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francese Edizione

Economia

L’Argent

Edizione BooksWhale in francese di Émile Zola

Un grand roman naturaliste sur la spéculation, la Bourse, la finance moderne et les illusions de richesse.

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Introduzione al libro

L’Argent

L’Argent plonge le lecteur dans la fièvre financière du Second Empire à travers Saccard, la spéculation, les banques, les journaux et les rêves de fortune. Cette édition sert les lecteurs de Zola, d’histoire économique et de romans sur la finance.

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Émile Zola died in 1902, and L’Argent was first published in 1891. These dates support the public-domain basis for this original French edition.

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L’Argent

Émile Zola

Capitolo in anteprimaL'ARGENTAnteprima

(1891)

Capitolo in anteprimaIAnteprima

Onze heures venaient de sonner à la Bourse, lorsque Saccard entra chez

Champeaux, dans la salle blanc et or, dont les deux hautes fenêtres

donnent sur la place. D'un coup d'oeil, il parcourut les rangs de

petites tables, où les convives affamés se serraient coude à coude; et

il parut surpris de ne pas voir le visage qu'il cherchait.

Comme, dans la bousculade du service, un garçon passait, chargé de

plats:

«Dites donc, M. Huret n'est pas venu?

--Non, monsieur, pas encore.»

Alors, Saccard se décida, s'assit à une table que quittait un client,

dans l'embrasure d'une des fenêtres. Il se croyait en retard; et, tandis

qu'on changeait la serviette, ses regards se portèrent au-dehors, épiant

les passants du trottoir. Même, lorsque le couvert fut rétabli, il ne

commanda pas tout de suite, il demeura un moment les yeux sur la place,

toute gaie de cette claire journée des premiers jours de mai. A cette

heure où le monde déjeunait, elle était presque vide: sous les

marronniers, d'une verdure tendre et neuve, les bancs restaient

inoccupés; le long de la grille, à la station des voitures, la file des

fiacres s'allongeait, d'un bout à l'autre; et l'omnibus de la Bastille

s'arrêtait au bureau, à l'angle du jardin, sans laisser ni prendre de

voyageurs. Le soleil tombait d'aplomb, le monument en était baigné, avec

sa colonnade, ses deux statues, son vaste perron, en haut duquel il n'y

avait encore que l'armée des chaises, en bon ordre.

Mais Saccard, s'étant tourné, reconnut Mazaud, l'agent de change, à la

table voisine de la sienne: Il tendit la main.

«Tiens! c'est vous. Bonjour!

--Bonjour!» répondit Mazaud, en donnant une poignée de main distraite.

Petit, brun, très vif, joli homme, il venait d'hériter de la charge d'un

de ses oncles, à trente-deux ans. Et il semblait tout au convive qu'il

avait en face de lui, un gros monsieur à figure rouge et rasée, le

célèbre Amadieu, que la Bourse vénérait, depuis son fameux coup sur les

Mines de Selsis. Lorsque les titres étaient tombés à quinze francs, et

que l'on considérait tout acheteur comme un fou, il avait mis dans

l'affaire sa fortune, deux cent mille francs, au hasard, sans calcul ni

flair, par un entêtement de brute chanceuse. Aujourd'hui que la

découverte de filons réels et considérables avait fait dépasser aux

titres le cours de mille francs, il gagnait une quinzaine de millions;

et son opération imbécile qui aurait dû le faire enfermer autrefois, le

haussait maintenant au rang des vastes cerveaux financiers. Il était

salué, consulté surtout. D'ailleurs, il ne donnait plus d'ordres, comme

satisfait, trônant désormais dans son coup de génie unique et

légendaire. Mazaud devait rêver sa clientèle.

Saccard, n'ayant pu obtenir d'Amadieu même un sourire, salua la table

d'en face, où se trouvaient réunis trois spéculateurs de sa

connaissance, Pillerault, Moser et Salmon.

«Bonjour! ça va bien?

--Oui, pas mal.... Bonjour!»

Chez ceux-ci encore, il sentit la froideur, l'hostilité presque.

Pillerault pourtant, très grand, très maigre, avec des gestes saccadés

et un nez en lame de sabre, dans un visage osseux de chevalier errant,

avait d'habitude la familiarité d'un joueur qui érigeait en principe le

casse-cou, déclarant qu'il culbutait dans des catastrophes, chaque fois

qu'il s'appliquait à réfléchir. Il était d'une nature exubérante de

haussier, toujours tourné à la victoire, tandis que Moser, au contraire,

de taille courte, le teint jaune, ravagé par une maladie de foie, se

lamentait sans cesse, en proie à de continuelles craintes de cataclysme.

Quant à Salmon, un très bel homme luttant contre la cinquantaine,

étalant une barbe superbe, d'un noir d'encre, il passait pour un

gaillard extraordinairement fort. Jamais il ne parlait, il ne répondait

que par des sourires, on ne savait dans quel sens il jouait, ni même

Indice

In questa edizione

  1. 01Full text
  2. 02L'ARGENT
  3. 03I
  4. 04II
  5. 05III
  6. 06IV
  7. 07V
  8. 08VI
  9. 09VII
  10. 10VIII
  11. 11IX
  12. 12X
  13. 13XI
  14. 14XII

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