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文学
Colas Breugnon
法语 BooksWhale 版本 · Romain Rolland
Un roman joyeux et populaire porté par la voix d’un artisan bourguignon libre et truculent.
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图书简介
Colas Breugnon
Colas Breugnon donne la parole à un menuisier bourguignon du XVIIe siècle, amoureux de la vie, du travail bien fait et de la liberté. Romain Rolland y unit verve populaire, humanisme et énergie narrative.
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Romain Rolland est mort en 1944, et Colas Breugnon a été publié en 1919. Ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition française.
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Colas Breugnon
Romain Rolland
COLAS BREUGNON Récit bourguignon (1919)
À SAINT MARTIN DES GAULES Patron de Clamecy Saint Martin boit le bon vin Et laisse l’eau courre au molin. (Proverbe du XVI: siècle.)
预览章节PRÉFACE D’APRÈS-GUERRE预览
Ce livre était entièrement imprimé, prêt à paraître avant la guerre, et je n'y change rien. La sanglante épopée dont les petits-fils de Colas Breugnon viennent d'être les héros et les victimes s'est chargée de prouver au monde que « Bonhomme vit encore ». Et les peuples d'Europe glorieux et moulus, en se frottant les côtes, trouveront, je crois, quelque bon sens dans les réflexions que fait un « agneau de chez nous, entre le loup et le berger ». K. R. Novembre 1918.
预览章节AVERTISSEMENT AU LECTEUR预览
Les lecteurs de Jean-Christophe ne s'attendent sûrement point à ce livre nouveau. Il ne les surprendra pas plus que moi. Je préparais d'autres œuvres, — un drame et un roman sur des sujets contemporains et dans l'atmosphère un peu tragique de Jean-Christophe. Il m'a fallu brusquement laisser toutes les notes prises, les scènes préparées pour cette œuvre insouciante, à laquelle je ne songeais point, le jour d'avant... Elle est une réaction contre la contrainte de dix ans dans l’'armure de Jean-Christophe, qui, d’abord faite à ma mesure, avait fini par me devenir trop étroite. J'ai senti un besoin invincible de libre gaieté gauloise, oui, jusqu'à l'irrévérence. En même temps, un retour au sol natal, que je n'avais pas revu depuis ma jeunesse, m'a fait reprendre contact avec ma terre de Bourgogne nivernaise, a réveillé en moi un passé que je croyais endormi pour toujours, tous les Colas Breugnon que je porte en ma peau. Il m'a fallu parler pour eux. Ces sacrés bavards n'avaient pas encore assez parlé, de leur vivant ! Ils ont profité de ce qu’un de leurs petits-fils avait l'heureux privilège d'écrire (ils l'ont souvent envié !) pour me prendre comme secrétaire. J'ai eu beau me défendre : — Enfin, grand-papa, vous avez eu votre temps ! laissezmoi parler. Chacun son tour ! Ils répliquaient : — Petit, tu parleras lorsque j'aurai parlé. D'abord, tu n'as rien de plus intéressant à raconter. Assieds-toi là, écoute et
n'en perds pas un mot... Allons, mon petit gars, fais cela pour ton vieux ! Tu verras plus tard, quand tu seras où nous sommes. Ce qu'il y a de plus pénible, dans la mort, vois-tu, c'est le silence... Que faire ? J'ai dû céder, j'ai écrit sous la dictée. À présent, c'est fini, et me revoici libre (du moins je le suppose). Je vais reprendre la suite de mes propres pensées, si toutefois un de mes vieux bavards ne s’avise encore de ressortir de sa tombe, pour me dicter ses lettres à la postérité. Je n'ose croire que la compagnie de mon Colas Breugnon divertira autant les lecteurs que l'auteur. Qu'ils prennent du moins ce livre comme il est, tout franc, tout rond, sans prétention de transformer le monde, ni de l'expliquer, sans politique, sans métaphysique, un livre à la « bonne françoise », qui rit de la vie, parce qu'il la trouve bonne, et qu'il se porte bien. Bref, comme dit la Pucelle (il était inévitable que son nom fût invoqué, en tête d’un récit gaulois), ami, « prenez en gré »… ROMAIN ROLLAND Mai 1914.
目录
本版本内容
- 01Full text
- 02PRÉFACE D’APRÈS-GUERRE
- 03AVERTISSEMENT AU LECTEUR
- 04I L’ALOUETTE DE LA CHANDELEUR
- 05II LE SIÈGE OU LE BERGER, LE LOUP ET L’AGNEAU
- 06III LE CURÉ DE BRÈVES
- 07IV LE FLÂNEUR OÙ UNE JOURNÉE DE PRINTEMPS
- 08V BELETTE
- 09VI LES OISEAUX DE PASSAGE OU LA SÉRÉNADE À ASNOIS
- 10VII LA PESTE Premiers jours de juillet. On dit bien :
- 11XI LA NIQUE AU DUC Fin septembre. L'ordre était revenu, les cendres refroidies, et l’on n’entendait plus parler de maladie. Mais la ville d’abord resta comme écrasée. Les bourgeois remâchaient leur peur. Ils tâtaient du pied le terrain ; ils n'étaient pas encore certains d’être dessus, et non dessous. Le plus souvent, ils se terraient, ou dans la rue, ils détalaient, rasant les murs l'oreille basse et la queue entre les jambes. Ah ! l’on n’était pas fier, on n’osait presque pas se regarder en face, et on n’avait pas joie à se regarder soi, soimême, dans la glace : on s’était trop bien vu, on se connaissait trop ; et la nature humaine avait été surprise sans chemise : ça n’est pas beau ! On avait honte et méfiance. Pour mon compte, je n'étais pas très à mon aise : le massacre et le fumet de la grillade me poursuivaient ; et, plus que tout, le souvenir des lâchetés, des cruautés, que j'avais lues sur des visages familiers. Ils le savaient, ils m'en voulaient secrètement. Je le comprends ; j'étais gêné bien davantage; j'aurais voulu, si j'avais pu, leur dire :
- 12XII LA MAISON DES AUTRES
- 13XIV LE ROI BOIT