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Les Règles de la méthode sociologique

BooksWhale-Ausgabe auf Französisch von Émile Durkheim

Le manifeste méthodologique de Durkheim pour étudier les faits sociaux avec rigueur.

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Les Règles de la méthode sociologique

Les Règles de la méthode sociologique définit les faits sociaux, la causalité, la preuve et les principes d’observation qui fondent la sociologie comme discipline scientifique. C’est un texte clé pour comprendre la méthode en sciences sociales et l’ambition positiviste de Durkheim.

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Les Règles de la méthode sociologique is a public-domain work: the author died in 1917, and the text was first published in 1895. This edition uses the original French text.

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PREFACE

VorschaukapitelIVorschau

On est si peu habitué à traiter les faits sociaux scienti-

,quenient que certaines des propositions contenues dans

t;t ouvrage risquent de surprendre le lecteur. Cependant,

-il existe une science des sociétés, il faut bien s'attendre à

^ ce qu'elle ne consiste pas dans une simple paraphrase des

M préjugés traditionnels, mais nous fasse voir les choses

I autrement qu'elles n'apparaissent au vulgaire; car l'objet

!Ç de toute science est défaire des découvertes et toute décou-

^à verte déconcerte plus ou moins les opinions reçues. A moins

? donc qu'on ne prête au s£.as. ço.ram.un, en sociologie, une

lutorité qu'il n'a plus depuis longtemps dans les autres

. sciences — et on ne voit pas d'où elle pourrait lui venir —

1 ] îl faut que le savant prenne résolument son parti de ne pas

I i se laisser intimider par les résultats auxquels aboutissent

ses recherches, si elles ont été méthodiquement conduites.

Si chercher le paradoxe est d'un sophiste, le fuir, quand

il est imposé par les faits, est d'un esprit sans courage ou

■^ sans foi dans la science.

j Malheureusement, il est plus aisé d'admettre cette règU

1 en principe et théoriquement que de l'appliquer avec per-

i sévérance. Nous sommes encore trop accoutumés à Iran-

*j cher toutes ces questions d'après les suggestions du sens

(commun pour que nous puissions facilement le tenir à dis-

tance des discussions sociologiques. Alors que nous nous

en croyons affranchis, il nous impose ses jugements sans

VI LES RÈGLES DE LA MÉTHODE SOCIOLOGIQUE

que nous y prenions garde. Il n'y a qu'une longue et spé-

ciale pratique qui puisse prévenir de pareilles défaillances.

Voilà ce que nous demandons au lecteur de bien vouloir

ne pas perdre de vue. Qu'il ait toujours présent à l'esprit

que les manières de penser auxquelles il est le plus fait

sont plutôt contraires que favorables à l'étude scientifique

des phénomènes sociaux et, par conséquent, qu'il se mette

en garde contre ses premières impressions. S'il s'y abanr

donne sans résistance, il risque de nous juger sans nous

avoir compris. Ainsi, il pourrait arriver qu'on nous accu-

sât d'avoir voulu absoudre le crime, sous prétexte que

nous en faisons un phénomène de sociologie nonfiale.

L'objection pourtant serait puérile. Car s'il est normal

que, dans toute société, il y ait des crimes, il n'est pas

moins normal qu'ils soient punis. L'institution d'un sys-

tème répressif n'est pas un fait moins universel que

l'existence d'une criminalité, ni moins indispensable à la

santé collective. Pour qu'il n'y eût pas de crimes, il fau-

drait un nivellement des consciences individuelles qui, pouf

des raisons qu'on trouvera plus loin, n'est ni possible ni

désirable; mais pour qu'il n'y eût pas de répression, il fau-

drait une absence d'homogénéité morale qui est inconci-

liable avec l'existence d'une société. Seulement, partant de

ce fait que le crime est détesté et détestable, le sens commun

en conclut à tort qu'il ne saurait disparaître trop complè-

tement. Avec son simplisme ordinaire, il ne conçoit pas

qu'une chose qui répugne puisse avoir quelque raison d'être

4atile, et cependant il n'y a à cela aucune contradiction.

N'y a-t-il pas dans l'organisme des fonctions répugnantes

dont le jeu réguher est nécessaire à la santé individuelle?

Est-ce que nous ne détestons pas la souûrance? et cepen-

dant un être qui ne la connaîtrait pas serait un monstre.

