
French Edition
Literature
En route
French BooksWhale Edition by Joris-Karl Huysmans
Un roman de crise spirituelle, art sacré, liturgie et conversion intérieure.
- Preview
- A sample from the prepared text
- Formats
- Online reader, EPUB, PDF
- Access
- Library claim
Book introduction
En route
En route accompagne Durtal dans une recherche religieuse intense, entre lassitude du monde moderne, fascination pour le chant liturgique, retraite monastique et combat intérieur. Huysmans fait du roman un itinéraire spirituel dense et sensoriel.
BooksWhale edition
How this edition was prepared
This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.
Public domain basis
Why this edition can be shared
Joris-Karl Huysmans est mort en 1907; l’œuvre a été publiée en 1895. Ces dates soutiennent le fondement de domaine public de cette édition.
Read preview
A sample from the prepared text
Preview selected from the prepared reader text.
Preview chapterFull textRead preview
En route
Joris-Karl Huysmans
Preview chapterPREMIÈRE PARTIEPreview
PREMIÈRE PARTIE
Preview chapterIPreview
C’était pendant la première semaine de novembre, la semaine où se célèbre l’octave des morts. Durtal entra, le soir, à huit heures, à Saint-Sulpice. Il fréquentait volontiers cette église parce que la maîtrise y était exercée et qu’il pouvait, loin des foules, s’y trier en paix. L’horreur de cette nef, voûtée de pesants berceaux, disparaissait avec la nuit; les bas côtés étaient souvent déserts, les lampes peu nombreuses éclairaient mal; l’on pouvait se pouiller l’âme sans être vu, l’on était chez soi.
Durtal s’assit derrière le maître-autel, à gauche, sous la travée qui longe la rue de Saint-Sulpice; les réverbères de l’orgue de chœur s’allumèrent. Au loin, dans la nef presque vide, un ecclésiastique parlait en chaire. Il reconnut à la vaseline de son débit, à la graisse de son accent, un prêtre, solidement nourri, qui versait, d’habitude, sur ses auditeurs, les moins omises des rengaînes.
Pourquoi sont-ils si dénués d’éloquence? se disait Durtal. J’ai eu la curiosité d’en écouter un grand nombre et tous se valent. Seul, le son de leurs voix diffère. Suivant leur tempérament, les uns l’ont macéré dans le vinaigre et les autres l’ont mariné dans l’huile. Un mélange habile n’a jamais lieu. Et il se rappelait des orateurs choyés comme des ténors, Monsabré, Didon, ces Coquelin d’église et, plus bas encore que ces produits du conservatoire catholique, la belliqueuse mazette qu’est l’abbé d’Hulst!
Après cela, reprit-il, ce sont ces médiocres-là que réclame la poignée de dévotes qui les écoute. Si ces gargotiers d’âmes avaient du talent, s’ils servaient à leurs pensionnaires des nourritures fines, des essences de théologie, des coulis de prières, des sucs concrets d’idées, ils végéteraient incompris des ouailles. C’est donc pour le mieux, en somme. Il faut un clergé dont l’étiage concorde avec le niveau des fidèles; et certes, la Providence y a vigilamment pourvu.
Un piétinement de souliers, puis des chaises dérangées qui crissèrent
sur les dalles l’interrompirent. Le sermon avait pris fin.
Dans un grand silence, l’orgue préluda, puis s’effaça, soutint seulement l’envolée des voix.
Un chant lent, désolé, montait, le «De Profundis». Des gerbes de voix filaient sous les voûtes, fusaient avec les sons presque verts des harmonicas, avec les timbres pointus des cristaux qu’on brise.
