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Literatur
La Faute de l’abbé Mouret
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Émile Zola
Un roman français de Zola sur religion, désir, nature, culpabilité et imaginaire naturaliste.
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Bucheinführung
La Faute de l’abbé Mouret
La Faute de l’abbé Mouret oppose vocation religieuse, sensualité, jardin luxuriant et culpabilité dans l’univers des Rougon-Macquart. Cette édition française originale intéresse les lecteurs de naturalisme, de roman du XIXe siècle, de critique religieuse et de littérature symbolique.
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Émile Zola est mort en 1902, et La Faute de l’abbé Mouret a été publié pour la première fois en 1875. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.
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La Faute de l’abbé Mouret
Émile Zola
La Faute de l'Abbé Mouret.
By Émile Zola.
LIVRE PREMIER
VorschaukapitelIVorschau
La Teuse, en entrant, posa son balai et son plumeau contre l'autel.
Elle s'était attardée à mettre en train la lessive du semestre. Elle traversa l'église, pour sonner l'Angelus, boitant davantage dans sa hâte, bousculant les bancs. La corde, près du confessionnal, tombait du plafond, nue, râpée, terminée par un gros noeud, que les mains avaient graissé; et elle s'y pendit de toute sa masse, à coups réguliers, puis s'y abandonna, roulant dans ses jupes, le bonnet de travers, le sang crevant sa face large.
Après avoir ramené son bonnet d'une légère tape, essoufflée, la Teuse revint donner un coup de balai devant l'autel. La poussière s'obstinait là, chaque jour, entre les planches mal jointes de l'estrade. Le balai fouillait les coins avec un grondement irrité.
Elle enleva ensuite le tapis de la table, et se fâcha en constatant que la grande nappe supérieure, déjà reprisée en vingt endroits, avait un nouveau trou d'usure au beau milieu; on apercevait la seconde nappe, pliée en deux, si émincée, si claire elle-même, qu'elle laissait voir la pierre consacrée, encadrée dans l'autel de bois peint. Elle épousseta ces linges roussis par l'usage, promena vigoureusement le plumeau le long du gradin, contre lequel elle releva les cartons liturgiques. Puis, montant sur une chaise, elle débarrassa la croix et deux des chandeliers de leurs housses de cotonnade jaune. Le cuivre était piqué de taches ternes.
- Ah bien! murmura la Teuse à demi-voix, ils ont joliment besoin d'un nettoyage! Je les passerai au tripoli.
Alors, courant sur une jambe, avec des déhanchements et des secousses à enfoncer les dalles, elle alla à la sacristie chercher le Missel, qu'elle plaça sur le pupitre, du côté de l'Épire, sans l'ouvrir, la tranche tournée vers le milieu de l'autel. Et elle alluma les deux cierges. En emportant son balai, elle jeta un coup d'oeil autour d'elle, pour s'assurer que le ménage du bon Dieu était bien fait. L'église dormait; la corde seule, près du confessionnal, se balançait encore, de la voûte au pavé, d'un mouvement long et flexible.
L'abbé Mouret venait de descendre à la sacristie, une petite pièce froide, qui n'était séparée de la salle à manger que par un corridor.
- Bonjour, monsieur le curé, dit la Teuse en se débarrassant. Ah!
vous avez fait le paresseux, ce matin! Savez-vous qu'il est six heures un quart.
Et sans donner au jeune prêtre qui souriait le temps de répondre:
- J'ai à vous gronder, continua-t-elle. La nappe est encore trouée.
Ça n'a pas de bon sens! Nous n'en avons qu'une de rechange, et je me tue les yeux depuis trois jours à la raccommoder... Vous laisserez le pauvre Jésus tout nu, si vous y allez de ce train.
L'abbé Mouret souriait toujours. Il dit gaiement:
- Jésus n'a pas besoin de tant de linge, ma bonne Teuse. Il a toujours chaud, il est toujours royalement reçu, quand on l'aime bien.
Puis, se dirigeant vers une petite fontaine, il demanda:
- Est-ce que ma soeur est levée? Je ne l'ai pas vue.
- Il y a beau temps que mademoiselle Désirée est descendue, répondit la servante, agenouillée devant un ancien buffet de cuisine, dans lequel étaient serrés les vêtements sacrés. Elle est déjà à ses poules et à ses lapins... Elle attendait hier des poussins qui ne sont pas venus. Vous pensez quelle émotion!
Elle s'interrompit, disant:
- La chasuble d'or, n'est-ce pas?
Le prêtre, qui s'était lavé les mains, recueilli, les lèvres balbutiant une prière, fit un signe de tête affirmatif. La paroisse n'avait que trois chasubles, une violette, une noire et une d'étoffe d'or. Cette dernière, servant les jours où le blanc, le rouge ou le vert étaient prescrits, prenait une importance extraordinaire. La Teuse la souleva religieusement de la planche garnie de papier bleu, où elle la couchait après chaque cérémonie; elle la posa sur le buffet, enlevant avec précaution les linges fins qui en garantissaient les broderies. Un agneau d'or y dormait sur une croix d'or, entouré de larges rayons d'or. Le tissu, limé aux plis, laissait échapper de minces houppettes! les ornements en relief se rongeaient et s'effaçaient. C'était, dans la maison, une continuelle inquiétude autour d'elle, une tendresse terrifiée, à la voir s'en aller ainsi paillette à paillette. Le curé devait la mettre presque tous les jours. Et comment la remplacer, comment acheter les trois chasubles dont elle tenait lieu, lorsque les derniers fils d'or seraient usés!
