フランス語 エディション
教育
Le Tour de la France par deux enfants
フランス語 BooksWhale エディション · G. Bruno
Un célèbre livre scolaire français mêlant voyage, morale, géographie, travail et mémoire nationale.
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本の紹介
Le Tour de la France par deux enfants
Le Tour de la France par deux enfants suit deux jeunes voyageurs à travers les régions françaises. Longtemps utilisé à l’école, ce classique associe récit, géographie, instruction civique, métiers, paysages et valeurs éducatives de la France du XIXe siècle.
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G. Bruno, pseudonyme d’Augustine Fouillée, est morte en 1923 et Le Tour de la France par deux enfants a paru en 1877 ; ces dates confirment le statut de domaine public de cette édition française originale.
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プレビュー章Part 1プレビューを読む
Le Tour de la France par deux enfants
G. Bruno
I.--Le départ d'André et de Julien.
Rien ne soutient mieux notre courage que la pensée d'un devoir à remplir.
Par un épais brouillard du mois de septembre deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Ils venaient de franchir la grande porte fortifiée qu'on appelle _porte de France_.
Chacun d'eux était chargé d'un petit paquet de voyageur, soigneusement attaché et retenu sur l'épaule par un bâton. Tous les deux marchaient rapidement, sans bruit; ils avaient l'air inquiet. Malgré l'obscurité déjà grande, ils cherchèrent plus d'obscurité encore et s'en allèrent cheminant à l'écart le long des fossés.
[Illustration: PORTE FORTIFIÉE.--Les portes des villes fortifiées sont munies de _ponts-levis_ jetés sur les fossés qui entourent les remparts, le soir on lève ces ponts, on ferme les portes, et nul ennemi ne peut entrer dans la ville.--La petite ville de Phalsbourg a été fortifiée par Vauban. Traversée par la route de Paris à Strasbourg, elle n'a que deux portes: la _porte de France_ à l'ouest et la _porte d'Allemagne_ au sud-est, qui sont des modèles d'architecture militaire.]
L'aîné des deux frères, André, âgé de quatorze ans, était un robuste garçon, si grand et si fort pour son âge qu'il paraissait avoir au moins deux années de plus. Il tenait par la main son frère Julien, un joli enfant de sept ans, frêle et délicat comme une fille, malgré cela courageux et intelligent plus que ne le sont d'ordinaire les jeunes garçons de cet âge. A leurs vêtements de deuil, à l'air de tristesse répandu sur leur visage, on aurait pu deviner qu'ils étaient orphelins. Lorsqu'ils se furent un peu éloignés de la ville, le grand frère s'adressa à l'enfant et, à voix très basse, comme s'il avait eu crainte que les arbres mêmes de la route ne l'entendissent:
--N'aie pas peur, mon petit Julien, dit-il; personne ne nous a vus sortir.
--Oh! je n'ai pas peur, André, dit Julien; nous faisons notre devoir, Dieu nous aidera.
--Je sais que tu es courageux, mon Julien, mais, avant d'être arrivés, nous aurons à marcher pendant plusieurs nuits; quand tu seras trop las, il faudra me le dire: je te porterai.
--Non, non, répliqua l'enfant; j'ai de bonnes jambes et je suis trop grand pour qu'on me porte.
Tous les deux continuèrent à marcher résolument sous la pluie froide qui commençait à tomber. La nuit, qui était venue, se faisait de plus en plus noire. Pas une étoile au ciel ne se levait pour leur sourire; le vent secouait les grands arbres en sifflant d'une voix lugubre et envoyait des rafales d'eau au visage des enfants. N'importe, ils allaient sans hésiter, la main dans la main.
A un détour du chemin, des pas se firent entendre. Aussitôt, sans bruit, les enfants se glissèrent dans un fossé et se cachèrent sous les buissons. Immobiles, ils laissèrent les passants traverser. Peu à peu, le bruit lourd des pas s'éloigna, sur la grande route; André et Julien reprirent alors leur marche avec une nouvelle ardeur.
Après plusieurs heures de fatigue et d'anxiété ils virent enfin, tout au loin, à travers les arbres, une petite lumière se montrer, faible et tremblante comme une étoile dans un ciel d'orage. Prenant par un chemin de traverse, ils coururent vers la chaumière éclairée.
Arrivés devant la porte, ils s'arrêtèrent interdits, n'osant frapper.
Une timidité subite les retenait. Il était aisé de voir qu'ils n'avaient pas l'habitude de heurter aux portes pour demander quelque chose. Ils se serrèrent l'un contre l'autre, le coeur gros, tout tremblants. André rassembla son courage.
