
フランス語 エディション
文学
Les Illuminations
フランス語 BooksWhale エディション · Arthur Rimbaud
Une suite de proses poétiques et de visions fulgurantes qui a bouleversé la poésie moderne.
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本の紹介
Les Illuminations
Les Illuminations fait surgir des villes, des foules, des paysages et des figures hallucinées dans une langue d’une liberté radicale. Rimbaud y condense éclats sensoriels, métamorphoses et tensions modernes en une poésie difficile à épuiser.
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Arthur Rimbaud died in 1891, and Les Illuminations was first published in 1886; the French source text is public domain.
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Les Illuminations
1872-1873
プレビュー章VERS NOUVEAUX ET CHANSONSプレビュー
VERTIGE Qu'est-ce pour nous, mon cœur, que les nappes de sang Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris De rage, sanglots de tout enfer renversant Tout ordre; et l'Aquilon encor sur les débris; Et toute vengeance?—Rien!... Mais si, toute encore, Nous la voulons! Industriels, princes, sénats: Périssez! Puissance, justice, histoire: à bas! Ça nous est dû. Le sang! le sang! la flamme d'or! Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur. Mon esprit! tournons dans la morsure: Ah! passez, Républiques de ce monde! Des empereurs, Des régiments, des colons, des peuples: assez! Qui remuerait les tourbillons de feu furieux, Que nous et ceux que nous nous imaginons frères? À nous, romanesques amis: ça va nous plaire. Jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux! Europe, Asie, Amérique, disparaissez. Notre marche vengeresse a tout occupé, Cités et campagnes!—Nous serons écrasés! Les volcans sauteront! Et l'Océan frappé... Oh! mes amis!—Mon cœur, c'est sûr, ils sont des frères! Noirs inconnus, si nous allions! Allons! allons! Ô malheur! je me sens frémir, la vieille terre, Sur moi de plus en plus à vous! la terre fond. *** (Ce n'est rien: j'y suis; j'y suis toujours.)
SILENCE Entends comme brame près des acacias, en avril, la rame viride du bois! Dans sa vapeur nette, vers Phœbé! tu vois s'agiter la tête de saints d'autrefois... Loin des claires meules des caps, des beaux toits, ces chers Anciens veulent ce philtre sournois... Or, ni fériale ni astrale! n'est la brume qu'exhale ce nocturne effet. Néanmoins ils restent, —Sicile, Allemagne,— dans ce brouillard triste et blêmi, justement! LARME Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises, Je buvais accroupi dans quelque bruyère Entourée de tendres bois de noisetiers, Par un brouillard d'après-midi tiède et vert. Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise, Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert: Que tirais-je à la gourde de colocase? Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer. Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge. Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir. Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches, Des colonnades sous la nuit bleue, des gares. L'eau des bois se perdait sur des sables vierges, Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares... Or! tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages, Dire que je n'ai pas eu souci de boire! LA RIVIÈRE DE CASSIS La Rivière de Cassis roule ignorée En des vaux étranges: La voix de cent corbeaux raccompagne, vraie Et bonne voix d'anges: Avec les grands mouvements des sapinaies Quand plusieurs vents plongent. Tout roule avec des mystères révoltants De campagnes d'anciens temps: De donjons visités, de parcs importants: C'est en ces Lords qu'on entend Les passions mortes des chevaliers errants: Mais que salubre est le vent! Que le piéton regarde à ces clairevoies: Il ira plus courageux. Soldats des forêts que le Seigneur envoie, Chers corbeaux délicieux! Faites fuir d'ici le paysan matois Qui trinque d'un moignon vieux. BONNE PENSÉE DU MATIN À quatre heures du matin l'été le sommeil d'amour dure encore sous les bosquets l'aube évapore l'odeur du soir fêté Or là-bas dans l'immense chantier vers le soleil des Hespérides en bras de chemise les charpentiers déjà s'agitent Dans leur désert de mousse tranquilles ils préparent les lambris précieux où la richesse de la ville rira sous de faux cieux Ô pour ces ouvriers charmants sujets d'un roi de Babylone Vénus! laisse un peu les amants dont l'âme est en couronne Ô Reine des Bergers porte aux travailleurs l'eau de vie pour que leurs forces soient en paix en attendant le bain dans la mer à midi. MICHEL ET CHRISTINE Zut alors, si le soleil quitte ces bords! Fuis, clair déluge! Voici l'ombre des routes. Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur, L'orage d'abord jette ses larges gouttes. Ô cent agneaux, de l'idylle soldats blonds, Des aqueducs, des bruyères amaigries, Fuyez! Plaine, déserts, prairies, horizons Sont à la toilette rouge de l'orage! Chien noir, brun pasteur dont le manteau s'engouffre, Fuyez l'heure des éclairs supérieurs; Blond troupeau, quand voici nager ombre et soufre, Tâchez de descendre à des retraits meilleurs. Mais moi, Seigneur! voici que mon esprit vole Après les cieux glacés de rouge, sous les Nuages célestes qui courent et volent Sur cent Solognes longues comme un railway. Voilà mille loups, mille graines sauvages Qu'emporte, non sans aimer les liserons, Cette religieuse après-midi d'orage Sur l'Europe ancienne où cent hordes iront! Après, le clair de lune! Partout la lande, Rougis et leurs fronts aux cieux noirs, les guerriers Chevauchent lentement leurs pâles coursiers! Les cailloux sonnent sous cette fière bande! —Et verrai-je le bois jaune et le val clair, L'Épouse aux yeux bleus, l'homme au front rouge, ô Gaule, Et le blanc Agneau Pascal, à leurs pieds chers, —Michel et Christine,—et Christ!—fin de l'Idylle. COMÉDIE DE LA SOIF I LES PARENTS Nous sommes tes Grands Parents, Les Grands! Couverts des froides sueurs De la lune et des verdures. Nos vins secs avaient du cœur! Au soleil sans imposturev Que faut-il à l'homme? boire. MOI.—Mourir aux fleuves barbares. Nous sommes tes Grands Parents Des champs. L'eau est au fond des osiers: Vois le courant du fossé Autour du château mouillé. Descendons en nos celliers; Après, le cidre et le lait. MOI.—Aller où boivent les vaches. Nous sommes tes Grands Parents; Tiens, prends Les liqueurs dans nos armoires. Le Thé, le Café, si rares, Frémissent dans les bouilloires. —Vois les images, les fleurs. Nous rentrons du cimetière. MOI.—Ah! tarir toutes les urnes!
プレビュー章POÈMES EN PROSEプレビュー
POÈMES EN PROSE
目次
このエディションの内容
- 01Full text
- 02VERS NOUVEAUX ET CHANSONS
- 03POÈMES EN PROSE
- 04APRÈS LE DÉLUGE
- 05SCÈNES
- 06BARBARE
- 07GÉNIE
- 08MYSTIQUE
- 09ORNIÈRES
- 10FLEURS
- 11ANTIQUE
- 12H
- 13À UNE RAISON
- 14ANGOISSE
- 15MATINÉE D'IVRESSE
- 16AUBE
- 17PHRASES
- 18NOCTURNE VULGAIRE
- 19VEILLÉES
- 20ENFANCE
- 21VILLES I
- 22FAIRY
- 23BEING BEAUTEOUS
- 24VILLES II
- 25MÉTROPOLITAIN
- 26PROMONTOIRE
- 27SOIR HISTORIQUE
- 28PARADE
- 29CONTE
- 30ROYAUTÉ
- 31OUVRIERS
- 32VILLE
- 33DÉPART
- 34JEUNESSE
- 35DIMANCHE
- 36SONNET
- 37VINGT ANS
- 38GUERRE
- 39VIES
- 40DÉMOCRATIE
- 41VAGABONDS
- 42BOTTOM
- 43DÉVOTION
- 44SOLDE