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French Edition

Literature

La Henriade

French BooksWhale Edition by Voltaire

L’épopée voltairienne d’Henri IV relie guerre civile, tolérance religieuse, monarchie, fanatisme et mémoire nationale.

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Book introduction

La Henriade

La Henriade met en scène Henri IV au cœur des guerres de Religion et transforme l’histoire française en poème épique des Lumières. Voltaire y oppose fanatisme et tolérance, peint Paris assiégé, réfléchit au pouvoir royal, et donne à la politique une forme héroïque.

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Voltaire est mort en 1778, et La Henriade fut publiée en 1723. Ces dates soutiennent le statut de domaine public du texte français utilisé.

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La Henriade

Voltaire

La Henriade

1

Preview chapterCHANT PREMIER.Preview

Je chante ce héros qui régna sur la France Et par droit de conquête et par droit de naissance ; Qui par de longs malheurs apprit à gouverner, Calma les factions, sut vaincre et pardonner, Confondit et Mayenne, et la Ligue, et l’Ibère, Et fut de ses sujets le vainqueur et le père. Descends du haut des cieux, auguste Vérité! Répands sur mes écrits ta force et ta clarté:

Je chante ce héros qui régna sur la France Et par droit de conquête et par droit de naissance; Qui par de longs malheurs apprit à gouverner, Calma les factions, sut vaincre et pardonner, Confondit et Mayenne, et la Ligue, et l’Ibère, Et fut de ses sujets le vainqueur et le père. Descends du haut des cieux, auguste Vérité! Répands sur mes écrits ta force et ta clarté:

Que l’oreille des rois s’accoutume à t’entendre. C’est à toi d’annoncer ce qu’ils doivent apprendre; C’est à toi de montrer aux yeux des nations Les coupables effets de leurs divisions. Dis comment la Discorde a troublé nos provinces; Dis les malheurs du peuple et les fautes des princes: Viens, parle; et s’il est vrai que la Fable autrefois Sut à tes fiers accents mêler sa douce voix; Si sa main délicate orna ta tête altière, Si son ombre embellit les traits de ta lumière, Avec moi sur tes pas permets-lui de marcher, Pour orner tes attraits, et non pour les cacher. Valois régnait encore, et ses mains incertaines De l’État ébranlé laissaient flotter les rênes ; Les lois étaient sans force, et les droits confondus; Ou plutôt en effet Valois ne régnait plus.

Ce n’était plus ce prince environné de gloire, Aux combats , dès l’enfance, instruit par la victoire, Dont l’Europe en tremblant regardait les progrès, Et qui de sa patrie emporta les regrets, Quand du Nord étonné de ses vertus suprêmes Les peuples à ses pieds mettaient les diadèmes . Tel brille au second rang qui s’éclipse au premier; Il devint lâche roi d’intrépide guerrier Endormi sur le trône au sein de la mollesse, Le poids de sa couronne accablait sa faiblesse. Quélus et Saint-Mégrin, Joyeuse et d’Épernon ,

Que l’oreille des rois s’accoutume à t’entendre. C’est à toi d’annoncer ce qu’ils doivent apprendre; C’est à toi de montrer aux yeux des nations Les coupables effets de leurs divisions. Dis comment la Discorde a troublé nos provinces; Dis les malheurs du peuple et les fautes des princes: Viens, parle; et s’il est vrai que la Fable autrefois Sut à tes fiers accents mêler sa douce voix; Si sa main délicate orna ta tête altière, Si son ombre embellit les traits de ta lumière, Avec moi sur tes pas permets-lui de marcher, Pour orner tes attraits, et non pour les cacher. Valois régnait encore, et ses mains incertaines De l’État ébranlé laissaient flotter les rênes; Les lois étaient sans force, et les droits confondus; Ou plutôt en effet Valois ne régnait plus. Ce n’était plus ce prince environné de gloire, Aux combats, dès l’enfance, instruit par la victoire, Dont l’Europe en tremblant regardait les progrès, Et qui de sa patrie emporta les regrets, Quand du Nord étonné de ses vertus suprêmes Les peuples à ses pieds mettaient les diadèmes. Tel brille au second rang qui s’éclipse au premier; Il devint lâche roi d’intrépide guerrier Endormi sur le trône au sein de la mollesse, Le poids de sa couronne accablait sa faiblesse. Quélus et Saint-Mégrin, Joyeuse et d’Épernon,

Jeunes voluptueux qui régnaient sous son nom, D’un maître efféminé corrupteurs politiques, Plongeaient dans les plaisirs ses langueurs léthargiques. Des Guises cependant le rapide bonheur Sur son abaissement élevait leur grandeur;

