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Les Petites Filles modèles

Edizione BooksWhale in francese di Comtesse de Ségur

Camille et Madeleine découvrent l’amitié, la générosité et les responsabilités de l’enfance dans un récit familial lumineux.

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Introduzione al libro

Les Petites Filles modèles

Au château de Fleurville, Camille et Madeleine accueillent Sophie et construisent peu à peu une vie commune faite de jeux, d’épreuves et d’entraide. La comtesse de Ségur met en scène des caractères contrastés et des gestes concrets de bonté dans l’un des grands romans français pour la jeunesse du XIXe siècle.

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Publié en 1858. La comtesse de Ségur est morte en 1874; le texte français original est dans le domaine public selon les durées des principaux marchés visés. Les illustrations et commentaires modernes doivent être contrôlés à part.

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Les Petites Filles modèles

PRÉFACE

Mes Petites filles modèles _ne sont pas une création; elles existent

bien réellement: ce sont des portraits; la preuve en est dans leurs

imperfections mêmes. Elles ont des défauts, des ombres légères qui font

ressortir le charme du portrait et attestent l'existence du modèle.

Camille et Madeleine sont une réalité dont peut s'assurer toute personne

qui connaît l'auteur_.

COMTESSE DE SÉGUR,

née ROSTOPCHINE.

LES

PETITES FILLES MODÈLES

Capitolo in anteprimaIAnteprima

CAMILLE ET MADELEINE

Mme de Fleurville était la mère de deux petites filles, bonnes,

gentilles, aimables, et qui avaient l'une pour l'autre le plus tendre

attachement. On voit souvent des frères et des soeurs se quereller, se

contredire et venir se plaindre à leurs parents après s'être disputés de

manière qu'il soit impossible de démêler de quel côté vient le premier

tort. Jamais on n'entendait une discussion entre Camille et Madeleine.

Tantôt l'une, tantôt l'autre cédait au désir exprimé par sa soeur.

Pourtant leurs goûts n'étaient pas exactement les mêmes. Camille, plus

âgée d'un an que Madeleine, avait huit ans. Plus vive, plus étourdie,

préférant les jeux bruyants aux jeux tranquilles, elle aimait à courir,

à faire et à entendre du tapage. Jamais elle ne s'amusait autant que

lorsqu'il y avait une grande réunion d'enfants, qui lui permettait de se

livrer sans réserve à ses jeux favoris.

Madeleine préférait au contraire à tout ce joyeux tapage les soins

qu'elle donnait à sa poupée et à celle de Camille, qui, sans Madeleine,

eût risqué souvent de passer la nuit sur une chaise et de ne changer de

linge et de robe que tous les trois ou quatre jours.

Mais la différence de leurs goûts n'empêchait pas leur parfaite union.

Madeleine abandonnait avec plaisir son livre ou sa poupée dès que sa

soeur exprimait le désir de se promener ou de courir; Camille, de son

côté, sacrifiait son amour pour la promenade et pour la chasse aux

papillons dès que Madeleine témoignait l'envie de se livrer à des

amusements plus calmes.

Elles étaient parfaitement heureuses, ces bonnes petites soeurs, et

leur maman les aimait tendrement; toutes les personnes qui les

connaissaient les aimaient aussi et cherchaient à leur faire plaisir.

Capitolo in anteprimaIIAnteprima

LA PROMENADE, L'ACCIDENT

Un jour, Madeleine peignait sa poupée; Camille lui présentait les

peignes, rangeait les robes, les souliers, changeait de place les lits

de poupée, transportait les armoires, les commodes, les chaises, les

tables. Elle voulait, disait-elle, faire leur déménagement: car ces

dames (les poupées) avaient changé de maison.

MADELEINE.

Je t'assure, Camille, que les poupées étaient mieux logées dans leur

ancienne maison; il y avait bien plus de place pour leurs meubles.

CAMILLE.

Oui, c'est vrai, Madeleine; mais elles étaient ennuyées de leur vieille

maison. Elles trouvent d'ailleurs qu'ayant une plus petite chambre elles

y auront plus chaud.

