
Französisch Ausgabe
Politik
Les Précurseurs
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Romain Rolland
Romain Rolland rassemble des textes sur la guerre, la conscience individuelle et les liens intellectuels qui dépassent les frontières nationales.
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Bucheinführung
Les Précurseurs
Dans ces essais écrits autour de la Première Guerre mondiale, Romain Rolland examine la responsabilité des intellectuels et la possibilité d’une solidarité humaine. Il s’intéresse aux voix qui refusent les passions collectives et cherchent des chemins de paix. Le recueil français associe prises de position, portraits et réflexions sur la liberté de conscience face aux affrontements entre nations.
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Romain Rolland est mort en 1944. Cette édition repose sur le texte original français du domaine public proposé par Project Gutenberg, sans reprendre les droits éventuels des ajouts éditoriaux ou des illustrations.
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Les Précurseurs
Romain Rolland
A la Mémoire des Martyrs de la Foi nouvelle: de l'Internationale humaine.
A Jean Jaurès, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Kurt Eisner, Gustav Landauer,
victimes de la féroce bêtise et du mensonge meurtrier,
libérateurs des hommes, qui les ont tués.
Août 1919. R. R.
VorschaukapitelINTRODUCTIONVorschau
Le livre que voici fait suite au volume: Au-dessus de la Mêlée. Il est entièrement composé d'articles écrits et publiés en Suisse, depuis la fin de 1915 jusqu'au commencement de 1919. Je les ai réunis sous le titre: Les Précurseurs; car ils sont presque tous consacrés aux hommes de courage qui, dans tous les pays, ont su maintenir leur pensée libre et leur foi internationale, parmi les fureurs de la guerre et de la réaction universelle. L'avenir célébrera les noms de ces grands Annonciateurs, bafoués, injuriés, menacés, emprisonnés, condamnés: Bertrand Russell, E.-D. Morel, Gorki, G.-Fr. Nicolaï, A. Forel, Andreas Latzko, Barbusse, Stefan Zweig, et les jeunes élites de France, d'Amérique, de Suisse, luttant pour la liberté.
J'ai fait précéder ces articles d'une ode: Ara Pacis, écrite aux premiers jours de la guerre, et qui est un acte de foi en la Paix et l'Harmonie.—C'est aussi un acte de foi qui termine le volume, mais d'une foi agissante, qui proclame, à la face de la force brutale des Etats et de l'opinion tyrannique, l'indépendance irréductible de l'Esprit.
J'aurais été tenté de faire entrer dans ce recueil une méditation sur Empédocle d'Agrigente et le règne de la Haine. Mais ses dimensions eussent dépassé le cadre assigné à ce volume et risqué de compromettre l'équilibre des diverses parties.
Je ne me suis pas astreint à la succession chronologique des articles; j'ai préféré les grouper, d'après l'ordre des sujets ou des raisons artistiques. Je me suis contenté d'indiquer, à la fin de chacun, aussi exactement qu'il m'a été possible, les dates de leur publication et (quand j'ai pu les retrouver) de leur composition.
Qu'on me permette encore quelques lignes d'explication, pour orienter le lecteur:
Ce volume et celui qui précède, Au-dessus de la Mêlée, ne constituent qu'une partie de mes écrits sur la guerre, au cours des cinq années dernières. Ce sont uniquement ceux qui ont pu être publiés en Suisse. (Encore ne sont-ils pas complets, car je n'ai pu les réunir tous.) Mais le plus important de beaucoup, en étendue et en valeur documentaire, est un recueil, contenant, au jour le jour, la notation des lettres, entretiens, confessions morales, que je n'ai cessé de recevoir des esprits libres et persécutés de tous les pays. J'y ai aussi sobrement que possible inscrit mes propres réflexions et ma part dans le combat. Unus ex multis. C'est en quelque sorte le tableau des libres consciences du monde luttant contre les forces déchaînées du fanatisme, de la violence et du mensonge. Des scrupules de discrétion empêcheront sans doute de publier ce recueil avant assez longtemps. Il suffit que ces documents, conservés en plusieurs copies, restent pour l'avenir un témoignage de nos efforts, de nos souffrances et de notre invincible foi.
ROMAIN ROLLAND..
Paris, juin 1919.
VorschaukapitelI Ara PacisVorschau
De profundis clamans, de l'abîme des haines,—j'élèverai vers toi, Paix divine, mon chant.
Les clameurs des armées ne l'étoufferont point.—En vain, je vois monter la mer ensanglantée,—qui porte le beau corps d'Europe mutilée,—et j'entends le vent fou qui soulève les âmes:
Quand je resterais seul, je te serai fidèle.—Je ne prendrai point place à la communion sacrilège du sang.—Je ne mangerai point ma part du Fils de l'Homme.
Je suis frère de tous, et je vous aime tous,—hommes, vivants d'une heure, qui vous volez cette heure.