--Julien, dit-il, cette maison est celle d'Étienne le sabotier, un vieil ami de notre père: nous ne devons pas craindre de lui demander un service. Prions Dieu afin qu'il permette qu'on nous fasse bon accueil.
プレビュー章Part 2プレビュー
De mieux en mieux. Les chers enfants n'ont rien négligé: ils savent que tout ouvrier doit avoir un livret bien tenu et des certificats en règle. Allons, espérons en la Providence! tout ira bien.
Lorsque Julien et André s'éveillèrent, ils trouvèrent leurs habits en ordre et tout prêts à être mis; et cela leur parut merveilleusement bon, car les pauvres enfants, ayant perdu leur mère de bonne heure, n'étaient plus accoutumés à ces soins et à ces douces attentions maternelles.
Julien, dès qu'il fut habillé, peigné, le visage et les mains bien nets, courut avec reconnaissance embrasser Mme Étienne, et la remercia d'un si grand coeur qu'elle en fut tout émue.
--Cela est bel et bon, répondit-elle gaîment, mais il faut déjeuner.
Vite, les enfants, prenez ce pain et ce fromage, et mangez.
V.--Les préparatifs d'Étienne le sabotier.--Les adieux.--Les enfants d'une même patrie.
Les enfants d'une même patrie doivent s'aimer et se soutenir comme les enfants d'une même mère.
Pendant qu'André et Julien mangeaient, Étienne entra.
--Enfants, dit le sabotier en se frottant les mains, je n'ai pas perdu mon temps: j'ai travaillé pour vous depuis ce matin. D'abord, je vous ai trouvé deux places dans la charrette d'un camarade qui va chercher des foins tout près de Saint-Quirin, village voisin de la frontière, où vous coucherez ce soir. On vous descendra à un quart d'heure du village. Cela économisera les petites jambes de Julien et les tiennes, André. Ensuite j'ai écrit un mot de billet que voici, pour vous recommander à une vieille connaissance que j'ai aux environs de Saint-Quirin, Fritz, ancien garde forestier de la commune. Vous serez reçus là à bras ouverts, les enfants, et vous y dormirez une bonne nuit. Enfin, ce qui vaut mieux encore, Fritz vous servira de guide le lendemain dans la montagne, et vous mènera hors de la frontière par des chemins où vous ne rencontrerez personne qui puisse vous voir.
C'est un vieux chasseur que l'ami Fritz, un chasseur qui connaît tous les sentiers de la montagne et de la forêt. Soyez tranquilles, dans quarante-huit heures vous serez en France.
--Oh! monsieur Étienne, s'écria André, vous êtes bon pour nous comme un second père!
--Mes enfants, répondit Étienne, vous êtes les fils de mon meilleur ami, il est juste que je vous vienne en aide. Et puis, est-ce que tous les Français ne doivent pas être prêts à se soutenir entre eux? A votre tour, ajouta-t-il d'une voix grave, quand vous rencontrerez un enfant de la France en danger, vous l'aiderez comme je vous aide à cette heure, et ainsi vous aurez fait pour la patrie ce que nous faisons pour elle aujourd'hui.
[Illustration: LE SABOTIER DES VOSGES.--On fabrique surtout les sabots dans les pays de forêts et de montagnes, et on se sert principalement de bois de hêtre ou de noyer pour y creuser les sabots. Il y a beaucoup de sabotiers dans les Vosges, car ces montagnes sont très boisées.]
En achevant ces paroles Étienne entra dans la pièce voisine, où était son atelier de sabotier, et, voulant réparer le temps perdu, il se mit à travailler avec activité. Le petit Julien l'avait suivi, et il prenait un grand plaisir à le voir creuser et façonner si lestement les bûches de hêtre de la montagne.
Vers le milieu de l'après-midi, la carriole dont avait parlé le père Étienne s'arrêta sur la grande route; le charretier, comme cela était convenu, siffla de tous ses poumons pour avertir les jeunes voyageurs.
A ce signal, André et Julien saisirent rapidement leur paquet de voyage; ils embrassèrent de tout leur coeur la mère Étienne, et aussitôt le sabotier les conduisit vers la carriole.
プレビュー章Part 3プレビュー
Julien regarda, mais il ne vit rien non plus.
Ils reprirent leur marche, cherchant avec anxiété à percer du regard les ténèbres. Mais ils n'apercevaient toujours point la vieille tour.
