BooksWhaleBooksWhale
La Valeur de la science cover

French Edition

Science

La Valeur de la science

French BooksWhale Edition by Henri Poincaré

Henri Poincaré examine les fondements des mathématiques, les transformations de la physique et la portée objective de la connaissance scientifique.

Preview
A sample from the prepared text
Formats
Online reader, EPUB, PDF
Access
Library claim

Book introduction

La Valeur de la science

L’intuition et la logique, la mesure du temps, l’espace et les théories physiques forment les étapes de cette réflexion sur la science. En trois parties et onze chapitres, Poincaré analyse le travail du savant et les rapports entre conventions, expérience et réalité. Il demande ce que les découvertes permettent de connaître au-delà de leur utilité immédiate.

BooksWhale edition

How this edition was prepared

This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.

Public domain basis

Why this edition can be shared

Henri Poincaré est mort en 1912. Le texte français original, paru en 1905, provient de Wikisource ; les notes, images et ajouts éditoriaux sont exclus.

Read preview

A sample from the prepared text

Preview selected from the prepared reader text.

Preview chapterFull textRead preview

La Valeur de la science

Henri Poincaré

Preview chapterINTRODUCTIONPreview

La recherche de la vérité doit être le but de notre activité ; c’est la seule fin qui soit digne d’elle. Sans doute nous devons d’abord nous efforcer de soulager les souffrances humaines, mais pourquoi ? Ne pas souffrir, c’est un idéal négatif et qui serait plus sûrement atteint par l’anéantissement du monde. Si nous voulons de plus en plus affranchir l’homme des soucis matériels, c’est pour qu’il puisse employer sa liberté reconquise à l’étude et à la contemplation de la vérité.

Cependant quelquefois la vérité nous effraye. Et en effet, nous savons qu’elle est quelquefois décevante, que c’est un fantôme qui ne se montre à nous un instant que pour fuir sans cesse, qu’il faut la poursuivre plus loin et toujours plus loin, sans jamais pouvoir l’atteindre. Et cependant pour agir il faut s’arrêter, αναγκη στηναι, comme a dit je ne sais plus quel grec, Aristote ou un autre. Nous savons aussi combien elle est souvent cruelle et nous nous demandons si l’illusion n’est pas non seulement plus consolante, mais plus fortifiante aussi ; car c’est elle qui nous donne la confiance. Quand elle aura disparu, l’espérance nous restera-t-elle et aurons-nous le courage d’agir ? C’est ainsi que le cheval attelé à un manège refuserait certainement d’avancer si on ne prenait la précaution de lui bander les yeux. Et puis, pour chercher la vérité, il faut être indépendant, tout à fait indépendant. Si nous voulons agir, au contraire, si nous voulons être forts, il faut que nous soyons unis. Voilà pourquoi plusieurs d’entre nous s’effraient de la vérité ; ils la considèrent comme une cause de faiblesse. Et pourtant il ne faut pas avoir peur de la vérité parce qu’elle seule est belle.

Quand je parle ici de la vérité, sans doute je veux parler d’abord de la vérité scientifique ; mais je veux parler aussi de la vérité morale, dont ce qu’on appelle la justice n’est qu’un des aspects. Il semble que j’abuse des mots, que je réunis ainsi sous un même nom deux objets qui n’ont rien de commun ; que la vérité scientifique qui se démontre ne peut, à aucun titre, se rapprocher de la vérité morale qui se sent.

Et pourtant je ne peux les séparer, et ceux qui aiment l’une ne peuvent pas ne pas aimer l’autre. Pour trouver l’une, comme pour trouver l’autre, il faut s’efforcer d’affranchir complètement son âme du préjugé et de la passion, il faut atteindre à l’absolue sincérité. Ces deux sortes de vérités, une fois découvertes, nous procurent la même joie ; l’une et l’autre, dès qu’on l’a aperçue, brille du même éclat, de sorte qu’il faut la voir ou fermer les yeux. Toutes deux enfin nous attirent et nous fuient ; elles ne sont jamais fixées : quand on croit les avoir atteintes, on voit qu’il faut marcher encore, et celui qui les poursuit est condamné à ne jamais connaître le repos.

Il faut ajouter que ceux qui ont peur de l’une, auront peur aussi de l’autre ; car ce sont ceux qui, en toutes choses, se préoccupent avant tout des conséquences. En un mot, je rapproche les deux vérités, parce que ce sont les mêmes raisons qui nous les font aimer et parce que ce sont les mêmes raisons qui nous les font redouter.

