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Letteratura
La Conquête de Plassans
Edizione BooksWhale in francese di Émile Zola
Un classique sur pouvoir, religion, politique et manipulation d’une famille.
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Introduzione al libro
La Conquête de Plassans
La Conquête de Plassans d’Émile Zola explore pouvoir, religion, politique et manipulation d’une famille. L’œuvre associe intrigue, observation sociale et étude des choix individuels dans un monde façonné par les conventions, l’argent et les passions.
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Émile Zola died in 1902, and La Conquête de Plassans was first published or composed in 1874. These dates support the public-domain basis for this original-language edition.
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La Conquête de Plassans
Émile Zola
Capitolo in anteprimaIAnteprima
Désirée battit des mains. C'était une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans.
--Maman, maman! cria-t-elle, vois ma poupée!
Elle avait pris à sa mère un chiffon, dont elle travaillait depuis un quart d'heure à faire une poupée, en le roulant et en l'étranglant par un bout, à l'aide d'un brin de fil. Marthe leva les yeux du bas qu'elle raccommodait avec des délicatesses de broderie. Elle sourit à Désirée.
--C'est un poupon, ça! dit-elle. Tiens, fais une poupée. Tu sais, il faut qu'elle ait une jupe, comme une dame.
Elle lui donna une rognure d'indienne qu'elle trouva dans sa table à ouvrage; puis, elle se remit à son bas, soigneusement. Elles étaient toutes deux assises, à un bout de l'étroite terrasse, la fille sur un tabouret, aux pieds de la mère. Le soleil couchant, un soleil de septembre, chaud encore, les baignait d'une lumière tranquille; tandis que, devant elles, le jardin, déjà dans une ombre grise, s'endormait. Pas un bruit, au dehors, ne montait de ce coin désert de la ville.
Cependant, elles travaillèrent dix grandes minutes en silence. Désirée se donnait une peine infinie pour faire une jupe à sa poupée. Par moments, Marthe levait la tête, regardait l'enfant avec une tendresse un peu triste. Comme elle la voyait très-embarrassée:
--Attends, reprit-elle; je vais lui mettre les bras, moi.
Elle prenait la poupée, lorsque deux grands garçons de dix-sept et dix-huit ans descendirent le perron. Ils vinrent embrasser Marthe.
--Ne nous gronde pas, maman, dit gaiement Octave. C'est moi qui ai mené Serge à la musique.... Il y avait un monde, sur le cours Sauvaire!
--Je vous ai crus retenus au collège, murmura la mère; sans cela, j'aurais été bien inquiète.
Mais Désirée, sans plus songer à la poupée, s'était jetée au cou de Serge, en lui criant:
--J'ai un oiseau qui s'est envolé, le bleu, celui dont tu m'avais fait cadeau.
Elle avait une grosse envie de pleurer. Sa mère, qui croyait ce chagrin oublié, eut beau lui montrer la poupée. Elle tenait le bras de son frère, elle répétait, en l'entraînant vers le jardin:
--Viens voir.
Serge, avec sa douceur complaisante, la suivit, cherchant à la consoler. Elle le conduisit à une petite serre, devant laquelle se trouvait une cage posée sur un pied. Là, elle lui expliqua que l'oiseau s'était sauvé au moment où elle avait ouvert la porte pour l'empêcher de se battre avec un autre.
--Pardi! ce n'est pas étonnant, cria Octave, qui s'était assis sur la rampe de la terrasse: elle est toujours à les toucher, elle regarde comment ils sont faits et ce qu'ils ont dans le gosier pour chanter. L'autre jour, elle les a promenés toute une après-midi dans ses poches, afin qu'ils aient bien chaud.
--Octave!... dit Marthe d'un ton de reproche; ne la tourmente pas, la pauvre enfant.
Désirée n'avait pas entendu. Elle racontait à Serge, avec de longs détails, de quelle façon l'oiseau s'était envolé.
--Vois-tu, il a glissé comme ça, il est allé se poser à côté, sur le grand poirier de monsieur Rastoil. De là, il a sauté sur le prunier, au fond. Puis il a repassé sur ma tête, et il est entré dans les grands arbres de la sous-préfecture, où je ne l'ai plus vu, non, plus du tout.
Des larmes parurent au bord de ses yeux.
--Il reviendra peut-être, hasarda Serge.
--Tu crois?... J'ai envie de mettre les autres dans une boîte et de laisser la cage ouverte toute la nuit.
Octave ne put s'empêcher de rire; mais Marthe rappela Désirée.
--Viens donc voir, viens donc voir!
