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History
Considérations sur les causes de la grandeur des Romains
French BooksWhale Edition by Montesquieu
Une analyse classique de la puissance romaine, de ses institutions, de ses conquêtes et de son déclin.
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Book introduction
Considérations sur les causes de la grandeur des Romains
Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence examine les ressorts politiques, militaires et moraux de Rome, de son expansion à sa chute. Cette édition française originale s’adresse aux lecteurs d’histoire antique, de philosophie politique et de Montesquieu.
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Montesquieu est mort en 1755, et cette œuvre a été publiée en 1734. Ces dates soutiennent le statut de domaine public du texte français original.
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Considérations sur les causes de la grandeur des Romains
Montesquieu
Preview chapterCHAPITRE PREMIERPreview
CHAPITRE PREMIER
Preview chapter1. COMMENCEMENTS DE ROME. — 2. SES GUERRES.Preview
Il ne faut pas prendre de la ville de Rome, dans ses commencements, l’idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd’hui, à moins que ce ne soit de celles de la Crimée, faites pour renfermer le butin, les bestiaux et les fruits de la campagne. Les noms anciens des principaux lieux de Rome ont tous du rapport à cet usage. La ville n’avait pas même de rues, si l’on n’appelle de ce nom la continuation des chemins qui y aboutissaient. Les maisons étaient placées sans ordre et très petites: car les hommes, toujours au travail ou dans la place publique, ne se tenaient guère dans les maisons. Mais la grandeur de Rome parut bientôt dans ses édifices publics. Les ouvrages qui ont donné et qui donnent encore aujourd’hui la plus haute idée de sa puissance ont été faits sous les rois. On commençait déjà à bâtir la ville éternelle. Romulus et ses successeurs furent presque toujours en guerre avec leurs voisins pour avoir des citoyens, des femmes ou des terres. Ils revenaient dans la ville avec les dépouilles des peuples vaincus: c’étaient des gerbes de blé et des troupeaux; cela y causait une grande joie. Voilà l’origine des triomphes, qui furent dans la suite la principale cause des grandeurs où cette ville parvint. Rome accrut beaucoup ses forces par son union avec les Sabins, peuples durs et belliqueux comme les Lacédémoniens, dont ils étaient descendus.
Romulus prit leur bouclier, qui était large, au lieu du petit bouclier argien, dont il s’était servi jusqu’alors, et on doit remarquer que ce qui a le plus contribué à rendre les Romains les maîtres du monde, c’est qu’ayant combattu successivement contre tous les peuples ils ont toujours renoncé à leurs usages sitôt qu’ils en ont trouvé de meilleurs. On pensait alors dans les républiques d’Italie que les traités qu’elles avaient faits avec un roi ne les obligeaient point envers son successeur; c’était pour elles une espèce de droit des gens: ainsi tout ce qui avait été soumis par un roi de Rome se prétendait libre sous un autre, et les guerres naissaient toujours des guerres. Le règne de Numa, long et pacifique, était très propre à laisser Rome dans sa médiocrité, et, si elle eût eu dans ce temps-là un territoire moins borné et une puissance plus grande, il y a apparence que sa fortune eût été fixée pour jamais. Une des causes de sa prospérité, c’est que ses rois furent tous de grands personnages. On ne trouve point ailleurs, dans les histoires, une suite non interrompue de tels hommes d’État et de tels capitaines Dans la naissance des sociétés, ce sont les chefs des républiques qui font l’institution, et c’est ensuite l’institution qui forme les chefs des républiques. Tarquin prit la couronne sans être élu par le sénat ni par le peuple. Le pouvoir devenait héréditaire;
il le rendit absolu. Ces deux révolutions furent bientôt suivies d’une troisième. Son fils Sextus, en violant Lucrèce, fit une chose qui a presque toujours fait chasser les tyrans des villes où ils ont commandé: car le peuple, à qui une action pareille fait si bien sentir sa servitude, prend d’abord une résolution extrême. Un peuple peut aisément souffrir qu’on exige de lui de nouveaux tributs: il ne sait pas s’il ne retirera point quelque utilité de l’emploi qu’on fera de l’argent qu’on lui demande; mais, quand on lui fait un affront, il ne sent que son malheur, et il y ajoute l’idée de tous les maux qui sont possibles. Il est pourtant vrai que la mort de Lucrèce ne fut que l’occasion de la révolution qui arriva; car un peuple fier, entreprenant, hardi et renfermé dans des murailles, doit nécessairement secouer le joug ou adoucir ses mœurs. Il devait arriver de deux choses l’une: ou que Rome changerait son gouvernement; ou qu’elle resteroit une petite et pauvre monarchie. L’histoire moderne nous fournit un exemple de ce qui arriva pour lors à Rome, et ceci est bien remarquable: car, comme les hommes ont eu dans tous les temps les mêmes passions, les occasions qui produisent les grands changements sont différentes, mais les causes sont toujours les mêmes.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02CHAPITRE PREMIER
- 031. COMMENCEMENTS DE ROME. — 2. SES GUERRES.
