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Poésies de Stéphane Mallarmé

法语 BooksWhale 版本 · Stéphane Mallarmé

Un recueil symboliste majeur, fait de musique verbale, d’ellipse, de suggestion et de pureté formelle.

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图书简介

Poésies de Stéphane Mallarmé

Les Poésies de Mallarmé rassemblent une œuvre exigeante où la musique des mots, le blanc de la page, le symbole et l’allusion remplacent le récit direct. Ce volume est essentiel pour comprendre le symbolisme français, la poésie moderne et l’art de la suggestion.

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Poésies de Stéphane Mallarmé is a public-domain work: the author died in 1898, and the text was first published in 1899. This edition uses the original French text.

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Les poésies de Stéphane Mallarmé

photolithographiées du manuscrit définitif à 40 exemplaires numérotés

plus 7 exemplaires (A à G) non mis en vente

et une épreuve justificative de la radiation des planches

avec un ex-libris gravé par Félicien Rops

Paris, 1887

Éditions de la Revue Indépendante

Les couvertures ont été imprimées par Louis Boyer et

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le texte, pour le premier fascicule, par A. Broise et Courtier,

et, pour les huit suivants, par E. Lemercier et

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Le Guignon

Au dessus du bétail ahuri des humains

Bondissaient en clartés les sauvages crinières

Des mendieurs d’azur le pied dans nos chemins.

Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières

La flagellait de froid tel jusque dans la chair,

Qu’il y creusait aussi d’irritables ornières.

Toujours avec l’espoir de rencontrer la mer,

Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,

Mordant au citron d’or de l’idéal amer.

La plupart râla dans les défilés nocturnes,

S’enivrant du bonheur de voir couler son sang,

Ô Mort le seul baiser aux bouches taciturnes !

Leur défaite, c’est par un ange très puissant

Debout à l’horizon dans le nu de son glaive :

Une pourpre se caille au sein reconnaissant.

Ils tettent la douleur comme ils tétaient le rêve

Et quand ils vont rythmant des pleurs voluptueux

Le peuple s’agenouille et leur mère se lève.

Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux ;

Mais traînent à leurs pas cent frères qu’on bafoue,

Dérisoires martyrs de hazards tortueux.

Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,

Ils mangent de la cendre avec le même amour,

Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.

Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour

La servile pitié des races à voix ternes,

Égaux de Prométhée à qui manque un vautour !

Non, vils et fréquentant les déserts sans citernes,

Ils courent sous le fouet d’un monarque rageur,

Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne.

Amants, il saute en croupe à trois, le partageur !

Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare

Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.

Grâce à lui, si l’un souffle à son buccin bizarre,

Des enfants nous tordront en un rire obstiné

Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.

Grâce à lui, si l’une orne à point un sein fané

Par une rose qui nubile le rallume,

De la bave luira sur son bouquet damné.

Et ce squelette nain, coiffé d’un feutre à plume

Et botté, dont l’aisselle a pour poils vrais des vers,

Est pour eux l’infini de la vaste amertume.

Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,

Leur rapière grinçant suit le rayon de lune

Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.

Désolés sans l’orgueil qui sacre l’infortune,

Et tristes de venger leurs os de coups de bec,

Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.

Ils sont l’amusement des racleurs de rebec,

Des marmots, des putains et de la vieille engeance

Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.

Les poëtes bons pour l’aumône ou la vengeance,

Ne connaissant le mal de ces dieux effacés,

Les disent ennuyeux et sans intelligence.

« Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,

« Comme un vierge cheval écume de tempête

« Plutôt que de partir en galops cuirassés.

« Nous soûlerons d’encens le vainqueur dans la fête :

« Mais eux, pourquoi n’endosser pas, ces baladins,

« D’écarlate haillon hurlant que l’on s’arrête ! »

Quand en face tous leur ont craché les dédains,

Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,

Ces héros excédés de malaises badins

Vont ridiculement se pendre au réverbère.

Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs,

Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.

— C’était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie aimant à me martyriser

S’enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.

目录

本版本内容

  1. 01Poésies de Stéphane Mallarmé
  2. 02C
  3. 03C
  4. 04I
  5. 05II
  6. 06III
  7. 07IV
  8. 08V
  9. 09VI
  10. 10VII
  11. 11VIII
  12. 12IX
  13. 13X
  14. 14XI
  15. 15XII

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