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Letteratura
Les Malheurs de Sophie
Edizione BooksWhale in francese di Comtesse de Ségur
Les curiosités et les bêtises de Sophie composent un récit vif où l’humour enfantin rencontre les leçons de la vie quotidienne.
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Introduzione al libro
Les Malheurs de Sophie
Sophie transforme chaque envie en expérience, parfois drôle, parfois douloureuse: elle désobéit, improvise et découvre les conséquences de ses gestes. La comtesse de Ségur donne à ce classique de l’enfance un rythme d’aventures courtes et un regard attentif sur l’éducation, la famille et la compassion.
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Publié en 1858. La comtesse de Ségur est morte en 1874; le texte français original est dans le domaine public selon les durées des principaux marchés visés. Vérifier séparément les illustrations et ajouts éditoriaux de l’exemplaire choisi.
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Les Malheurs de Sophie
À ma petite-fille
ÉLISABETH FRESNEAU
_Chère enfant, tu me dis souvent: _Oh! grand'mère, que je vous
aime! vous êtes si bonne! _Grand'mère n'a pas toujours été bonne,
et il y a bien des enfants qui ont été méchants comme elle et qui
se sont corrigés comme elle. Voici des histoires vraies d'une
petite fille que grand'mère a beaucoup connue dans son enfance;
elle était colère, elle est devenue douce; elle était gourmande,
elle est devenue sobre; elle était menteuse, elle est devenue
sincère; elle était voleuse, elle est devenue honnête; enfin, elle
était méchante, elle est devenue bonne. Grand'mère a tâché de
faire de même. Faites comme elle, mes chers petits enfants; cela
vous sera facile, à vous qui n'avez pas tous les défauts de
Sophie._
COMTESSE DE SÉGUR,
née Rostopchine.
Capitolo in anteprimaI--La poupée de cire.Anteprima
Ma bonne, ma bonne, dit un jour Sophie en accourant dans sa
chambre, venez vite ouvrir une caisse que papa m'a envoyée de
Paris; je crois que c'est une poupée de cire, car il m'en a promis
une.
LA BONNE.--Où est la caisse?
SOPHIE.--Dans l'antichambre: venez vite, ma bonne, je vous en
supplie.
La bonne posa son ouvrage et suivit Sophie à l'antichambre. Une
caisse de bois blanc était posée sur une chaise; la bonne
l'ouvrit. Sophie aperçut la tête blonde et frisée d'une jolie
poupée de cire; elle poussa un cri de joie et voulut saisir la
poupée, qui était encore couverte d'un papier d'emballage.
LA BONNE.--Prenez garde! ne tirez pas encore; vous allez tout
casser. La poupée tient par des cordons.
SOPHIE.--Cassez-les, arrachez-les; vite, ma bonne, que j'aie ma
poupée.
La bonne, au lieu de tirer et d'arracher, prit ses ciseaux, coupa
les cordons, enleva les papiers, et Sophie put prendre la plus
jolie poupée qu'elle eût jamais vue. Les joues étaient roses avec
de petites fossettes; les yeux bleus et brillants; le cou, la
poitrine, les bras en cire, charmants et potelés. La toilette
était très simple: une robe de percale festonnée, une ceinture
bleue, des bas de coton et des brodequins noirs en peau vernie.
Sophie l'embrassa plus de vingt fois, et, la tenant dans ses bras,
elle se mit à sauter et à danser. Son cousin Paul, qui avait cinq
ans, et qui était en visite chez Sophie, accourut aux cris de joie
qu'elle poussait.
Paul, regarde quelle jolie poupée m'a envoyée papa! s'écria
Sophie.
PAUL.--Donne-la-moi, que je la voie mieux.
SOPHIE.--Non, tu la casserais.
PAUL.--Je t'assure que j'y prendrai bien garde; je te la rendrai
tout de suite.
Sophie donna la poupée à son cousin, en lui recommandant encore de
prendre bien garde de la faire tomber. Paul la retourna, la
regarda de tous les côtés, puis la remit à Sophie en secouant la
tête.
SOPHIE.--Pourquoi secoues-tu la tête?
PAUL.--Parce que cette poupée n'est pas solide; je crains que tu
ne la casses.
SOPHIE.--Oh! sois tranquille, je vais la soigner tant, tant que
je ne la casserai jamais. Je vais demander à maman d'inviter
Camille et Madeleine à déjeuner avec nous, pour leur faire voir ma
jolie poupée.
PAUL.--Elles te la casseront.
SOPHIE.--Non, elles sont trop bonnes pour me faire de la peine
en cassant ma pauvre poupée.