- 04CHAPITRE II.
- 05DE L’ART DE LA GUERRE CHEZ LES ROMAINS.
- 06CHAPITRE III.
- 07COMMENT LES ROMAINS PURENT S’AGRANDIR.
- 08CHAPITRE IV.
- 09CHAPITRE V.
- 10DE L’ÉTAT DE LA GRÈCE, DE LA MACÉDOINE,
- 11DE LA SYRIE ET DE L’ÉGYPTE
- 12APRÈS L’ABAISSEMENT DES CARTHAGINOIS.
- 13CHAPITRE VI.
- 14CHAPITRE VII.
- 15COMMENT MITHRIDATE PUT LEUR RÉSISTER.
- 16CHAPITRE VIII.
- 17DES DIVISIONS
- 18QUI FURENT TOUJOURS DANS LA VILLE.
- 19CHAPITRE IX.
- 20DEUX CAUSES DE LA PERTE DE ROME.
- 21CHAPITRE X.
- 22DE LA CORRUPTION DES ROMAINS.
- 23CHAPITRE XI.
- 241. DE SYLLA. — 2. DE POMPÉE ET CÉSAR.
- 25CHAPITRE XII.
- 26DE L’ÉTAT DE ROME APRÈS LA MORT DE CÉSAR.
- 27CHAPITRE XIII.
- 28AUGUSTE.
- 29CHAPITRE XIV.
- 30TIBÈRE.
- 31CHAPITRE XV.
- 32DES EMPEREURS, DEPUIS CAIUS CALIGULA
- 33JUSQU’À ANTONIN.
- 34CHAPITRE XVI.
- 35DE L’ÉTAT DE L’EMPIRE DEPUIS ANTONIN
- 36JUSQU’À PROBUS.
- 37CHAPITRE XVII.
- 38CHANGEMENT DANS L’ÉTAT.
- 39CHAPITRE XVIII.
- 40NOUVELLES MAXIMES PRISES PAR LES ROMAINS.
- 41CHAPITRE XIX.
- 421. GRANDEUR D’ATTILA.
- 432. CAUSE DE L’ÉTABLISSEMENT DES BARBARES.
- 443. RAISONS POURQUOI L’EMPIRE D’OCCIDENT
- 45FUT LE PREMIER ABATTU.
- 46CHAPITRE XX.
- 471. DES CONQUÊTES DE JUSTINIEN.
- 482. DE SON GOUVERNEMENT.
- 49CHAPITRE XXI.
- 50DÉSORDRES DE L’EMPIRE D’ORIENT.
- 51CHAPITRE XXII.
- 52FAIBLESSE DE L’EMPIRE D’ORIENT.
- 53CHAPITRE XXIII.
- 541. RAISON DE LA DURÉE DE L’EMPIRE D’ORIENT.
- 552. SA DESTRUCTION.
- 56(M.)
- 57(M.)
- 58(M.)
- 59(M.).
- 60(M.)
- 61Lettre de Cicéron à Quintius, III, VIII
- 62(M.)
- 63(M.)
- 64(M.)
- 65(M.)
- 66(M.)
- 67(M.)
- 68(M.)
- 69(M.)
- 70TABLE
- 71DES MATIÈRES
- 72CONTENUES DANS LES CONSIDÉRATIONS SUR LES ROMAINS.
- 73A
- 74B
- 75C
- 76D
- 77E
- 78F
- 79G
- 80H
- 81I
- 82J
- 83K
- 84L
- 85M
- 86N
- 87O
- 88P
- 89R
- 90S
- 91T
- 92U
- 93V
- 94Z
- 95FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES
- 96CONTENUES DANS LES CONSIDÉRATIONS SUR LES ROMAINS.
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