
French Edition
Psychology
L’Automatisme psychologique
French BooksWhale Edition by Pierre Janet
Un classique du domaine public consacré à conscience, automatisme, dissociation, hystérie, suggestion et psychologie clinique.
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Book introduction
L’Automatisme psychologique
L’Automatisme psychologique de Pierre Janet demeure une œuvre essentielle pour les lecteurs intéressés par conscience, automatisme, dissociation, hystérie, suggestion et psychologie clinique. Cette édition française présente le texte original du domaine public dans une mise en forme propre, pensée pour la lecture en ligne, l’EPUB et le PDF.
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L’Automatisme psychologique a été publié pour la première fois en 1889. Cette édition utilise le texte original français du domaine public, fondé sur l’ancienneté de l’œuvre et les droits expirés.
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L’Automatisme psychologique
Pierre Janet
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INTRODUCTION
Ce sont presque toujours les formes les plus élevées de l’acti¬ vité humaine, la volonté, la résolution, le libre arbitre, qui ont été étudiées par les philosophes. On s’intéressait naturellement aux manifestations de l’activité qu’il e'tait le plus utile de connaître pour comprendre la conduite des hommes, leur responsabilité et la valeur morale de leurs actions. Mais, quoique cette façon d’aborder la question soit peut-être la plus naturelle, elle est cependant la plus difficile et la plus dangereuse: les phéno¬ mènes les plus élevés. et les plus importants sont loin d’être les plus simples; ils présentent au contraire bien des modifications, des développements accessoires qui empêchent de bien com¬ prendre leur véritable nature. Les faits les plus élémentaires, aussi bien en psychologie que dans les autres sciences, sont recherchés aujourd’hui de préférence, car on sait que leur con¬ naissance plus facile à acquérir éclaircira beaucoup celles des formes plus complexes. C’est V activité humaine dans ses formes les plus simples, les plus rudimentaires, qui fera l’objet de cette étude.
Cette activité élémentaire, soit qu’elle ait été constatée chez les animaux, soit qu’elle ait été étudiée chez l’homme même par les médecins aliénistes, a été désignée par un nom qu’il faut lui conserver, celui d 'activité automatique. Ce nom, en effet, même d’après son se n étymologique (aùxoç, même gâx oc, effort, de gaogat ou gafogat, chercher, s’efforcer, Littré) paraît s’appliquer assez bien aux caractères que présentent ces actions. On désigne, en effet, sous le nom d’automatique un mouvement qui présente deux caractères. 11 doit d’abord avoir quelque chose de spontané, au moins en apparence, prendre sa source dans l’objet même qui se meut et ne pas provenir d’une impulsion extérieure; une poupée mécanique qui marche seule sera dite un automate, une pompe que l’on fait mouvoir à l’extérieur ne pourra pas en être un. Ensuite, il faut que ce mouvement reste cependant très régu¬ lier, et soit soumis à un déterminisme rigoureux, sans variations et sans caprices. Or, les premiers efforts de l’activité humaine ont précisément ces deux caractères: ils sont provoqués et non pas créés par les impulsions extérieures; ils sortent du sujet lui même, et cependant ils sont si réguliers qu’il ne peut être ques¬ tion à leur propos du libre arbitre réclamé par les facultés supé¬ rieures. Mais on ajoute ordinairement au mot automatique un autre sens que nous n’acceptons pas aussi volontiers. Une activité automatique est, pour quelques auteurs, non seulement une acti¬ vité régulière et rigoureusement déterminée, mais encore une activité purement mécanique et absolument sans conscience. Cette interprétation a été l’origine de confusions nombreuses, et beaucoup de philosophes se refusent à reconnaître dans l’esprit humain un automatisme, qui est cependant réel et sans lequel beaucoup de phénomènes sont inexplicables, parce qu’ils se figu¬ rent qu’admettre l’automatisme, c’est supprimer la conscience et réduire l’homme à un pur mécanisme d’éléments étendus et insensibles. Nous croyons que l’on peut admettre simultanément et l’automatisme et la conscience, et par là donner satisfaction à ceux qui constatent dans l’homme une forme d'activité élémen¬ taire tout à fait déterminée, comme celle d’un automate, et à ceux qui veulent conserver à l'homme, jusque dans ses actions les plus simples, la conscience et la sensibilité. En d’au 1res termes, il ne nous semble pas que, dans un être vivant, l’activité qui se manifeste au dehors par le mouvement puisse être séparée d’une certaine forme d'intelligence et de conscience qui l’accompagne
