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Les Natchez

フランス語 BooksWhale エディション · François-René de Chateaubriand

Épopée romanesque de Chateaubriand sur l’Amérique, les Natchez, la colonisation, l’exil et les conflits de civilisation.

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本の紹介

Les Natchez

Les Natchez prolonge l’imaginaire américain de Chateaubriand dans une vaste fresque mêlant récit historique, méditation religieuse, exotisme romantique et tragédie coloniale. Autour des peuples autochtones, des colons français et des figures d’exil, l’œuvre interroge la conquête, la liberté, la mémoire et la disparition des mondes.

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Les Natchez

François-René de Chateaubriand

プレビュー章Préfaceプレビュー

Lorsqu'en 1800 je quittai l'Angleterre pour rentrer en France sous un nom supposé, je n'osai me charger d'un trop gros bagage : je laissai la plupart de mes manuscrits à Londres. Parmi ces manuscrits se trouvait celui des Natchez dont je n'apportais à Paris que René, Atala et quelques descriptions de l'Amérique.

Quatorze années s'écoulèrent avant que les communications avec la Grande-Bretagne se rouvrissent. Je ne songeai guère à mes papiers dans le premier moment de la Restauration. et d'ailleurs comment les retrouver ? Ils étaient restés enfermés dans une malle, chez une Anglaise qui m'avait loué un petit appartement à Londres. J'avais oublié le nom de cette femme ; le nom de la rue et le numéro de la maison où j'avais demeuré étaient également sortis de ma mémoire.

Sur quelques renseignements vagues et même contradictoires, que je fis passer à Londres, MM. de Thuisy eurent la bonté de commencer des recherches ; ils les poursuivirent avec un zèle, une persévérance dont il y a très peu d'exemples : je me plais ici à leur en témoigner publiquement ma reconnaissance.

Ils découvrirent d'abord avec une peine infinie la maison que j'avais habitée dans la partie ouest de Londres. Mais mon hôtesse était morte depuis plusieurs années, et l'on ne savait ce que ses enfants étaient devenus. D'indication en indication, de renseignement en renseignement, MM. de Thuisy, après bien des courses infructueuses, retrouvèrent enfin, dans un village à plusieurs milles de Londres, la famille de mon hôtesse.

Avait-elle gardé la malle d'un émigré, une malle remplie de vieux papiers à peu près indéchiffrables ? N'avait-elle point jeté au feu cet inutile ramas de manuscrits français ?

D'un autre côté, si mon nom sorti de son obscurité avait attiré dans les journaux de Londres l'attention des enfants de mon ancienne hôtesse, n'auraient-ils point voulu profiter de ces papiers, qui dès lors acquéraient une certaine valeur ? Rien de tout cela n'était arrivé : les manuscrits avaient été conservés ; la malle n'avait pas même été ouverte. Une religieuse fidélité, dans une famille malheureuse, avait été gardée à un enfant du malheur. J'avais confié avec simplicité le produit des travaux d'une partie de ma vie à la probité d'un dépositaire étranger, et mon trésor m'était rendu avec la même simplicité. Je ne connais rien qui m'ait plus touché dans ma vie que la bonne foi et la loyauté de cette pauvre famille anglaise.

Voici comme je parlais des Natchez dans la Préface de la première édition d'Atala :

" J'étais encore très jeune lorsque je conçus l'idée de faire l'épopée de l'homme de la nature, ou de peindre les moeurs des sauvages, en les liant à quelque événement connu. Après la découverte de l'Amérique, je ne vis pas de sujet plus intéressant, surtout pour des Français, que le massacre de la colonie des Natchez à la Louisiane, en 1727. Toutes les tribus indiennes conspirant, après deux siècles d'oppression, pour rendre la liberté au Nouveau-Monde me parurent offrir un sujet presque aussi heureux que la conquête du Mexique. Je jetai quelques fragments de cet ouvrage sur le papier, mais je m'aperçus bientôt que je manquais des vraies couleurs, et que si je voulais faire une image semblable, il fallait, à l'exemple d'Homère, visiter les peuples que je voulais peindre.

