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経済
De la division du travail social
フランス語 BooksWhale エディション · Émile Durkheim
Une étude fondatrice de la solidarité sociale, de la spécialisation et de la modernité.
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本の紹介
De la division du travail social
De la division du travail social analyse comment les sociétés passent de solidarités traditionnelles à des formes modernes fondées sur la spécialisation, l’interdépendance et le droit restitutif. Durkheim y construit un classique de sociologie utile à l’économie, au droit et aux sciences sociales.
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De la division du travail social is a public-domain work: the author died in 1917, and the text was first published in 1893. This edition uses the original French text.
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PRÉFACE
Ce livre est avant tout un effort pour traiter les faits de
la vie morale d'après la méthode des sciences positives.
Mais on a fait de ce mot un emploi qui en dénature le sens
et qui n'est pas le nôtre. Les moralistes qui déduisent leur
doctrine, non d'un principe a priori, mais de quelques pro-
positions empruntées à une ou plusieurs sciences positives
comme la biologie, la psychologie, la sociologie, qualifient
leur morale de scientifique. Telle nest pas la méthode que
nous nous proposons de suivre. Nous ne voulons pas tirer
la morale de la science, mais faire la science de la morale,
ce qui est bien différent. Les faits moraux sont des phéno-
mènes comme les autres ; ils consistent en des règles d'action
qui se reconnaissent à certains caractères distinctifs, comme
nous le verrons plus loin; il doit donc être possible de les
observer, de les décrire, de les classer et de chercher les
lois qui les expliquent. C'est ce que nous allons faire pour
certains d'entre eux. On objectera l'existence de la liberté?
Mais si vraiment elle implique la négation de toute loi déter-
II PRÉFACE.
minée, elle est un obstacle insurmontable, non seulement
pour les sciences psychologi({ues et sociales, mais pour
toutes les sciences; car, comme les voiitions humaines
sont toujours liées à quelques mouvements extérieurs, elle
rend le déterminisme tout aussi inintelligible au dehors de
nous qu'au dedans. Cependant, nul ne conteste la possibilité
des sciences physiques et naturelles. Nous réclamons le
même droit pour notre science (^).
Ainsi entendue, cette science n'est en opposition avec
aucune espèce de philosophie, car elle se place sur un tout
autre terrain, 11 est possible que la morale ait quelque fin
transcendante que l'expérience ne peut atteindre; c'est
affaire au métaphysicien de s'en occuper. Mais ce qui est
avant tout certain, c'est qu'elle se développe dans l'histoire
et sous l'empire de causes historiques, c'est qu'elle a une
fonction dans notre vie temporelle. Si elle est telle ou telle
à un moment donné, c'est que les conditions dans lesquelles
vivent alors les hommes ne permettent pas qu'elle soit
autrement, et la preuve en est qu'elle change quand ces
conditions changent, cl seulement dans ce cas. 11 n'est plus
aujourd'hui possible de croire que l'évolution morale consiste
dans le développement d'une même idée qui, confuse et indé-
cise chez l'homme primitif, s'éclaire et se précise peu à peu
par le progrès spontané des lumières. Si les anciens Romains
n'avaient pas la large conception que nous avons aujourd'hui
de l'humanité, ce n'est pas par suite d'une erreur due à
l'étroitesse de leur intelligence; mais c'est que de pareilles
(') On nous a rep.oché (Beudant, Le Droit individuel et VÉtat, p. 24't)
d'avoir qui^lque part qualifié de sublile cette question de la liherlé. L'expression
n'avait dans notre bouche rien de dédaigneux. Si nous écartons ce problème,
c'est uniquement parce que la solution qu'on en donne, quelle qu'elle soit,
ne peut faire obstacle à nos recherches.
PRÉFACE. III
idées étaient incompatibles avec la nature de la cité romaine.
