French Edition
Literature
Cinq semaines en ballon
French BooksWhale Edition by Jules Verne
Le premier grand Verne lance le roman d'exploration aérienne entre science, Afrique, péril et invention.
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Book introduction
Cinq semaines en ballon
Cinq semaines en ballon suit le docteur Fergusson, Dick Kennedy et Joe dans une traversée de l'Afrique en ballon. Jules Verne associe géographie, technologie, humour d'aventure et tension dramatique dans le livre qui impose déjà sa méthode romanesque.
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Jules Verne est mort en 1905, et « Cinq semaines en ballon » a été publié pour la première fois en 1863; ces dates soutiennent le domaine public de cette édition française originale.
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Cinq semaines en ballon
Preview chapterCHAPITRE PREMIERPreview
La fin d'un discours très applaudi.--Présentation du docteur Samuel Fergusson--« Excelsior. »--Portrait en pied du docteur.--Un fataliste convaincu.--Dîner au Traveller's club.--Nombreux toasts.
Il y avait une grande affluence d'auditeurs, le 14 janvier 1862, à la séance de la Société royale géographique de Londres, Waterloo place, 3. Le président, sir Francis M..., faisait à ses honorables collègues une importante communication dans un discours fréquemment interrompu par les applaudissements.
Ce rare morceau d'éloquence se terminait enfin par quelques phrases ronflantes dans lesquelles le patriotisme se déversait à pleines périodes:
« L'Angleterre a toujours à la tête des nations (car, on l'a remarqué, les nations marchent universellement à la tête les unes des autres), « par l'intrépidité de ses voyageurs dans la voie des découvertes géographiques. (Assentiments nombreux.) Le docteur Samuel Fergusson, l'un de ses glorieux enfants, ne faillira pas à son origine. (De toutes parts: Non! non!) Cette tentative, si elle réussit (elle réussira!) reliera, en les complétant, les notions éparses de la cartologie africaine (véhémente approbation), et si elle échoue (jamais! jamais!), elle restera du moins comme l'un des plus audacieuses conceptions du génie humain! (Trépignements frénétiques.) »
--Hourra! hourra! fit l'assemblée électrisée par ces émouvantes paroles.
--Hourra pour l'intrépide Fergusson!» s'écria l'un des membres les plus expansifs de l'auditoire.
Des cris enthousiastes retentirent. Le nom de Fergusson éclata dans toutes les bouches, et nous sommes fondés à croire qu'il gagna singulièrement à passer par des gosiers anglais. La salle des séances en fut ébranlée.
Ils étaient là pourtant, nombreux, vieillis, fatigués, ces intrépides voyageurs que leur tempérament mobile promena dans les cinq parties du monde! Tous, plus ou moins, physiquement ou moralement, ils avaient échappé aux naufrages, aux incendies. aux tomahawks de l'Indien, aux casse-têtes du sauvage, au poteau du supplice, aux estomacs de la Polynésie! Mais rien ne put comprimer les battements de leurs cœurs pendant le discours de sir Francis M..., et, de mémoire humaine, ce fut là certainement le plus beau succès oratoire de la Société royale géographique de Londres Mais, en Angleterre, l'enthousiasme ne s'en tient pas seulement aux paroles. Il bat monnaie plus rapidement encore que le balancier de « the Royal Mint [La Monnaie à Londres.]. » Une indemnité d'encouragement fut votée, séance tenante, en faveur du docteur Fergusson, et s'éleva au chiffre de deux mille cinq cents livres[Soixante-deux mille cinq cents francs.]. L'importance de la somme se proportionnait à l'importance de l'entreprise.
L'un des membres de la Société interpella le président sur la question de savoir si le docteur Fergusson ne serait pas officiellement présenté.
« Le docteur se tient à la disposition de l'assemblée, répondit sir Francis M ...
--Qu'il entre! s'écria-t-on, qu'il entre! Il est bon de voir par ses propres yeux un homme d'une audace aussi extraordinaire!
--Peut-être cette incroyable proposition, dit un vieux commodore apoplectique, n'a-t-elle eu d'autre but que de nous mystifier!
--Et si le docteur Fergusson n'existait pas! cria une voix malicieuse.
--Il faudrait l'inventer, répondit un membre plaisant de cette grave Société.
--Faites entrer le docteur Fergusson, » dit simplement sir Francis M ...
Et le docteur entra au milieu d'un tonnerre d'applaudissements, pas le moins du monde ému d'ailleurs.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, de taille et de constitution ordinaires; son tempérament sanguin se trahissait par une coloration forcée du visage, il avait une figure froide, aux traits réguliers, avec un nez fort, le nez en proue de vaisseau de l'homme prédestiné aux découvertes; ses yeux fort doux, plus intelligents que hardis, donnaient un grand charme à sa physionomie; ses bras étaient longs, et ses pieds se posaient à terre avec l'aplomb du grand marcheur.
La gravité calme respirait dans toute la personne du docteur, et l'idée ne venait pas à l'esprit qu'il put être l'instrument de la plus innocente mystification.
Preview chapterCHAPITRE IIPreview
Un article du Daily Telegraph.--Guerre de journaux savants.
