
French Edition
Literature
Le Jardin de Bérénice
French BooksWhale Edition by Maurice Barrès
Un roman d’analyse où Barrès explore le moi, la sensualité, la politique et le culte de la personnalité.
- Preview
- A sample from the prepared text
- Formats
- Online reader, EPUB, PDF
- Access
- Library claim
Book introduction
Le Jardin de Bérénice
Le Jardin de Bérénice appartient au cycle barrésien du moi. Entre récit intime, observation politique et méditation esthétique, le roman suit les séductions de Bérénice et les tensions d’une conscience qui cherche à se comprendre dans le monde moderne.
BooksWhale edition
How this edition was prepared
This edition is based on a public domain text and has been prepared for digital reading by BooksWhale.
Public domain basis
Why this edition can be shared
Maurice Barrès est mort en 1923, et Le Jardin de Bérénice a été publié en 1891. Ces dates soutiennent le statut de domaine public de cette édition originale française.
Read preview
A sample from the prepared text
Preview selected from the prepared reader text.
Preview chapterFull textRead preview
Le Jardin de Bérénice
Maurice Barrès
Quelques personnes ayant manifesté Quelques personnes ayant manifesté le désir de désigner par un nom particulier le personnage, jusqu’alors anonyme, de qui nous avons coutume de les entretenir, nous avons décidé de leur donner cette satisfaction, et désormais il se nommera Philippe. C’est ici le commentaire des efforts que tenta Philippe pour concilier les pratiques de la vie intérieure avec les nécessités de la vie active. Il le rédigea peu après une campagne électorale, afin d’éclairer divers lecteurs qui saisissent malaisément qu’un goût profond pour les opprimés est le développement logique du dégoût des Barbares et du « culte du Moi », et sur le désir de Mme X…, qui lui promit en échange de lui obtenir du Chef de l’État la concession d’un hippodrome suburbain.
Preview chapterChapitre Premier Position De La Question ConversationPreview
QU’EURENT MM. RENAN ET CHINCHOLLE SUR LE GÉNÉRAL BOULANGER, EN FÉVRIER 89, DEVANT PHILIPPE[1]. Il est en nous des puissances qui ne se traduisent pas en actes; elles sont invisibles à nos amis les plus attentifs, et de nous-mêmes mal connues. Elles font sur notre âme de petites taches, cachées dans une ombre presque absolue, mais insensiblement autour de ce noyau viennent se cristalliser tout ce que la vie nous fournit de sentiments analogues. Ce sont des passions qui se préparent; elles éclateront au moindre choc d’une occasion. Une force s’était ainsi amassée en moi, dont je ne connaissais que le malaise qu’elle y mettait. Où la dépenserais-je?… C’est toute la narration qui va suivre. Mais avant que je l’entame, je désire relater une conversation où j’assistai et qui, sans se confondre dans la trame de ce petit récit, aidera à en démêler le fil. En m’attardant ainsi, je ne crois pas céder à un souci trop minutieux: les considérations qu’on va entendre de deux personnes fort autorisées et qui jugent la vie avec deux éthiques différentes, m’ont suggéré l’occupation que je me suis choisie pour cette période. Elles ont incliné mon âme de telle sorte que mes passions dormantes ont pu prendre leur cours. N’est-ce pas en quelque manière M. Chincholle qui proposa un but à mon activité sans emploi, et n’est-ce pas de la philosophie de M.
Renan que je suis arrivé au point de vue qu’on trouve à la dernière page de cette monographie? Cette soirée, c’est le pont par où je pénétrai dans le jardin de Bérénice. C’était peu de jours après la fameuse élection du général Boulanger à Paris, dont chacun s’entretenait. M. Chincholle dînait en ville avec M. Renan et, comme il fait le plus grand cas du jugement de cet éminent professeur, il saisit l’occasion où celui-ci était embarrassé de sa tasse de café pour l’interroger sur le nouvel élu. — Monsieur, répondit M. Renan, éludant avec une certaine adresse la question, mon regrettable ami, que vous eussiez certainement aimé, le très distingué Blaze de Bury, avait une idée particulière de ce qu’on nomme le génie. Il l’exposa un jour dans la Revue: « Certains hommes, écrivit-il, ont du génie comme les éléphants ont une trompe. » Cela est possible, mais au moins une trompe est-elle, dans une physionomie, bien plus facile à saisir que le signe du génie, et quoique j’aie eu l’honneur de dîner en face du général Boulanger, je ne peux me prononcer sur sa génialité. — Mon cher maître, j’ai lieu de vous croire antiboulangiste. — Que je sois boulangiste ou antiboulangiste! Les étranges hypothèses! Croyez-vous que je puisse aussi hâtivement me faire des certitudes sur des passions qui sont en somme du domaine de l’histoire! Avez-vous feuilleté Sorel, Thureau-Dangin, mon éminent ami M.