Preview chapterCHANT DEUXIÈMEPreview

« Reine, l’excès des maux où la France est livrée Est d’autant plus affreux que leur source est sacrée C’est la religion dont le zèle inhumain Met à tous les Français les armes à la main. Je ne décide point entre Genève et Rome . De quelque nom divin que leur parti les nomme, J’ai vu des deux côtés la fourbe et la fureur; Et si la perfidie est fille de l’erreur, Si, dans les différends où l’Europe se plonge, La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge, L’un et l’autre parti, cruel également, Ainsi que dans le crime est dans l’aveuglement. Pour moi, qui, de l’État embrassant la défense,

« Reine, l’excès des maux où la France est livrée Est d’autant plus affreux que leur source est sacrée C’est la religion dont le zèle inhumain Met à tous les Français les armes à la main. Je ne décide point entre Genève et Rome. De quelque nom divin que leur parti les nomme, J’ai vu des deux côtés la fourbe et la fureur; Et si la perfidie est fille de l’erreur, Si, dans les différends où l’Europe se plonge, La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge, L’un et l’autre parti, cruel également, Ainsi que dans le crime est dans l’aveuglement. Pour moi, qui, de l’État embrassant la défense,

Laissai toujours aux cieux le soin de leur vengeance , On ne m’a jamais vu, surpassant mon pouvoir, D’une indiscrète main profaner l’encensoir: Et périsse à jamais l’affreuse politique Qui prétend sur les cœurs un pouvoir despotique, Qui veut, le fer en main, convertir les mortels, Qui du sang hérétique arrose les autels, Et, suivant un faux zèle, ou l’intérêt, pour guides, Ne sert un Dieu de paix que par des homicides! « Plût à ce Dieu puissant, dont je cherche la loi, Que la cour des Valois eût pensé comme moi! Mais l’un et l’autre Guise ont eu moins de scrupule. Ces chefs ambitieux d’un peuple trop crédule, Couvrant leurs intérêts de l’intérêt des cieux , Ont conduit dans le piège un peuple furieux,

Ont armé contre moi sa piété cruelle. J’ai vu nos citoyens s’égorger avec zèle, Et, la flamme à la main, courir dans les combats Pour de vains arguments qu’ils ne comprenaient pas. Vous connaissez le peuple, et savez ce qu’il ose Quand, du ciel outragé pensant venger la cause, Les yeux ceints du bandeau de la religion, Il a rompu le frein de la soumission.

Laissai toujours aux cieux le soin de leur vengeance, On ne m’a jamais vu, surpassant mon pouvoir, D’une indiscrète main profaner l’encensoir: Et périsse à jamais l’affreuse politique Qui prétend sur les cœurs un pouvoir despotique, Qui veut, le fer en main, convertir les mortels, Qui du sang hérétique arrose les autels, Et, suivant un faux zèle, ou l’intérêt, pour guides, Ne sert un Dieu de paix que par des homicides! « Plût à ce Dieu puissant, dont je cherche la loi, Que la cour des Valois eût pensé comme moi! Mais l’un et l’autre Guise ont eu moins de scrupule. Ces chefs ambitieux d’un peuple trop crédule, Couvrant leurs intérêts de l’intérêt des cieux, Ont conduit dans le piège un peuple furieux, Ont armé contre moi sa piété cruelle. J’ai vu nos citoyens s’égorger avec zèle, Et, la flamme à la main, courir dans les combats Pour de vains arguments qu’ils ne comprenaient pas. Vous connaissez le peuple, et savez ce qu’il ose Quand, du ciel outragé pensant venger la cause, Les yeux ceints du bandeau de la religion, Il a rompu le frein de la soumission.

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02CHANT PREMIER.
  3. 03CHANT DEUXIÈME
  4. 04CHANT TROISIÈME
  5. 05CHANR QUATRIÈME
  6. 06CHANT CINQUIÈME
  7. 07CHANT SIXIÈME
  8. 08CHANT SEPTIÈME
  9. 09CHANT HUITIÈME
  10. 10CHANT NEUVIÈME
  11. 11CHANT DIXIÈME
  12. 12CHANT PREMIER.
  13. 13CHANT DEUXIÈME
  14. 14CHANT TROISIÈME
  15. 15CHANR QUATRIÈME
  16. 16CHANT CINQUIÈME
  17. 17CHANT SIXIÈME
  18. 18CHANT SEPTIÈME
  19. 19CHANT HUITIÈME
  20. 20CHANT NEUVIÈME
  21. 21CHANT DIXIÈME

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