フランス語 エディション
文学
Le Rouge et le Noir
フランス語 BooksWhale エディション · Stendhal
Un roman d’ambition, d’amour, de société et de désillusion.
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本の紹介
Le Rouge et le Noir
Le Rouge et le Noir suit l’ascension de Julien Sorel, jeune homme ambitieux pris entre désir, orgueil, calcul social et passion. Stendhal y peint la société française de la Restauration avec une lucidité psychologique qui annonce le roman moderne. Cette édition BooksWhale présente le texte original français pour la lecture en ligne, EPUB et PDF.
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Stendhal est mort en 1842, et Le Rouge et le Noir a été publié en 1830. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.
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Le Rouge et le Noir
Stendhal
プレビュー章I Une petite Villeプレビュー
La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges, s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications, bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.
Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c’est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d’octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois ; c’est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C’est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l’on doit l’aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.
À peine entre-t-on dans la ville que l’on est étourdi par le fracas d’une machine bruyante et terrible en apparence. Vingt marteaux pesants, et retombant avec un bruit qui fait trembler le pavé, sont élevés par une roue que l’eau du torrent fait mouvoir. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour, je ne sais combien de milliers de clous. Ce sont de jeunes filles fraîches et jolies qui présentent aux coups de ces marteaux énormes les petits morceaux de fer qui sont rapidement transformés en clous. Ce travail, si rude en apparence, est un de ceux qui étonnent le plus le voyageur qui pénètre pour la première fois dans les montagnes qui séparent la France de l’Helvétie. Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous qui assourdit les gens qui montent la grande rue, on lui répond avec un accent traînard : Eh ! elle est à M. le maire.
Pour peu que le voyageur s’arrête quelques instants dans cette grande rue de Verrières, qui va en montant depuis la rive du Doubs jusque vers le sommet de la colline, il y a cent à parier contre un qu’il verra paraître un grand homme à l’air affairé et important.
À son aspect tous les chapeaux se lèvent rapidement. Ses cheveux sont grisonnants, et il est vêtu de gris. Il est chevalier de plusieurs ordres, il a un grand front, un nez aquilin, et au total sa figure ne manque pas d’une certaine régularité : on trouve même, au premier aspect, qu’elle réunit à la dignité du maire de village cette sorte d’agrément qui peut encore se rencontrer avec quarante-huit ou cinquante ans. Mais bientôt le voyageur parisien est choqué d’un certain air de contentement de soi et de suffisance mêlé à je ne sais quoi de borné et de peu inventif. On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu’on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit.
Tel est le maire de Verrières, M. de Rênal. Après avoir traversé la rue d’un pas grave, il entre à la mairie et disparaît aux yeux du voyageur. Mais, cent pas plus haut, si celui-ci continue sa promenade, il aperçoit une maison d’assez belle apparence, et, à travers une grille de fer attenante à la maison, des jardins magnifiques. Au-delà c’est une ligne d’horizon formée par les collines de la Bourgogne, et qui semble faite à souhait pour le plaisir des yeux. Cette vue fait oublier au voyageur l’atmosphère empestée des petits intérêts d’argent dont il commence à être asphyxié.
プレビュー章II Un Maireプレビュー
Heureusement pour la réputation de M. de Rênal comme administrateur, un immense mur de soutènement était nécessaire à la promenade publique qui longe la colline à une centaine de pieds au-dessus du cours du Doubs. Elle doit à cette admirable position une des vues les plus pittoresques de France. Mais, à chaque printemps, les eaux de pluie sillonnaient la promenade, y creusaient des ravins et la rendaient impraticable. Cet inconvénient, senti par tous, mit M. de Rênal dans l’heureuse nécessité d’immortaliser son administration par un mur de vingt pieds de hauteur et de trente ou quarante toises de long.
Le parapet de ce mur pour lequel M. de Rênal a dû faire trois voyages à Paris, car l’avant-dernier ministre de l’Intérieur s’était déclaré l’ennemi mortel de la promenade de Verrières ; le parapet de ce mur s’élève maintenant de quatre pieds au-dessus du sol. Et, comme pour braver tous les ministres présents et passés, on le garnit en ce moment avec des dalles de pierre de taille.
Combien de fois, songeant aux bals de Paris abandonnés la veille, et la poitrine appuyée contre ces grands blocs de pierre d’un beau gris tirant sur le bleu, mes regards ont plongé dans la vallée du Doubs ! Au-delà, sur la rive gauche, serpentent cinq ou six vallées au fond desquelles l’œil distingue fort bien de petits ruisseaux. Après avoir couru de cascade en cascade, on les voit tomber dans le Doubs. Le soleil est fort chaud dans ces montagnes ; lorsqu’il brille d’aplomb, la rêverie du voyageur est abritée sur cette terrasse par de magnifiques platanes. Leur croissance rapide et leur belle verdure tirant sur le bleu, ils la doivent à la terre rapportée, que M. le maire a fait placer derrière son immense mur de soutènement, car, malgré l’opposition du conseil municipal, il a élargi la promenade de plus de six pieds (quoiqu’il soit ultra et moi libéral, je l’en loue), c’est pourquoi dans son opinion et dans celle de M. Valenod, l’heureux directeur du dépôt de mendicité de Verrières, cette terrasse peut soutenir la comparaison avec celle de Saint-Germain-en-Laye.