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Ve PARTIE. — AUTOMATISME TOTAL
par nous, c’est donc l’attention beaucoup plutôt que la cons¬ cience, et, lorsque nous les ignorons ou que nous croyons les ignorer absolument, rien ne prouve qu’ils n’ont pas une cons¬ cience qui leur soit propre; le moindre effort d’attention rendra manifeste pour nous une conscience des actes habituels que nous n’avons pas créée et qui éxistait déjà antérieurement. Mais, dira-t-on, il y a des actes du corps complètement inconscients pour nous, comme les actes de la vie organique. Soit, quoique, en réalité, l’acte cataleptique de la communion ne ressemble guère aux battements du cœur ou à la digestion. Il faudrait maintenant prouver que ces actes inconscients pour nous sont inconscients en eux-mêmes. «L’excitation du voile du palais par le bol alimentaire ou par un corps étranger, dit M. Ch Richet *, produit soit la déglutition, soit la nausée; il semble qu’il y ait une sorte de discernement vague de la nature de l’irritation. C’est un caractère psychologique rudimentaire, une sorte de dis¬ cernement de la moelle. » Il en est ainsi de tous les réflexes qui montrent partout une sorte de sensibilité et de discernement, quoique nous n’en ayons point conscience. Un grand nombre de physiologistes ont reconnu ce rôle de la conscience élémentaire. Buffon a attribué aux molécules organiques coordonnées dans le corps animal des espèces de sensations matérielles étrangères à la pensée et au moi. Ch. Bonnet attribue la faculté de sentir à toutes les parties du corps et aux plantes elles-mêmes. Pllüger, Auerbach, Lewes et bien d’autres attribuent la sensibilité et quelquefois l’intelligence à tous les centres nerveux. La discus¬ sion de toutes ces théories, peut-être aventureuses, serait inutile et nous entraînerait trop loin; mais leur énoncé suffit pour faire comprendre qu’un acte habituel ou même organique n’est pas nécessairement inconscient parce qu'il est ignoré de moi. Aussi l’assimilation des actes cataleptiques à de pareils phénomènes, quand même elle serait indiscutable, ne prouve point leur abso¬ lue inconscience.
En réalité, nous ne connaissons jamais directement qu’une seule conscience, c’est la notre au moment où nous la sentons; toute autre conscience n’est connue que par une induction ou une supposition. Personne ne pourra jamais démontrer mathé
‘ Psychologie générale, 69.
GHAP. I. — LES PHÉNOMÈNES PSYCHOLOGIQUES ISOLÉS 29
matiquement que la personne qui me parle n’est pas une pou¬ pée mécanique à langage articulé, et les cartésiens raisonnaient rigoureusement en disant d’un chien blessé: « Cela crie et ne sent rien. » Dans cette question de la conscience d’autrui, comme dans bien d’autres, il faut nous en tenir aux vraisemblances et aux probabilités. Or, nous supposons ordinairement l’existence de la conscience d’après deux signes, la parole et les actions intelligemment coordonnées. Le premier signe, la parole, est considéré comme le plus décisif, et cela est juste; mais il n’est qu’un cas plus complexe et plus parfait du second, un ensemble de mouvements plus compliqués et plus intelligemment coor¬ donnés que les autres, et, si ce premier signe nous amène à supposer la conscience, Jle second nous conduit à la même suppo¬ sition, peut-être avec un peu moins de probabilité. Les catalep¬ tiques ne parlent pas, cela est vrai, et nous aurons plus tard à revenir sur ce fait important, mais ils agissent intelligemment. Si je mets sur le bras étendu d’une cataleptique un poids de deux kilos, les muscles du bras et ceux de tout le corps se tendent pour que le bras supporte le poids sans fléchir. Si je lui mets dans les mains une aiguille, l’ensemble des mouvements se coordonne d’une autre manière que si je mets les mains en prière. 11 y a adaptation, unité de mouvement, en un mot, ce que l’on consi¬ dère ordinairement comme signe de l’intelligence.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02Partie 1
- 03Partie 2
- 04Partie 3
- 05Partie 4
- 06Partie 5
- 07Partie 6
- 08Partie 7
- 09Partie 8
- 10Partie 9
- 11Partie 10
- 12Partie 11
- 13Partie 12
- 14Partie 13
- 15Partie 14
- 16Partie 15
- 17Partie 16
- 18Partie 17
- 19Partie 18
- 20Partie 19
- 21Partie 20
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