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Le Roman d’un spahi cover

French Edition

Literature

Le Roman d’un spahi

French BooksWhale Edition by Pierre Loti

Un roman colonial de Loti sur le Sénégal, le désir, l’armée, l’exotisme et la désillusion.

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Book introduction

Le Roman d’un spahi

Le Roman d’un spahi suit Jean Peyral, soldat français au Sénégal, dans un monde de fascination, solitude, amour et violence coloniale. Cette édition française permet de lire Loti dans ses tensions entre imaginaire exotique et critique de l’arrachement.

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Pierre Loti died in 1923, and Le Roman d’un spahi was first published in 1881. These dates support the public-domain basis for this French original edition.

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Le Roman d’un spahi

Pierre Loti

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INTRODUCTION

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En descendant la côte d’Afrique, quand on a dépassé l’extrémité sud du Maroc, on suit pendant des jours et des nuits un interminable pays désolé. C’est le Sahara, la « grande mer sans eau » que les Maures appellent aussi « Bled-el-Ateuch », le pays de la soif.

Ces plages du désert ont cinq cents lieues de long, sans un point de repère pour le navire qui passe, sans une plante, sans un vestige de vie.

Les solitudes défilent, avec une monotonie triste, les dunes mouvantes, les horizons indéfinis, — et la chaleur augmente d’intensité chaque jour.

Et puis enfin apparaît au-dessus des sables une vieille cité blanche, plantée de rares palmiers jaunes ; c’est Saint-Louis du Sénégal, la capitale de la Sénégambie.

Une église, une mosquée, une tour, des maisons à la mauresque. Tout cela semble dormir sous l’ardent soleil, comme ces villes portugaises qui fleurissaient jadis sur la côte du Congo, Saint-Paul et Saint-Philippe de Benguéla.

On s’approche, et on s’étonne de voir que cette ville n’est pas bâtie sur la plage, qu’elle n’a même pas de port, pas de communication avec l’extérieur ; la côte, basse et toujours droite, est inhospitalière comme celle du Sahara, et une éternelle ligne de brisants en défend l’abord aux navires.

On aperçoit aussi ce que l’on n’avait pas vu du large : d’immenses fourmilières humaines sur le rivage, des milliers et des milliers de cases de chaume, des huttes lilliputiennes aux toits pointus, où grouille une bizarre population nègre. Ce sont deux grandes villes yolofes, Guet-n’dar et N’dartoute, qui séparent Saint-Louis de la mer.

Si on s’arrête devant ce pays, on voit bientôt arriver de longues pirogues à éperon, à museau de poisson, à tournure de requin, montées par des hommes noirs qui rament debout. Ces piroguiers sont de grands hercules maigres, admirables de formes et de muscles, avec des faces de gorilles. En passant les brisants, ils ont chaviré dix fois pour le moins. Avec une persévérance nègre, une agilité et une force de clowns, dix fois de suite ils ont relevé leur pirogue et recommencé le passage ; la sueur et l’eau de mer ruissellent sur leur peau nue, pareille à de l’ébène verni.

Ils sont arrivés, cependant, et sourient d’un air de triomphe, en montrant de magnifiques râteliers blancs. Leur costume se compose d’une amulette et d’un collier de verre ; leur chargement, d’une boîte de plomb soigneusement fermée : la boîte aux lettres.

C’est là que se trouvent les ordres du gouverneur pour le navire qui arrive ; c’est là que se mettent les papiers à l’adresse des gens de la colonie.

Lorsqu’on est pressé, on peut sans crainte se confier aux mains de ces hommes, certain d’être repêché toujours avec le plus grand soin, et finalement déposé sur la grève.

Mais il est plus confortable de poursuivre sa route vers le sud, jusqu’à l’embouchure du Sénégal, où des bateaux plats viennent vous prendre, et vous mènent tranquillement à Saint-Louis par le fleuve.

Cet isolement de la mer est pour ce pays une grande cause de stagnation et de tristesse ; Saint-Louis ne peut servir de point de relâche aux paquebots ni aux navires marchands qui descendent dans l’autre hémisphère. On y vient quand on est forcé d’y venir ; mais jamais personne n’y passe , et il semble qu’on s’y sente prisonnier, et absolument séparé du reste du monde.

Table of contents

Inside this edition

  1. 01Full text
  2. 02INTRODUCTION
  3. 03I
  4. 04II
  5. 05III
  6. 06IV
  7. 07V
  8. 08VI
  9. 09VII
  10. 10VIII
  11. 11IX
  12. 12PREMIÈRE PARTIE
  13. 13I
  14. 14II
  15. 15III
  16. 16IV
  17. 17V
  18. 18VI
  19. 19VII
  20. 20VIII
  21. 21IX
  22. 22X
  23. 23XI
  24. 24XII
  25. 25XIII
  26. 26XIV
  27. 27XV
  28. 28XVI
  29. 29XVII
  30. 30XVIII
  31. 31XIX
  32. 32PARDON !
  33. 33XX
  34. 34XXI
  35. 35XXII
  36. 36XXIII
  37. 37XXIV
  38. 38XXV
  39. 39XXVI
  40. 40XXVII
  41. 41XXVIII
  42. 42XXIX
  43. 43XXX
  44. 44XXXI
  45. 45XXXII
  46. 46XXXIII
  47. 47XXXIV
  48. 48XXXV
  49. 49XXXVI
  50. 50DEUXIÈME PARTIE
  51. 51I
  52. 52II
  53. 53III
  54. 54IV
  55. 55DIGRESSION PÉDANTESQUE SUR LA MUSIQUE ET SUR UNE CATÉGORIE DE GENS APPELÉS GRIOTS
  56. 56UN GRIOT.
  57. 57V
  58. 58VI
  59. 59VII
  60. 60VIII
  61. 61IX
  62. 62X
  63. 63XI
  64. 64XII
  65. 65XIII
  66. 66XIV
  67. 67XV
  68. 68XVI
  69. 69XVII
  70. 70XVIII
  71. 71DAKAR.
  72. 72XIX
  73. 73XX
  74. 74XXI
  75. 75XXII
  76. 76XXIII
  77. 77XXIV
  78. 78XXV
  79. 79XXVI
  80. 80XXVII
  81. 81XXVIII
  82. 82XXIX
  83. 83XXX
  84. 84XXXI
  85. 85XXXII
  86. 86XXXIII
  87. 87XXXIV
  88. 88XXXV
  89. 89XXXVI
  90. 90TROISIÈME PARTIE
  91. 91I
  92. 92II
  93. 93III
  94. 94IV
  95. 95V
  96. 96VI
  97. 97VII
  98. 98VIII
  99. 99IX
  100. 100X
  101. 101XI
  102. 102XII
  103. 103XIII
  104. 104XIV
  105. 105XV
  106. 106XVI
  107. 107XVII
  108. 108XVIII
  109. 109XIX
  110. 110XX
  111. 111XXI
  112. 112XXII
  113. 113XXIII
  114. 114XXIV
  115. 115BAMBARA.
  116. 116XXV
  117. 117XXVI
  118. 118XXVII
  119. 119XXVIII
  120. 120XXIX
  121. 121XXX
  122. 122XXXI
  123. 123APOTHÉOSE

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