フランス語 エディション
文学
Son Excellence Eugène Rougon
フランス語 BooksWhale エディション · Émile Zola
Zola’s political Rougon-Macquart novel studies power, patronage, bureaucracy, salons, and ambition under Napoleon III.
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本の紹介
Son Excellence Eugène Rougon
Son Excellence Eugène Rougon follows the machinery of political power in the Second Empire, where ministries, salons, favors, and personal loyalty form a web of influence. Zola’s portrait of Rougon reveals how ambition, bureaucracy, and public authority feed on private dependence.
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Author died in 1902; original text first published in 1876. These dates support the public-domain basis for this original-language edition.
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Son Excellence Eugène Rougon
Émile Zola
プレビュー章SON EXCELLENCE EUGÈNE ROUGONプレビュー
(1876)
Le président était encore debout, au milieu du léger tumulte que son entrée venait de produire. Il s'assit, en disant à demi-voix, négligemment:
«La séance est ouverte.» Et il classa les projets de loi, placés devant lui, sur le bureau. A sa gauche, un secrétaire, myope, le nez sur le papier, lisait le procès-verbal de la dernière séance, d'un balbutiement rapide que pas un député n'écoutait.
Dans le brouhaha de la salle, cette lecture n'arrivait qu'aux oreilles des huissiers, très dignes, très corrects, en face des poses abandonnées des membres de la Chambre.
Il n'y avait pas cent députés présents. Les uns se renversaient à demi sur les banquettes de velours rouge, les yeux vagues, sommeillant déjà. D'autres, pliés au bord de leurs pupitres comme sous l'ennui de cette corvée d'une séance publique, battaient doucement l'acajou du bout de leurs doigts. Par la baie vitrée qui taillait dans le ciel une demi-lune grise, tout le pluvieux après-midi de mai entrait, tombant d'aplomb, éclairant régulièrement la sévérité pompeuse de la salle. La lumière descendait les gradins en une large nappe rougie, d'un éclat sombre, allumée çà et là d'un reflet rose, aux encoignures des bancs vides; tandis que, derrière le président, la nudité des statues et des sculptures arrêtait des pans de clarté blanche.
Un député, au troisième banc, à droite, était resté debout, dans l'étroit passage. Il frottait de la main son rude collier de barbe grisonnante, l'air préoccupé. Et, comme un huissier montait, il l'arrêta et lui adressa une question à demi-voix.
«Non, monsieur Kahn, répondit l'huissier, M. le président du conseil d'État n'est pas encore arrivé.» Alors, M. Kahn s'assit. Puis, se tournant brusquement vers son voisin de gauche:
«Dites donc, Béjuin, demanda-t-il, est-ce que vous avez vu Rougon, ce matin?»
M. Béjuin, un petit homme maigre, noir, de mine silencieuse, leva la tête, les paupières battantes, la tête ailleurs. Il avait tiré la planchette de son pupitre. Il faisait sa correspondance, sur du papier bleu à en-tête commercial, portant ces mots: Béjuin et Ce, cristallerie de Saint-Florent.
«Rougon? répéta-t-il. Non, je ne l'ai pas vu. Je n'ai pas eu le temps de passer au Conseil d'état.» Et il se remit posément à sa besogne. Il consultait un carnet, il écrivait sa deuxième lettre, sous le bourdonnement confus du secrétaire, qui achevait la lecture du procès-verbal.
M. Kahn se renversa, les bras croisés. Sa figure aux traits forts, dont le grand nez bien fait trahissait une origine juive, restait maussade. Il regarda les rosaces d'or du plafond, s'arrêta au ruissellement d'une averse qui crevait en ce moment sur les vitres de la baie; puis, les yeux perdus, il parut examiner attentivement l'ornementation compliquée du grand mur qu'il avait en face de lui. Aux deux bouts, il fut retenu un instant par les panneaux tendus de velours vert, chargés d'attributs et d'encadrements dorés. Puis, après avoir mesuré d'un regard les paires de colonnes, entre lesquelles les statues allégoriques de la Liberté et de l'Ordre public mettaient leur face de marbre aux prunelles vides, il finit par s'absorber dans le spectacle du rideau de soie verte, qui cachait la fresque représentant Louis-Philippe prêtant serment à la Charte.
Cependant, le secrétaire s'était assis. Le brouhaha continuait dans la salle. Le président, sans se presser, feuilletait toujours des papiers. Il appuya machinalement la main sur la pédale de la sonnette, dont la grosse sonnerie ne dérangea pas une seule des conversations particulières. Et, debout au milieu du bruit, il resta là un moment, à attendre.
«Messieurs, commença-t-il, j'ai reçu une lettre...» Il s'interrompit pour donner un nouveau coup de sonnette, attendant encore, dominant de sa figure grave et ennuyée le bureau monumental, qui étageait au-dessous de lui ses panneaux de marbre rouge encadrés de marbre blanc. Sa redingote boutonnée se détachait sur le bas-relief placé derrière le bureau, où elle coupait d'une ligne noire les péplums de l'Agriculture et de l'Industrie, aux profils antiques.
