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French Edition

Theology

Institution de la religion chrétienne

French BooksWhale Edition by Jean Calvin

Un traité majeur de théologie réformée sur foi, Écriture, grâce, Église, sacrements et vie chrétienne.

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Book introduction

Institution de la religion chrétienne

Institution de la religion chrétienne expose la pensée théologique de Jean Calvin dans une forme française destinée à instruire, défendre et organiser la foi réformée. L’ouvrage traite de Dieu, de l’Écriture, du Christ, de la grâce, de la foi, de la prière, des sacrements, de l’Église et de la discipline chrétienne, avec une influence durable sur la Réforme.

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Jean Calvin died in 1564, and The Institutes of the Christian Religion was first published in 1541. These dates support the public-domain basis for this original-language edition.

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Institution de la religion chrétienne

Au Roy de France

au roy de france très chrestien,

françois, premier de ce nom, son prince et souverain seigneur, jehan calvin,

paix et salut en jésus-christ.

Au commencement que je m’appliquay à escrire ce présent livre, je ne pensoye rien moins, Sire, que d’escrire choses qui fussent présentées à vostre Majesté : seulement mon propos estoit d’enseigner quelques rudimens, par lesquels ceux qui seroyent touchez d’aucune bonne affection de Dieu, fussent instruits à la vraye piété. Et principalement je vouloye par ce mien labeur servir à nos François : desquels j’en voyoye plusieurs avoir faim et soif de Jésus-Christ, et bien peu qui en eussent receu droicte cognoissance. Laquelle miene délibération on pourra facilement appercevoir du livre, entant que je l’ay accomodé à la plus simple forme d’enseigner qu’il m’a esté possible. Mais voyant que la fureur d’aucuns iniques s’estoit tant eslevée en vostre Royaume, qu’elle n’avoit laissé lieu aucun à toute saine doctrine, il m’a semblé estre expédient de faire servir ce présent livre, tant d’instruction à ceux que premièrement j’avoye délibéré d’enseigner, qu’aussi de confession de foy envers vous : dont vous cognoissiez quelle est la doctrine contre laquelle d’une telle rage furieusement sont enflambez ceux qui par feu et par glaive troublent aujourd’huy vostre Royaume. Car je n’auray nulle honte de confesser que j’ay yci comprins quasi une somme de ceste mesme doctrine laquelle ils estiment devoir estre punie par prison, bannissement, proscription et feu : et 37

laquelle ils crient devoir estre deschassée hors de terre et de mer. Bien say-je de quels horribles rapports ils ont remply vos aureilles et vostre cœur, pour vous rendre nostre cause fort odieuse : mais vous avez à réputer selon vostre clémence et mansuétude, qu’il ne resteroit innocence aucune ny en dits ny en faits, s’il suffisoit d’accuser. Certainement si quelqu’un, pour esmouvoir haine à l’encontre de ceste doctrine de laquelle je me veux efforcer de vous rendre raison, vient à arguer qu’elle est desjà condamnée par un commun consentement de tous estats, qu’elle a receu en jugement plusieurs sentences contre elle, il ne dira autre chose, sinon qu’en partie elle a esté violentement abatue par la puissance et conjuration des adversaires, en partie malicieusement opprimée par leurs mensonges, tromperies, calomnies et trahisons. C’est force et violence, que cruelles sentences sont prononcées à rencontre d’icelle devant qu’elle ait esté défendue. C’est fraude et trahison, que sans cause elle est notée de sédition et maléfice. Afin que nul ne pense que nous nous complaignons de ces choses à tort, vous-mesme nous pouvez estre tesmoin, Sire, par combien fausses calomnies elle est tous les jours diffamée envers vous : c’est asçavoir, qu’elle ne tend à autre fin, sinon que tous règnes et polices soyent ruinées, la paix soit troublée, les loix abolies, les seigneuries et possessions dissipées : brief, que toutes choses soyent renversées en confusion. Et néantmoins encores vous n’en oyez que la moindre portion. Car entre le populaire on sème contre icelle horribles rapports : lesquels s’ils estoyent véritables, à bon droict tout le monde la pourrait juger avec tous ses autheurs, digne de mille feux et mille gibets. Qui s’esmerveillera maintenant pourquoy elle est tellement haye de tout le monde, puis qu’on adjouste foy à telles et si iniques détractions ?

