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Art
Du principe de l’art et de sa destination sociale
French BooksWhale Edition by Pierre-Joseph Proudhon
Un essai sur art, société, morale, réalisme et rôle public de la création.
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Book introduction
Du principe de l’art et de sa destination sociale
Du principe de l’art et de sa destination sociale défend une conception sociale de l’art, liée à la morale, au réel et à la vie collective. Proudhon y propose une réflexion vigoureuse sur esthétique, peinture, société et responsabilité publique.
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Pierre-Joseph Proudhon est mort en 1865; l’œuvre a été publiée en 1865. Ces dates soutiennent le fondement de domaine public de cette édition.
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Du principe de l’art et de sa destination sociale
Pierre-Joseph Proudhon
Preview chapterAVERTISSEMENT AU LECTEURPreview
Deux jours avant sa mort, en présence de sa femme, Proudhon dictait à l'aînée de ses filles un écrit par lequel, après avoir désigné un certain nombre d’amis pour veiller, tant aux intérêts de sa famille qu’à la publication de ses œuvres, il nous chargeait spécialement et collectivement de ce dernier soin.
La première fois que nous avons pu nous réunir tous les six, nous avons reconnu, pour ceux d’entre nous que leur position tient éloignés de Paris, l’impossibilité de travailler activement à la mise en ordre des manuscrits laissés par Proudhon. Leur concours se bornera donc, le plus souvent, à une simple constatation d’authenticité.
Responsables envers la grande mémoire de notre ami, nous ne manquerons jamais, en faisant paraître un de ses ouvrages posthumes, de dire quelles parties ont été terminées par l’auteur, quelles autres ont été seulement préparées par lui.
Le livre que nous publions aujourd’hui se divise en vingt-cinq chapitres, dont quinze ont été complètement rédigés par Proudhon; ce sont ceux qui portent les numéros I, II, III, IV, V, VI, — VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV, — XVII. Les autres, c’est-à-dire les chapitres VII, — XVI, — XVIII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV et XXV ont été agencés par nous et mis en ordre d’après les indications laissées par Proudhon.
En prenant connaissance des nombreux manuscrits de ce grand travailleur, nous avons trouvé la note suivante, écrite de sa propre main, à une époque où il n’avait pas encore livré à l’éditeur le manuscrit sur la Capacité politique des classes ouvrières.
OUVRAGES COMMENCÉS OU PRÉPARÉS, À TERMINER:
1. Les Classes ouvrières.
2. De l’Art (à propos de Courbet).
3. Théorie de la Propriété.
4. Géographie politique et Nationalité.
5. La France et le Rhin (réfutation d’Amédée Thierry).
6. Théorie du mouvement constitutionnel en Europe ou: Qu’est-ce enfin que la République?
7. Histoire de Jéhovah.
8. Conclusions sur les Évangiles et la Vie de Jésus.
9. Histoire de Pologne.
10. Parallèle entre Napoléon I et Wellington (réfutation de Thiers)
11. De la Pornocratie ou les femmes.
12. Les Normaliens.
13. Histoire condensée de Napoléon I, d’après Thiers.
14. Critique littéraire (Revue): V. Hugo, Renan, Lamartine, etc.
15. Cours d’Économie politique.
16. Suite du Spéculateur à la Bourse, nouveau Manuel.
17. Mélanges, articles sur divers sujets.
L’étude (n 16) indiquée sous ce titre: Suite du Spéculateur à la Bourse, devait être faite, comme le Manuel même, en collaboration avec G. Duchêne, à qui Proudhon remettait, à fur et mesure, tous les éléments de ce travail. Les matériaux se composent: 1° d’un plan dont la division par chapitres a été faite, et les sommaires écrits par Proudhon; 2° d’une brochure de 214 pages, entièrement de lui, restée complétement inédite, bien qu’elle ait été tirée en épreuves (Bruxelles, 1859); 3° des lettres et notes explicatives adressées par l’auteur à G. Duchêne, de 1858 à 1864; 4° de toutes les notes recueillies sur ce sujet pendant sept ans.
L’ouvrage se compose de cinq études, réunies sous ce titre général indiqué par Proudhon: la Féodalité industrielle. Les sous-titres, suffisamment indicatifs du sujet et de ses divisions, sont:
1re étude: Fondateurs et Actionnaires.
2e - Les grandes Compagnies et le Public.
3e - La Finance et le Salariat.
4e - La haute Banque et l’État.
5e - Théorie de la Force collective: Conclusion sur les quatre études précédentes.
L’ouvrage, achevé par Duchêne, sans que Proudhon ait pu le revoir, paraîtra, en raison de cette circonstance, avec cette mention: Rédigé, sur le plan et les notes de P. J. PROUDHON, par Georges Duchêne.
Preview chapterCHAPITRE PREMIERPreview
Question générale soulevée par les essais de M. Courbet. — Contradiction des écoles: Nécessité d’une solution.
