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Letteratura
La Tulipe noire
Edizione BooksWhale in francese di Alexandre Dumas
Édition française du classique La Tulipe noire de Alexandre Dumas, un roman historique publié pour la première fois en 1850.
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La Tulipe noire
Lisez La Tulipe noire de Alexandre Dumas, un classique français de roman historique, d’aventure et de littérature patrimoniale.
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Alexandre Dumas est décédé avant 1926 et La Tulipe noire a été publié avant 1931; ces repères soutiennent un contrôle conservateur du domaine public pour l’édition originale.
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La tulipe noire
Alexandre Dumas
Capitolo in anteprimaI Un peuple reconnaissantAnteprima
Le 20 août 1672, la ville de la Haye, si vivante, si blanche, si coquette que l'on dirait que tous les jours sont des dimanches, la ville de la Haye, avec son parc ombreux, avec ses grands arbres inclinés sur ses maisons gothiques, avec les larges miroirs de ses canaux dans lesquels se reflètent ses clochers aux coupoles presque orientales, la ville de la Haye, la capitale des sept Provinces-Unies, gonflait toutes ses artères d'un flot noir et rouge de citoyens pressés, haletants, inquiets, lesquels couraient, le couteau à la ceinture, le mousquet sur l'épaule ou le bâton à la main, vers le Buitenhof, formidable prison dont on montre encore aujourd'hui les fenêtres grillées et où, depuis l'accusation d'assassinat portée contre lui par le chirurgien Tyckelaer, languissait Corneille de Witt, frère de l'ex-grand pensionnaire de Hollande.
Si l'histoire de ce temps, et surtout de cette année au milieu de laquelle nous commençons notre récit, n'était liée d'une façon indissoluble aux deux noms que nous venons de citer, les quelques lignes d'explication que nous allons donner pourraient paraître un hors-d'oeuvre; mais nous prévenons tout d'abord le lecteur, ce vieil ami, à qui nous promettons toujours du plaisir à notre première page, et auquel nous tenons parole tant bien que mal dans les pages suivantes; mais nous prévenons, disons-nous, notre lecteur que cette explication est aussi indispensable à la clarté de notre histoire qu'à l'intelligence du grand événement politique dans lequel cette histoire s'encadre.
Corneille ou Cornélius de Witt, _ruward_ de Pulten, c'est-à-dire inspecteur des digues de ce pays, ex-bourgmestre de Dordrecht, sa ville natale, et député aux États de Hollande, avait quarante-neuf ans, lorsque le peuple hollandais, fatigué de la république, telle que l'entendait Jean de Witt, grand pensionnaire de Hollande, s'éprit d'un amour violent pour le stathoudérat, que l'édit perpétuel imposé par Jean de Witt aux Provinces-Unies avait à tout jamais aboli en Hollande.
Comme il est rare que, dans ses évolutions capricieuses, l'esprit public ne voie pas un homme derrière un principe, derrière la république le peuple voyait les deux figures sévères des frères de Witt, ces Romains de la Hollande, dédaigneux de flatter le goût national, et amis inflexibles d'une liberté sans licence et d'une prospérité sans superflu, de même que derrière le stathoudérat il voyait le front incliné, grave et réfléchi du jeune Guillaume d'Orange, que ses contemporains baptisèrent du nom de Taciturne, adopté par la postérité.
Les deux de Witt ménageaient Louis XIV, dont ils sentaient grandir l'ascendant moral sur toute l'Europe, et dont ils venaient de sentir l'ascendant matériel sur la Hollande par le succès de cette campagne merveilleuse du Rhin, illustrée par ce héros de roman qu'on appelait le comte de Guiche, et chantée par Boileau, campagne qui en trois mois venait d'abattre la puissance des Provinces-Unies.
Louis XIV était depuis longtemps l'ennemi des Hollandais, qui l'insultaient ou le raillaient de leur mieux, presque toujours, il est vrai, par la bouche des Français réfugiés en Hollande. L'orgueil national en faisait le Mithridate de la république. Il y avait donc contre les de Witt la double animation qui résulte d'une vigoureuse résistance suivie par un pouvoir luttant contre le goût de la nation et de la fatigue naturelle à tous les peuples vaincus, quand ils espèrent qu'un autre chef pourra les sauver de la ruine et de la honte.
Cet autre chef, tout prêt à paraître, tout prêt à se mesurer contre Louis XIV, si gigantesque que parût devoir être sa fortune future, c'était Guillaume, prince d'Orange, fils de Guillaume II, et petit-fils, par Henriette Stuart, du roi Charles Ier d'Angleterre, ce taciturne enfant, dont nous avons déjà dit que l'on voyait apparaître l'ombre derrière le stathoudérat.
Capitolo in anteprimaII Les deux frèresAnteprima
Comme l'avait dit dans un doute plein de pressentiments la belle Rosa, pendant que Jean de Witt montait l'escalier de pierre aboutissant à la prison de son frère Corneille, les bourgeois faisaient de leur mieux pour éloigner la troupe de Tilly qui les gênait.
Ce que voyant, le peuple, qui appréciait les bonnes intentions de sa milice, criait à tue-tête:--Vivent les bourgeois!