MADELEINE.

Oh! quant à cela, elles se trompent bien, car elles sont près de la

porte, qui leur donnera du vent, et leurs lits sont tout contre la

fenêtre, qui ne leur donnera pas de chaleur non plus.

CAMILLE.

Eh bien! quand elles auront demeuré quelque temps dans cette nouvelle

maison, nous tâcherons de leur en trouver une plus commode. Du reste,

cela ne te contrarie pas, Madeleine?

MADELEINE.

Oh! pas du tout, Camille, surtout si cela te fait plaisir.»

Camille, ayant achevé le déménagement des poupées, proposa à Madeleine,

qui avait fini de son côté de les coiffer et de les habiller, d'aller

chercher leur bonne pour faire une longue promenade. Madeleine y

consentit avec plaisir; elles appelèrent donc Élisa.

«Ma bonne, lui dit Camille, voulez-vous venir promener avec nous?

ÉLISA.

Je ne demande pas mieux, mes petites; de quel côté irons-nous?

CAMILLE.

Du côté de la grande route, pour voir passer les voitures; veux-tu,

Madeleine?

MADELEINE.

Certainement; et, si nous voyons de pauvres femmes et de pauvres

enfants, nous leur donnerons de l'argent. Je vais emporter cinq sous.

CAMILLE.

Oh oui! tu as raison, Madeleine; moi j'emporterai dix sous.»

Voilà les petites filles bien contentes; elles courent devant leur

bonne, et arrivent à la barrière qui les séparait de la route; en

attendant le passage des voitures, elles s'amusent à cueillir des fleurs

pour en faire des couronnes à leurs poupées.

«Ah! j'entends une voiture, s'écrie Madeleine.

--Oui. Comme elle va vite! nous allons bientôt la voir.

--Écoute donc, Camille; n'entends-tu pas crier?

--Non, je n'entends que la voiture qui roule.»

Madeleine ne s'était pas trompée: car, au moment où Camille achevait de

parler, on entendit bien distinctement des cris perçants, et, l'instant

d'après, les petites filles et la bonne, qui étaient restées immobiles

de frayeur, virent arriver une voiture attelée de trois chevaux de poste

lancés ventre à terre, et que le postillon cherchait vainement à

retenir.

Une dame et une petite fille de quatre ans, qui étaient dans la voiture,

poussaient les cris qui avaient alarmé Camille et Madeleine.

A cent pas de la barrière, le postillon fut renversé de son siège, et la

voiture lui passa sur le corps; les chevaux, ne se sentant plus retenus

ni dirigés, redoublèrent de vitesse et s'élancèrent vers un fossé très

profond, qui séparait la route d'un champ labouré. Arrivée en face de la

barrière où étaient Camille, Madeleine et leur bonne, toutes trois

pâles d'effroi, la voiture versa dans le fossé, les chevaux furent

entraînés dans la chute; on entendit un cri perçant, un gémissement

plaintif, puis plus rien.

Quelques instants se passèrent avant que la bonne fût assez revenue de

sa frayeur pour songer à secourir cette malheureuse dame et cette pauvre

enfant, qui probablement avaient été tuées par la violence de la chute.

Aucun cri ne se faisait plus entendre. Et le malheureux postillon,

écrasé par la voiture, ne fallait-il pas aussi lui porter secours?

Enfin, elle se hasarda à s'approcher de la voiture culbutée dans le

fossé. Camille et Madeleine la suivirent en tremblant.

Indice

In questa edizione

  1. 01Full text
  2. 02I
  3. 03II
  4. 04III
  5. 05IV
  6. 06V
  7. 07VI
  8. 08VII
  9. 09VIII
  10. 10IX
  11. 11X
  12. 12XI
  13. 13XII
  14. 14XIII
  15. 15XIV
  16. 16XV
  17. 17XVI
  18. 18XVII
  19. 19XVIII
  20. 20XIX
  21. 21XX
  22. 22XXI
  23. 23XXII
  24. 24XXIII
  25. 25XXIV
  26. 26XXV
  27. 27XXVI
  28. 28XXVII

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