Notre cosmopolitisme ne pouvait pas plus y apparaître
qu'une plante ne peut germer sur un sol incapable de la
nourrir; et, d'ailleurs, il ne pouvait être pour elle qu'un
principe de mort. Inversement, s'il a fait depuis son appari-
tion, ce n'est pas à la suite de découvertes pliilosopiiiques;
ce n'est pas que nos esprits se soient ouverts à des vérités
qu'ils méconnaissaient; c'est que des changements se sont
produits dans la structure des sociétés, qui ont rendu néces-
saire ce changement dans les mœurs. La morale se forme
donc, se transforme et se maintient pour des raisons d'ordre
expérimental; ce sont ces raisons seules que la science de la
プレビュー章Iプレビュー
D'ordinaire, pour savoir si un précepte de conduite est ou non
moral, on le confronte avec une formule générale de la moralité
(|ue l'on a antérieurement établie; suivant qu'il en peut être
déduit ou qu'il la contredit , on lui reconnaît une valeur morale
ou on la lui refuse.
Nous ne saurions suivre cette méthode; car, pour qu'elle pût
donner des résultats, il faudrait que celte formule, qui doil servir
INTRODUCTION. 5
de crilère, fût une vérité scientifique indiscutable. Or, non seule-
ment chaque moraliste a la sienne, et cette diversité des doctrines
suffit déjà à en rendre suspecte la valeur objective, mais nous
allons montrer que toutes celles qui ont été successivement pro-
posées sont fautives et que, pour en trouver une plus exacte,
toute une science est nécessaire qui ne saurait être improvisée.
En effet, de l'aveu implicite ou exprès de tous les moralistes,
une telle formule ne peut être acceptée que si elle est adéquate
à la réalité qu'elle exprime, c'est-à-dire si elle rend compte de
tous les faits dont la nature morale est incontestée. Ceux-là
même qui se passent ou croient se passer le plus de l'observation
et de l'expérience sont bien obligés, en fait, de soumettre leur
conclusion à ce contrôle, car ils n'ont pas d'autre moyen pour
en démontrer l'exactitude et pour réfuter leurs adversaires. « Si
l'on y regarde de près, dit très justement M. Janet, on verra que
dans la théorie des devoirs on fait bien plus appel à la conscience
des hommes et à la notion innée ou acquise qu'ils ont de leurs
devoirs qu'à tel ou tel principe abstrait... Ce qui le prouve, c'est
que dans la discussion contre les faux systèmes de morale on
puise toujours ses exemples, et par là ses arguments, dans les
devoirs que l'on suppose admis de part et d'autre... En un mot,
toute science doit reposer sur des faits. Or, les faits qui servent de
fondement à la morale, ce sont les devoirs généralement admis
ou tout au moins admis par ceux avec qui on discute ('). »
Or, de toutes les formules qui ont été données de la loi géné-
rale de la moralité, nous n'en connaissons pas une qui puisse
supporter celte vérification.
C'est en vain que Kant s'est efTorcé de déduire de son impé-
ratif catégorique cet ensemble de devoirs, mal définis sans doute,
mais universellement reconnus, qu'on appelle les devoirs de
(') Manuel de \)liUoso]thic, p. r)G'.>.
6 DE L\ DIVISION DU TRAVAII. SOCIAL.
charité. Son argumentation se réduit à un jeu de concepts (•);
elle peut se résumer ainsi: Nous n'agissons moralement que
quand la maxime de noire action peut être universalisée. Par
conséquent, pour qu'il fût moral de refuser notre assistance à nos
semblables quand ils en ont besoin, il faudrait que nous pussions
faire de la maxime égoïste une loi s'appliquant à tous les cas sans
exception. Or, nous ne pouvons la généraliser à ce point sans
nous contredire; car, en fait, toutes les fois que, personnellement,,
nous sommes dans la détresse, nous désirons être assistés. La cha-
rité est donc un devoir général de l'humanité, puisque l'égoïsme
est irrationnel. Mais, répondrons-nous, tout ce qui fait cette pré-
tendue irrationalité, c'est qu'il est en conflit avec le besoin que
nous ressentons parfois d'être secourus à notre tour, et il est, en
effet, certain que ces deux tendances se contredisent. Mais pour-
quoi serait-ce la seconde qui primerait la première? Sans doute,
pour rester d'accord avec soi-même, il faut choisir, une fois pour
toutes, entre ces deux conduites; mais il n'y a pas de raison pour
choisir l'une plutôt que l'autre. Il y a une tout autre manière de
プレビュー章acte de sacrifice par lequel l'époux consent d'être un instrumentプレビュー
de plaisir pour l'autre époux, est, par soi-même, immoral (^) et
ne perd ce caractère que s'il est racheté par un sacrifice sem-
blable et réciproque du second au premier. C'est ce troc de per-
sonnalités qui remet les choses en état et qui rétablit l'équilibre
moral !
