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French Edition

Philosophy

Le positivisme anglais

French BooksWhale Edition by Hippolyte Taine

Taine examine la philosophie de Stuart Mill et discute les rapports entre expérience, induction, abstraction et connaissance scientifique.

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Book introduction

Le positivisme anglais

Sous la forme d'une discussion philosophique, Hippolyte Taine présente et interroge la pensée de John Stuart Mill. Il aborde la définition, la preuve, les axiomes et l'induction avant d'examiner le rôle de l'abstraction. L'étude française confronte les méthodes de l'empirisme anglais aux questions générales que soulève la connaissance du monde.

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Hippolyte Taine est mort en 1893. Cette édition reprend le texte original français conservé par le projet Gutenberg, sans les ajouts éditoriaux modernes ni les notes séparées.

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Lorsque cette étude parut pour la première fois, M. Stuart Mill me fit l'honneur de m'écrire «qu'on ne pouvait donner en peu de pages une idée plus exacte et plus complète du contenu de son livre, comme corps de doctrine philosophique. Seulement, ajoutait-il, je crois que vous vous trompez en regardant ce point de vue comme particulièrement anglais. Il le fut dans la première moitié du XVIIIe siècle, à partir de Locke, et jusqu'à la réaction contre Hume. Cette réaction, commencée en Écosse, a revêtu depuis longtemps la forme germanique, et a fini par tout envahir. Quand j'ai écrit mon livre, j'étais à peu près seul de mon opinion, et, bien que ma manière de voir ait trouvé un degré de sympathie auquel je ne m'attendais nullement, on compte encore en Angleterre vingt philosophes à priori et spiritualistes contre chaque partisan de la doctrine de l'Expérience.»

Cette remarque est fort juste; moi-même j'avais pu la faire, ayant été élevé dans la philosophie écossaise et parmi les livres de Reid. Ma seule réponse est qu'il y a des philosophes qui ne comptent pas, et que tous ceux-là, Anglais ou non, spiritualistes ou non, on peut les négliger sans grand dommage. Tous les demi-siècles, et plus ordinairement tous les siècles ou tous les deux siècles, paraît un homme qui pense: Bacon et Hume en Angleterre, Descartes et Condillac en France, Kant et Hegel en Allemagne; le reste du temps la scène reste vide, et des hommes ordinaires viennent la remplir, offrant au public ce que le public désire, sensualistes ou idéalistes, selon la direction du temps, suffisamment instruits et habiles pour tenir le premier rôle, capables de rajeunir les vieux airs, exercés dans le répertoire, mais dépourvus de l'invention véritable, simples exécutants qui succèdent aux compositeurs. En ce moment, la scène est vide en Europe. Les Allemands transcrivent ou transposent le vieux matérialisme français; les Français, par habitude et dans une demi-somnolence, écoutent avec un air un peu ennuyé et distrait les morceaux de bravoure, les belles phrases éloquentes que l'enseignement public leur répète depuis trente ans. Dans ce grand silence, et parmi ces comparses monotones, voici un maître qui s'avance et qui parle. On n'a rien vu de semblable depuis Hegel.

Janvier 1864.

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ÉTUDE SUR STUART MILL

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J'étais à Oxford l'an dernier, pendant les séances de la British Association for the advancement of learning, et j'y avais trouvé, parmi les rares étudiants qui restaient encore, un jeune Anglais, homme d'esprit, avec qui j'avais mon franc-parler. Il me conduisait le soir au nouveau muséum, tout peuplé de spécimens: on y professe de petits cours, on met en jeu des instruments nouveaux: les dames y assistent et s'intéressent aux expériences; le dernier jour, pleines d'enthousiasme, elles chantèrent God save the Queen. J'admirais ce zèle, cette solidité d'esprit, cette organisation de la science, ces souscriptions volontaires, cette aptitude à l'association et au travail, cette grande machine poussée par tant de bras, et si bien construite pour accumuler, contrôler et classer les faits. Et pourtant dans cette abondance il y avait un vide: quand je lisais les comptes rendus, je croyais assister à un congrès de chefs d'usines; tous ces savants vérifiaient des détails et échangeaient des recettes. Il me semblait entendre des contremaîtres occupés à se communiquer leurs procédés pour le tannage du cuir ou la teinture du coton: les idées générales étaient absentes. Je m'en plaignais à mon ami, et le soir, sous sa lampe, dans ce grand silence qui enveloppe là-bas une ville universitaire, nous en cherchions tous deux les raisons.

Table of contents

Inside this edition

  1. 01PRÉFACE
  2. 02ÉTUDE SUR STUART MILL
  3. 03I
  4. 04II
  5. 05III
  6. 06§ I. L'EXPÉRIENCE
  7. 07I
  8. 08II
  9. 09III
  10. 10IV
  11. 11V
  12. 12VI
  13. 13VII
  14. 14VIII
  15. 15IX
  16. 16X
  17. 17XI
  18. 18§ II. L'ABSTRACTION
  19. 19I
  20. 20II
  21. 21III
  22. 22IV
  23. 23V
  24. 24VI
  25. 25VII
  26. 26VIII
  27. 27IX

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