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Letteratura
Les Quarante-Cinq
Edizione BooksWhale in francese di Alexandre Dumas
Un roman historique de conspirations, de duels, de loyauté et de vengeance.
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Introduzione al libro
Les Quarante-Cinq
Dumas entraîne ses personnages entre cour, forteresses et complots politiques dans une action de grand feuilleton historique.
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Alexandre Dumas died in 1870, and this french source text was published in 1848; it is public domain.
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Les Quarante-Cinq
Alexandre Dumas
Capitolo in anteprimaI LA PORTE SAINT-ANTOINE.Anteprima
Etiamsi omnes !
Le 26 octobre de l’an 1585, les barrières de la porte Saint-Antoine se trouvaient encore, contre toutes les habitudes, fermées à dix heures et demie du matin.
À dix heures trois quarts, une garde de vingt Suisses, qu’on reconnaissait à leur uniforme pour être des Suisses des petits cantons, c’est-à-dire des meilleurs amis du roi Henri III, alors régnant, déboucha de la rue de la Mortellerie et s’avança vers la porte Saint-Antoine qui s’ouvrit devant eux et se referma derrière eux : une fois hors de cette porte, ils allèrent se ranger le long des haies qui, à l’extérieur de la barrière, bordaient les enclos épars de chaque côté de la route, et, par sa seule apparition, refoula bon nombre de paysans et de petits bourgeois venant de Montreuil, de Vincennes ou de Saint-Maur pour entrer en ville avant midi, entrée qu’ils n’avaient pu opérer, la porte se trouvant fermée, comme nous l’avons dit.
S’il est vrai que la foule amène naturellement le désordre avec elle, on eût pu croire que, par l’envoi de cette garde, M. le prévôt voulait prévenir le désordre qui pouvait avoir lieu à la porte Saint-Antoine.
En effet, la foule était grande ; il arrivait par les trois routes convergentes, et cela à chaque instant, des moines des couvents de la banlieue, des femmes assises de côté sur les bâts de leurs ânes, des paysans dans des charrettes, lesquelles venaient s’agglomérer à cette masse déjà considérable que la fermeture inaccoutumée des portes arrêtait à la barrière, et tous, par leurs questions plus ou moins pressantes, formaient une espèce de rumeur faisant basse continue, tandis que parfois quelques voix, sortant du diapason général, montaient jusqu’à l’octave de la menace ou de la plainte.
On pouvait encore remarquer, outre cette masse d’arrivants qui voulaient entrer dans la ville, quelques groupes particuliers qui semblaient en être sortis. Ceux-là, au lieu de plonger leurs regards dans Paris par les interstices des barrières, ceux-là dévoraient l’horizon, borné par le couvent des Jacobins, le prieuré de Vincennes et la croix Faubin, comme si, par quelqu’une de ces trois routes formant éventail, il devait leur arriver quelque Messie.
Les derniers groupes ne ressemblaient pas mal aux tranquilles îlots qui s’élèvent au milieu de la Seine, tandis qu’autour d’eux, l’eau, en tourbillonnant et en se jouant, détache, soit une parcelle de gazon, soit quelque vieux tronc de saule qui finit par s’en aller au courant après avoir hésité quelque temps sur les remous.
Ces groupes, sur lesquels nous revenons avec insistance, parce qu’ils méritent toute notre attention, étaient formés, pour la plupart, par des bourgeois de Paris fort hermétiquement calfeutrés dans leurs chausses et leurs pourpoints ; car, nous avions oublié de le dire, le temps était froid, la bise agaçante, et de gros nuages, roulant près de terre, semblaient vouloir arracher aux arbres les dernières feuilles jaunissantes qui s’y balançaient encore tristement.
Trois de ces bourgeois causaient ensemble, ou plutôt deux causaient, et le troisième écoutait. Exprimons mieux notre pensée et disons : le troisième ne paraissait pas même écouter, tant était grande l’attention qu’il mettait à regarder vers Vincennes.
