
フランス語 エディション
芸術
Paradoxe sur le comédien
フランス語 BooksWhale エディション · Denis Diderot
Diderot interroge le jeu de l’acteur, confrontant sensibilité, observation et maîtrise technique dans un dialogue sur la représentation théâtrale.
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本の紹介
Paradoxe sur le comédien
Deux interlocuteurs discutent de ce qui fait la grandeur d’un acteur. Diderot confronte l’émotion éprouvée sur scène à la précision d’un jeu construit par l’observation, la réflexion et la répétition. À travers des exemples de comédiens et de représentations, le dialogue examine la constance de l’interprétation, l’imitation et les rapports entre vérité humaine et convention théâtrale.
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Denis Diderot est mort en 1784; l’œuvre a été publiée pour la première fois en 1830. Cette édition présente le texte français original du domaine public.
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Paradoxe sur le comédien
プレビュー章Partie 1プレビュー
PREMIER INTERLOCUTEUR
N’en parlons plus.
SECOND INTERLOCUTEUR
Pourquoi ?
LE PREMIER
C’est l’ouvrage de votre ami.
LE SECOND
Qu’importe ?
LE PREMIER
Beaucoup. À quoi bon vous mettre dans l’alternative de mépriser ou son talent, ou mon jugement, et de rabattre de la bonne opinion que vous avez de lui ou de celle que vous avez de moi ?
LE SECOND
Cela n’arrivera pas ; et quand cela arriverait, mon amitié pour tous les deux, fondée sur des qualités plus essentielles, n’en souffrirait pas.
LE PREMIER
Peut-être.
LE SECOND
J’en suis sûr. Savez-vous à qui vous ressemblez dans ce moment ? À un auteur de ma connaissance qui suppliait à genoux une femme à laquelle il était attaché, de ne pas assister à la première représentation d’une de ses pièces.
LE PREMIER
Votre auteur était modeste et prudent.
LE SECOND
Il craignait que le sentiment tendre qu’on avait pour lui ne tînt au cas que l’on faisait de son mérite littéraire.
LE PREMIER
Cela se pourrait.
LE SECOND
Qu’une chute publique ne le dégradât un peu aux yeux de sa maîtresse.
LE PREMIER
Que moins estimé, il ne fût moins aimé. Et cela vous paraît ridicule ?
LE SECOND
C’est ainsi qu’on en jugea. La loge fut louée, et il eut le plus grand succès : et Dieu sait comme il fut embrassé, fêté, caressé.
LE PREMIER
Il l’eût été bien davantage après la pièce sifflée.
LE SECOND
Je n’en doute pas.
LE PREMIER
Et je persiste dans mon avis.
LE SECOND
Persistez, j’y consens ; mais songez que je ne suis pas une femme, et qu’il faut, s’il vous plaît, que vous vous expliquiez.
LE PREMIER
Absolument ?
LE SECOND
Absolument.
LE PREMIER
Il me serait plus aisé de me taire que de déguiser ma pensée.
LE SECOND
Je le crois.
LE PREMIER
Je serai sévère.
LE SECOND
C’est ce que mon ami exigerait de vous.
LE PREMIER
Eh bien, puisqu’il faut vous le dire, son ouvrage, écrit d’un style tourmenté, obscur, entortillé, boursouflé, est plein d’idées communes. Au sortir de cette lecture, un grand comédien n’en sera pas meilleur, et un pauvre acteur n’en sera pas moins mauvais. C’est à la nature à donner les qualités de la personne, la figure, la voix, le jugement, la finesse. C’est à l’étude des grands modèles, à la connaissance du cœur humain, à l’usage du monde, au travail assidu, à l’expérience, et à l’habitude du théâtre, à perfectionner le don de nature. Le comédien imitateur peut arriver au point de rendre tout passablement ; il n’y a rien ni à louer, ni à reprendre dans son jeu.
LE SECOND
Ou tout est à reprendre.