En 1789, je fis part à M. de Malesherbes du dessein que j'avais de passer en Amérique. Mais, désirant en même temps donner un but utile à mon voyage, je formai le dessein de découvrir par terre le passage tant cherché, et sur lequel Cook même avait laissé des doutes. Je partis ; je vis les solitudes américaines, et je revins avec des plans pour un second voyage, qui devait durer neuf ans. Je me proposais de traverser tout le continent de l'Amérique septentrionale, de remonter ensuite le long des côtes, au nord de la Californie, et de revenir par la baie d'Hudson, en tournant sous le pôle [M. Mackenzie a depuis exécuté une partie de ce plan. (Le capitaine Francklin est entré dernièrement dans la mer polaire, vue par Hearne, et continue dans ce moment ses recherches.) - N.d.A.] . M. de Malesherbes se

プレビュー章Livre premierプレビュー

A l'ombre des forêts américaines, je veux chanter des airs de la solitude tels que n'en ont point encore entendu des oreilles mortelles ; je veux raconter vos malheurs, ô Natchez ! ô nation de la Louisiane ! dont il ne reste plus que les souvenirs. Les infortunes d'un obscur habitant des bois auraient-elles moins de droits à nos pleurs que celles des autres hommes ? et les mausolées des rois dans nos temples sont-ils plus touchants que le tombeau d'un Indien sous le chêne de sa patrie ?

Et toi, flambeau des méditations, astre des nuits, sois pour moi l'astre du Pinde ! marche devant mes pas, à travers les régions inconnues du Nouveau-Monde, pour me découvrir à la lumière les secrets ravissants de ces déserts !

René, accompagné de ses guides, avait remonté le cours du Meschacebé ; sa barque flottait au pied des trois collines dont le rideau dérobe aux regards le beau pays des enfants du Soleil. Il s'élance sur la rive, gravit la côte escarpée, et atteint le sommet le plus élevé des trois coteaux. Le grand village des Natchez se montrait à quelque distance dans une plaine parsemée de bocages de sassafras : çà et là erraient des Indiennes, aussi légères que les biches avec lesquelles elles bondissaient ; leur bras gauche était chargé d'une corbeille suspendue à une longue écorce de bouleau ; elles cueillaient les fraises, dont l'incarnat teignait leurs doigts et les gazons d'alentour. René descend de la colline et s'avance vers le village. Les femmes s'arrêtaient à quelque distance pour voir passer les étrangers, et puis s'enfuyaient vers les bois : ainsi des colombes regardent le chasseur du haut d'une roche élevée, et s'envolent à son approche. Les voyageurs arrivent aux premières cabanes du grand village, ils se présentent à la porte d'une de ces cabanes. Là une famille était assise sur des nattes de jonc ; les hommes fumaient le calumet, les femmes filaient des nerfs de chevreuil. Des melons d'eau, des plakmines sèches et des pommes de mai étaient posés sur des feuilles de vigne-vierge au milieu du cercle ; un noeud de bambou servait pour boire l'eau d'érable.

Les voyageurs s'arrêtèrent sur le seuil, et dirent : " Nous sommes venus. " Et le chef de la famille répondit : " Vous êtes venus, c'est bien. " Après quoi chaque voyageur s'assit sur une natte, et partagea le festin sans parler. Quand cela fut fait, un des interprètes éleva la voix, et dit : " Où est le Soleil [Le Soleil, le grand-chef, ou l'empereur des Natchez. (N.d.A.)] ? " Le chef répondit : " Absent. " Et le silence recommença.

Une jeune fille parut à l'entrée de la cabane. Sa taille haute, fine et délice, tenait à la fois de l'élégance du palmier et de la faiblesse du roseau. Quelque chose de souffrant et de rêveur se mêlait à ses grâces presque divines. Les Indiens, pour peindre la tristesse et la beauté de Céluta, disaient qu'elle avait le regard de la Nuit et le sourire de l'Aurore. Ce n'était point encore une femme malheureuse, mais une femme destinée à le devenir. On aurait été tenté de presser cette admirable créature dans ses bras, si l'on n'eût craint de sentir palpiter un coeur dévoué d'avance aux chagrins de la vie.

Céluta entre en rougissant dans la cabane, passe devant les étrangers, se penche à l'oreille de la matrone du lieu, lui dit quelques mots à voix basse, et se retire. Sa robe blanche d'écorce de mûrier ondoyait légèrement derrière elle, et ses deux talons de rose en relevaient le bord à chaque pas. L'air demeura embaumé, sur les traces de l'Indienne, du parfum des fleurs de magnolia qui couronnaient sa tête : telle parut Héro aux fêtes d'abydos ; telle Vénus se fit connaître, dans les bois de Carthage, à sa démarche et à l'odeur d'ambroisie qu'exhalait sa chevelure.

目次

このエディションの内容

  1. 01Full text
  2. 02Préface
  3. 03Livre premier
  4. 04Livre deuxième
  5. 05Livre troisième
  6. 06Livre quatrième
  7. 07Livre cinquième
  8. 08Livre sixième
  9. 09Livre septième
  10. 10Livre huitième
  11. 11Livre neuvième
  12. 12Livre dixième
  13. 13Livre onzième
  14. 14Livre douzième
  15. 15Suite
  16. 16Note
  17. 17Description du pays Natchez

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