francese Edizione
Letteratura
Nana
Edizione BooksWhale in francese di Émile Zola
Un roman naturaliste sur désir, spectacle, argent, corruption et société parisienne.
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Introduzione al libro
Nana
Nana suit l’ascension d’une actrice devenue figure de fascination et de destruction. Zola y peint le théâtre, la richesse, le désir et la fragilité morale du Second Empire.
Edizione BooksWhale
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Émile Zola est mort en 1902, et Nana a été publié en 1880; ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition française.
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Nana
Émile Zola
Capitolo in anteprimaChapitre IAnteprima
À neuf heures, la salle du théâtre des Variétés était encore vide. Quelques personnes, au balcon et à l’orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux. Une ombre noyait la grande tache rouge du rideau ; et pas un bruit ne venait de la scène, la rampe éteinte, les pupitres des musiciens débandés. En haut seulement, à la troisième galerie, autour de la rotonde du plafond où des femmes et des enfants nus prenaient leur volée dans un ciel verdi par le gaz, des appels et des rires sortaient d’un brouhaha continu de voix, des têtes coiffées de bonnets et de casquettes s’étageaient sous les larges baies rondes, encadrées d’or. Par moments, une ouvreuse se montrait, affairée, des coupons à la main, poussant devant elle un monsieur et une dame qui s’asseyaient, l’homme en habit, la femme mince et cambrée, promenant un lent regard.
Deux jeunes gens parurent à l’orchestre. Ils se tinrent debout, regardant.
— Que te disais-je, Hector ? s’écria le plus âgé, un grand garçon à petites moustaches noires, nous venons trop tôt. Tu aurais bien pu me laisser achever mon cigare.
Une ouvreuse passait.
— Oh ! monsieur Fauchery, dit-elle familièrement, ça ne commencera pas avant une demi-heure.
— Alors, pourquoi affichent-ils pour neuf heures ? murmura Hector, dont la longue figure maigre prit un air vexé. Ce matin, Clarisse, qui est de la pièce, m’a encore juré qu’on commencerait à neuf heures précises.
Un instant, ils se turent, levant la tête, fouillant l’ombre des loges. Mais le papier vert dont elles étaient tapissées les assombrissait encore. En bas, sous la galerie, les baignoires s’enfonçaient dans une nuit complète. Aux loges de balcon, il n’y avait qu’une grosse dame, échouée sur le velours de la rampe. À droite et à gauche, entre de hautes colonnes, les avant-scènes restaient vides, drapées de lambrequins à longues franges. La salle blanche et or, relevée de vert tendre, s’effaçait, comme emplie d’une fine poussière par les flammes courtes du grand lustre de cristal.
— Est-ce que tu as eu ton avant-scène pour Lucy ? demanda Hector.
— Oui, répondit l’autre, mais ça n’a pas été sans peine… Oh ! il n’y a pas de danger que Lucy vienne trop tôt, elle !
Il étouffa un léger bâillement ; puis, après un silence :
— Tu as de la chance, toi qui n’as pas encore vu de première… La Blonde Vénus sera l’événement de l’année. On en parle depuis six mois. Ah ! mon cher, une musique ! un chien !… Bordenave, qui sait son affaire, a gardé ça pour l’Exposition.
Hector écoutait religieusement. Il posa une question.
— Et Nana, l’étoile nouvelle, qui doit jouer Vénus, est-ce que tu la connais ?
— Allons, bon ! ça va recommencer ! cria Fauchery en jetant les bras en l’air. Depuis ce matin, on m’assomme avec Nana. J’ai rencontré plus de vingt personnes, et Nana par-ci, et Nana par-là ! Est-ce que je sais, moi ! est-ce que je connais toutes les filles de Paris !… Nana est une invention de Bordenave. Ça doit être du propre !
Il se calma. Mais le vide de la salle, le demi-jour du lustre, ce recueillement d’église plein de voix chuchotantes et de battements de porte, l’agaçaient.
— Ah ! non, dit-il tout à coup, on se fait trop vieux, ici. Moi, je sors… Nous allons peut-être trouver Bordenave en bas. Il nous donnera des détails.
En bas, dans le grand vestibule dallé de marbre, où était installé le contrôle, le public commençait à se montrer. Par les trois grilles ouvertes, on voyait passer la vie ardente des boulevards, qui grouillaient et flambaient sous la belle nuit d’avril. Des roulements de voiture s’arrêtaient court, des portières se refermaient bruyamment, et du monde entrait, par petits groupes, stationnant devant le contrôle, montant, au fond, le double escalier, où les femmes s’attardaient avec un balancement de la taille. Dans la clarté crue du gaz, sur la nudité blafarde de cette salle dont une maigre décoration Empire faisait un péristyle de temple en carton, de hautes affiches jaunes s’étalaient violemment, avec le nom de Nana en grosses lettres noires. Des messieurs, comme accrochés au passage, les lisaient ; d’autres, debout, causaient, barrant les portes ; tandis que, près du bureau de location, un homme épais, à large face rasée, répondait brutalement aux personnes qui insistaient pour avoir des places.