Appuyées sur le grondement contenu de l’orgue, étayées par des basses si creuses qu’elles semblaient comme descendues en elles-mêmes, comme souterraines, elles jaillissaient, scandant le verset «De profundis ad te clamavi, Do», puis elles s’arrêtaient exténuées, laissaient tomber ainsi qu’une lourde larme la syllabe finale, «mine»;--et ces voix d’enfants proches de la mue reprenaient le deuxième verset du psaume «Domine exaudi vocem meam» et la seconde moitié du dernier mot restait encore en suspens, mais au lieu de se détacher, de tomber à terre, de s’y écraser telle qu’une goutte, elle semblait se redresser d’un suprême effort et darder jusqu’au ciel le cri d’angoisse de l’âme désincarnée, jetée nue, en pleurs, devant son Dieu.
Et, après une pause, l’orgue assisté de deux contrebasses mugissait, emportant dans son torrent toutes les voix, les barytons, les ténors et les basses, ne servant plus seulement alors de gaînes aux lames aiguës des gosses, mais sonnant découvertes, donnant à pleine gorge, et l’élan des petits soprani les perçait quand même, les traversait, pareil à une flèche de cristal, d’un trait.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02PREMIÈRE PARTIE
- 03I
- 04Il est maintenant altéré et décousu, vainement dominé par le fracas des
- 05II
- 06III
- 07IV
- 08V
- 09Il n’y manquait alors qu’une cage à serins, des photographies dans des
- 10Il y eut un instant de silence.
- 11Il se prit à rêvasser en les regardant.
- 12Il essaya, une fois de plus, de l’éloigner, mais elle riait, étendue,
- 13Il la déshabilla lentement, se plaisant à des haltes, fermant les yeux,
- 14VI
- 15Il se plaignait de ces égarements, de ces distractions, au prêtre qui
- 16Il connaissait maintenant les attendrissantes aides des soirées pieuses.
- 17Il lui expliqua ses crises, à mots couverts; et il se sentait si
- 18VII
- 19il le vit.
- 20Il y eut un instant de silence.
- 21VIII
- 22Il se mit à rire et dit à l’abbé:
- 23Ils étaient arrivés, en causant, au bout de la rue de Sèvres; l’abbé
- 24Ils firent quelques pas dans la rue et l’abbé reprit:
- 25Il saisit le bras de Durtal et doucement dit:
- 26IX
- 27Il lut:
- 28X
- 29Il ne pouvait assigner aucune cause précise à cette attaque; il avait
- 30Il finit par s’endormir, par tuer la journée dans son lit, sommeillant,
- 31DEUXIÈME PARTIE
- 32I
- 33Il se rappelait qu’une revue avait jadis évalué à deux cent mille, pour
- 34Il faut pourtant que je me décide à sonner;--et, les jambes cassées, il
- 35Il retourna cette pancarte; elle contenait, sur une autre face, un
- 36Il n’eut pas longtemps à se débattre avec lui-même, car presque aussitôt le moine entra et lui dit:
- 37Il lui donna un œuf.
- 38Il se rendit à la chapelle; elle était encore déserte; il profita de
- 39II
- 40Il recourut, pour se remettre, à des affusions d’eau froide, ouvrit la
- 41Il faisait nuit noire; à la hauteur d’un premier étage, un œil de bœuf
- 42Il fit un pas, se signa et recula, car il venait de heurter un corps; il regarda à ses pieds.
- 43Il entrait sur un champ de bataille.
- 44Il vint au-devant de Durtal, et il tendit le bec, attendant sans doute
- 45Il s’arrêta et sans même qu’il eût besoin de la sonder, sa vie bondit en des jets d’ordures.
- 46Il recula, il y en avait tant, de toutes sortes, qu’il s’abîma dans le
- 47Il s’étrangla et les larmes contenues partirent; il pleura, le corps
- 48Il y eut une seconde d’intervalle et la voix pure et faible du vieux
- 49Ils arrivèrent à l’hôtellerie, trouvèrent le P. Étienne s’excusant,
- 50Il quitta sa chambre.--Ah! voici le fameux règlement, se dit-il, en
- 51Il s’approcha et il lut:
- 52Il se composait de nombreux articles et débutait par ces mots:
- 53III
- 54Il s’assit sur un banc, puis craignant une ondée, car le temps tournait
- 55Il descendit un peu avant l’heure--et le cœur lui manqua, lorsqu’il
- 56Il arrivait aux forfaits des chairs. Sa voix faiblit.
