteures, et seroyt un sot à vingt-deux caratz, s’il y mettoyt seulement des feuilles, pour ce que ces dictes œuvres, non plus que cettuy livre, ne sont faictes pour des convens. Néantmoins, i’ay eu cure, à mon grand despit, de sarcler, ez manuscripts, les vieulx mots, ung peu trop ieunes, qui eussent déchiré les aureilles, esblouy les yeulx, rougy les ioues, deschicqueté les lèvres des vierges à braguettes et des vertus à trois amans : car il faut aussy faire aulcunes chouses pour les vices de son temps, et la périphrase est bien plus guallante que le mot ! De faict, nous sommes vieulx et treuvons les longues bagatelles meilleures que les briefves follies de nostre ieunesse, veu que, alors, nous y goustons plus long-temps. Doncques, mesnagez-moy dans vos médisances, et lisez cecy plus tost à la nuict que pendant le iour ; et point ne le donnez aux pucelles, s’il en est encores, pour ce que ce lyvre prendroyt feu. Ie vous quitte de moy. Mais ie ne crains rien pour ce livre, veu qu’il est extraict d’ung hault et gentil lieu, d’où tout ce qui est yssu ha eu grant succez, comme il est bien prouvé par les Ordres royaulx de la Toyson d’Or, du Sainct-Esprit, de la Jarretière, du Bain, et tant de notables chouses qui y furent prinses, à l’umbre desquelles ie me mets.
VorschaukapitelLA BELLE IMPÉRIAVorschau
L’archevesque de Bourdeaux avoyt mis de sa suitte, pour aller au Concile de Constance, ung tout ioly petit prebstre tourangeau dont les fassons et la parole estoyent curieusement mignonnes, d’autant qu’il passoyt pour fils de la Soldée et du gouverneur. L’archevesque de Tours l’avoyt voulentiers baillé à son confrère lors de son passaige en ceste ville, pour ce que les archevesques se font de ces cadeaux entre eulx, cognoissant combien sont cuisantes les desmangeaisons théologiques. Doncques, ce ieune prebstre vint au Concile et feut logié dans la maison de son prélat qui estoyt homme de bonnes mœurs et grant science.
Philippe de Mala, comme avoyt nom le prebstre, se résolut à bien faire et servir dignement son promoteur ; mais il veit dans ce Concile mystigoricque force gens menant une vie dissolue, et n’en gaignant pas moins, et mesmes plus d’indulgences, escuz d’or, bénéfices que tous autres saiges
Il enrageoyt de ne pas sçavoir comment on abordoyt ces pies guallantes, qui rabbrouoyent les cardinaulx, abbez commendataires, auditeurs de rote, légats, évesques, princes, ducs et margraves, comme elles auroyent pu faire de simples clercs desnuez d’argent. Le soir, après ses prières dictes, il essayoyt de parler à elles, en s’apprenant le beau bréviaire d’amour. Il s’interroguoyt à
Le secrétaire de Monseigneur, gentilhomme périgourdin, luy ayant apertement démonstré que les pères, procureurs et auditeurs de rote, acheptoyent par force présens, non relicques ou indulgences, mais bien pierreries et or, la faveur d’estre familiers chez les plus haultes de ces chattes choyées qui vivoyent sous la protection des seigneurs du Concile, alors le paouvre Tourangeau, tout nice et cocquebin qu’il estoyt, thezaurisoyt dans sa paillasse les angelotz à luy donnez par le bon archevesque pour travaulx d’escripture, espérant, un iour, en avoir suffisamment, à ceste fin de veoir un petit la courtizane d’ung cardinal, se fiant à Dieu pour le reste. Il estoyt deschaussé de la cervelle jusqu’aux talons, et ressembloyt autant à ung homme qu’une chièvre coëffée de
Lors il voyoyt les chandelles de cire s’allumant aussytost ez maisons ; et soubdain reluisoyent les huys et les croisées. Puis il entendoyt les benoists abbez ou aultres se rigolant, beuvant, prenant du meilleur, énamourez, chantant l’Alleluia secret, et donnant de menus suffraiges à la musicque dont on les resgalloyt. Les cuisines faisoyent des miracles, et si dysoyt-on des Offices de bonnes pottées grasses et fluantes, Matines de iambonneaux, Vespres de goulées friandes et Laudes de sucreries. Et, après les beuvettes, ores, ces braves prebstres se taisoyent. Leurs paiges iouoyent aux dez sur les degrez, et les mules restives se battoyent dans la rue. Tout alloyt bien ! Mais, aussy, il y avoyt de la foy et de la religion. Voilà comment le bonhomme Hus feut bruslé ! Et la cause ? Il mettoyt la main dans le plat, sans en estre prié. Et doncques pourquoy estoyt-il huguenot avant les aultres ?