Quant à M. de Tilly, aussi prudent que ferme, il parlementait avec cette compagnie bourgeoise sous les pistolets apprêtés de son escadron, lui expliquant de son mieux que la consigne donnée par les États lui enjoignait de garder avec trois compagnies la place de la prison et ses alentours.
--Pourquoi cet ordre? pourquoi garder la prison? criaient les orangistes.
--Ah! répondait monsieur de Tilly, voilà que vous m'en demandez tout de suite plus que je ne peux vous en dire. On m'a dit: «Gardez», je garde. Vous qui êtes presque des militaires, messieurs, vous devez savoir qu'une consigne ne se discute pas.
--Mais on vous a donné cet ordre pour que les traîtres puissent sortir de la ville!
--Cela pourrait bien être, puisque les traîtres sont condamnés au bannissement, répondait Tilly.
--Mais qui a donné cet ordre?
--Les États, pardieu!
--Les États trahissent.
--Quant à cela, je n'en sais rien.
--Et vous trahissez vous-même.
--Moi?
--Oui, vous.
--Ah çà! entendons-nous, messieurs les bourgeois; qui trahirais-je? les États! Je ne puis pas les trahir, puisque étant à leur solde, j'exécute ponctuellement leur consigne.
Et là-dessus, comme le comte avait si parfaitement raison qu'il était impossible de discuter sa réponse, les clameurs et les menaces redoublèrent; clameurs et menaces effroyables, auxquelles le comte répondait avec toute l'urbanité possible.
--Mais, messieurs les bourgeois, par grâce, désarmez donc vos mousquets; il en peut partir un par accident, et si le coup blessait un de mes cavaliers, nous vous jetterions deux cents hommes par terre, ce dont nous serions bien fâchés, mais vous plus encore, attendu que ce n'est ni dans vos intentions ni dans les miennes.
--Si vous faisiez cela, crièrent les bourgeois, à notre tour nous ferions feu sur vous.
--Oui, mais, quand, en faisant feu sur nous, vous nous tueriez depuis le premier jusqu'au dernier, ceux que nous aurions tués, nous, n'en seraient pas moins morts.
--Cédez-nous donc la place alors, et vous ferez acte de bon citoyen.
--D'abord, je ne suis pas citoyen, dit Tilly, je suis officier, ce qui est bien différent; et puis je ne suis pas Hollandais, je suis Français, ce qui est plus différent encore. Je ne connais donc que les États, qui me paient; apportez-moi de la part des États l'ordre de céder la place, je fais demi-tour à l'instant même, attendu que je m'ennuie énormément ici.
--Oui, oui! crièrent cent voix qui se multiplièrent à l'instant par cinq cents autres. Allons à la maison de ville! allons trouver les députés! allons, allons!
--C'est cela, murmura Tilly en regardant s'éloigner les plus furieux, allez demander une lâcheté à la maison de ville et vous verrez si on vous l'accorde, allez, mes amis, allez.
Le digne officier comptait sur l'honneur des magistrats, qui de leur côté comptaient sur son honneur de soldat, à lui.
--Dites donc, capitaine, fit à l'oreille du comte son premier lieutenant, que les députés refusent à ces enragés que voici ce qu'ils leur demandent, mais qu'ils nous envoient à nous un peu de renfort, cela ne fera pas de mal, je crois.
Cependant Jean de Witt, que nous avons quitté montant l'escalier de pierre après son entretien avec le geôlier Gryphus et sa fille Rosa, était arrivé à la porte de la chambre où gisait sur un matelas son frère Corneille, auquel le fiscal avait, comme nous l'avons dit, fait appliquer la torture préparatoire.
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02I Un peuple reconnaissant
- 03II Les deux frères
- 04III L'élève de Jean de Witt
- 05IV Les massacreurs
- 06V L'amateur de tulipes et son voisin
- 07VI La haine d'un tulipier
- 08VII L'homme heureux fait connaissance avec le malheur
- 09VIII Une invasion
- 10IX La chambre de famille
- 11X La fille du geôlier
- 12XI Le testament de Cornélius van Baërle
- 13XII L'exécution
- 14XIII Ce qui se passait pendant ce temps-là dans l'âme d'un spectateur
- 15XIV Les pigeons de Dordrecht
- 16XV Le guichet
- 17XVI Maître et écolière
- 18XVII Premier caïeu
- 19XVIII L'amoureux de Rosa
- 20XIX Femme et fleur
- 21XX Ce qui s'était passé pendant ces huit jours
- 22XXI Le second caïeu
- 23XXII Épanouissement
- 24XXIII L'envieux
- 25XXIV Où la tulipe noire change de maître
- 26XXV Le président van Herysen
- 27XXVI Un membre de la société horticole
- 28XXVII Le troisième caïeu
- 29XXVIII La chanson des fleurs
- 30XXIX Où van Baërle, avant de quitter Loewestein, règle ses comptes avec Gryphus
- 31XXX Où l'on commence de se douter à quel supplice était réservé Cornélius van Baërle
- 32XXXI Harlem
- 33XXXII Une dernière prière
- 34XXXIII Conclusion
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