Que de mon cœur surgisse sur la colline sainte,—au-dessus des lauriers de la gloire et des chênes,—l'olivier au soleil, où chantent les cigales!
Paix auguste qui tiens,—sous ton sceptre souverain,—les agitations du monde,—et des flots qui se heurtent,—fais le rythme des mers;
Cathédrale qui repose—sur le juste équilibre des forces ennemies;—Rosace éblouissante,—où le sang du soleil—jaillit en gerbes diaprées,—que l'œil harmonieux de l'artiste a liées;
Telle qu'un grand oiseau—qui plane au centre du ciel,—et couve sous ses ailes—la plaine,—ton vol embrasse,—par delà ce qui est, ce qui fut et sera.
Tu es sœur de la joie et sœur de la douleur,—sœur cadette et plus sage;—tu les tiens par la main.—Ainsi, de deux rivières que lie un clair canal,—où le ciel se reflète, entre la double haie de ses blancs peupliers.
Tu es la divine messagère,—qui va et vient, comme l'aronde,—de l'une rive à l'autre,—les unissant,—aux uns disant:—«Ne pleurez plus, la joie revient».—aux autres:—«Ne soyez pas trop vains,—le bonheur s'en va comme il vient.»
Tes beaux bras maternels étreignent tendrement—tes enfants ennemis,—et tu souris, les regardant—mordre ton sein gonflé de lait.
Tu joins les mains, les cœurs,—qui se fuient en se cherchant,—et tu mets sous le joug les taureaux indociles,—afin qu'au lieu d'user—en combats la fureur qui fait fumer leurs flancs,—tu l'emploies à tracer dans le ventre des champs—le long sillon profond où coule la semence.
Tu es la compagne fidèle—qui accueille au retour les lutteurs fatigués.—Vainqueurs, vaincus, ils sont égaux dans ton amour.—Car le prix du combat—n'est pas un lambeau de terre,—qu'un jour la graisse du vainqueur—nourrira, mélangée à celle de l'adversaire.—Il est de s'être fait l'instrument du destin,—et de n'avoir pas fléchi sous sa main.
O ma paix qui souris, tes doux yeux pleins de larmes,—arc-en-ciel de l'été, soirée ensoleillée,—qui, de tes doigts dorés,—caresses les champs mouillés,—panses les fruits tombés,—et guéris les blessures—des arbres que le vent et la grêle ont meurtris;
Répands sur nous ton baume et berce nos douleurs!—Elles passeront, et nous.—Toi seule es éternelle.
Frères, unissons-nous, et vous aussi, mes forces,—qui vous entrechoquez dans mon cœur déchiré!—Entrelacez vos doigts, et marchez en dansant!
Nous allons sans fièvre et sans hâte,—car nous ne sommes point à la chasse du temps.—Le temps, nous l'avons pris.—Des brins d'osier des siècles, ma Paix tisse son nid.
Ainsi que le grillon qui chante dans les champs.—L'orage vient, la pluie tombe à torrents, elle noie—les sillons et le chant.—Mais à peine a passé la tourmente,—le petit musicien entêté recommence.
Ainsi, quand on entend, à l'Orient fumant,—sur la terre écrasée, à peine s'éloigner—le galop furieux des Quatre Cavaliers,—je relève la tête et je reprends mon chant—chétif et obstiné.
(Ecrit du 15 au 25 août 1914).
Journal de Genève et Neue Zürcher Zeitung, 24-25 décembre 1915; Les Tablettes, Genève, juillet 1917.
Inhaltsverzeichnis
In dieser Ausgabe
- 01Full text
- 02INTRODUCTION
- 03I Ara Pacis
- 04II La route en lacets qui monte
- 05III Aux peuples assassinés
- 06IV A l'Antigone éternelle
- 07V Une voix de femme dans la mêlée
- 08VI Liberté!
- 09VII A la Russie libre et libératrice
- 10VIII Tolstoy: L'esprit libre
- 11IX A Maxime Gorki
- 12X Deux lettres de Maxime Gorki
- 13XI Aux écrivains d'Amérique
- 14XII Voix libres d'Amérique
- 15XIII Pour E.-D. Morel
- 16XIV La Jeunesse Suisse
- 17XV Le Feu
- 18XVI Ave, Cæsar, morituri te salutant (Dédié aux spectateurs héroïques et à l'abri)
- 19XVII Ave, Cæsar... ceux qui veulent vivre te saluent
- 20XVIII L'HOMME DE DOULEUR
- 21XIX Vox Clamantis... Jeremias, poème dramatique de STEFAN ZWEIG
- 22XX Un Grand Européen: G.-F. Nicolaï
- 23I
- 24II
- 25XXI En lisant Auguste Forel
- 26XXII Pour l'Internationale de l'Esprit
- 27XXIII Un appel aux Européens
- 28XXIV Lettre ouverte au président Wilson
- 29XXV Contre le Bismarckisme vainqueur
- 30XXVI Déclaration d'Indépendance de l'Esprit
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