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La Chartreuse de Parme

Edizione BooksWhale in francese di Stendhal

Un classique du domaine public autour de l'ambition, l'amour, la politique et l'énergie romanesque, proposé dans une édition de lecture claire.

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La Chartreuse de Parme

La Chartreuse de Parme de Stendhal est un classique du domaine public autour de l'ambition, l'amour, la politique et l'énergie romanesque. Cette édition française présente le texte dans un format propre et lisible.

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Stendhal est mort en 1842, et La Chartreuse de Parme a été publié pour la première fois vers 1839. Ces dates soutiennent le fondement du domaine public du texte utilisé pour cette édition.

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La Chartreuse de Parme

Stendhal

Capitolo in anteprimaLivre PremierAnteprima

Livre Premier

Capitolo in anteprimaChapitre Premier — Milan en 1796Anteprima

Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie dont l’Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un peuple endormi; huit jours encore avant l’arrivée des Français, les Milanais ne voyaient en eux qu’un ramassis de brigands, habitués à fuir toujours devant les troupes de Sa Majesté Impériale et Royale: c’était du moins ce que leur répétait trois fois la semaine un petit journal grand comme la main, imprimé sur du papier sale.

Au Moyen Age, les Lombards républicains avaient fait preuve d’une bravoure égale à celle des Français, et ils méritèrent de voir leur ville entièrement rasée par les empereurs d’Allemagne. Depuis qu’ils étaient devenus de fidèles sujets, leur grande affaire était d’imprimer des sonnets sur de petits mouchoirs de taffetas rose quand arrivait le mariage d’une jeune fille appartenant à quelque famille noble ou riche. Deux ou trois ans après cette grande époque de sa vie, cette jeune fille prenait un cavalier servant: quelquefois le nom du sigisbée choisi par la famille du mari occupait une place honorable dans le contrat de mariage. Il y avait loin de ces mœurs efféminées aux émotions profondes que donna l’arrivée imprévue de l’armée française. Bientôt surgirent des mœurs nouvelles et passionnées. Un peuple tout entier s’aperçut, le 15 mai 1796, que tout ce qu’il avait respecté jusque-là était souverainement ridicule et quelquefois odieux. Le départ du dernier régiment de l’Autriche marqua la chute des idées anciennes: exposer sa vie devint à la mode; on vit que pour être heureux après des siècles de sensations affadissantes, il fallait aimer la patrie d’un amour réel et chercher les actions héroïques. On était plongé dans une nuit profonde par la continuation du despotisme jaloux de Charles Quint et de Philippe II; on renversa leurs statues, et tout à coup l’on se trouva inondé de lumière. Depuis une cinquantaine d’années, et à mesure que l’Encyclopédie et Voltaire éclataient en France, les moines criaient au bon peuple de Milan, qu’apprendre à lire ou quelque chose au monde était une peine fort inutile, et qu’en payant bien exactement la dîme à son curé, et lui racontant fidèlement tous ses petits péchés, on était à peu près sûr d’avoir une belle place au paradis. Pour achever d’énerver ce peuple autrefois si terrible et si raisonneur, l’Autriche lui avait vendu à bon marché le privilège de ne point fournir de recrues à son armée.

En 1796, l’armée milanaise se composait de vingt-quatre faquins habillés de rouge, lesquels gardaient la ville de concert avec quatre magnifiques régiments de grenadiers hongrois. La liberté des mœurs était extrême, mais la passion fort rare; d’ailleurs, outre le désagrément de devoir tout raconter au curé, sous peine de ruine même en ce monde, le bon peuple de Milan était encore soumis à certaines petites entraves monarchiques qui ne laissaient pas que d’être vexantes. Par exemple l’archiduc, qui résidait à Milan et gouvernait au nom de l’Empereur, son cousin, avait eu l’idée lucrative de faire le commerce des blés. En conséquence, défense aux paysans de vendre leurs grains jusqu’à ce que Son Altesse eût rempli ses magasins.

En mai 1796, trois jours après l’entrée des Français, un jeune peintre en miniature, un peu fou, nommé Gros, célèbre depuis, et qui était venu avec l’armée, entendant raconter au grand café des Servi (à la mode alors) les exploits de l’archiduc, qui de plus était énorme, prit la liste des glaces imprimée en placard sur une feuille de vilain papier jaune. Sur le revers de la feuille il dessina le gros archiduc; un soldat français lui donnait un coup de baïonnette dans le ventre, et, au lieu de sang, il en sortait une quantité de blé incroyable. La chose nommée plaisanterie ou caricature n’était pas connue en ce pays de despotisme cauteleux. Le dessin laissé par Gros sur la table du café des Servi parut un miracle descendu du ciel; il fut gravé dans la nuit, et le lendemain on en vendit vingt mille exemplaires.

Indice

In questa edizione

  1. 01Full text
  2. 02Livre Premier
  3. 03Chapitre Premier — Milan en 1796
  4. 04Chapitre Ii
  5. 05Chapitre Iii
  6. 06Chapitre Iv
  7. 07Chapitre V
  8. 08Chapitre Vi
  9. 09Chapitre Vii
  10. 10Chapitre Viii
  11. 11Chapitre Ix
  12. 12Chapitre X
  13. 13Chapitre Xi
  14. 14Chapitre Xii
  15. 15Chapitre Xiii
  16. 16Livre Second
  17. 17Chapitre Xiv
  18. 18Chapitre Xv
  19. 19Chapitre Xvi
  20. 20Chapitre Xvii
  21. 21Chapitre Xviii
  22. 22Chapitre Xix
  23. 23Chapitre Xx
  24. 24Chapitre Xxi
  25. 25Chapitre Xxii
  26. 26Chapitre Xxiii
  27. 27Chapitre Xxiv
  28. 28Chapitre Xxv
  29. 29Chapitre Xxvi
  30. 30Chapitre Xxvii
  31. 31Chapitre Xxviii

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