De plus la bougie touchait à sa fin; elle s'éteignit. Les deux enfants n'avaient plus qu'un parti à prendre: s'arrêter, attendre.
X.--La halte sous le sapin.--La prière avant le sommeil.--André reprend courage.
Enfants, la vie entière pourrait être comparée à un voyage où l'on rencontre sans cesse des difficultés nouvelles.
André s'approcha d'un grand sapin dont les branches s'étendaient en parasol et pouvaient leur servir d'abri contre la rosée nocturne.
--Viens, dit-il à son jeune frère, viens près de moi: nous serons bien là pour attendre.
Julien s'approcha, silencieux; André s'aperçut que, sous l'humidité glaciale du brouillard, l'enfant frissonnait; ses petites mains étaient tout engourdies par le froid.
[Illustration: LE SAPIN DES VOSGES.--Les Vosges sont presque entièrement recouvertes de vastes forêts de pins et de sapins qui atteignent jusqu'à 40 et 50 mètres de hauteur. Ces arbres fournissent un bois excellent pour la charpente des maisons et les mâts des navires.]
--Pauvre petit, murmura André, assieds-toi sur mes genoux: je vais te couvrir avec les vêtements renfermés dans notre paquet de voyage; cela te réchauffera, et si tu peux dormir en attendant que le brouillard se lève, tu reprendras des forces pour la longue route qu'il nous reste à faire.
L'enfant était si las qu'il ne fit aucune objection. Il passa un de ses bras autour du cou de son frère, et déjà ses yeux fatigués se fermaient lorsqu'il lui revint une pensée.
--André, dit-il, puisque je vais dormir, je vais faire ma prière du soir.
--Oui, mon Julien, nous la dirons ensemble.
Et les deux orphelins, perdus au milieu de cette grande et triste solitude de la montagne, élevèrent dans une même prière leurs jeunes coeurs vers le ciel.
Peu de temps après, Julien s'était endormi. Sa petite tête reposait confiante sur l'épaule d'André; le frère aîné, de son mieux, protégeait l'enfant contre la fraîcheur de la nuit, et il écoutait sa respiration tranquille: ce bruit léger troublait seul le silence qui les enveloppait.
André, malgré lui, sentit une grande tristesse lui monter au coeur.--Réussirons-nous jamais à arriver en France? se disait-il.
Quelquefois les brouillards dans la montagne durent plusieurs jours.
Qu'allons-nous devenir si celui-ci tarde à se dissiper?
Une fatigue extrême s'était emparée de lui. La bise glaciale, qui faisait frissonner les pins, le faisait lui aussi trembler sur le sol où il était assis. Parfois le vent soulevait autour de lui les feuilles tombées à terre: inquiet, André dressait la tête, craignant que ce ne fût le bruit de pas ennemis et que quelqu'un tout à coup ne se dressât en face de lui pour lui dire en langue allemande:--Que faites-vous ici? Qui êtes-vous? Où allez-vous?
Ainsi le découragement l'envahissait. Mais alors un cher souvenir s'éleva en son coeur et vint à son aide. Il se rappela le regard profond de son père mourant, lorsqu'il avait placé la main de Julien dans la sienne pour le lui confier; il crut entendre encore ce mot plus faible qu'un souffle passer sur les lèvres paternelles: France.
Et lui aussi le redit tout bas ce mot: France! patrie!... Et il se sentit honteux de son découragement.
--Enfant que je suis, s'écria-t-il, est-ce que la vie n'est pas faite tout entière d'obstacles à vaincre? Comment donc enseignerai-je à mon petit Julien à devenir courageux, si moi-même je ne sais pas me conduire en homme?
Réconforté par ce souvenir plus puissant que tous les obstacles, priant l'âme de son père de leur venir en aide dans ce voyage vers la patrie perdue, il sut mettre à attendre le même courage qu'il avait mis à agir.
目次
このエディションの内容
- 01Part 1
- 02Part 2
- 03Part 3
- 04Part 4
- 05Part 5
- 06Part 6
- 07Part 7
- 08Part 8
- 09Part 9
- 10Part 10
- 11Part 11
- 12Part 12
- 13Part 13
- 14Part 14
- 15Part 15
- 16Part 16
- 17Part 17
- 18Part 18
- 19Part 19
- 20Part 20
- 21Part 21
- 22Part 22
- 23Part 23
- 24Part 24
- 25Part 25
- 26Part 26
- 27Part 27
- 28Part 28
- 29Part 29
- 30Part 30
- 31Part 31
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