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francese Edizione

Letteratura

L’Enfant

Edizione BooksWhale in francese di Jules Vallès

À travers l’enfance révoltée de Jacques Vingtras, Vallès transforme les humiliations familiales et scolaires en récit vif et mordant.

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Introduzione al libro

L’Enfant

Premier volet du cycle de Jacques Vingtras, L’Enfant raconte une jeunesse marquée par l’autorité familiale, l’école et le désir d’échapper aux rôles imposés. La voix ironique de Vallès mêle colère, humour et compassion, donnant à ce roman autobiographique une énergie qui reste immédiatement lisible.

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Questa edizione si basa su un testo di pubblico dominio ed è stata preparata da BooksWhale per la lettura digitale.

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Perché può essere condivisa

Roman autobiographique publié en 1879. Jules Vallès est mort en 1885; le texte français original est dans le domaine public selon les durées des principaux marchés visés. Exclure les préfaces et notes modernes protégées.

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L’Enfant

DÉDICACE

À TOUS CEUX

qui crevèrent d'ennui au collège

ou

qu'on fit pleurer dans la famille

qui, pendant leur enfance,

furent tyrannisés par leurs maîtres

ou

rossés par leurs parents

Je dédie ce livre.

Jules VALLÈS.

Capitolo in anteprimaMa mèreAnteprima

Ai-je été nourri par ma mère? Est-ce une paysanne qui m'a donné

son lait? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu,

je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit;

je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisoté; j'ai été beaucoup

fouetté.

Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants, et elle me

fouette tous les matins; quand elle n'a pas le temps le matin,

c'est pour midi, rarement plus tard que quatre heures.

Mademoiselle Balandreau m'y met du suif.

C'est une bonne vieille fille de cinquante ans. Elle demeure

au-dessous de nous. D'abord elle était contente: comme elle n'a pas

d'horloge, ça lui donnait l'heure. «Vlin! Vlan! Zon! Zon!--voilà

le petit Chose qu'on fouette; il est temps de faire mon café au

lait.»

Mais un jour que j'avais levé mon pan, parce que ça me cuisait

trop, et que je prenais l'air entre deux portes, elle m'a vu; mon

derrière lui a fait pitié.

Elle voulait d'abord le montrer à tout le monde, ameuter les

voisins autour; mais elle a pensé que ce n'était pas le moyen de

le sauver, et elle a inventé autre chose.

Lorsqu'elle entend ma mère me dire: «Jacques, je vais te fouetter!

--Madame Vingtras, ne vous donnez pas la peine, je vais faire ça

pour vous.

--Oh! chère demoiselle, vous êtes trop bonne!»

Mademoiselle Balandreau m'emmène; mais au lieu de me fouetter,

elle frappe dans ses mains; moi, je crie. Ma mère remercie, le

soir, sa remplaçante.

«À votre service» répond la brave fille, en me glissant un bonbon

en cachette.

Mon premier souvenir date donc d'une fessée. Mon second est plein

d'étonnement et de larmes.

C'est au coin d'un feu de fagots, sous le manteau d'une vieille

cheminée; ma mère tricote dans un coin; une cousine à moi, qui

sert de bonne dans la maison pauvre, range sur des planches

rongées quelques assiettes de grosse faïence avec des coqs à crête

rouge et à queue bleue.

Mon père a un couteau à la main et taille un morceau de sapin; les

copeaux tombent jaunes et soyeux comme des brins de rubans. Il me

fait un chariot avec des languettes de bois frais. Les roues sont

déjà taillées; ce sont des ronds de pommes de terre avec leur

cercle de peau brune qui imite le fer... Le chariot va être fini;

j'attends tout ému et les yeux grands ouverts, quand mon père

pousse un cri et lève sa main pleine de sang. Il s'est enfoncé le

couteau dans le doigt. Je deviens tout pâle et je m'avance vers

lui; un coup violent m'arrête; c'est ma mère qui me l'a donné,

l'écume aux lèvres, les poings crispés.

«C'est ta faute si ton père s'est fait mal!»

Et elle me chasse sur l'escalier noir, en me cognant encore le

front contre la porte.

Je crie, je demande grâce, et j'appelle mon père: je vois, avec ma

terreur d'enfant, sa main qui pend toute hachée; c'est moi qui en

suis cause! Pourquoi ne me laisse-t-on pas entrer pour savoir? On

me battra après si l'on veut. Je crie, on ne me répond pas.

J'entends qu'on remue des carafes, qu'on ouvre un tiroir; on met

des compresses.

«Ce n'est rien,» vient me dire ma cousine, en pliant une bande de

linge tachée de rouge.

Je sanglote, j'étouffe: ma mère reparaît et me pousse dans le

cabinet où je couche, où j'ai peur tous les soirs.

Je puis avoir cinq ans et me crois un parricide.

Ce n'est pas ma faute, pourtant!

