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艺术
Les Maîtres d’autrefois
法语 BooksWhale 版本 · Eugène Fromentin
Fromentin observe la peinture flamande et hollandaise, analysant couleur, lumière et composition à partir des œuvres et des lieux.
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图书简介
Les Maîtres d’autrefois
Eugène Fromentin parcourt les musées et les églises de Belgique et des Pays-Bas pour étudier les peintres anciens. Rubens et Rembrandt occupent une place centrale dans ses réflexions sur la couleur, la lumière, la composition et la manière de voir. Le regard d’un peintre nourrit ce récit de voyage artistique, qui mêle description des tableaux, comparaison des écoles et interrogation sur les moyens de la peinture.
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Eugène Fromentin est mort en 1876; l’œuvre a été publiée pour la première fois en 1876. Cette édition présente le texte français original du domaine public.
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Les Maîtres d’autrefois
预览章节1. Belgique — Hollande预览
Bruxelles, 6 juillet 1875.
Je viens voir Rubens et Rembrandt chez eux, et pareillement l’école hollandaise dans son cadre, toujours le même, de vie agricole, maritime, de dunes, de pâturages, de grands nuages, de minces horizons. Il y a là deux arts distincts, très complets, très indépendants l’un de l’autre, très brillans, qui demanderaient à être étudiés à la fois par un historien, par un penseur et par un peintre. De ces trois hommes qu’il faudrait, pour bien faire, réunir en un seul, je ne sais ce que j’ai de commun avec les deux premiers ; quant au peintre, on cesse d’en être un, pour peu qu’on ait le sentiment des distances, en approchant le plus ignoré parmi les maîtres de ces pays privilégiés.
Je vais traverser des musées, et je n’en ferai pas la revue. Je m’arrêterai devant certains hommes ; je ne raconterai pas leur vie et ne cataloguerai pas leurs œuvres, même celles que leurs compatriotes ont conservées. Je définirai tout juste, comme je les entends, autant que je puis les saisir, quelques côtés physionomiques de leur génie ou de leur talent. Je n’aborderai point de trop gros problèmes ; j’éviterai les profondeurs, les trous noirs. L’art de peindre n’est après tout que l’art d’exprimer l’invisible par le visible, et, dans les plus petites comme dans les plus grandes voies, on y rencontre des puits perdus qu’il est permis de sonder pour soi comme des vérités, mais qu’il est bon de laisser dans leur nuit comme des mystères. Je dirai seulement, devant quelques tableaux, les surprises, les plaisirs, les étonnemens, et non moins précisément les dépits qu’ils m’auront causés. En cela, je n’aurai qu’à traduire avec sincérité les sensations sans conséquence d’un pur dilettante.
Il n’y aura, je vous en avertis, ni méthode aucune, ni marche suivie dans ces études. Vous y trouverez beaucoup de lacunes, peu d’équilibre, des préférences et des omissions, sans que cela préjuge rien de l’importance ou de la valeur des œuvres dont je n’aurais pas parlé. Je me souviendrai quelquefois du Louvre et ne craindrai pas de vous y ramener, afin que les exemples soient plus près de vous et les vérifications plus faciles. Il est possible que certaines de mes opinions jurent avec les opinions reçues. Je ne cherche pas, mais je ne fuirai point les révisions d’idées qui naîtraient de ces désaccords. Je vous prie de n’y pas voir la marque d’un esprit frondeur, qui viserait à se singulariser par des hardiesses, et qui, parcourant, le dernier, des chemins battus, craindrait qu’on ne l’accusât de n’avoir rien vu, s’il ne voyait pas tout à l’envers des autres.
Au vrai, ces études ne seront que des notes, et ces notes les élémens décousus et disproportionnés d’un livre qui serait à faire. Ce livre devrait être plus spécial que ceux qui ont été faits jusqu’à présent. On y parlerait moins de philosophie, moins d’esthétique, la nomenclature et les anecdotes y tiendraient moins de place, les questions de métier beaucoup plus. Ce serait comme une sorte de conversation sur la peinture, où les peintres reconnaîtraient leurs habitudes, où les gens du monde apprendraient à mieux connaître les peintres et la peinture. Pour le moment, ma méthode est d’oublier tout ce qui a été dit sur ce sujet ; mon but serait de soulever des questions, de donner l’envie d’y réfléchir, et d’inspirer à ceux qui seraient capables de nous rendre un pareil service la curiosité de les résoudre.