Occupons-nous d’abord de ce dernier.
C’était un homme qui devait être de haute taille lorsqu’il se tenait debout ; mais en ce moment ses longues jambes, dont il semblait ne savoir que faire lorsqu’il ne les employait pas à leur active destination, étaient repliées sous lui, tandis que ses bras, non moins longs proportionnellement que ses jambes, se croisaient sur son pourpoint. Adossé à la haie, convenablement étayé par les buissons élastiques, il tenait, avec une obstination qui ressemblait à la prudence d’un homme qui désire n’être point reconnu, son visage caché derrière sa large main, risquant seulement un œil, dont le regard perçant dardait entre le médium et l’annulaire, écartés à la distance strictement nécessaire pour le passage du rayon visuel.
Capitolo in anteprimaII CE QUI SE PASSAIT À L’EXTÉRIEUR DE LA PORTE SAINT-ANTOINE.Anteprima
Un de ces groupes était formé d’un nombre considérable de citoyens surpris hors de la ville par cette fermeture inattendue des portes. Ces citadins entouraient quatre ou cinq cavaliers d’une tournure fort martiale et que la clôture de ces portes gênait fort, à ce qu’il paraît, car ils criaient de tous leurs poumons :
— La porte ! la porte !
Lesquels cris, répétés par tous les assistants avec des recrudescences d’emportement, occasionnaient, dans ces moments-là, un bruit d’enfer.
Robert Briquet s’avança vers ce groupe, et se mit à crier plus haut qu’aucun de ceux qui le composaient :
— La porte ! la porte !
Il en résulta qu’un des cavaliers, charmé de cette puissance vocale, se retourna de son côté, le salua et lui dit :
— N’est-ce pas honteux. Monsieur, qu’on ferme une porte de ville en plein jour, comme si les Espagnols ou les Anglais assiégeaient Paris ?
Robert Briquet regarda avec attention celui qui lui adressait la parole et qui était un homme de quarante à quarante-cinq ans.
Cet homme, en outre, paraissait être le chef de trois ou quatre autres cavaliers qui l’entouraient.
Cet examen donna sans doute confiance à Robert Briquet, car aussitôt il s’inclina à son tour et répondit :
— Ah ! Monsieur, vous avez raison, dix fois raison, vingt fois raison ; mais, ajouta-t-il, sans être trop curieux, oserais-je vous demander quel motif vous soupçonnez à cette mesure ?
— Pardieu ! dit un assistant, la crainte qu’ils ont qu’on ne leur mange leur Salcède.
— Cap de Bious ! dit une voix ; triste mangeaille !
Robert Briquet se retourna du côté d’où venait cette voix dont l’accent lui indiquait un Gascon renforcé, et il aperçut un jeune homme de vingt ou vingt-cinq ans qui appuyait sa main sur la croupe du cheval de celui qui lui avait paru le chef des autres.
Le jeune homme était nu-tête ; sans doute il avait perdu son chapeau dans la bagarre.
Maître Briquet paraissait un observateur ; mais, en général, ses observations étaient courtes ; aussi détourna-t-il rapidement son regard du Gascon, qui sans doute lui parut sans importance, pour le ramener sur le cavalier.
— Mais, dit-il, puisqu’on annonce que ce Salcède appartient à M. de Guise, ce n’est déjà point un si mauvais ragoût.
— Bah ! on dit cela ? reprit le Gascon curieux ouvrant de grandes oreilles.
— Oui, sans doute, on dit cela, répondit le cavalier en haussant les épaules : mais par le temps qui court, on dit tant de sornettes !
— Ah ! ainsi, hasarda Briquet avec son œil interrogateur et son sourire narquois, ainsi, vous croyez, Monsieur, que Salcède n’est point à M. de Guise ?
— Non-seulement je le crois, mais j’en suis sûr, répondit le cavalier.