VorschaukapitelIIVorschau
L'église, vide, était toute blanche, par cette matinée de mai. La corde, près du confessionnal, pendait de nouveau, immobile. La veilleuse, dans un verre de couleur, brûlait, pareille à une tache rouge, à droite du tabernacle, contre le mur. Vincent, après avoir porté les burettes sur la crédence, revint s'agenouiller à gauche, au bas du degré, tandis que le prêtre, ayant salué le SaintSacrement d'une génuflexion sur le pavé, montait à l'autel et étalait le corporal, au milieu duquel il plaçait le calice. Puis, ouvrant le Missel, il redescendit. Une nouvelle génuflexion le plia;
il se signa à voix haute, joignit les mains devant la poitrine, commença le grand drame divin, d'une face toute pâle de foi et d'amour.
- Introibo ad altare Dei.
- Ad Deum qui laetificat juventutem meam, bredouilla Vincent, qui mangea les répons de l'antienne et du psaume, le derrière sur les talons, occupé à suivre la Teuse rôdant dans l'église.
La vieille servante regardait un des cierges d'un air inquiet. Sa préoccupation parut redoubler, pendant que le prêtre, incliné profondément, les mains jointes de nouveau, récitait le Confiteor.
Elle s'arrêta, se frappant à son tour la poitrine, la tête penchée, continuant à guetter le cierge. La voix grave du prêtre et les balbutiements du servant alternèrent encore pendant un instant.
- Dominus vobiscum.
- Et cum spiritu tuo.
Et le prêtre, élargissant les mains, puis les rejoignant, dit avec une componction attendrie:
- Oremus...
La Teuse ne put tenir davantage. Elle passa derrière l'autel, atteignit le cierge, qu'elle nettoya, du bout de ses ciseaux. Le cierge coulait. Il y avait déjà deux grandes larmes de cire perdues.
Quand elle revint, rangeant les bancs, s'assurant que les bénitiers n'étaient pas vides, le prêtre, monté à l'autel, les mains posées au bord de la nappe, priait à voix basse. Il baisa l'autel.
Derrière lui, la petite église restait blafarde des pâleurs de la matinée. Le soleil n'était encore qu'au ras des tuiles. Les Kyrie, eleison coururent comme un frisson dans cette sorte d'étable, passée à la chaux, au plafond plat, dont on voyait les poutres badigeonnées. De chaque côté, trois hautes fenêtres, à vitres claires, fêlées, crevées pour la plupart, ouvraient des jours d'une crudité crayeuse. Le plein air du dehors entrait là brutalement, mettant à nu toute la misère du Dieu de ce village perdu. Au fond, au-dessus de la grande porte, qu'on n'ouvrait jamais, et dont des herbes barraient le seuil, une tribune en planches, à laquelle on montait par une échelle de meunier, allait d'une muraille à l'autre, craquant sous les sabots les jours de fête. Près de l'échelle, le confessionnal, aux panneaux disjoints, était peint en jaune citron.
En face, à côté de la petite porte, se trouvait le baptistère, un ancien bénitier posé sur un pied en maçonnerie. Puis, à droite et à gauche, au milieu, étaient plaqués deux minces autels, entourés de balustrades de bois. Celui de gauche, consacré à la sainte Vierge, avait une grande Mère de Dieu en plâtre doré, portant royalement une couronne d'or fermée sur ses cheveux châtains; elle tenait, assis sur son bras gauche, un Jésus, nu et souriant, dont la petite main soulevait le globe étoilé du monde; elle marchait au milieu de nuages, avec des têtes d'anges ailées sous les pieds. L'autel de droite, où se disaient les messes de mort, était surmonté d'un Christ en carton peint, faisant pendant à la Vierge; le Christ, de la grandeur d'un enfant de dix ans, agonisait d'une effrayante façon, la tête rejetée en arrière, les côtes saillantes, le ventre creusé, les membres tordus, éclaboussés de sang. Il y avait encore la chaire, une caisse carrée, où l'on montait par un escabeau de cinq degrés, qui s'élevait vis-à-vis d'une horloge à poids, enfermée dans une armoire de noyer, et dont les coups sourds ébranlaient l'église entière, pareils aux battements d'un coeur énorme, caché quelque part, sous les dalles. Tout le long de la nef, les quatorze stations du chemin de la Croix, quatorze images grossièrement enluminées, encadrées de baguettes noires, tachaient du jaune, du bleu et du rouge de la Passion, la blancheur crue des murs.
Inhaltsverzeichnis
In dieser Ausgabe
- 01Full text
- 02I
- 03II
- 04III.
- 05IV.
- 06V.
- 07VI.
- 08VII.
- 09VIII.
- 10IX.
- 11X.
- 12XI.
- 13XII.
- 14XIII.
- 15XIV.
- 16XV.
- 17XVI
- 18XVII.
- 19I.
- 20II.
- 21III.
- 22IV.
- 23V.
- 24VI.
- 25VII.
- 26VIII.
- 27IX.
- 28X.
- 29XI.
- 30XII.
- 31XIII.
- 32XIV.
- 33XV.
- 34XVI.
- 35XVII.
- 36I
- 37II.
- 38III.
- 39IV.
- 40V.
- 41VI.
- 42VII.
- 43VIII.
- 44IX.
- 45X.
- 46XI.
- 47XII.
- 48XIII.
- 49XIV.
- 50XV.
- 51XVI.
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