Französisch Ausgabe
Literatur
Romances sans paroles
BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Paul Verlaine
Un chef-d’œuvre verlainien de musique verbale, paysages fugitifs, émotion et suggestion poétique.
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Romances sans paroles
Romances sans paroles rassemble quelques-uns des poèmes les plus musicaux de Paul Verlaine. Cette édition française originale met en valeur la nuance, la suggestion, le paysage intérieur et la mélodie du vers qui ont fait du recueil un classique durable de la poésie française.
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Paul Verlaine est mort en 1896 et Romances sans paroles a paru en 1874 ; ces dates confirment le statut de domaine public de cette édition française originale.
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Romances sans paroles
Paul Verlaine
ROMANCES SANS PAROLES
ARIETTES OUBLIEES
I
Le vent dans la plaine Suspend son haleine. (Favart)
C'est l'extase langoureuse, C'est la fatigue amoureuse, C'est tous les frissons des bois Parmi l'étreinte des brises, C'est, vers les ramures grises, Le choeur des petites voix.
O le frêle et frais murmure!
Cela gazouille et susurre, Cela ressemble au cri doux Que l'herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l'eau qui vire, Le roulis sourd des cailloux.
Cette âme qui se lamente En cette plainte dormante C'est la nôtre, n'est-ce pas?
La mienne, dis, et la tienne, Dont s'exhale l'humble antienne Par ce tiède soir, tout bas?
II
Je devine, à travers un murmure, Le contour subtil des voix anciennes Et dans les lueurs musiciennes, Amour pâle, une aurore future!
Et mon âme et mon coeur en délires Ne sont plus qu'une espèce d'oeil double Où tremblote à travers un jour trouble L'ariette, hélas! de toutes lyres!
O mourir de cette mort seulette Que s'en vont, - cher amour qui t'épeures, Balançant jeunes et vieilles heures!
O mourir de cette escarpolette!
III
Il pleut doucement sur la ville (Arthur Rimbaud)
Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur?
O bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie O le chant de la pluie!
Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écoeure Quoi! nulle trahison?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon coeur a tant de peine!
IV
De la douceur, de la douceur, de la douceur. (Inconnu)
Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses:
De cette façon nous serons bien heureuses Et si notre vie a des instants moroses Du moins nous serons, n'est-ce pas? deux pleureuses.
O que nous mêlions, âmes soeurs que nous sommes, A nos voeux confus la douceur puérile De cheminer loin des femmes et des hommes, Dans le frais oubli de ce qui nous exile!
Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles Eprises de rien et de tout étonnées Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.
V
Son joyeux, importun, d'un clavecin sonore. (Petrus Borel)
Le piano que baise une main frêle Luit dans le soir rose et gris vaguement, Tandis qu'avec un très léger bruit d'aile Un air bien vieux, bien faible et bien charmant Rôde discret, épeuré quasiment, Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.
Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain Qui lentement dorlote mon pauvre être?
Que voudrais-tu de moi, doux Chant badin?
Qu'as-tu voulu, fin refrain incertain Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre Ouverte un peu sur le petit jardin?
VI
C'est le chien de Jean de Nivelle Qui mord sous l'oeil même du Guet !
Le chat de la mère Michel, François-les-bas-bleus s'en égaie.
La Lune à l'écrivain public Dispense sa lumière obscure Où Médor avec Angélique Verdissent sur le pauvre mur.
Et voici venir La Ramée Sacrant, en bon soldat du Roy Sous son habit blanc mal famé Son coeur ne se tient pas de joie:
Car la Boulangère... - Elle? - Oui dam!
Bernant Lustucru son vieil homme A tantôt couronné sa flamme...
Enfants, Dominus vobiscum !
Place! En sa longue robe bleue Toute en satin qui fait frou-frou, C'est une impure palsambleu!
Dans sa chaise qu'il faut qu'on loue, Fût-on philosophe ou grigou, Car tant d'or s'y relève en bosse Que ce luxe insolent bafoue Tout le papier de Monsieur Los!
Arrière robin crotté! place, Petit courtaud, petit abbé, Petit poète jamais las De la rime non attrapée!...
Voici que la nuit vraie arrive...
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