Capitolo in anteprimaIIIAnteprima
Le lendemain, Mouret passa la matinée à épier son nouveau locataire. Cet espionnage allait emplir les heures vides qu'il passait au logis à tatillonner, à ranger les objets qui traînaient, à chercher des querelles à sa femme et à ses enfants. Désormais, il aurait une occupation, un amusement, qui le tirerait de sa vie de tous les jours. Il n'aimait pas les curés, comme il le disait, et le premier prêtre qui tombait dans son existence l'intéressait à un point extraordinaire. Ce prêtre apportait chez lui une odeur mystérieuse, un inconnu presque inquiétant. Bien qu'il fît l'esprit fort, qu'il se déclarât voltairien, il avait en face de l'abbé tout un étonnement, un frisson de bourgeois, où perçait une pointe de curiosité gaillarde.
Pas un bruit ne venait du second étage. Mouret écouta attentivement dans l'escalier, il se hasarda même à monter au grenier. Comme il ralentissait le pas en longeant le corridor, un frôlement de pantoufles qu'il crut entendre derrière la porte, l'émotionna extrêmement. N'ayant rien pu surprendre de net, il descendit au jardin, se promena sous la tonnelle du fond, levant les yeux, cherchant à voir par les fenêtres ce qui se passait dans les pièces. Mais il n'aperçut pas même l'ombre de l'abbé. Madame Faujas, qui n'avait sans doute point de rideaux, avait tendu, en attendant, des draps de lit derrière les vitres.
Au déjeuner, Mouret parut très-vexé.
--Est-ce qu'ils sont morts, là-haut? dit-il en coupant du pain aux enfants. Tu ne les as pas entendus remuer, toi, Marthe?
--Non, mon ami; je n'ai pas fait attention.
Rose cria de la cuisine:
--Il y a beau temps qu'ils ne sont plus là; s'ils courent toujours, ils sont loin.
Mouret appela la cuisinière et la questionna minutieusement.
--Ils sont sortis, monsieur: la mère d'abord, le curé ensuite. Je ne les aurais pas vus, tant ils marchent doucement, si leurs ombres n'avaient passé sur le carreau de ma cuisine, quand ils ont ouvert la porte.... J'ai regardé dans la rue, pour voir; mais ils avaient filé, et raide, je vous en réponds.
--C'est bien surprenant.... Mais où étais-je donc?
--Je crois que monsieur était au fond du jardin, à voir les raisins de la tonnelle.
Cela acheva de mettre Mouret d'une exécrable humeur. Il déblatéra contre les prêtres: c'étaient tous des cachotiers; ils étaient dans un tas de manigances, auxquelles le diable ne reconnaîtrait rien; ils affectaient une pruderie ridicule, à ce point que personne n'avait jamais vu un prêtre se débarbouiller. Il finit par se repentir d'avoir loué à cet abbé qu'il ne connaissait pas.
--C'est ta faute, aussi! dit-il à sa femme, en se levant de table.
Marthe allait protester, lui rappeler leur discussion de la veille; mais elle leva les yeux, le regarda et ne dit rien. Lui, cependant, ne se décidait pas à sortir, comme il en avait l'habitude. Il allait et venait, de la salle à manger au jardin, furetant, prétendant que tout traînait, que la maison était au pillage; puis, il se fâcha contre Serge et Octave, qui, disaient-ils, étaient partis, une demi-heure trop tôt, pour le collège.
--Est-ce que papa ne sort pas? demanda Désirée à l'oreille de sa mère. Il va bien nous ennuyer, s'il reste.
Marthe la fit taire. Mouret parla enfin d'une affaire qu'il devait terminer dans la journée. Il n'avait pas un moment, il ne pouvait pas même se reposer un jour chez lui, lorsqu'il en éprouvait le besoin. Il partit, désolé de ne pas demeurer là, aux aguets.
Le soir, quand il rentra, il avait toute une fièvre de curiosité.
--Et l'abbé? demanda-t-il, avant même d'ôter son chapeau.
Marthe travaillait à sa place ordinaire, sur la terrasse.
--L'abbé? répéta-t-elle avec quelque surprise. Ah! oui, l'abbé.... Je ne l'ai pas vu, je crois qu'il s'est installé. Rose m'a dit qu'on avait apporté des meubles.
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02I
- 03III
- 04IV
- 05V
- 06VI
- 07VII
- 08VIII
- 09IX
- 10X
- 11XI
- 12XII
- 13XIV
- 14XV
- 15XVI
- 16XVII
- 17XVIII
- 18XIX
- 19XX
- 20XXI
- 21XXII
- 22XXIII
- 23FIN
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