Les difficultés ne sont pas moindres pour la morale de la per-
fection. Elle permet bien de comprendre pourquoi l'individu
{^) In diesem Akt niacht slch ein Mensch selbst zut' Sache; ivelches de))i
Récit te der Menscheit an seiner eigenen Personifiderstreitet. {Melapliysik
der Silten, l''- partie, § 25.)
8 DE LA DIVISION DU TRAVAIL SOCIAL.
doit chercher à étendre son être autant qu'il peut; mais pourquoi
songerait-il aux autres? Le perfectionnement d'autrui n'importe
pas à son perfectionnement propre. S'il reste conséquent avec
soi-même, il devra pratiquer l'égoïsme moral le plus intraitable.
C'est en vain que l'on fera remarquer que la sympathie, les
instincts de famille, les sentiments patriotiques comptent parmi
nos penchants naturels et même parmi les plus élevés, et qu'à ce
litre ils doivent être cultivés. Les devoirs que l'on pourrait, à la
rigueur, déduire d'une telle considération, ne ressemblent' en
rien à ceux, qui nous lient réellement à nos semblables; car
ceux-ci consistent dans des obligations de servir autrui et non de
le faire servir à notre perfectionnement personnel (')•
Pour échapper à cette conséquence, on a voulu concilier le
principe de la perfection avec un autre qui le complète et qu'on
a appelé le principe de la communauté d'essence. «Que l'on voie
dans l'humanité, dit M. Janet, un corps dont les individus sont
les membres, ou au contraire une association d'êtres semblables
et idéalement identiquos, toujours est-il qu'il faut reconnaître
dans la communauté humaine autre chose qu'une simple collec-
tion ou juxtaposition de parties, une rencontre d'atomes, un
agrégat mécanique et purement extérieur. Il y a entre les hom-
mes un lien interne, vinculum sociale, qui se manifeste par les
affections, par la sympathie, par le langage, par la société civile,
mais qui doit être quelque chose de plus profond que tout cela
et caché dans la dernière profondeur de Tessence humaine...
Les hommes étant liés par une communauté d'essence, nul ne
peut dire: Ce qui regarde autrui m'est indifférent (^). » Mais,
quoi qu'il en soit de cette solidarité, de sa nature et de ses
origines, on ne peut la poser que comme un fait et^^ela ne suffit
pas pour Tériger en devoir. Ce n'est pas assez de remarquer que
dans la réalité l'homme ne s'appartient pas tout ei^ier pour avoir
le droit d'en conclure qu'il ne doit pas s'appartenir tout entier.
(•) Nous empruntons cet argument à M. Janet, Morale, p. 123.
(2) ma., p. 12H25.
INTRODUCTION. 9
Sans doule nous sommes solidaires de nos voisins, de nos ancê-
tres, de noire passé; beaucoup de nos croyances, de nos senti-
ments, de nos actes ne sont pas nôtres mais nous viennent du
dehors. Mais où est la preuve que cette dépendance soit un bien?
Qu'est-ce qui en fait la valeur morale? Pourquoi ne serait-ce
pas, au contraire, un joug dont nous devons chercher à nous
débarrasser, et le devoir ne consislerail-il pas dans un complet
atïranchissement? C'était, on le sait, la doctrine des Stoïciens.