プレビュー章part du comte de Marsy; mais il avait refusé, par amitié pour Rougon. Leプレビュー
père et la mère de M. d'Escorailles, disait la jolie Mme Bouchard, se trouvaient très froissés de voir leur fils rester auditeur, quand ils attendaient depuis six mois déjà sa nomination de maître des requêtes. Et même ceux qui ne disaient rien, Delestang, M. Béjuin, Mme Correur, les Charbonnel, pinçaient les lèvres, levaient les yeux au ciel, d'un air de martyrs auxquels la patience commence à manquer.
«Enfin, nous sommes volés, reprit Du Poizat. Mais il ne partira pas, je vous en réponds! Est-ce qu'il y a du bon sens à aller se battre avec des cailloux, dans je ne sais quel trou perdu, lorsqu'on a des intérêts si graves à Paris?... Voulez-vous que je lui parle, moi?» Clorinde sortait de sa rêverie. Elle lui imposa silence d'un geste; puis, quand elle eut entrouvert la porte pour voir si personne n'était là, elle répéta:
«Entendez-vous, il faut qu'il aille à Compiègne!» Et, comme toutes les faces se tendaient vers elle, d'un nouveau geste elle arrêta les questions.
«Chut! pas ici!» Pourtant, elle dit encore que son mari et elle étaient aussi invités à Compiègne; et elle laissa échapper les noms de M. de Marsy et de Mme de Llorentz, sans vouloir s'expliquer davantage. On pousserait le grand homme au pouvoir malgré lui, on le compromettrait, s'il le fallait. M. Beulin-d'orchère et toute la magistrature l'appuyaient sourdement. L'empereur, avouait M. La Rouquette, au milieu de la haine de son entourage contre Rougon, gardait un silence absolu; dès qu'on le nommait en sa présence, il devenait grave, l'oeil voilé, la bouche noyée dans l'ombre des moustaches.
«Il ne s'agit pas de nous, finit par déclarer M. Kahn.
Si nous réussissons, le pays nous devra des remerciements.» Alors, tout haut, on continua, en faisant un grand éloge du maître de la maison. Dans la pièce voisine, un bruit de voix venait de s'élever. Du Poizat, mordu par la curiosité, poussa la porte comme s'il allait sortir puis la referma assez lentement pour apercevoir l'homme qui se trouvait avec Rougon. C'était Gilquin, en gros paletot, presque propre, tenant à la main une forte canne à pomme de cuivre. Il disait, sans baisser la voix, avec une familiarité exagérée:
«Tu sais, n'envoie plus maintenant rue Virginie, à Grenelle. J'ai eu des histoires; je reste au fond des Batignolles, passage Guttin.... Enfin, tu peux compter sur moi. A bientôt.» Et il donna une poignée de main à Rougon. Quand celui-ci rentra dans le salon, il s'excusa, en regardant Du Poizat fixement.
«Un brave garçon que vous connaissez, n'est-ce pas, Du Poizat?... Il va me racoler des colons pour mon nouveau monde, là-bas, au fond des Landes.... A propos, je vous emmène tous; vous pouvez faire vos paquets.
Kahn sera mon premier ministre. Delestang et sa femme auront le portefeuille des affaires étrangères.
Béjuin se chargera des postes. Et je n'oublie pas les dames, Mme Bouchard, qui tiendra le sceptre de la beauté, et Mme Charbonnel, à laquelle je confierai les clefs de nos greniers.» Il plaisantait, tandis que les amis, mal à l'aise, se demandaient s'il ne les avait pas entendus, par quelque fente du mur. Lorsqu'il décora le colonel de tous ses ordres, celui-ci faillit se fâcher. Cependant, Clorinde regardait l'invitation à Compiègne, qu'elle avait prise sur la cheminée.
«Est-ce que vous irez? dit-elle négligemment.
--Mais sans doute, répondit Rougon étonné. Je compte bien profiter de l'occasion pour me faire donner mon département par l'empereur.» Dix heures sonnaient. Mme Rougon reparut et servit le thé.
Vers sept heures, le soir de son arrivée à Compiègne, Clorinde causait avec M. de Plouguern, près d'une fenêtre de la galerie des Cartes. On attendait l'empereur et l'impératrice pour passer dans la salle à manger. La seconde série d'invités de la saison se trouvait au château depuis trois heures à peine; et, tout le monde n'étant pas encore descendu, la jeune femme s'occupait à juger d'un mot chaque personne qui entrait. Les dames, décolletées, avec des fleurs dans les cheveux, souriaient dès le seuil d'un air doux; les hommes restaient graves, en cravate blanche et en culotte courte, le mollet tendu sous le bas de soie.
目次
このエディションの内容
- 01Full text
- 02SON EXCELLENCE EUGÈNE ROUGON
- 03part du comte de Marsy; mais il avait refusé, par amitié pour Rougon. Le
- 04part, au Sénat, on était toujours très irrité, on parlait de soulever un