
French Edition
Philosophy
Monsieur Teste
French BooksWhale Edition by Paul Valéry
Une méditation moderniste française sur l’intelligence, la conscience de soi, la perception et les limites de la pensée.
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Book introduction
Monsieur Teste
Monsieur Teste condense l’art intellectuel de Paul Valéry autour d’une figure vouée à l’examen de l’esprit, de la lucidité et de la pensée pure. Cette édition française originale s’adresse aux lecteurs de philosophie littéraire, de modernisme, d’essai poétique et de prose réflexive.
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Paul Valéry est mort en 1945, et Monsieur Teste a été publié pour la première fois en 1896. Ces dates soutiennent la base de domaine public de cette édition française originale.
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Monsieur Teste
Paul Valéry
Preview chapterPRÉFACEPreview
Ce personnage de fantaisie dont je devins l’auteur au temps d’une jeunesse à demi littéraire, à demi sauvage ou… intérieure, a vécu, semble-t-il, depuis cette époque effacée, d’une certaine vie, — que ses réticences plus que ses aveux ont induit quelques lecteurs à lui prêter .
Teste fut engendré, — dans une chambre où Auguste Comte a passé ses premières années, — pendant une ère d’ivresse de ma volonté et parmi d’étranges excès de conscience de soi.
J’étais affecté du mal aigu de la précision. Je tendais à l’extrême du désir insensé de comprendre, et je cherchais en moi les points critiques de ma faculté
d’attention.
Je faisais donc ce que je pouvais pour augmenter
un peu les durées de quelques pensées. Tout ce qui
m’était facile m’était indifférent et presque ennemi.
La sensation de l’effort me semblait devoir être recherchée,
et je ne prisais pas les heureux résultats qui
ne sont que les fruits naturels de nos vertus natives.
C’est dire que les résultats en général, — et par conséquence,
les œuvres, — m’importaient beaucoup moins
que l’énergie de l’ouvrier, — substance des choses
qu’il espère. Ceci prouve que la théologie se retrouve
un peu partout.
Je suspectais la littérature, et jusqu’aux travaux
assez précis de la poésie. L’acte d’écrire demande toujours
un certain « sacrifice de l’intellect ». On sait
bien, par exemple, que les conditions de la lecture
littéraire sont incompatibles avec une précision excessive
du langage. L’intellect volontiers exigerait du langage
commun des perfections et des puretés qui ne sont
pas en sa puissance. Mais rares sont les lecteurs qui
ne prennent leur plaisir que l’esprit tendu. Nous ne
gagnons les attentions qu’à la faveur de quelque amusement ;
et cette espèce d’attention est passive.
Il me semblait indigne, d’ailleurs, de partir mon ambition entre le souci d’un effet à produire sur les
autres, et la passion de me connaître et reconnaître tel
que j’étais, sans omissions, sans simulations, ni complaisances.
Je rejetais non seulement les Lettres, mais encore
la Philosophie presque tout entière, parmi les Choses
Vagues et les Choses Impures auxquelles je me refusais
de tout mon cœur. Les objets traditionnels de la spéculation
m’excitaient si malaisément que je m’étonnais
des philosophes ou de moi-même. Je n’avais pas compris
que les problèmes les plus relevés ne s’imposent
guère, et qu’ils empruntent beaucoup de leur prestige
et de leurs attraits à certaines conventions qu’il faut
connaître et recevoir pour entrer chez les philosophes.
La jeunesse est un temps pendant lequel les conventions
sont, et doivent être, mal comprises : ou aveuglément
combattues, ou aveuglément obéies. On ne peut pas
concevoir, dans les commencements de la vie réfléchie,
que seules les décisions arbitraires permettent à l’homme
de fonder quoi que ce soit : langage, sociétés, connaissances,
œuvres de l’art. Quant à moi, je le concevais
si mal que je m’étais fait une règle de tenir secrètement
pour nulles ou méprisables toutes les opinions et
coutumes d’esprit qui naissent de la vie en commun et
de nos relations extérieures avec les autres hommes, et qui s’évanouissent dans la solitude volontaire. Et même je ne pouvais songer qu’avec dégoût à toutes les idées et à tous les sentiments qui ne sont engendrés ou remués dans l’homme que par ses maux et par ses craintes, ses espoirs et ses terreurs ; et non librement par ses pures observations sur les choses et en soi-même.
J’essayais donc de me réduire à mes propriétés
Preview chapterLA SOIRÉEPreview
LA SOIRÉE
Table of contents
Inside this edition
- 01Full text
- 02PRÉFACE
- 03LA SOIRÉE
- 04AVEC MONSIEUR TESTE
- 05LA SOIRÉE
- 06AVEC MONSIEUR TESTE
- 07LETTRE DE
- 08MADAME ÉMILIE TESTE
- 09LETTRE DE
- 10MADAME EMILIE TESTE
- 11EXTRAITS DU LOG-BOOK
- 12DE MONSIEUR TESTE
- 13EXTRAITS DU LOG-BOOK
- 14DE MONSIEUR TESTE
- 15ENSEMBLE
- 16SI LE MOI POUVAIT PARLER
- 17POÈME
- 18LE RICHE D’ESPRIT
- 19LE JEU PERSONNEL
- 20L’HOMME DE VERRE
- 21QUELQUES ÉPÎTRES
- 22LETTRE D'UN AMI
- 23LETTRE
- 24(DU TEMPS DE CHARMES)
- 25LETTRE
- 26A PAUL SOUDAY
- 27SIX LETTRES
- 28À PIERRE LOUYS
- 29A
- 30C
- 31H
- 32J
- 33L
- 34O
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