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政治
Les Déracinés
法语 BooksWhale 版本 · Maurice Barrès
Un roman politique français sur l’éducation, le nationalisme, l’ambition provinciale et la société républicaine.
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图书简介
Les Déracinés
Les Déracinés suit de jeunes provinciaux attirés vers Paris, entre formation intellectuelle, ambition, perte d’enracinement et débat national. Maurice Barrès y compose un roman politique français essentiel pour comprendre éducation, identité, République et idées de la fin du XIXe siècle.
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Maurice Barrès est mort en 1923, et Les Déracinés a été publié pour la première fois en 1897. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.
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Les Déracinés
Maurice Barrès
预览章节CHAPITRE PREMIER预览
CHAPITRE PREMIER
预览章节LE LYCÉE DE NANCY预览
En octobre 1879, à la rentrée, la classe de philosophie du lycée de Nancy fut violemment émue. Le professeur, M. Paul Bouteiller, était nouveau et son aspect, le son de sa voix, ses paroles dépassaient ce que chacun de ces enfants avait imaginé jamais de plus noble et de plus impérieux. Un bouillonnement étrange agitait leurs cerveaux, et une rumeur presque insurrectionnelle emplissait leur préau, leur quartier, leur réfectoire et même leur dortoir : car, pour les mépriser, ils comparaient à ce grand homme ses collègues et l’administration. Ce bâtiment d’ordinaire si morne semblait une écurie où l’on a distribué de l’avoine.
À des jeunes gens qui jusqu’alors remâchaient des rudiments quelconques, on venait de donner le plus vigoureux des stimulants : des idées de leur époque ! Non pas des idées qui aient été belles, neuves et éloquentes dans les collèges avant la Révolution, mais ces mêmes idées qui circulent dans notre société, dans nos coteries, dans la rue, et qui font des héros, des fous, des criminels, parmi nos contemporains. Et peut-être, à l’usage, perdront-elles leur puissance sur des âmes diverties par les années ; mais en octobre 1879, voici seulement que naissent ces lents enfants de provinces : jusqu’alors, ils n’ont connu ni la vie ni la mort, mais un état où la rèverie sur le moi n’existe pas encore et qui est une mort animée, comme aux bras de la nourrice.
Pour bien comprendre ce qui se passa dans cette année scolaire 1879-1880, où sortirent de la vie végétative et se formèrent dans une crise quelques-unes des énergies de notre temps, il faut se représenter le lycée , réunion d’enfants favorable, comme tout groupement, aux épidémies morales et soumise, en outre, a une action très définie qui marque jusqu’au cimetière la grande majorité des bacheliers.
Le lycéen reçoit de la collectivité où il figure un ensemble de défauts et de qualités, une conception particulière de l’homme idéal. Cet enfant qui plie sa vie selon la discipline et d’après les roulements du tambour, ne connaissant jamais une minute de solitude ni d’affection sans méfiance, ne songe même pas à tenir comme un élément, dans aucune des raisons qui le déterminent à agir, son contentement intime. Il se préoccupe uniquement de donner aux autres une opinion avantageuse de lui. C’est bon à un jeune garçon élève à la campagne de sentir vers dix-sept ans la beauté de la nature et les délicatesses du sens moral ! Toujours pressés les uns contre les autres, inquiets sans trêve de sembler ridicules, les lycéens développent monstrueusement, à ce régime et sous le système pédagogique des places, une seule chose, leur vanité. Ils se préparent une capacité d’être humiliés et envieux qu’on ne rencontre dans aucun pays, en même temps qu’ils deviennent capables de tout supporter pour une distinction.
La qualité qui fait compensation, c’est le sens de la camaraderie. On dit « chic type », dans leur argot, celui qui possède une supériorité, — qu’il versifie ou qu’il ait réussi au Concours général, — et qui, de plus, est bon camarade. Mais être bon camarade, c’est tout d’abord se refuser à la discipline. Il est difficile de ne point la haïr. Ceux mêmes qui l’appliquent en rougissent. Le proviseur, le censeur, fort impérieux et glorieux devant les petites classes, éprouvent du malaise en face des philosophes et des candidats aux Écoles du Gouvernement. Les pions, qui aux jours de sortie les croisent à la brasserie et dans l’escalier des filles, et qui pressentent déjà les distances de l’avenir, tendent à être, plutôt que des supérieurs, des camarades mécontents du rôle où leur fâcheuse destinée les contraint.
目录
本版本内容
- 01Full text
- 02CHAPITRE PREMIER
- 03LE LYCÉE DE NANCY
- 04CHAPITRE II
- 05DANS LEURS FAMILLES
- 06CHAPITRE III
- 07LEUR INSTALLATION À PARIS
- 08CHAPITRE IV
- 09LES FEMMES DE FRANÇOIS STUREL
- 10CHAPITRE V
- 11UN PROLÉTARIAT DE BACHELIERS ET DE FILLES
- 12CHAPITRE VI
- 13UN HASARD QUE TOUT NÉCESSITAIT
- 14CARACTÈRE D’UN GRAND JOURNALISTE PARLEMENTAIRE
- 15CHAPITRE VII
- 16VISITE DE TAINE À RŒMERSPACHER
- 17CHAPITRE VIII
- 18AU TOMBEAU DE NAPOLÉON
- 19CHAPITRE IX
- 20LA FRANCE DISSOCIÉE ET DÉCÉRÉBRÉE
- 21CHAPITRE X
- 22ON SORT DU TOMBEAU COMME ON PEUT
- 23CHAPITRE XI
- 24BOUTEILLER PRÉSENTÉ AUX PARLEMENTAIRES
- 25CHAPITRE XII
- 26LA VRAIE RÉPUBLIQUE
- 27CHAPITRE XIII
- 28SON PREMIER NUMÉRO
- 29CHAPITRE XIV
- 30UNE ANNÉE DE LUTTES
- 31ici.
- 32CHAPITRE XV
- 33QUINZE JOURS DE CRISE
- 34CHAPITRE XVI
- 35LA MYSTÉRIEUSE SOIRÉE DE BILLANCOURT
- 36CHAPITRE XVII
- 37LES PERPLEXITÉS DE FRANÇOIS STUREL
- 38CHAPITRE XVIII
- 39LA VERTU SOCIALE D’UN CADAVRE
- 40CHAPITRE XIX
- 41DÉRACINÉ, DÉCAPITÉ
- 42CHAPITRE XX
- 43À BOUTEILLER, LA LORRAINE RECONNAISSANTE