Puis comme il vit que Robert Briquet, en se rapprochant de lui, faisait un mouvement qui voulait dire :
— Ah bah ! et sur quoi appuyez-vous cette certitude ?
Il continua :
— Sans doute ; si Salcède eût été au duc, le duc ne l’eût pas laissé prendre, ou tout au moins ne l’eût pas laissé amener ainsi de Bruxelles à Paris, pieds et poings liés, sans faire au moins en sa faveur une tentative d’enlèvement.
— Une tentative d’enlèvement, reprit Briquet, c’était bien hasardeux ; car enfin, qu’elle réussît ou qu’elle échouât, du moment où elle venait de la part de M. de Guise, M. de Guise avouait qu’il avait conspiré contre le duc d’Anjou.
— M. de Guise, reprit sèchement le cavalier, n’eût point été retenu par cette considération, j’en suis sûr, et, du moment où il n’a ni réclamé ni défendu Salcède, c’est que Salcède n’est point à lui.
— Cependant, excusez si j’insiste, continua Briquet ; mais ce n’est pas moi qui invente ; il paraît certain que Salcède a parlé.
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02I LA PORTE SAINT-ANTOINE.
- 03II CE QUI SE PASSAIT À L’EXTÉRIEUR DE LA PORTE SAINT-ANTOINE.
- 04III LA REVUE.
- 05IV LA LOGE EN GRÈVE DE S. M. LE ROI HENRI III.
- 06VI LES DEUX JOYEUSE.
- 07VII EN QUOI L’ÉPÉE DU FIER CHEVALIER EUT RAISON SUR LE ROSIER D’AMOUR.
- 08VIII SILHOUETTE DE GASCON.
- 09IX M. DE LOIGNAC.
- 10X L’HOMME AUX CUIRASSES.
- 11XI ENCORE LA LIGUE.
- 12XII LA CHAMBRE DE SA MAJESTÉ HENRI III AU LOUVRE
- 13XIII LE DORTOIR.
- 14XIV L’OMBRE DE CHICOT.
- 15XV DE LA DIFFICULTÉ QU’A UN ROI DE TROUVER DE BONS AMBASSADEURS.
- 16XVI COMMENT ET POUR QUELLE CAUSE CHICOT ÉTAIT MORT.
- 17XVII LA SÉRÉNADE.
- 18XVIII LA BOURSE DE CHICOT
- 19XX LES DEUX AMIS.
- 20XXI LES CONVIVES.
- 21XXII FRÈRE BORROMÉE.
- 22XXIII LA LEÇON.
- 23XXIV LA PÉNITENTE.
- 24XXV L’EMBUSCADE.
- 25XVI LES GUISE.
- 26XXVII AU LOUVRE.
- 27XXVIII LA RÉVÉLATION.
- 28XXIX DEUX AMIS.
- 29XXX SAINTE-MALINE.
- 30XXXI COMMENT M. DE LOIGNAC FIT UNE ALLOCUTION AUX QUARANTE-CINQ.
- 31XXXII MESSIEURS LES BOURGEOIS DE PARIS.
- 32XXXIII FRÈRE BORROMÉE.
- 33XXXIV CHICOT LATINISTE.
- 34XXXV LES QUATRE VENTS.
- 35XXXVI COMMENT CHICOT CONTINUA SON VOYAGE ET CE QUI LUI ARRIVA.
- 36XXXVII TROISIÈME JOURNÉE DE VOYAGE.
- 37XXXIX LA COUR AUX CHEVAUX.
- 38XL LES SEPT PÉCHÉS DE MADELEINE.
- 39XLI BEL-ESBAT.
- 40XLII LA LETTRE DE M. DE MAYENNE.
- 41XLIII COMMENT DOM MODESTE GORENFLOT BÉNIT LE ROI À SON PASSAGE DEVANT LE PRIEURÉ DES JACOBINS.