Le caractère normal d'une chose et les sentiments d'éloi-

gnement qu'elle inspire peuvent même être solidaires. Si

la douleur est un fait normal, c'est à condition de n'être

pas aimée; si le crime est normal, c'est à condition d'être

V- haï ^ Notre méthode n'a dontf rien de révolutionnaire. Elle

VorschaukapitelIVorschau

La proposition d'après laquelle les faits sociaux doivent

être traités comme des choses — proposition qui est à la

base même de notre méthode — est de celles qui ont pro-

PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDITION X^ ^

voqué le plus de contradictions. On a trouvé paradoxal et

scandaleux que nous assimilions aux réalités du monde

extérieur celles du monde social. C'était se méprendre sin-

gulièrement sur le sens et la portée de cette assimilation,

dont l'objet n'est pas de ravaler les formes supérieures de

l'être aux formes inférieures, mais, au contraire, de reven-

diquer pour les premières un degré de réalité au moins

égal à celui que tout le monde reconnaît aux secondes.

Nous ne disons pas, en effet, que les faits sociaux sont des

choses matérielles, mais sont des choses au môme titre

que les choses matérielles, quoique d'une autre manière.

Qu'est-ce en effet qu'une chose ? La chose s'oppose"!

à l'idée comme ce que l'on connaît du dehors à ce que l'on j

connaît du dedans. Est chose tout objet de connai-ssancej

qui n'est pas naturellement compénétrable à l'intelligence,'

tout ce dont nous ne pouvons nous faire une notion adé-

quate par un simple procédé d'analyse mentale, tout ce que

l'esprit ne peut arriver à comprendre qu'à condition de sor-

tir de lui-même, par voie d'observations et d'expérimenta-

tions, en passant progressivement des caractères les plus |

extérieurs et les plus immédiatement accessibles aux moins /

visibles et aux plus profonds. Traiter des faits d'uni!

certain ordre comme des choses, ce n'est donc pas les) /

classer dans telle ou telle catégorie du réel; c'est observer)

"Vis-à-vis d'eux une certaine attitude mentale. C'est en abocJ

der l'étude en prenant pour principe qu'on ignore absolu-

ment ce qu'ils sont, et que leurs propriétés caractérrs tiques,

comme les causes inconnues dont elles dépendent, ne peuvent

^être découvertes par l'introspection môme la plus attentive.

Les termes ainsi définis, notre proposition, loin d'être un

paradoxe, pourrait presque passer pour un truisme si elle

n'était encore trop souvent méconnue dans les sciences qui

traitent de l'homme, et surtout en sociologie. En effet, on

^peut dire en ce sens que tout objet de science est une"

chose, sauf, peut-être, les objets mathématiques; car, pour»

ce qui est de ces derniers, comme nous les const-ruisons

nous-mêmes depuis les plus simples jusqu'aux plus com-

plexes, il suffit, pour savoir ce qu'ils sont, de regarder au

dedans de nous et d'analyser intérieurement le processus

mental d'où ils résultent. Mais dès qu'il s'agit de faits

-^ LES RÈGLES DE LA MÉTHODE SOCIOLOGIQUE

proprement dits, ils sont nécessairement pour nous, au

moment où nous entreprenons d'en faire la science, des

inconnus, des choses ignorées, car les représentations qu'on

a pu s'en faire au cours de la vie, ayant été faites sans

méthode et sans critique, sont dénuées de valeur scienti-

fique et doivent être tenues à l'écart. Les faits de la psy-

chologie individuelle eux-mêmes présentent ce caractère et

doivent être considérés sous cet aspect. En effet, quoi-

qu'ils nous soient intérieurs par définition, la conscience

que nous en avons ne nous en révèle ni la nature interne^

ni la genèse. Elle nous les fait bien connaître jusqu'à up?^

certain point, mais seulement comme les sensations nous

font connaître la chaleur ou la lumière, le son ou l'électri-

cité; elle nous en donne des impressions confuses, passa-

gères, subjectives, mais non des notions claires et dis-

tinctes, des concepts explicatifs.. Et c'est précisément pour

fette raison qu'il s'est fondé au cours de ce siècle une

Inhaltsverzeichnis

In dieser Ausgabe

  1. 01Les Règles de la méthode sociologique
  2. 02I
  3. 03I
  4. 04II
  5. 05III
  6. 06livre que nous avons récemment publié sur La
  7. 07CHAPITRE I
  8. 08CHAPITRE ii
  9. 09I
  10. 10V
  11. 11II
  12. 12CHAPITRE m
  13. 13I
  14. 14II
  15. 15III
  16. 16CHAPITRE ÎV
  17. 17II
  18. 18III
  19. 19CHAPITRE V
  20. 20I
  21. 21II
  22. 22V
  23. 23V
  24. 24III
  25. 25IV
  26. 26CHAPITRE VI
  27. 27I
  28. 28II
  29. 29I
  30. 30III

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