Voylà pourquoy tous les estats d’un commun accord conspirent à condamner tant nous que nostre doctrine. Ceux qui sont constituez pour en juger, estans ravis et transportez de telle affection, prononcent pour sentence, la conception qu’ils ont apportée de leur maison : et pensent trèsbien estre acquittez de leur office s’ils ne jugent personne à mort, sinon ceux qui sont, ou par leur confession, ou par certain tesmoignage, convaincus. Mais de quel crime ?

Preview chapterd Au concile Elibert., au en. XXXVI.Preview

eAmbroise, au livre I d’Abraham, cap. VII.

fGélasius, pape, au concile de Rome.

g Chrysostome, en l’œuvre imparfait sur sainct Matthieu.

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espèces, s’abstenoyent de la seconde. L’autre maintient qu’il ne faut desnier au peuple chrestien le sang de son Seigneur, pour la confession duquel il doit espandre son sanga. Ils ont osté ces limites, quand rigoureusement ils ont commandé la mesme chose que l’un de ceux-là punissoit par excommunication, l’autre par forte raison réprouvoit. Celuy pareillement estoit du rang des Pères, qui afferme que c’est témérité de déterminer de quelque chose obscure en une partie ou en l’autre, sans clairs et évidens tesmoignages de l’Escri-

tureb. Ils ont oublié ceste borne, quand ils ont conclu tant de constitutions, canons et déterminations magistrales, sans quelque parole de Dieu. C’estoit un des Pères qui reprochoit à Montanus, qu’entre autres hérésies il avoit le premier imposé loix de jusnerc. Ils ont aussi outrepassé ces limites, quand par estroite loy ils ont ordonné les jusnes. C’estoit un Père qui a soustenu le mariage ne devoir estre défendu aux Ministres de l’Eglise, et a déclairé la compagnie de femme légitime, estre c hastetéd : et ceux qui se sont accor-dez à son authorité, estoyent Pères. Ils sont eschappez outre de ceste borne, quand ils ont ordonné l’abstinence de mariage à leurs prestres. Celuy qui a escrit qu’on doit escouter un seul Christ, duquel il est dit par le Père céleste, Escoutez-le : et qu’il ne faut avoir esgard à ce qu’auront fait ou dit les autres devant nous, mais seulement à ce qu’aura commandé Christ, qui est le premier de touse : cestuy-là di-je, estoit des plus anciens Pères. Ils ne se sont point tenus entre ces barres, et n’ont permis que les autres s’y teinssent, quand ils ont constitué tant par-dessus eux que par-dessus les autres, des maistres nouveaux outre Christ. C’estoit un Père celuy qui a maintenu que l’Eglise ne se doit point préférer à Christ, d’autant que luy juge tousjours droictement : mais les juges ecclésiastiques estans hommes, se peuvent souvent abuserf. Ceux-cy rompent bien telle borne, en débatant que l’authorité de l’Escriture dépend du bon plaisir de l’Eglise. Tous les Pères d’un mesme aGélasius, au c. Comperimus, De cons., dist. II. Sainct Cyprien, en l’épist. II, au liv. I, De lapsis.

bSainct Augustin, liv. II, De pec. mer., ch. dernier.

cApolon., en l’Hist. Ecclés., liv. V, c. XII.

dPaphnut., en l’Hist. Trip., liv. II, c. XIV.

eSainct Cyprien, en l’épist. II du liv. II des Epist.

fSainct Augustin, c. II, Contre Cresconius, grammairien.

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courage ont eu en abomination, et d’une mesme bouche ont détesté que la Parole de Dieu fust contaminée par subtilitez sophistiques, et enveloppée de contentions philosophiques. Se gardent-ils dedans ces marches, quand ils ne font en toute leur vie qu’ensevelir et obscurcir la simplicité de l’Escriture par contentions infinies, et questions plus que sophistiques ? Tellement que si les Pères estoyent suscitez, et oyoyent un tel art de combatre, qu’ils appellent Théologie spéculative, ils ne penseroyent rien moins que telles disputations estre de Dieu. Mais combien loing s’espandroit mon propos, si je vouloye annombrer combien hardiment ils rejettent le joug des Pères, desquels ils veulent estre veus obéissans enfans ? Certes moys et années se passeroyent à réciter ce propos. Et néantmoins ils sont d’une impudence si effrontée, qu’ils nous osent reprocher que nous outrepassons les bornes anciennes.