Pour en revenir au petit gentil Philippe, souventes foys il receut force horions et attrapa de bons coups ; mais le diable le soustenoyt, en l’incitant à croire que, tost ou tard, il auroyt son tour d’estre cardinal chez quelque femme d’ung. Sa convoitise lui donna de la hardiesse comme à ung cerf en automne, et si, qu’il se glissa ung soir dans la plus belle maison de Constance, au montoir, d’où il avoyt souvent veu des officiers, senneschaulx, varlets et paiges attendant, avecques des flambeaux, leurs maistres, ducs, roys, cardinaulx et archevesques.
— Ah ! se dit-il, elle doibt estre belle et guallante, celle-là !…
Ung souldard, bien armé, le laissa passer, cuidant qu’il appartenoyt à l’électeur de Bavière, sortant présentement dudict logiz, et qu’il alloyt s’y acquitter d’un messaige de ce dessusdict seigneur. Philippe de Mala monta les degrez aussi lestement que lévrier possédé de male raige d’amour, et feut mené par une délectable odeur de parfums iouxte la chambre où devisoyt avecques ses femmes la maistresse du logiz en désagraphant ses atours. Il resta tout esbahy, comme ung voleur devant les sergens. La dame estoyt sans cotte ni chapperon. Les chamberières et les meschines, occupées à la deschausser et déshabiller, mettoyent son ioly corps à nud si dextrement et franchement, que le prebstre esmérillonné feit un Ah ! qui sentoyt l’amour.
VorschaukapitelLE CHASTEL DE BONHOMME BRUYNVorschau
LE CHASTEL DE BONHOMME BRUYN
Inhaltsverzeichnis
In dieser Ausgabe
- 01Full text
- 02LA BELLE IMPÉRIA
- 03LE CHASTEL DE BONHOMME BRUYN
- 04LE PÉCHÉ VÉNIEL
- 05COMMENT LE BONHOMME BRUYN PRINT FEMME.
- 06COMMENT LE SENNESCHAL SE BATTIT AVEC LE PUCELAIGE DE SA FEMME.
- 07CE QUI N’EST QUE PÉCHÉ VÉNIEL.
- 08COMMENT ET PAR QUI FUT FAIT LEDICT ENFANT
- 09LA MYE DU ROY
- 10L’HÉRITIER DU DIABLE
- 11LES IOYEULSETEZ DU ROY
- 12LOYS LE UNZIESME
- 13LA CONNESTABLE
- 14LA PUCELLE DE THILHOUZE
- 15LE FRÈRE D’ARMES
- 16LE CURÉ D’AZAY-LE-RIDEAU
- 17L’APOSTROPHE
- 18ÉPILOGUE
- 19PROLOGUE
- 20LES TROIS CLERCS DE SAINCT NICHOLAS
- 21LE IEUSNE DE FRANÇOYS PREMIER
- 22LES BONS PROUPOS
- 23DES RELIGIEUSES DE POISSY
- 24COMMENT FEUT BASTY
- 25LE CHASTEAU D’AZAY
- 26LA FAULSE COURTIZANE
- 27CY GIST
- 28BERTHE DE BOURGONGNE
- 29NOBLE ET GENTE FEMME
- 30RAOUL, SIRE DE HOCQUETONVILLE
- 31LAS ! NE PRIEZ POINT POUR SON AME
- 32ELLE
- 33HA REFLORI EZ CIEULX
- 34LE UNZE JANVIER
- 35DE L’AN DE N. S. M CCCC VIII
- 36EN L’AAGE DE XXII ANS
- 37LAISSANT DEUX FIEUX ET SON SIEUR ESPOUX EN GRANT
- 38DEUIL.
- 39LE DANGIER D’ESTRE TROP COCQUEBIN
- 40LA CHIÈRE NUICTÉE D’AMOUR
- 41LE PROSNE DU IOYEULX CURÉ DE MEUDON
- 42MATIÈRES DU SUCCUBE
- 43LE SUCCUBE
- 44PROLOGUE
- 45LE SUCCUBE
- 46REQUESTE
- 47REQUESTE
- 48DESESPERANCE D’AMOUR
- 49ÉPILOGUE
- 50TROISIESME DIXAIN
- 51M DCCC XXXVII
- 52MATIÈRES DU TROISIESME DIXAIN
- 53PROLOGUE
- 54PERSEVERANCE D’AMOUR
- 55D’UNG IUSTICIARD
- 56QUI NE SE REMEMBROYT LES CHOUSES
- 57SUR LE MOYNE AMADOR
- 58QUI FEUT UNG GLORIEUX ABBÉ DE TURPENAY
- 59BERTHE LA REPENTIE
- 60COMMENT
- 61LA BELLE FILLE DE PORTILLON
- 62QUINAULDA SON IUGE.
- 63CY EST DÉMONSTRE
- 64LA FORTUNE EST TOUSIOURS FEMELLE
- 65D’UNG PAOUVRE QUI AVOYT NOM
- 66LE VIEULX-PAR-CHEMINS
- 67DIRES INCONGRUS DE TROIS PÈLERINS
- 68NAIFVETÉ
- 69LA BELLE IMPÉRIA MARIÉE
- 70I.
- 71COMMENT FINA CETTUY MARIAIGE.
- 72ÉPILOGUE
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