Le lendemain, dans son numéro du 16 janvier, le Daily Telegraph publiait un article ainsi conçu:
« L'Afrique va livrer enfin le secret de ses vastes solitudes; un Œdipe moderne nous donnera le mot de cette énigme que les savants de soixante siècles n'ont pu déchiffrer. Autrefois, rechercher les sources du Nil, fontes Nili quœrere, était regardé comme une tentative insensée, une irréalisable chimère. »
« Le docteur Barth, en suivant jusqu'au Soudan la route tracée par Denham et Clapperton; le docteur Livingstone, en multipliant ses intrépides investigations depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au bassin du Zambezi; les capitaines Burton et Speke, par la découverte des Grands Lacs intérieurs, ont ouvert trois chemins à la civilisation moderne; leur point d'intersection, où nul voyageur n'a encore pu parvenir, est le cœur même de l'Afrique. C'est là que doivent tendre tous les efforts. »
« Or, les travaux de ces hardis pionniers de la science vont être renoués par l'audacieuse tentative du docteur Samuel Fergusson, dont nos lecteurs ont souvent apprécié les belles explorations. »
« Cet intrépide découvreur (discoverer) se propose de traverser en ballon toute l'Afrique de l'est à l'ouest. Si nous sommes bien informés, le point de départ de ce surprenant voyage serait l'île de Zanzibar sur la côte orientale. Quant au point d'arrivée, à la Providence seule il est réservé de le connaître. »
« La proposition de cette exploration scientifique a été faite hier officiellement à la Société Royale de Géographie; une somme de deux mille cinq cents livres est votée pour subvenir aux frais de l'entreprise.
« Nous tiendrons nos lecteurs au courant de cette tentative, qui est sans précédents dans les fastes géographiques. »
Comme on le pense, cet article eut un énorme retentissement; il souleva d'abord les tempêtes de l'incrédulité, le docteur Fergusson passa pour un être purement chimérique, de l'invention de M. Barnum, qui, après avoir travaillé aux États-Unis, s'apprêtait à « faire » les Iles Britanniques.
Une réponse plaisante parut à Genève dans le numéro de février des « Bulletins de la Société Géographique », elle raillait spirituellement la Société Royale de Londres, le Traveller's club et l'esturgeon phénoménal.
Mais M. Petermann, dans ses « Mittheilungen, » publiés à Gotha, réduisit au silence le plus absolu le journal de Genève. M. Petermann connaissait personnellement le docteur Fergusson, et se rendait garant de l'intrépidité de son audacieux ami
Bientôt d'ailleurs le doute ne fut plus possible; les préparatifs du voyage se faisaient à Londres; les fabriques de Lyon avaient reçu une commande importante de taffetas pour la construction de l'aérostat; enfin le gouvernement britannique mettait à la disposition du docteur le transport le Resolute, capitaine Pennet
Aussitôt mille encouragements se firent jour, mille félicitations éclatèrent. Les détails de l’entreprise parurent tout au long dans les Bulletins de la Société Géographique de Paris; un article remarquable fut imprimé dans les « Nouvelles Annales des voyages, de la géographie, de l'histoire et de l'archéologie de M. V.-A. Malte-Brun »; un travail minutieux publié dans « Zeitschrift für Allgemeine Erdkunde, » par le docteur W. Koner, démontra victorieusement la possibilité du voyage, ses chances de succès, la nature des obstacles, les immenses avantages du mode de locomotion par la voie aérienne; il blâma seulement le point de départ; il indiquait plutôt Masuah, petit port de l'Abyssinie, d’où James Bruce, en 1768, s'était élancé à la recherche des sources du Nil. D'ailleurs il admirait sans réserve cet esprit énergique du docteur Fergusson, et ce cœur couvert d'un triple airain qui concevait et tentait un pareil voyage.
Le « North American Review » ne vit pas sans déplaisir une telle gloire réservée à l'Angleterre; il tourna la proposition du docteur en plaisanterie, et l'engagea à pousser jusqu'en Amérique, pendant qu'il serait en si bon chemin.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02CHAPITRE PREMIER
- 03CHAPITRE II
- 04CHAPITRE III
- 05CHAPITRE IV
- 06CHAPITRE V
- 07CHAPITRE VI
- 08CHAPITRE VII
- 09CHAPITRE VIII
- 10CHAPITRE IX
- 11CHAPITRE X
- 12CHAPITRE XI
- 13CHAPITRE XII
- 14CHAPITRE XIII
- 15CHAPITRE XIV
- 16CHAPITRE XV
- 17CHAPITRE XVI
- 18CHAPITRE XVII
- 19CHAPITRE XVIII
- 20CHAPITRE XIX
- 21CHAPITRE XX
- 22CHAPITRE XXI
- 23CHAPITRE XXII
- 24CHAPITRE XXIII
- 25CHAPITRE XXIV
- 26CHAPITRE XXV
- 27CHAPITRE XXVI
- 28CHAPITRE XXVII
- 29CHAPITRE XXVIII
- 30CHAPITRE XXIX
- 31CHAPITRE XXX
- 32CHAPITRE XXXI
- 33CHAPITRE XXXII
- 34CHAPITRE XXXIII
- 35CHAPITRE XXXIV
- 36CHAPITRE XXXV
- 37CHAPITRE XXXVI
- 38CHAPITRE XXXVII
- 39CHAPITRE XXXVIII
- 40CHAPITRE XXXIX
- 41CHAPITRE XL
- 42CHAPITRE XLI
- 43CHAPITRE XLII
- 44CHAPITRE XLIII
- 45CHAPITRE XLIV
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