Taine? Au bas de chacune de leurs pages, il y a mille petites notes. Ah! l’histoire selon les méthodes récentes, que de sources à consulter, que de documents contradictoires! Il faut rassembler tous les témoignages, puis en faire la critique. Cette besogne considérable, je ne l’ai pas entreprise; je ne me suis pas fait une idée claire et documentée du parti revisionniste… Les juifs, mon cher Monsieur, n’avaient pas le suffrage universel, qui donne à chacun une opinion, ni l’imprimerie, qui les recueille toutes. Et pourtant j’ai grand’peine à débrouiller leurs querelles que j’étudie chaque matin, depuis dix ans. M. Reinach lui-même voudrait-il me détourner du monument que j’élève à ses aïeux, et où je suis à peu près compétent, pour que je collabore à sa politique, où j’apporterais des scrupules dont il n’a cure? Et puis, aurais-je assez de mérite pour y convenir, je ne me sens pas l’abnégation d’être boulangiste ou antiboulangiste. C’est la foi qui me manquerait. Qu’un vénérable prêtre se fasse empaler pour prouver aux Chinois, qui l’épient, la vérité du rudiment catholique, il ne m’étonne qu’à demi; il est soutenu par sa grande connaissance du martyrologe romain: « Tant de pieux confesseurs, se dit-il, depuis l’an 33 de J.-C., n’ont pu souffrir des tourments si variés pour une cause vaine. »
Preview chapterChapitre Deuxième Philippe Retrouve Dans ArlesPreview
bérénice, dite petite-secousse La conversation de ces messieurs m’éclaira brusquement sur mon besoin d’activité et sur les moyens d’y satisfaire. Ayant fait les démarches convenables et discuté avec les personnes qui savent le mieux la géographie, c’est la circonscription d’Arles que je choisis. Le lendemain de mon arrivée dans cette ville, comme je dînais seul à l’hôtel, une jeune femme entra, vêtue de deuil, d’une figure délicate et voluptueuse, qui, très entourée par les garçons, alla s’asseoir à une petite table. Tandis qu’elle mangeait des olives d’un air rêveur, avec les façons presque d’une enfant: « Quel gracieux mécanisme, ces êtres-là, me disais-je, et qu’un de leurs gestes aisés renferme plus d’émotion que les meilleures strophes des lyriques! » Puis soudain, nos yeux s’étant rencontrés: — Tiens, m’écriai-je, Petite-Secousse! J’allai à elle. Elle me donna joyeusement ses deux mains. — Mon vieil ami! Mais aussitôt, songeant que ce mot de vieil ami pouvait m’offenser, avec sa délicatesse de jeune fille qui a été élevée par des vieillards, elle ajouta: — Vous n’avez pas changé. Elle m’expliqua qu’elle habitait Aigues-Mortes, à trois heures d’Arles où elle venait de temps à autre pour des emplettes. — Mais vous-même? me dit-elle. J’eus une minute d’hésitation. Comment me faire entendre d’elle, qui lit peu les journaux.
Je répondis, me mettant à sa portée: — Je viens, parce que je suis contre les abus. Quand elle eut compris, elle me dit, un peu enrayée: — Mais vous ne craignez pas de vous faire destituer? Voilà bien la femme, me disais-je; elle a le sentiment de la force et voudrait que chacun se courbât. Il m’appartient d’avoir plus de bravoure civique. — D’ailleurs, ajoutai-je, je n’ai pas de position. Je vis bien qu’elle s’appliquait à ne pas m’en montrer de froideur. — Je vous disais cela, reprit-elle, parce que M. Charles Martin, l’ingénieur, ne peut pas protester, quoiqu’il reconnaisse bien qu’on me fait des abus: ses chefs le casseraient. — Charles Martin! m’écriai-je, mais c’est mon adversaire! Et je lui expliquai qu’étant allé, dès mon arrivée, au comité républicain, j’avais été traité tout à la fois de radical et de réactionnaire par Charles Martin, qui s’était échauffé jusqu’à brandir une chaise au-dessus de ma tête en s’écriant: « Moi, Monsieur, je suis un républicain modéré! » — Vous m’étonnez, me répondit-elle, car c’est un garçon bien élevé. Nous échangeâmes ainsi divers propos, peu significatifs, jusqu’à l’heure de son train, mais quand je la mis en voiture, elle me rappela soudain la petite fille d’autrefois, car dans la nuit, elle m’embrassa en pleurant: — Promets-moi de venir à Aigues-Mortes, disait-elle tout bas. Je te raconterai comme j’ai eu des tristesses.
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02Chapitre Premier Position De La Question Conversation
- 03Chapitre Deuxième Philippe Retrouve Dans Arles
- 04Chapitre Troisième Histoire De
- 05Chapitre Quatrième Histoire De Bérénice
- 06Chapitre Cinquième Bérénice À
- 07Chapitre Sixième Journée Que Passa Philippe Sur La Tour
- 08Chapitre Septième La Pédagogie De Bérénice Mon
- 09Chapitre Huitième Le Voyage À Paris Et La Grande Répétition Sous Les Yeux De Simon Dans Ce
- 10Chapitre Neuvième Le Chapitre Des Défaillances Les
- 11Chapitre Dixième La Mort
- 12Chapitre Onzième Qualis Artifex Pereo Voyage Aux
- 13Chapitre Douzième La Mort Touchante De Bérénice Les Élections Nous
- 14Chapitre Treizième
Language availability
Other languages
Additional language editions are not published yet. This section will link to other BooksWhale editions when they become available.
Request another language