LE PREMIER
Comme vous voudrez. Le comédien de nature est souvent détestable, quelquefois excellent. En quelque genre que ce soit, méfiez-vous d’une médiocrité soutenue. Avec quelque rigueur qu’un débutant soit traité, il est facile de pressentir ses succès à venir. Les huées n’étouffent que les ineptes. Et comment la nature sans l’art formerait-elle un grand comédien, puisque rien ne se passe exactement sur la scène comme en nature, et que les poèmes dramatiques sont tous composés d’après un certain système de principes ? Et comment un rôle serait-il joué de la même manière par deux acteurs différents, puisque dans l’écrivain le plus clair, le plus précis, le plus énergique, les mots ne sont et ne peuvent être que des signes approchés d’une pensée, d’un sentiment, d’une idée ; signes dont le mouvement, le geste, le ton, le visage, les yeux, la circonstance donnée, complètent la valeur ? Lorsque vous avez entendu ces mots :
プレビュー章Partie 2プレビュー
Zaïre, vous pleurez !
ou,
Vous y serez, ma fille,
l’acteur s’est longtemps écouté lui-même ; c’est qu’il s’écoute au moment où il vous trouble, et que tout son talent consiste non pas à sentir, comme vous le supposez, mais à rendre si scrupuleusement les signes extérieurs du sentiment, que vous vous y trompiez. Les cris de sa douleur sont notés dans son oreille. Les gestes de son désespoir sont de mémoire, et ont été préparés devant une glace. Il sait le moment précis où il tirera son mouchoir et où les larmes couleront ; attendez-les à ce mot, à cette syllabe, ni plus tôt ni plus tard. Ce tremblement de la voix, ces mots suspendus, ces sons étouffés ou traînés, ce frémissement des membres, ce vacillement des genoux, ces évanouissements, ces fureurs, pure imitation, leçon recordée d’avance, grimace pathétique, singerie sublime dont l’acteur garde le souvenir longtemps après l’avoir étudiée, dont il avait la conscience présente au moment où il l’exécutait, qui lui laisse, heureusement pour le poète, pour le spectateur et pour lui, toute la liberté de son esprit, et qui ne lui ôte, ainsi que les autres exercices, que la force du corps. Le socque ou le cothurne déposé, sa voix est éteinte, il éprouve une extrême fatigue, il va changer de linge ou se coucher ; mais il ne lui reste ni trouble, ni douleur, ni mélancolie, ni affaissement d’âme. C’est vous qui remportez toutes ces impressions. L’acteur est las, et vous tristes ; c’est qu’il s’est démené sans rien sentir, et que vous avez senti sans vous démener. S’il en était autrement, la condition du comédien serait la plus malheureuse des conditions ; mais il n’est pas le personnage, il le joue et le joue si bien que vous le prenez pour tel : l’illusion n’est que pour vous ; il sait bien, lui, qu’il ne l’est pas.
Des sensibilités diverses, qui se concertent entre elles pour obtenir le plus grand effet possible, qui se diapasonnent, qui s’affaiblissent, qui se fortifient, qui se nuancent pour former un tout qui soit un, cela me fait rire. J’insiste donc, et je dis : « C’est l’extrême sensibilité qui fait les acteurs médiocres : c’est la sensibilité médiocre qui fait la multitude des mauvais acteurs ; et c’est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes. » Les larmes du comédien descendent de son cerveau ; celles de l’homme sensible montent de son cœur : ce sont les entrailles qui troublent sans mesure la tête de l’homme sensible ; c’est la tête du comédien qui porte quelquefois un trouble passager dans ses entrailles ; il pleure comme un prêtre incrédule qui prêche la Passion ; comme un séducteur aux genoux d’une femme qu’il n’aime pas, mais qu’il veut tromper ; comme un gueux dans la rue ou à la porte d’une église, qui vous injurie lorsqu’il désespère de vous toucher ; ou comme une courtisane qui ne sent rien, mais qui se pâme entre vos bras.
Avez-vous jamais réfléchi à la différence des larmes excitées par un événement tragique et des larmes excitées par un récit pathétique ? On entend raconter une belle chose : peu à peu la tête s’embarrasse, les entrailles s’émeuvent, et les larmes coulent. Au contraire, à l’aspect d’un accident tragique, l’objet, la sensation et l’effet se touchent ; en un instant, les entrailles s’émeuvent, on pousse un cri, la tête se perd, et les larmes coulent ; celles-ci viennent subitement ; les autres sont amenées. Voilà l’avantage d’un coup de théâtre naturel et vrai sur une scène éloquente, il opère brusquement ce que la scène fait attendre ; mais l’illusion en est beaucoup plus difficile à produire ; un incident faux, mal rendu, la détruit. Les accents s’imitent mieux que les mouvements, mais les mouvements frappent plus violemment. Voilà le fondement d’une loi à laquelle je ne crois pas qu’il y ait d’exception, c’est de dénouer par une action et non par un récit, sous peine d’être froid.
目次
このエディションの内容
- 01Full text
- 02Partie 1
- 03Partie 2
- 04Partie 3
- 05Partie 4
- 06Partie 5
- 07Partie 6
- 08Partie 7
- 09Partie 8