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フランス語 エディション

文学

La 628-E8

フランス語 BooksWhale エディション · Octave Mirbeau

Un livre de voyage moderne sur automobile, Europe, satire sociale, vitesse, art et observation.

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本の紹介

La 628-E8

La 628-E8 d’Octave Mirbeau transforme le voyage automobile en exploration littéraire de l’Europe moderne, mêlant récit, digression, satire sociale et regard esthétique. Cette édition BooksWhale présente le texte français du domaine public pour les lecteurs de modernité, voyage, automobile et prose satirique.

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Octave Mirbeau est mort en 1917, et La 628-E8 a été publié pour la première fois en 1907. Ces dates établissent la base du domaine public pour cette édition française originale.

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La 628-E8

Octave Mirbeau

プレビュー章DÉDICACEプレビュー

À Monsieur FERNAND CHARRON

À qui dédier le récit de ce voyage, sinon à vous, cher Monsieur Charron, qui avez combiné, construit, animé, d'une vie merveilleuse, la merveilleuse automobile où je l'accomplis, sans fatigue et sans accrocs?

Cet hommage, je vous le dois, car je vous dois des joies multiples, des impressions neuves, tout un ordre de connaissances précieuses que les livres ne donnent pas, et des mois, des mois entiers de liberté totale, loin de mes petites affaires, de mes gros soucis, et loin de moi-même, au milieu de pays nouveaux ou mal connus, parmi des êtres si divers dont j'ai mieux compris, pour les avoir approchés de plus près, la force énorme et lente qui, malgré les discordes locales, malgré la résistance des intérêts, des appétits et des privilèges, et malgré eux-mêmes, les pousse invinciblement vers la grande unité humaine.

Oui, ce qui est nouveau, ce qui est captivant, c'est ceci. Non seulement l'automobile nous emporte, de la plaine à la montagne, de la montagne à la mer, à travers des formes infinies, des paysages contrastés, du pittoresque qui se renouvelle sans cesse; elle nous mène aussi à travers des mœurs cachées, des idées en travail, à travers de l'histoire, notre histoire vivante d'aujourd'hui...

Du moins, on est si content qu'on croit vraiment que tout cela est arrivé. Et puis, pour nous les rendre supportables et sans remords, ne faut-il pas anoblir un peu toutes nos distractions?

Il y a six ans, je me rappelle, parti, un malin, d'Aurillac, sur une des premières automobiles que vous ayez construites, j'arrivai, le soir, vers quatre heures, en plein Jura, à Poligny.

C'était la fin d'un jour de marché. Tout était calme dans les rues. Nul bruit dans les cabarets, à peu près vides. Bêtes et gens s'en allaient pacifiquement, qui à l'étable, qui au foyer. Quelques groupes restaient encore à deviser sur la place, où les petits marchands avaient démonté et repliaient leurs étalages... Rien qu'à la traverser, la ville me fut sympathique. Elle avait un air de décence, de bonne santé, de bon accueil, très rare en France.

Dans l'auberge où je descendis, je m'attablai entre deux paysans, très beaux, très forts, les cheveux drus et noirs sur une puissante tête carrée, le masque modelé en accents énergiques; singulièrement avenants. Ils parlaient de leurs affaires, et moi, tout en mangeant de savoureuses truites, arrosées d'un excellent vin d'Arbois, je les écoutais parler. Comme ils n'avaient rien du nationalisme sectaire et méfiant, avec lequel, d'ordinaire, les paysans reçoivent ce qu'ils appellent les étrangers, ils permirent fort gentiment que je prisse part à leur conversation.

Ils se montrèrent parfaits techniciens agricoles, curieux de progrès, informés au delà des choses de leur métier. Je n'avais plus, devant moi, l'Auvergnat, âpre et rusé, bavard et superstitieux, ignorant et lyrique, que j'avais quitté le matin même, non sans plaisir, je l'avoue; je voyais enfin des hommes, calmes, réfléchis, réalistes, précis, qui ne croient qu'à leur effort, ne comptent que sur lui, savent ce qu'ils veulent, ont le sentiment très net de leur force économique, exigent qu'on respecte en eux la dignité sociale et humaine du travail. Aucune trace de superstition, en leurs discours, et, ce qui me frappa beaucoup, pas le moindre misonéisme. Ils n'eurent pas une parole de haine contre l'automobilisme. Au contraire. Ils admiraient grandement cette nouveauté, lui faisaient crédit de n'être encore qu'un sport--un sport expérimental--aux mains des riches, et ils en attendaient des applications démocratiques, avec confiance.

À plusieurs reprises, ils marquèrent cette fierté que, de tous les départements français, le leur fût celui où l'instruction s'était le plus développée.

L'un d'eux me dit:

--Chez nous, tous, nous désirons apprendre. Malheureusement, on ne nous apprend pas grand'chose. Nous n'avons pas, bien sûr, l'ambition de devenir des savants, comme Pasteur. Mais nous voudrions connaître l'indispensable. Or, l'instruction qu'on nous donne est, tout entière, à réformer. C'est l'instruction cléricale qui persiste hypocritement, dans l'instruction laïque. On nous farcit toujours l'esprit de légendes dont nous n'avons que faire... Mais nous continuons à ignorer les plus simples éléments de la vie: par exemple, ce que c'est que l'eau que nous buvons, la viande que nous mangeons, l'air que nous respirons, la semence que nous confions à la terre..., en bloc, tous les phénomènes naturels, et nous-mêmes... Alors, comme nos anciens, nous cheminons, à tâtons, dans la routine, et nous ne sommes pas capables de tirer parti des immenses richesses qui sont, partout, dans la nature, à portée de la main.

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LA 628-E8

目次

このエディションの内容

  1. 01Full text
  2. 02DÉDICACE
  3. 03LA 628-E8
  4. 04LE DÉPART
  5. 05BRUXELLES
  6. 06CHEZ LES BELGES
  7. 07ANVERS
  8. 08EN HOLLANDE
  9. 09LA FAUNE DES ROUTES
  10. 10BORDS DU RHIN

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