Je ne trouve quant à moi qu’une chose à reprendre au COURS DE LA FIDÉLITÉ ; on lit ce nom officiel en quinze ou vingt endroits, sur des plaques de marbre qui ont valu une croix de plus à M. de Rênal ; ce que je reprocherais au Cours de la Fidélité, c’est la manière barbare dont l’autorité fait tailler et tondre jusqu’au vif ces vigoureux platanes. Au lieu de ressembler par leurs têtes basses, rondes et aplaties, à la plus vulgaire des plantes potagères, ils ne demanderaient pas mieux que d’avoir ces formes magnifiques qu’on leur voit en Angleterre. Mais la volonté de M. le maire est despotique, et deux fois par an tous les arbres appartenant à la commune sont impitoyablement amputés. Les libéraux de l’endroit prétendent, mais ils exagèrent, que la main du jardinier officiel est devenue bien plus sévère depuis que M. le vicaire Maslon a pris l’habitude de s’emparer des produits de la tonte.
Ce jeune ecclésiastique fut envoyé de Besançon, il y a quelques années, pour surveiller l’abbé Chélan et quelques curés des environs. Un vieux chirurgien-major de l’armée d’Italie, retiré à Verrières, et qui de son vivant était à la fois, suivant M. le maire, jacobin et bonapartiste, osa bien un jour se plaindre à lui de la mutilation périodique de ces beaux arbres.
— J’aime l’ombre, répondit M. de Rênal avec la nuance de hauteur convenable quand on parle à un chirurgien, membre de la Légion d’honneur ; j’aime l’ombre, je fais tailler mes arbres pour donner de l’ombre, et je ne conçois pas qu’un arbre soit fait pour autre chose, quand toutefois, comme l’utile noyer, il ne rapporte pas de revenu.
目次
このエディションの内容
- 01Full text
- 02I Une petite Ville
- 03II Un Maire
- 04III Le Bien des Pauvres
- 05IV Un Père et un Fils
- 06V Une Négociation
- 07VI L’Ennui
- 08VII Les Affinités électives
- 09VIII Petits Événements
- 10IX Une soirée à la Campagne
- 11X Un grand Cœur et une petite Fortune
- 12XI Une Soirée
- 13XII Un voyage
- 14XIII Les Bas à jour
- 15XIV Les Ciseaux anglais
- 16XV Le Chant du Coq
- 17XVI Le Lendemain
- 18XVII Le premier Adjoint
- 19XVIII Un Roi à Verrières
- 20XIX Penser fait souffrir
- 21XX Les Lettres anonymes
- 22XXI Dialogue avec un Maître
- 23XXII Façons d’agir en 1830
- 24XXIII Chagrins d’un fonctionnaire
- 25XXIV Une Capitale
- 26XXV Le Séminaire
- 27XXVI Le Monde, ou ce qui manque au Riche
- 28XXVII Première Expérience de la Vie
- 29XXVIII Une Procession
- 30XXIX Le premier Avancement
- 31XXX Un Ambitieux
- 32XXXI Les Plaisirs de la Campagne
- 33XXXII Entrée dans le Monde
- 34XXXIII Les premiers Pas
- 35XXXIV L’Hôtel de La Mole
- 36XXXV La Sensibilité et une grande Dame dévote
- 37XXXVI Manière de prononcer
- 38XXXVII Une Attaque de Goutte
- 39XXXVIII Quelle est la Décoration qui distingue
- 40XXXIX Le Bal
- 41XL La Reine Marguerite
- 42XLI L’empire d’une jeune fille
- 43XLII Serait-ce un Danton ?
- 44XLIII Un Complot
- 45XLIV Pensées d’une jeune Fille
- 46XLV Est-ce un complot ?
- 47XLVI Une heure du Matin
- 48XLVII Une vieille Épée
- 49XLVIII Moments cruels
- 50XLIX L’Opéra Bouffe
- 51L Le Vase du Japon
- 52LI La Note secrète
- 53LII La Discussion
- 54LIII Le Clergé, les Bois, la Liberté
- 55LIV Strasbourg
- 56LV Le Ministère de la Vertu
- 57LVI L’Amour moral
- 58LVII Les plus belles Places de l’Église
- 59LVIII Manon Lescaut
- 60LIX L’Ennui
- 61LX Une Loge aux Bouffes
- 62LXI Lui faire Peur
- 63LXII Le Tigre
- 64LXIII L’Enfer de la Faiblesse
- 65LXIV Un Homme d’esprit
- 66LXV Un Orage
- 67LXVI Détails tristes
- 68LXVII Un Donjon
- 69LXVIII Un Homme puissant
- 70LXIX L’Intrigue
- 71LXX La Tranquillité
- 72LXXI Le Jugement