En ce qu’ils nous renvoyent à la coustume, ils ne font rien : car ce seroit une grande iniquité, si nous estions contraints de céder à la coustume. Certes si les jugemens des hommes estoyent droicts, la coustume se devroit prendre des bons : mais il en est souventesfois advenu autrement : car ce qu’on voit estre fait de plusieurs, a obtenu droit de coustume. Or la vie des hommes n’a jamais esté si bien reiglée, que les meilleures choses pleussent à la plus grand’part : doncques des vices particuliers de plusieurs est prouvenu un erreur publique, ou plustost un commun consentement de vice, lequel ces bons preudhommes veulent maintenant estre pour loy. Ceux qui ne sont du tout aveugles, apperçoivent que quasi plusieurs mers de maux sont desbordées sur la terre, et que tout le monde est corrompu de plusieurs pestes mortelles : brief, que tout tombe en ruine, tellement qu’il faut ou du tout désespérer des choses humaines ou mettre ordre à tels maux, et mesmes par remèdes violens. Et néantmoins on rejette le remède : non pour autre raison, sinon que nous sommes desjà de longue main accoustumez aux calamitez. Mais encores que l’erreur publique ait lieu en la police des hommes, toutesfois au règne de Dieu, sa seule éternelle vérité doit estre escoutée et observée, contre laquelle ne vaut aucune prescription ne de longues années, ne de coustume ancienne, ne de quelque conjuratio na. En telle manière jadis Isaïe instrui-aDe consec, dist. VII, cap. Si consuetudinem.

Preview chapterLIVRE IPreview

Qui est de connoistre Dieu en tiltre et qualité de Créateur et souverain Gouverneur du monde.

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02d Au concile Elibert., au en. XXXVI.
  3. 03LIVRE I
  4. 04Chapitre I
  5. 05Chapitre II
  6. 06Chapitre III
  7. 07Chapitre IV
  8. 08Chapitre V
  9. 09Chapitre VI
  10. 10Chapitre VII
  11. 11Chapitre VIII
  12. 12Chapitre IX
  13. 13Chapitre X
  14. 14Chapitre XI
  15. 15Chapitre XII
  16. 16Chapitre XIII
  17. 17c Au chap. XVI du mesme livre ; aux chap. XVIII et XXIII du mesme livre.
  18. 18Chapitre XIV
  19. 19Chapitre XV
  20. 20Chapitre XVI
  21. 21Chapitre XVII
  22. 22Chapitre XVIII
  23. 23LIVRE II
  24. 24Chapitre I
  25. 25Chapitre II
  26. 26il apparoistra en temps et lieu que ce sont deux choses bien diverses.
  27. 27Chapitre III
  28. 28Chapitre IV
  29. 29Chapitre V
  30. 30Chapitre VI
  31. 31Chapitre VII
  32. 32Chapitre VIII
  33. 33Chapitre IX
  34. 34Chapitre X
  35. 35Chapitre XI
  36. 36Chapitre XII
  37. 37Chapitre XIII
  38. 38Chapitre XIV
  39. 39Chapitre XV
  40. 40Chapitre XVI
  41. 41Chapitre XVII
  42. 42LIVRE III
  43. 43Chapitre I
  44. 44Chapitre II
  45. 45Chapitre III
  46. 46Chapitre IV
  47. 47Chapitre V
  48. 48Chapitre VI
  49. 49Chapitre VII
  50. 50Chapitre VIII
  51. 51Chapitre IX
  52. 52Chapitre X
  53. 53Chapitre XI
  54. 54Chapitre XII
  55. 55Chapitre XIII
  56. 56Chapitre XIV
  57. 57Chapitre XV
  58. 58Chapitre XVI
  59. 59Chapitre XVII
  60. 60Chapitre XVIII
  61. 61Chapitre XIX
  62. 62Chapitre XX
  63. 63Chapitre XXI
  64. 64Chapitre XXII
  65. 65Chapitre XXIII
  66. 66Chapitre XXIV
  67. 67Chapitre XXV
  68. 68LIVRE IV
  69. 69Chapitre I
  70. 70Chapitre II
  71. 71Chapitre III
  72. 72Chapitre IV
  73. 73Chapitre V
  74. 74Chapitre VI
  75. 75Chapitre VII
  76. 76Chapitre VIII
  77. 77Chapitre IX
  78. 78Chapitre X
  79. 79Chapitre XI
  80. 80Chapitre XII
  81. 81Chapitre XIII
  82. 82Chapitre XIV
  83. 83Chapitre XV
  84. 84Chapitre XVI
  85. 85Chapitre XVII
  86. 86Chapitre XVIII
  87. 87Chapitre XIX
  88. 88Chapitre XX

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