
French Edition
Literature
Fort comme la mort
French BooksWhale Edition by Guy de Maupassant
Un roman mondain et mélancolique sur amour vieillissant, portrait, jalousie et illusion.
- Preview
- A sample from the prepared text
- Formats
- Online reader, EPUB, PDF
- Access
- Library claim
Book introduction
Fort comme la mort
Fort comme la mort explore l’amour, le vieillissement, le désir et l’art dans le monde élégant de la haute société parisienne. Maupassant y suit un peintre célèbre pris entre passion ancienne, image idéalisée et peur du temps, dans un roman psychologique d’une grande finesse.
BooksWhale edition
How this edition was prepared
This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.
Public domain basis
Why this edition can be shared
Guy de Maupassant est mort en 1893, et Fort comme la mort a été publié en 1889. Ces dates soutiennent le fondement de domaine public de cette édition française originale.
Read preview
A sample from the prepared text
Preview selected from the prepared reader text.
Preview chapterFull textRead preview
Fort comme la mort
Guy de Maupassant
Preview chapterPREMIÈRE PARTIEPreview
PREMIÈRE PARTIE
Preview chapterIPreview
Le jour tombait dans le vaste atelier par la baie ouverte du plafond. C'était un grand carré de lumière éclatante et bleue, un trou clair sur un infini lointain d'azur, où passaient, rapides, des vols d'oiseaux.
Mais à peine entrée dans la haute pièce sévère et drapée, la clarté joyeuse du ciel s'atténuait, devenait douce, s'endormait sur les étoffes, allait mourir dans les portières, éclairait à peine les coins sombres où, seuls, les cadres d'or s'allumaient comme des feux. La paix et le sommeil semblaient emprisonnés là dedans, la paix des maisons d'artistes où l'âme humaine a travaillé. En ces murs que la pensée habite, où la pensée s'agite, s'épuise en des efforts violents, il semble que tout soit las, accablé, dès qu'elle s'apaise. Tout semble mort après ces crises de vie; et tout repose, les meubles, les étoffes, les grands personnages inachevés sur les toiles, comme si le logis entier avait souffert de la fatigue du maître, avait peiné avec lui, prenant part, tous les jours, à sa lutte recommencée. Une vague odeur engourdissante de peinture, de térébenthine et de tabac flottait, captée par les tapis et les sièges; et aucun autre bruit ne
troublait le lourd silence que les cris vifs et courts des hirondelles qui passaient sur le châssis ouvert, et la longue rumeur confuse de Paris à peine entendue par-dessus les toits. Rien ne remuait que la montée intermittente d'un petit nuage de fumée bleue s'élevant vers le plafond à chaque bouffée de cigarette qu'Olivier Bertin, allongé sur son divan, soufflait lentement entre ses lèvres.
Le regard perdu dans le ciel lointain, il cherchait le sujet d'un nouveau tableau. Qu'allait-il faire? Il n'en savait rien encore. Ce n'était point d'ailleurs un artiste résolu et sûr de lui, mais un inquiet dont l'inspiration indécise hésitait sans cesse entre toutes les manifestations de l'art. Riche, illustre, ayant conquis tous les honneurs, il demeurait, vers la fin de sa vie, l'homme qui ne sait pas encore au juste vers quel idéal il a marché. Il avait été prix de Rome, défenseur des traditions, évocateur, après tant d'autres, des grandes scènes de l'histoire; puis, modernisant ses tendances, il avait peint des hommes vivants avec des souvenirs classiques. Intelligent, enthousiaste, travailleur tenace au rêve changeant, épris de son art qu'il connaissait à merveille, il avait acquis, grâce à la finesse de son esprit, des qualités d'exécution remarquables et une grande souplesse de talent née en partie de ses hésitations et de ses
tentatives dans tous les genres. Peut-être aussi l'engouement brusque du monde pour ses oeuvres élégantes, distinguées et correctes, avait-il influencé sa nature en l'empêchant d'être ce qu'il serait normalement devenu. Depuis le triomphe du début, le désir de plaire toujours le troublait sans qu'il s'en rendît compte, modifiait secrètement sa voie, atténuait ses convictions. Ce désir de plaire, d'ailleurs, apparaissait chez lui sous toutes les formes et avait contribué beaucoup à sa gloire.
L'aménité de ses manières, toutes les habitudes de sa vie, le soin qu'il prenait de sa personne, son ancienne réputation de force et d'adresse, d'homme d'épée et de cheval, avaient fait un cortège de petites notoriétés à sa célébrité croissante. Après _Cléopâtre,_ la première toile qui l'illustra jadis, Paris brusquement s'était épris de lui, l'avait adopté, fêté, et il était devenu soudain un de ces brillants artistes mondains qu'on rencontre au bois, que les salons se disputent, que l'Institut accueille dès leur jeunesse. Il y était entré en conquérant avec l'approbation de la ville entière.
La fortune l'avait conduit ainsi jusqu'aux approches de la vieillesse, en le choyant et le caressant.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02PREMIÈRE PARTIE
- 03I
- 04II
- 05III
- 06IV
- 07DEUXIÈME PARTIE
- 08I
- 09II
- 10III
- 11IV
- 12V
- 13VI
Language availability
Other languages
Additional language editions are not published yet. This section will link to other BooksWhale editions when they become available.
Request another language