On répond que l'entreprise est irréalisable; mais encore faudrait-
il la tenter et la mener aussi loin que possible. Si vraiment le
succès ne peut être complet, il nous resterait à subir celte soli-
darité dans la mesure où nous ne pouvons l'empêcher. Mais de ce
qu'elle est peut-être inévitable, il ne suit pas qu'elle soit morale.
Cette conclusion parait surtout s'imposer quand on fait du per-
fectionnement personnel le principe du devoir. Dira-t-on que
je participe à tout ce que je fais pour les autres puisque, pour
目次
このエディションの内容
- 01De la division du travail social
- 02I
- 03acte de sacrifice par lequel l'époux consent d'être un instrument
- 04II
- 05III
- 06IV
- 07LIVRE I
- 08LIVRE 1
- 09CHAPITRE I
- 10I
- 11II
- 12III
- 13CHAPITRE II
- 14I
- 15acte peut être désastreux pour une société sans encourir la
- 16chapitre V du Deuléronome. Mais c'est que le Penlaleuque,
- 17livre n'est qu'un tissu de légendes nationales, on peut être
- 18II
- 19acte de défense, quoique instinctif et irréiléchi. Nous ne nous
- 20CHAPITRE II. — I.A SOLIDARITl': MÉCANIQUE. 9^
- 21III
- 22IV
- 23chapitre prochain pourquoi nous propo.sons de l'appeler méca-
- 24CHAPITRE III
- 25I
- 26II
- 27IV
- 28chapitre et le précédent :
- 29CHAPITRE IV
- 30I
- 31II
- 32CHAPITRE IV. — AUTRE PREUVE DE CE QUI PRÉCÈDE. loi
- 33CHAPITRE IV. — AUTRE PREUVE DE CE QUI PRl'CÈDE. 15o
- 34CHAPITRE V
- 35I
- 36chapitre nous est doublement utile. Outre qu'elle a confirmé les
- 37II
- 38I
- 39II
- 40III
- 41IV
- 42CHAPITRE VI
- 43I
- 44CHAPITRE VI. — IMiOGRÈS DE LA SOLIDARITÉ OltGAMOUE. 197
- 45II
- 46CHAPITRE VI. — l'ROGRÈS PK LA SOMOAUn K ORGAMQUK. 201
- 47IV
- 48chapitre.
- 49CHAPITRE VII
- 50I
- 51I
- 52II
- 53acte de coopération, nous sommes engagés et raclion régulatrice
- 54CHAPITRE Vil. — SOLIDAiUïK OHGANIQUE ET CONTRAT. 239
- 55III
- 56IV
- 57CHAPITRE VII. — SOI.ID.MilTl'; OUGAMQUE ET CONTRAT. 251
- 58acte volontaire qu'ils ont pris naissance. Enlin, parce que ces
- 59I
- 60LIVRE II
- 61LIVRE II
- 62CHAPITRE I
- 63II
- 64III
- 65CHAPITRE ][
- 66II
- 67III
- 68IV
- 69chapitre comment il se fait qu'en liénéral la division du travail va de plus en
- 70II
- 71III
- 72IV
- 73CHAPITRE IV
- 74II
- 75CHAPITRE V
- 76II
- 77CHAPITRE V. — CONSÉQUEiNCES DE CE QUI PRÉCÈDE. 387
- 78LIVRE III
- 79LIVRE III
- 80CHAPITRE I
- 81CHAPITRE I. — DIVISION DU TIIAVAII. ANOMIOUE. 397
- 82CHAPITRE I. — DIVISION DU TRAVAIL ANOMIQLE. 39Î)
- 83II
- 84III
- 85CHAPITRE m. — DIVISION nu rnwAiL axomique. 415
- 86CHAPITRE II
- 87CHAPITRE II. — DIVISION TU TItAVAIL CONTRAINTC. 427
- 88II
- 89CHAPITRE 11. — niVISIOX DU THAYAIL CONTRAINTE. 431
- 90II