Le lendemain, Sophie peigna et habilla sa poupée, parce que ses
amies devaient venir. En l'habillant, elle la trouva pâle. «Peut-être,
dit-elle, a-t-elle froid, ses pieds sont glacés. Je vais la
mettre un peu au soleil pour que mes amies voient que j'en ai bien
soin et que je la tiens bien chaudement.» Sophie alla porter la
poupée au soleil sur la fenêtre du salon.
«Que fais-tu à la fenêtre, Sophie?» lui demanda sa maman.
SOPHIE.--Je veux réchauffer ma poupée, maman; elle a très froid.
LA MAMAN.--Prends garde, tu vas la faire fondre.
SOPHIE.--Oh non! maman, il n'y a pas de danger: elle est dure
comme du bois.
LA MAMAN.--Mais la chaleur la rendra molle; il lui arrivera
quelque malheur, je t'en préviens.
Sophie ne voulut pas croire sa maman, elle mit la poupée étendue
tout de son long au soleil, qui était brûlant.
Au même instant elle entendit le bruit d'une voiture: c'étaient
ses amies qui arrivaient. Elle courut au-devant d'elles; Paul les
avait attendues sur le perron; elles entrèrent au salon en courant
et parlant toutes à la fois. Malgré leur impatience de voir la
poupée, elles commencèrent par dire bonjour à Mme de Réan, maman
de Sophie; elles allèrent ensuite à Sophie, qui tenait sa poupée
Capitolo in anteprimaII--L'enterrement.Anteprima
Camille et Madeleine arrivèrent un matin pour l'enterrement de la
poupée: elles étaient enchantées; Sophie et Paul n'étaient pas
moins heureux.
SOPHIE.--Venez vite, mes amis, nous vous attendons pour faire le
cercueil de la poupée.
CAMILLE.--Mais dans quoi la mettrons-nous?
SOPHIE.--J'ai une vieille boîte à joujoux; ma bonne l'a
recouverte de percale rose; c'est très joli; venez voir.
Les petites coururent chez Mme de Réan, où la bonne finissait
l'oreiller et le matelas qu'on devait mettre dans la boîte; les
enfants admirèrent ce charmant cercueil; elles y mirent la poupée,
et, pour qu'on ne vît pas la tête brisée, les pieds fondus et le
bras cassé, elles la recouvrirent avec un petit couvre-pied de
taffetas rose.
On plaça la boîte sur un brancard que la maman leur avait fait
faire. Elles voulaient toutes le porter; c'était pourtant
impossible, puisqu'il n'y avait place que pour deux. Après qu'ils
se furent un peu poussés, disputés, on décida que Sophie et Paul,
les deux plus petits, porteraient le brancard, et que Camille et
Madeleine marcheraient l'une derrière, l'autre devant, portant un
panier de fleurs et de feuilles qu'on devait jeter sur la tombe.
Quand la procession arriva au petit jardin de Sophie, on posa par
terre le brancard avec la boîte qui contenait les restes de la
malheureuse poupée. Les enfants se mirent à creuser la fosse; ils
y descendirent la boîte, jetèrent dessus des fleurs et des
feuilles, puis la terre qu'ils avaient retirée; ils ratissèrent
promptement tout autour et y plantèrent deux lilas. Pour terminer
la fête, ils coururent au bassin du potager et y remplirent leurs
petits arrosoirs pour arroser les lilas; ce fut l'occasion de
nouveaux jeux et de nouveaux rires, parce qu'on s'arrosait les
jambes, qu'on se poursuivait et se sauvait en riant et en criant.
On n'avait jamais vu un enterrement plus gai. Il est vrai que la
morte était une vieille poupée, sans couleur, sans cheveux, sans
jambes et sans tête, et que personne ne l'aimait ni ne la
regrettait. La journée se termina gaiement; et, lorsque Camille et
Madeleine s'en allèrent, elles demandèrent à Paul et à Sophie de
casser une autre poupée pour pouvoir recommencer un enterrement
aussi amusant.
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02I--La poupée de cire.
- 03II--L'enterrement.
- 04III--La chaux.
- 05IV--Les petits poissons.
- 06V--Le poulet noir.
- 07VI--L'abeille.
- 08VII--Les cheveux mouillés.
- 09VIII--Les sourcils coupés.
- 10IX--Le pain des chevaux.
- 11X--La crème et le pain chaud.
- 12XI--L'écureuil.
- 13XII--Le thé.
- 14XIII--Les loups.
- 15XIV--La joue écorchée.
- 16XV--Élisabeth.
- 17XVI--Les fruits confits.
- 18XVII--Le chat et le bouvreuil.
- 19XVIII--La boîte à ouvrage.
- 20XIX--L'âne.
- 21XX--La petite voiture.
- 22XXI--La tortue.
- 23XXII--Le départ.
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