预览章节I预览
Le musée de Bruxelles a toujours beaucoup mieux valu que sa renommée. Ce qui lui fait tort aux yeux des gens dont l’esprit va instinctivement au-delà des choses, c’est d’être à deux pas de nos frontières et par conséquent la première étape d’un pèlerinage qui conduit à des stations sacrées. Van-Eyck est à Gand, Memling à Bruges, Rubens à Anvers : Bruxelles ne possède en propre aucun de ces grands hommes. Elle ne les a pas vus naître, à peine les a-t-elle vus peindre ; elle n’a ni leurs cendres ni leurs chefs-d’œuvre. On prétend les visiter chez eux, et c’est ailleurs qu’ils vous attendent. Tout cela donne à cette jolie capitale des airs de maison vide et l’exposerait à des négligences tout à fait injustes. On ignore ou l’on oublie que nulle part en Flandre ces trois princes de la peinture flamande ne marchent avec une pareille escorte de peintres et de beaux esprits qui les entourent, les suivent, les précèdent, leur ouvrent les portes de l’histoire, disparaissent quand ils entrent, mais les font entrer. La Belgique est un livre d’art magnifique dont, heureusement pour la gloire provinciale, les chapitres épars sont un peu partout, mais dont la préface est à Bruxelles et n’est qu’à Bruxelles. A toute personne qui serait tentée de sauter la préface pour courir au livre, je dirais qu’elle a tort, qu’elle ouvre le livre trop tôt et le lira mal.
Cette préface est d’abord fort belle en soi, ensuite elle est un document que rien ne supplée ; elle avertit de ce qu’on doit voir, prépare à tout, fait tout deviner, tout comprendre ; elle met de l’ordre dans cette confusion de noms propres et d’ouvrages qui s’embrouillent dans la multitude des chapelles où le hasard du temps les a disséminés, qui se classent ici sans équivoque, grâce au tact parfait qui les a réunis et catalogués. De plus c’est en quelque sorte l’état de ce que la Belgique a produit d’artistes jusqu’à l’école moderne et comme un aperçu de ce qu’elle possède en ses divers dépôts : musées, églises, couvens, hôpitaux, maisons de ville, collections particulières ; peut-être elle-même ne connaissait-elle pas au juste l’étendue de ce vaste trésor national, le plus opulent qu’il y ait au monde, avec la Hollande, après l’Italie, avant d’en avoir deux registres également bien tenus : le musée d’Anvers et celui-ci. Enfin l’histoire de l’art en Flandre est capricieuse, assez romanesque. A chaque instant, le fil se rompt et se retrouve ; on croit la peinture perdue, égarée sur les grandes routes du monde ; c’est un peu comme l’enfant prodigue, elle revient quand on ne l’attendait plus. Si vous voulez avoir une idée de ses aventures et savoir ce qui lui est arrivé pendant l’absence, feuilletez le musée de Bruxelles ; il vous le dira avec la facilité d’informations qu’offre l’abrégé complet, véridique et très clair d’une histoire qui a duré deux siècles.
Je ne vous parle pas de la tenue du lieu, qui est parfaite. Beaux salons, belle lumière, œuvres de choix par leur beauté, leur rareté ou seulement par leur valeur historique. La plus ingénieuse exactitude à déterminer les provenances ; en tout, un goût, un soin, un savoir, un respect des choses de l’art, qui font aujourd’hui de ce riche recueil un musée modèle. Bien entendu, c’est avant tout un musée flamand, ce qui lui donne pour la Flandre un intérêt de famille, pour l’Europe un prix inestimable.
L’école hollandaise y figure à peine. On ne l’y cherche point. Elle y serait mal, hors de chez elle, pas dans son beau. Elle y trouverait des croyances et des habitudes qui ne sont pas les siennes ; elle y rencontrerait des mystiques, des catholiques et des païens, et ne ferait bon ménage avec aucun d’eux ; elle y serait avec les légendes, avec l’histoire antique, avec les souvenirs directs ou indirects des ducs de Bourgogne, des archiducs d’Autriche et aussi des ducs italiens, avec le pape, Charles-Quint, Philippe II, c’est-à-dire avec toutes choses et toutes gens qu’elle n’a pas connues, pas voulu voir ou qu’elle a reniées, contre lesquelles elle a combattu cent ans, et dont son génie, ses instincts, ses besoins, par conséquent sa destinée, devaient nettement et violemment la séparer. De Moerdick à Dordrecht, il n’y a que la Meuse à passer. Il y a tout un monde entre les deux frontières. Anvers est aux antipodes d’Amsterdam, et, par son éclectisme bon enfant et les côtés gaîment sociables de son génie, Rubens est plus près de s’entendre avec Véronèse, Tintoret, Titien, Corrège, même avec Raphaël, qu’avec Rembrandt, son frère d’origine, son contemporain, mais son intraitable contradicteur.
目录
本版本内容
- 01Full text
- 021. Belgique — Hollande
- 03I
- 04II
- 05III
- 06IV
- 072. Rubens et l’école flamande
- 08II
- 09III
- 10IV
- 11V
- 123. L’École hollandaise — Paul Potter
- 13II
- 14III
- 15IV
- 16V
- 174. Ruysdaël et Cuyp
- 18II
- 19III
- 20IV
- 21V
- 225. Frans Hals — La Ronde de nuit
- 23II.
- 24III.
- 256. Rembrandt — Les Van Eyck — Memling
- 26II.
- 27III.
- 28IV.