Si nous ne devons pas avoir peur de la vérité morale, à plus forte raison il ne faut pas redouter la vérité scientifique. Et d’abord elle ne peut être en conflit avec la morale. La morale et la science ont leurs domaines propres qui se touchent mais ne se pénètrent pas. L’une nous montre à quel but nous devons viser, l’autre, le but étant donné, nous fait connaître les moyens de l’atteindre. Elles ne peuvent donc jamais se contrarier puisqu’elles ne peuvent se rencontrer. Il ne peut pas y avoir de science immorale, pas plus qu’il ne peut y avoir de morale scientifique.

Preview chapterPREMIÈRE PARTIE LES SCIENCES MATHÉMATIQUESPreview

PREMIÈRE PARTIE LES SCIENCES MATHÉMATIQUES

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02INTRODUCTION
  3. 03PREMIÈRE PARTIE LES SCIENCES MATHÉMATIQUES
  4. 04CHAPITRE PREMIER L’intuition et la Logique en Mathématiques.
  5. 05I
  6. 06II
  7. 07III
  8. 08IV
  9. 09V
  10. 10VI
  11. 11CHAPITRE II La mesure du Temps.
  12. 12I
  13. 13II
  14. 14III
  15. 15IV
  16. 16V
  17. 17VI
  18. 18VII
  19. 19VIII
  20. 20IX
  21. 21X
  22. 22XI
  23. 23XII
  24. 24XIII
  25. 25CHAPITRE III La Notion d’Espace.
  26. 26§ 1. — INTRODUCTION
  27. 27§ 2. — LA GÉOMÉTRIE QUALITATIVE
  28. 28§ 3. — LE CONTINU PHYSIQUE À PLUSIEURS DIMENSIONS
  29. 29§ 4. — LA NOTION DE POINT
  30. 30§ 5. — LA NOTION DU DÉPLACEMENT
  31. 31§ 6. — L’ESPACE VISUEL
  32. 32CHAPITRE IV L’Espace et ses Trois Dimensions.
  33. 33§ 1. — LE GROUPE DES DÉPLACEMENTS
  34. 34§ 2. — IDENTITÉ DE DEUX POINTS
  35. 35§ 3. — L’ESPACE TACTILE
  36. 36§ 4. — IDENTITÉ DES DIVERS ESPACES
  37. 37§ 5. — L’ESPACE ET L’EMPIRISME.
  38. 38§ 6. — L’ESPRIT ET L’ESPACE
  39. 39§ 7. — RÔLE DES CANAUX SEMI-CIRCULAIRES
  40. 40DEUXIÈME PARTIE LES SCIENCES PHYSIQUES
  41. 41CHAPITRE V L’Analyse et la Physique.
  42. 42I
  43. 43II
  44. 44III
  45. 45IV
  46. 46CHAPITRE VI L’Astronomie.
  47. 47CHAPITRE VII L’Histoire de la Physique mathématique.
  48. 48CHAPITRE VIII La Crise actuelle de la Physique mathématique.
  49. 49CHAPITRE IX L’Avenir de la Physique mathématique.
  50. 50TROISIÈME PARTIE LA VALEUR OBJECTIVE DE LA SCIENCE
  51. 51CHAPITRE X La Science est-elle artificielle ?
  52. 52§ 1. LA PHILOSOPHIE DE M. LE ROY
  53. 53§ 2. — LA SCIENCE, RÈGLE D’ACTION
  54. 54§ 3. — LE FAIT BRUT ET LE FAIT SCIENTIFIQUE.
  55. 55§ 4. — LE « NOMINALISME » ET « L’INVARIANT UNIVERSEL »
  56. 56CHAPITRE XI La Science et la Réalité.
  57. 57§ 5. — CONTINGENCE ET DÉTERMINISME
  58. 58§ 6. — OBJECTIVITÉ DE LA SCIENCE
  59. 597. — LA ROTATION DE LA TERRE.
  60. 60§ 8. — LA SCIENCE POUR LA SCIENCE

Language availability

Other languages

Additional language editions are not published yet. This section will link to other BooksWhale editions when they become available.

Request another language

La Valeur de la science

Membership $9.99 / year · claim access

PreviewJoin