- 42XLIV COMMENT CHICOT BÉNIT LE ROI LOUIS XI D’AVOIR INVENTÉ LA POSTE, ET RÉSOLUT DE PROFITER DE CETTE INVENTION.
- 43XLV COMMENT LE ROI DE NAVARRE DEVINA QUE Turennius VOULAIT DIRE TURENNE ET Margota MARGOT.
- 44XLVI L’ALLÉE DES TROIS MILLE PAS.
- 45XLVII LE CABINET DE MARGUERITE.
- 46XLVIII COMPOSITION EN VERSION.
- 47XLIX L’AMBASSADEUR D’ESPAGNE.
- 48L LES PAUVRES DU ROI DE NAVARRE.
- 49LI LA VRAIE MAÎTRESSE DU ROI DE NAVARRE.
- 50LII DE L’ÉTONNEMENT QU’ÉPROUVA CHICOT D’ÊTRE SI POPULAIRE DANS LA VILLE DE NÉRAC.
- 51LIII LE GRAND VENEUR DU ROI DE NAVARRE.
- 52LIV COMMENT ON CHASSAIT LE LOUP EN NAVARRE.
- 53LV COMMENT LE ROI HENRI DE NAVARRE SE COMPORTA LA PREMIÈRE FOIS QU’IL VIT LE FEU.
- 54LVI CE QUI SE PASSAIT AU LOUVRE VERS LE MÊME TEMPS À PEU PRÈS OÙ CHICOT ENTRAIT DANS LA VILLE DE NÉRAC.
- 55LVII PLUMET ROUGE ET PLUMET BLANC.
- 56LVIII LA PORTE S’OUVRE.
- 57LIX COMMENT AIMAIT UNE GRANDE DAME EN L’AN DE GRÂCE 1586.
- 58LX COMMENT SAINTE-MALINE ENTRA DANS LA TOURELLE ET DE CE QUI S’ENSUIVIT.
- 59LXI CE QUI SE PASSAIT DANS LA MAISON MYSTÉRIEUSE.
- 60LXII LE LABORATOIRE.
- 61LXIII CE QUE FAISAIT EN FLANDRE MONSEIGNEUR FRANÇOIS DE FRANCE, DUC D’ANJOU ET DE BRABANT, COMTE DE FLANDRE.
- 62LXIV PRÉPARATIFS DE BATAILLE.
- 63LXV MONSEIGNEUR.
- 64LXVI MONSEIGNEUR(Suite).
- 65LXVII FRANÇAIS ET FLAMANDS.
- 66LXVIII LES VOYAGEURS.
- 67LXIX EXPLICATION
- 68LXX L’EAU.
- 69LXXI LA FUITE.
- 70LXXII TRANSFIGURATION.
- 71LXXIII LES DEUX FRÈRES.
- 72LXXIV L’EXPÉDITION.
- 73LXXV PAUL ÉMILE.
- 74LXXVI UN DES SOUVENIRS DU DUC D’ANJOU.
- 75LXXVII SÉDUCTION.
- 76LXIX COMMENT LE ROI HENRI III N’INVITA POINT CRILLON À DÉJEUNER, ET COMMENT CHICOT S’INVITA TOUT SEUL.
- 77LXXX COMMENT, APRÈS AVOIR REÇU DES NOUVELLES DU MIDI, HENRI EN REÇUT DU NORD.
- 78LXXXI LES DEUX COMPÈRES
- 79LXXXII LA CORNE D’ABONDANCE.
- 80LXXXV COMMENT CHICOT COMMENÇA DE VOIR CLAIR DANS LA LETTRE DE MONSIEUR DE GUISE.
- 81LXXXVI LE CARDINAL DE JOYEUSE.
- 82LXXXIX CERTITUDE.
- 83XC FATALITÉ.
- 84XCI LES HOSPITALIÈRES.
- 85XCII SON ALTESSE MONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE.
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