Gustave COURBET, l’artiste aux violents paradoxes, vient de produire une œuvre dont le scandale aurait effacé tous ceux dont il s’est depuis quinze ans rendu coupable, si le gouvernement n’avait pris soin d’y mettre ordre en excluant purement et simplement de l’exposition (1863) cette peinture téméraire. Par ordre supérieur, le Retour de la conférence n’a figuré au palais de l’Industrie ni parmi les admis, ni parmi les exclus. À cette occasion, les adversaires de l’auteur n’ont pas manqué de s’écrier que cette petite persécution était justement ce qu’il cherchait. — «Courbet,
disent-ils, est à sa dernière ficelle. Après avoir agacé le public de ses laideurs recherchées, le voilà qui a recours à l’inconvenance des sujets. A force de cynisme, il ne pouvait manquer de s’attirer un coup d’État: seul moyen qui lui restât de faire encore une fois parler de lui. Maintenant, que les étrangers chez lesquels il va colporter son chef-d’œuvre lui témoignent en florins, guinées et dollars leur indiscrète curiosité, c’est tout ce qu’il demande. Qu’ils sachent seulement que ce prétendu maître peintre, fondateur équivoque d’une école sans élèves, qui n’a jamais su formuler son principe, cet insulteur de l’art, est jugé; il n’a plus rien à montrer aux badauds; il est à bout de surprises et de charlatanisme.» Et le public, — qui n’entend rien à ces disputes d’artistes, — d’ouvrir de grands yeux, médiocre amateur de peinture, mais très-affriandé de scandale.
Qu’on se figure, sur un grand chemin, au pied d’un chêne bénit, en face d’une sainte image, sous le regard sardonique du paysan moderne, une scène d’ivrognes appartenant tous à la classe la plus respectable de la société, au sacerdoce: là, le sacrilège se joignant a la soûlerie, le blasphème tombant sur le sacrilège; les sept péchés capitaux, l’hypocrisie en tète, défilant eu costume ecclésiastique; une vapeur libidineuse circulant à travers les groupe; enfin, par un vigoureux contraste, cette petite orgie de la vie cléricale se passant au sein d’un paysage à la fois charmant et grandiose, comme si l’homme, dans sa plus haute dignité, n’existait que pour souiller de son indélébile corruption l’innocente nature: voilà, en quelques lignes, ce que s’est avisé de représenter Courbet. Encore s’il s’était contenté, pour épancher sa verve, de quelques pieds carrés de toile! Mais non, il a bâti une immense machine, une vaste composition, comme s’il se fût agi du Christ sur le Calvaire, d’Alexandre le Grand à son entrée en Babylone, ou du Serment du Jeu de paume.
Aussi, lorsque cette joyeuseté picturale parut devant le jury, il y eut clameur de haro; l’autorité décida l’exclusion. Mais Courbet récrimine: plus que jamais il accuse ses confrères, en masse, de méconnaître la pensée intime et la haute mission de l’art, de le dépraver, de le prostituer avec leur idéalisme; et il faut avouer que la décadence aujourd’hui signalée par tous les amateurs et critiques n’est pas peu faite pour donner au proscrit au moins une apparence de raison. Qui a tort, du soi-disant réaliste Courbet, ou de ses détracteurs, champions de l’idéal? Qui jugera ce procès, où l’art lui-même, avec tout ce qui le constitue et qui en dépend, est mis en question?
Je n’entends nullement me faire ici le prôneur ou garant des fantaisies de M. Courbet. Qu’il soit estimé à sa juste valeur, conformément aux principes et aux règles de l’art, c’est tout ce que je souhaite à cet artiste, et dont je laisse volontiers le soin au public. Mais encore faut-il qu’on le comprenne, surtout que ses antagonistes se comprennent eux-mêmes. Qu’est-ce que cet Art, que tous cultivent avec plus ou moins d’éclat? quel en est le principe, quelle en est la fin, quelles en sont les règles? Chose étrange, il n’y a personne, ni à l’Académie ni ailleurs, qui soit peut-être en état de le dire. L'art est un indéfinissable, quelque chose de mystique, la poésie, la fantaisie, tout ce que vous voudrez, qui échappe à l’analyse, n’existe que pour lui-même, et ne connaît pas de règles. Recueillez les discours, rassemblez les écrits, faites le dépouillement des critiques: je suis fort trompé si vous obtenez rien de plus.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02AVERTISSEMENT AU LECTEUR
- 03CHAPITRE PREMIER
- 04CHAPITRE II
- 05CHAPITRE III
- 06CHAPITRE IV
- 07CHAPITRE V
- 08CHAPITRE VI
- 09CHAPITRE VII
- 10CHAPITRE VIII
- 11CHAPITRE IX
- 12CHAPITRE X
- 13CHAPITRE XI
- 14CHAPITRE XII
- 15CHAPITRE XIII
- 16CHAPITRE XIV
- 17CHAPITRE XV
- 18CHAPITRE XVI
- 19Ipsa medullinsefricturn crissantis adorat.
- 20CHAPITRE XVII
- 21CHAPITRE XVIII
- 22CHAPITRE XIX
- 23CHAPITRE XX
- 24CHAPITRE XXI
- 25CHAPITRE XXII
- 26CHAPITRE XXIII
- 27Ici je prévois une objection.
- 28CHAPITRE XXIV
- 29Il fit un tel carnage avec son cimeterre,
- 30Il suffit, pour sauver même l’homme inclément,
- 31CHAPITRE XXV
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