
French Edition
Literature
Julie, ou la Nouvelle Héloïse
French BooksWhale Edition by Jean-Jacques Rousseau
Un roman épistolaire majeur sur l’amour, la vertu, la nature, la sensibilité et l’ordre social.
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Book introduction
Julie, ou la Nouvelle Héloïse
Julie, ou la Nouvelle Héloïse met en lettres la passion, le devoir, l’éducation morale et le rêve d’une vie accordée à la nature. Rousseau y unit sentiment, réflexion sociale et idéal domestique dans l’un des grands romans européens du XVIIIe siècle.
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Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778, et Julie, ou la Nouvelle Héloïse a paru en 1761. Ces dates établissent le fondement de domaine public pour le texte français original.
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Julie, ou la Nouvelle Héloïse
Jean-Jacques Rousseau
Preview chapterPRÉFACE.Preview
Il faut des spectacles dans les grandes villes, et des romans aux peuples corrompus. J’ai vu les mœurs de mon temps, et j’ai publié ces lettres ; que n’ai-je vécu dans un siècle où je dusse les jeter au feu ! Quoique je ne porte ici que le titre d’éditeur, j’ai travaillé moi-même à ce livre, et je ne m’en cache pas. Ai-je fait le tout, et la correspondance entière est-elle une fiction ? Gens du monde, que vous importe ? c’est sûrement une fiction pour vous. Tout honnête homme doit avouer les livres qu’il publie : je me nomme donc à la tête de ce recueil, non pour me l’approprier, mais pour en répondre. S’il y a du mal, qu’on me l’impute ; s’il y a du bien, je n’entends point m’en faire honneur. Si le livre est mauvais, j’en suis plus obligé de le reconnoître : je ne veux pas passer pour meilleur que je ne suis. Quant à la vérité des faits, je déclare qu’ayant été plusieurs fois dans le pays des deux amants, je n’y ai jamais ouï parler du baron d’Étange, ni de sa fille, ni de
M.
d’Orbe, ni de milord Édouard Bomston, ni de
M.
de Wolmar ; j’avertis encore que la topographie est grossièrement altérée en plusieurs endroits, soit pour mieux donner le change au lecteur, soit qu’en effet l’auteur n’en sût pas davantage. Voilà tout ce que je puis dire ; que chacun pense comme il lui plaira. Ce livre n’est point fait pour circuler dans le monde, et convient à très peu de lecteurs. Le style rebutera les gens de goût ; la matière alarmera les gens sévères ; tous les sentiments seront hors de la nature pour ceux qui ne croient pas à la vertu. Il doit déplaire aux dévots, aux libertins, aux philosophes ; il doit choquer les femmes galantes, et scandaliser les honnêtes femmes. À qui plaira-t-il donc ? peut-être à moi seul ; mais à coup sûr il ne plaira médiocrement à personne. Quiconque veut se résoudre à lire ces lettres doit s’armer de patience sur les fautes de langue, sur le style emphatique et plat, sur les pensées communes rendues en termes ampoulés ; il doit se dire d’avance que ceux qui les écrivent ne sont pas des Français, des beaux-esprits, des académiciens, des philosophes, mais des provinciaux, des étrangers, des solitaires, des jeunes gens, presque des enfants, qui, dans leurs imaginations romanesques, prennent pour de la philosophie les honnêtes délires de leur cerveau. Pourquoi craindrais-je de dire ce que je pense ? Ce recueil avec son gothique ton convient mieux aux femmes que les livres de philosophie. Il peut même être utile à celles qui, dans une vie déréglée, ont conservé quelque amour pour l’honnêteté. Quant aux filles, c’est autre chose. Jamais fille chaste n’a lu de romans, et j’ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu’en l’ouvrant on sût à quoi s’en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue : mais qu’elle n’impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d’avance. Puisqu’elle a commencé, qu’elle achève de lire : elle n’a plus rien à risquer. Qu’un homme austère, en parcourant ce recueil, se rebute aux premières parties, jette le livre avec colère, et s’indigne contre l’éditeur, je ne me plaindrai point de son injustice ; à sa place, j’en aurais pu faire autant. Que si, après l’avoir lu tout entier, quelqu’un m’osait blâmer de l’avoir publié, qu’il le dise, s’il veut, à toute la terre ; mais qu’il ne vienne pas me le dire : je sens que je ne pourrais de ma vie estimer cet homme-là
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Première partie
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02PRÉFACE.
- 03Première partie
- 04Deuxième partie
- 05Troisième partie
- 06Quatrième partie
- 07Cinquième partie
- 08Julie ou la Nouvelle Héloïse/Appendice
- 09AVERTISSEMENT
- 10SUR LA PRÉFACE SUIVANTE.
- 11SECONDE PRÉFACE
- 12DE LA NOUVELLE HÉLOÏSE.
- 13première honnêteté. Voulez-vous donc remédier au
- 14livre utile, à la bonne heure ; mais gardez-vous de l’avouer.
- 15v
- 16Deuxième Partie, Lettre
- 17xviii
- 18xxx
- 19Julie ou la Nouvelle Héloïse/Cinquième partie
- 20Cinquième partie
- 21Julie ou la Nouvelle Héloïse/Deuxième partie
- 22Deuxième partie
- 23I
- 24II
- 25III
- 26Julie ou la Nouvelle Héloïse/Première partie
- 27Première partie
- 28Parte appar delle mamme acerbe e crude :
- 29Parte altrui ne ricopre invida vesta.
- 30Julie ou la Nouvelle Héloïse/Quatrième partie
- 31Quatrième partie
- 32Julie ou la Nouvelle Héloïse/Sixième partie
- 33part comme un trait, et s’élance après lui.
- 34Julie ou la Nouvelle Héloïse/Troisième partie
- 35Troisième partie
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