- 57Il se tut, puis lentement, il reprit:
- 58Il s’approcha de Durtal et lui dit:
- 59ils causèrent.
- 60Il arriva au réfectoire, la tête basse.
- 61Il n’écoutait même point l’entretien qui se traînait, à côté de lui,
- 62Il se battait, tout seul, en mâchant, le nez dans son assiette.
- 63Il sortit de table, agité par une angoisse sourde et il erra dans le
- 64Il se tut, eut une minute d’accalmie et soudain un nouvel élément de
- 65Il regardait son chapelet dont il avait égrené dix grains.
- 66Il demeura perplexe.
- 67Il pivotait sur lui-même, sans avancer d’un pas.
- 68Il demeura interloqué, presque effrayé de cet état qui était nouveau
- 69Il s’exaspéra, se rua, pour obtenir son propre silence, sur le rosaire.
- 70Il finit par les expédier; il était à bout de forces.
- 71Il se reprocha d’avoir geint ces prières, négligemment, sans même avoir
- 72Il s’ahurit si bien, à se sentir martelé tel qu’une enclume, entre ces
- 73Il atteignit ainsi l’heure des Vêpres et le souper. Après ce repas, il
- 74Il glissa son bras sous celui de Durtal, le ramena à l’auditoire, le
- 75impatienté et vous avez fini par battre la campagne.
- 76Il pria, se coucha. Et, soudain, par une nouvelle tactique qu’il ne
- 77IV
- 78Il tendit la main à Durtal et le pria de s’asseoir.
- 79ingénu et même transparent, si l’on veut.
- 80Ils marchèrent, silencieusement, le long d’une allée qui dévalait dans
- 81Il a le pouvoir de sentir le Malin là où il se cache et il le poursuit,
- 82Il y eut un grognement de joie sur les lèvres du vieillard. Il sourit et les invita d’un signe à le suivre.
- 83Ils le quittèrent, en le remerciant de sa complaisance.
- 84Ils se turent, puis prévenus par les cloches qui sonnaient les Vêpres,
- 85ils se dirigèrent vers l’église.
- 86V
- 87Il y eut encore un temps de repos; et l’attaque tourna et se rua sur un
- 88Il se balbutiait:--je tâcherais de ne pas céder!
- 89Il piétinait au hasard d’une allée, quand un nouveau phénomène surgit.
- 90Il gisait, à mi-côte, dans la cécité, dans l’ombre, il ne savait où.
- 91VI
- 92Ils doivent être différents de ceux de la semaine, se dit-il, et il
- 93Il put enfin s’habiller et vint célébrer le sacrifice.
- 94VII
- 95Il en ouvrit un autre: «l’Introduction à la vie dévote», de saint
- 96Il lui raconta sa rencontre.
- 97Il consulta, à ce propos, l’oblat, le soir, mais M. Bruno se contenta de sourire, sans répondre.
- 98VIII
- 99Il faudrait pouvoir donner un tour de clef à la pensée et l’on en est
- 100incapable.
- 101Ils étaient arrivés, tout en bavardant, devant l’hôtellerie.
- 102IX
- 103Il visita les corridors, finit par croiser le père dans la cour.
- 104Il était un peu gêné pour aborder cette question; aux premiers mots,
- 105Ils se regardèrent.
- 106Il avait l’air à la fois bonhomme et décidé et son petit œil gris
- 107Il tressauta et se tut, ébloui par des jets de lumière électrique qui
- 108Il était de retour à Paris.
Language availability
Other languages
Additional language editions are not published yet. This section will link to other BooksWhale editions when they become available.
Request another language