Capitolo in anteprimaChapitre IIAnteprima
Le lendemain, à dix heures, Nana dormait encore. Elle occupait, boulevard Haussmann, le second étage d’une grande maison neuve, dont le propriétaire louait à des dames seules, pour leur faire essuyer les plâtres. Un riche marchand de Moscou, qui était venu passer un hiver à Paris, l’avait installée là, en payant six mois d’avance. L’appartement, trop vaste pour elle, n’avait jamais été meublé complètement ; et un luxe criard, des consoles et des chaises dorées s’y heurtaient à du bric-à-brac de revendeuse, des guéridons d’acajou, des candélabres de zinc jouant le bronze florentin. Cela sentait la fille lâchée trop tôt par son premier monsieur sérieux, retombée à des amants louches, tout un début difficile, un lançage manqué, entravé par des refus de crédit et des menaces d’expulsion.
Nana dormait sur le ventre, serrant entre ses bras nus son oreiller, où elle enfonçait son visage tout blanc de sommeil. La chambre à coucher et le cabinet de toilette étaient les deux seules pièces qu’un tapissier du quartier avait soignées. Une lueur glissait sous un rideau, on distinguait le meuble de palissandre, les tentures et les sièges de damas broché, à grandes fleurs bleues sur fond gris. Mais, dans la moiteur de cette chambre ensommeillée, Nana s’éveilla en sursaut, comme surprise de sentir un vide près d’elle. Elle regarda le second oreiller qui s’étalait à côté du sien, avec le trou encore tiède d’une tête, au milieu des guipures. Et, de sa main tâtonnante, elle pressa le bouton d’une sonnerie électrique, à son chevet.
— Il est donc parti ? demanda-t-elle à la femme de chambre qui se présenta.
— Oui, madame, monsieur Paul s’en est allé, il n’y a pas dix minutes… Comme madame était fatiguée, il n’a pas voulu la réveiller. Mais il m’a chargée de dire à madame qu’il viendrait demain.
Tout en partant, Zoé, la femme de chambre, ouvrait les persiennes. Le grand jour entra. Zoé, très brune, coiffée de petits bandeaux, avait une figure longue, en museau de chien, livide et couturée, avec un nez épaté, de grosses lèvres et des yeux noirs sans cesse en mouvement.
— Demain, demain, répétait Nana mal éveillée encore, est-ce que c’est le jour, demain ?
— Oui, madame, monsieur Paul est toujours venu le mercredi.
— Eh ! non, je me souviens ! cria la jeune femme, qui se mit sur son séant. Tout est changé. Je voulais lui dire ça, ce matin… Il tomberait sur le moricaud. Nous aurions une histoire !
— Madame ne m’a pas prévenue, je ne pouvais pas savoir, murmura Zoé. Quand madame changera ses jours, elle fera bien de m’avertir, pour que je sache… Alors, le vieux grigou n’est plus pour le mardi ?
Elles appelaient ainsi entre elles, sans rire, de ces noms de vieux grigou, et de moricaud, les deux hommes qui payaient, un commerçant du faubourg Saint Denis, de tempérament économe, et un Valaque, un prétendu comte, dont l’argent, toujours très irrégulier, avait une étrange odeur. Daguenet s’était fait donner les lendemains du vieux grigou ; comme le commerçant devait être le matin à sa maison, dès huit heures, le jeune homme guettait son départ, de la cuisine de Zoé, et prenait sa place toute chaude, jusqu’à dix heures ; puis, lui-même allait à ses affaires. Nana et lui trouvaient ça très commode.
— Tant pis ! dit-elle, je lui écrirai cette après-midi… Et, s’il ne reçoit pas ma lettre, demain vous l’empêcherez d’entrer.
Cependant, Zoé marchait doucement dans la chambre. Elle parlait du grand succès de la veille. Madame venait de montrer tant de talent, elle chantait si bien ! Ah ! madame pouvait être tranquille, à cette heure !
Indice
In questa edizione
- 01Full text
- 02Chapitre I
- 03Chapitre II
- 04Chapitre III
- 05Chapitre IV
- 06Chapitre V
- 07Chapitre VI
- 08Chapitre VII
- 09Chapitre VIII
- 10Chapitre IX
- 11Chapitre X
- 12Chapitre XI
- 13Chapitre XII
- 14Chapitre XIII
- 15Chapitre XIV
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