Est-ce que j'ai forcé mon père à faire ce chariot? Est-ce que je

n'aurais pas mieux aimé saigner, moi, et qu'il n'eût point mal?

Capitolo in anteprimaLa familleAnteprima

Deux tantes du côté de ma mère, la tante Rosalie et la tatan

Mariou. On appelle cette dernière tatan; je ne sais pourquoi,

parce qu'elle est plus caressante peut-être. Je vois toujours son

grand rire blanc et doux dans son visage brun: elle est maigre et

assez gracieuse, elle est femme.

Ma tante Rosalie, son aînée, est énorme, un peu voûtée; elle a

l'air d'un chantre; elle ressemble au père Jauchard, le boulanger,

qui entonne les vêpres le dimanche et qui commence les cantiques

quand on fait le Chemin de la croix. Elle est _l'homme _dans son

ménage; son mari, mon oncle Jean, ne compte pas: il se contente de

gratter une petite verrue qui joue le grain de beauté dans son

visage fripé, tiré, ridé.--J'ai remarqué, depuis, que beaucoup

de paysans ont de ces figures-là, rusées, vieillottes, pointues;

ils ont du sang de théâtre ou de cour qui s'est égaré un soir de

fête ou de comédie dans la grange ou l'auberge, ils sentent le

cabotin, le ci-devant, le vieux noble, à travers les odeurs de

l'étable à cochons et du fumier: ratatinés par leur origine, ils

restent gringalets sous les grands soleils.

Le mari de la tatan Mariou, lui, est bien un bouvier! Un beau

laboureur blond, cinq pieds sept pouces, pas de barbe, mais des

poils qui luisent sur son cou, un cou rond, gras, doré; il a la

peau couleur de paille, avec des yeux comme des bleuets et des

lèvres comme des coquelicots; il a toujours la chemise

entrouverte, un gilet rayé jaune, et son grand chapeau à chenille

tricolore ne le quitte jamais. J'ai vu comme cela des dieux des

champs dans des paysages de peintres.

Deux tantes du côté de mon père.

Ma tante Mélie est muette,--avec cela bavarde, bavarde!

Ses yeux, son front, ses lèvres, ses mains, ses pieds, ses nerfs,

ses muscles, sa chair, sa peau, tout chez elle remue, jase,

interroge, répond; elle vous harcèle de questions, elle demande

des répliques; ses prunelles se dilatent, s'éteignent; ses joues

se gonflent, se rentrent; son nez saute! elle vous touche ici, là,

lentement, brusquement, pensivement, follement; il n'y a pas moyen

de finir la conversation. Il faut y être, avoir un signe pour

chaque signe, un geste pour chaque geste, des réparties, du trait,

regarder tantôt dans le ciel, tantôt à la cave, attraper sa pensée

comme on peut, par la tête ou par la queue, en un mot, se donner

tout entier, tandis qu'avec les commères qui ont une langue, on ne

fait que prêter l'oreille: rien n'est bavard comme un sourd-muet.

Pauvre fille! elle n'a pas trouvé à se marier. C'était certain, et

elle vit avec peine du produit de son travail manuel; non qu'elle

manque de rien, à vrai dire, mais elle est coquette, la tante

Amélie!

Il faut entendre son petit grognement, voir son geste, suivre ses

yeux, quand elle essaye une coiffe ou un fichu. Elle a du goût:

elle sait planter une rose au coin de son oreille morte, et

trouver la couleur du ruban qui ira le mieux à son corsage, près

de son coeur qui veut parler...

Grand-tante Agnès.

On l'appelle la «béate«.

Il y a tout un monde de vieilles filles qu'on appelle de ce nom-là.

«M'man, qu'est-ce que ça veut dire, une béate?»

Ma mère cherche une définition et n'en trouve pas; elle parle de

consécration à la Vierge, de voeux d'innocence.

«L'innocence. Ma grand-tante Agnès représente l'innocence? C'est

fait comme cela, l'innocence!»

Elle a bien soixante-dix ans, et elle doit avoir les cheveux

blancs; je n'en sais rien, personne n'en sait rien, car elle a

toujours un serre-tête noir qui lui colle comme du taffetas sur le

Indice

In questa edizione

  1. 01Full text
  2. 02Ma mère
  3. 03La famille
  4. 04Le collège
  5. 05La petite ville
  6. 06La toilette
  7. 07Vacances
  8. 08Les joies du foyer
  9. 09Le Fer-à-Cheval
  10. 10Saint-Étienne
  11. 11Braves gens
  12. 12Le lycée
  13. 13Frottage--Gourmandise--Propreté
  14. 14L'argent
  15. 15Voyage au pays
  16. 16Projets d'évasion
  17. 17Un drame
  18. 18Souvenirs
  19. 19Le départ
  20. 20Louisette
  21. 21Mes humanités
  22. 22Madame Devinol
  23. 23La pension Legnagna
  24. 24Madame Vingtras à Paris
  25. 25Le retour
  26. 26La délivrance

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